Saint-Fargeau (Yonne)

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Saint-Fargeau
Saint-Fargeau (Yonne)
La Tour de l'Horloge
Blason de Saint-Fargeau
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Canton Cœur de Puisaye
Intercommunalité Puisaye-Forterre
Maire
Mandat
Jean Joumier
2014-2020
Code postal 89170
Code commune 89344
Démographie
Gentilé Fargeaulais
Population
municipale
1 644 hab. (2015 en diminution de 8,31 % par rapport à 2010)
Densité 24 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 38′ 27″ nord, 3° 04′ 17″ est
Altitude Min. 182 m
Max. 280 m
Superficie 67,20 km2
Localisation

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Saint-Fargeau

Saint-Fargeau est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants sont appelés les Fargeaulais.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville est située au cœur de la région naturelle de la Puisaye.

Accès[modifier | modifier le code]

L'autoroute A77 (sortie 21) offre un accès aisé à Saint-Fargeau, au sud-ouest du département de l'Yonne.

Commune associée[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Saint-Martin-des-Champs Ronchères Rose des vents
N Moutiers-en-Puisaye
O    Saint-Fargeau    E
S
Lavau Saint-Amand-en-Puisaye (Nièvre)

Histoire de Saint-Fargeau[modifier | modifier le code]

La première mention d'un Sanctus Ferreolum date du IVe siècle, mais des travaux ont exhumé quelques bijoux gallo-romains autour de l'actuelle église. Vers 600, on trouve l'appellation : Ferrolas, puis en 683 : Sanctus Ferreolus.

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

Avant l'an Mil, l'évêque d'Auxerre Héribert (ou Herbert), fils naturel d'Hugues Capet (roi de France), fit construire à Saint-Fargeau et à Toucy un rendez-vous de chasse fortifié. À la mort d'Héribert, Saint-Fargeau devient un lieu qualifié d'hostile à l'évêché d'Auxerre avant de passer dans la maison des barons de Toucy qui deviennent ainsi seigneurs de Puisaye.

Le comte de Bar épouse en 1250 l'héritière de Toucy et Saint-Fargeau se voit doter de son église actuelle. En 1317 à la mort de Jeanne de « Thouci » comtesse de Bar, c'est à son fils Edouard qu'est attribuée la seigneurie de Saint-Fargeau. Henry comte de Bar (4e du nom) meurt en 1344. Son épouse Yolande de Flandre gouverne la Puisaye et la seigneurie de Saint-Fargeau (Saint-Fargeol ou Ferreol), qu'elle cède à son fils Robert en 1385. En 1385, elle obtient de Charles V une aide financière pour l'entretien de son château en "Puisoie". Le dernier des Bar à gouverner la Puisaye est le cardinal Louis qui cède le duché de Bar à René d'Anjou en 1419.

La guerre de Cent Ans (1337-1453) ravage la contrée et Robert Knolles, capitaine de guerre anglais basé à Malicorne, pille la ville. En 1411, le château de Saint-Fargeau est pris grâce à des « bouches à feu » (canons) qui réussissent à créer une brèche dans ses remparts. En 1420, nouvel assaut victorieux des Anglais.

Saint-Fargeau verra passer Jeanne d'Arc deux fois, discrètement à l'aller vers Chinon, puis en grande pompe au retour, à la tête de l'armée royale.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Jacques Cœur, qui achète Saint-Fargeau le 15 février 1450 à Jean, Guillaume et Boniface de Montferrat, en est dépossédé un an après lors de son procès. C'est son juge Antoine de Chabannes qui rachète à bas prix Saint-Fargeau et presque toute la Puisaye[1]. Il remodèle le château et la ville, et doit affronter bien des ennuis politico-juridiques avec un retour de propriété du château à Geoffroy Cœur, fils de Jacques Cœur, jusqu'à sa mort en 1488. Pour conserver Saint-Fargeau, son fils Jean de Chabannes offrit à la veuve Cœur 10 000 écus d'or et une rente de 400 livres tournois. Une de ses filles Antoinette ayant épousé en 1515 René d'Anjou, leur fils Nicolas, marquis de Mézières, obtint l'érection en comté des terres de « Saint-Fargeau et des pays de Puisaie » (dont faisait partie la ville de Saint-Fargeau), par lettres patentes de février 1541[2] (ou 1542, nouveau style).

Saint-Fargeau passe dans la famille royale quand la fille de Nicolas, Renée d'Anjou, épouse François de Bourbon-Montpensier en 1566 et que Henri III érige cette terre en duché-pairie. Sa petite-fille, Marie de Bourbon-Montpensier, épouse en 1626 le frère de Louis XIII, Gaston de France, créé duc d'Orléans à cette occasion, mais elle meurt l'année suivante, ayant donné naissance à une fille unique, Anne-Marie-Louise d'Orléans, « la Grande Mademoiselle » (1627-1693), cousine de Louis XIV.

La fronde opposant les deux cousins, la grande Mademoiselle est exilée en 1652 à Saint-Fargeau (tandis que son père est exilé à Blois), et elle y fait exécuter de grands travaux par Le Vau ; le château prend alors en quasi-totalité son aspect actuel.

Après la mort sans enfant de la grande Mademoiselle (1693), son mari, le duc de Lauzun, vend la terre en 1714 au financier Antoine Crozat, qui la revend l'année suivante à Michel-Robert Le Peletier des Forts, ancien contrôleur général des finances, pour 500 000 livres[3]. Celui-ci fait confirmer le comté en sa faveur en 1718. En 1752, un incendie ravage le château et une partie du bourg.

Révolution et post-Révolution[modifier | modifier le code]

La quatrième génération est représentée par Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau, président à mortier au parlement, qui devient député sous la Convention puis "montagnard" et vote la mort du roi. Il est assassiné le 20 janvier 1793, veille de l'exécution de Louis XVI. En 1850, un nouvel incendie endommage le château, ses héritiers font reconstruire une aile, et la grande demeure passe par alliance, de génération en génération, aux Le Peletier de Mortefontaine, aux marquis de Boisgelin, puis à la famille Anisson du Perron, jusqu'aux Ormesson[3], lesquels se voient contraints de revendre le château ; ceci donnera lieu à l'écriture, par Jean d'Ormesson (son quintaïeul maternel étant Louis-Michel Le Peletier), du célèbre roman Au plaisir de Dieu.

Saint-Fargeau fut chef-lieu du district de Saint-Fargeau de 1790 à 1795.

Au cours de la Révolution française, la commune fut provisoirement renommée Le Peletier[4].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1972, la commune absorbe celles voisines de Lavau, Ronchères, Saint-Martin-des-Champs, Sept-Fonds et Mézilles ; en 1976, Lavau, Saint-Martin-des-Champs et Mézilles reprennent leur indépendance ; en 1998, Ronchères redevient commune à part entière[4].

Aujourd'hui, le château est en réhabilitation après son sauvetage par la famille Guyot, qui en a fait le décor d'un célèbre spectacle historique (son et lumière).

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Saint-Fargeau 89.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

écartelé, au 1) de gueules à trois pals de vair, au chef d’or chargé de quatre merlettes de gueules ; au 2) d’argent au chef de gueules ; au 3) d’azur à la fasce d’argent chargée de trois cœurs de gueules chacun surmonté d’une coquille d’or ; au 4) de gueules semé de fleurs de lis d’or, à la croix ancrée d’argent brochante et chargée en cœur d’un chevron du champ, à la bordure componée d’argent et de gueules. Le 3eme quartier (armes de Jacques Cœur) est manifestement fautif : la fasce doit être chargée de 3 coquilles, et accompagnée de 3 cœurs, 2 et 1 [Rietsap]..

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1831   Louis Frémy    
1983 2008 Pierre Bordier DL puis

UMP

Conseiller général
Sénateur
mars 2008 en cours Jean Joumier[5] UMP  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[7].

En 2015, la commune comptait 1 644 habitants[Note 1], en diminution de 8,31 % par rapport à 2010 (Yonne : -0,47 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 9152 0001 6172 0332 1322 2512 3482 4302 489
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 4322 5872 8492 6722 5842 5832 6422 6152 579
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 5732 3902 2482 0612 0891 9871 8811 8311 636
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1 6191 6813 2931 9121 8841 8141 6931 7981 648
2015 - - - - - - - -
1 644--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Plusieurs industries de taille moyenne maintiennent une activité économique florissante au sein de la commune.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Parc de Saint-Fargeau, dessin par Constance Lézurier de la Martel, 1806 (coll. privée).

Jumelages[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Allemagne Hermeskeil (Allemagne), voir le site de Hermeskeil (en)

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire de la ville et du comté de Saint-Fargeau, M Dey, Imprimerie de Perriquet et Rouillé, 1856
  • Bulletin de la société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, Masson et fils, 1869
  • Chabannes-La Palice, Notice historique sur la maison de Chabannes ou de Chabannées suivi de l'armorial de ses alliances, Clermont-Ferrand, , 184 p. (présentation en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chabannes-La Palice 1864, p. 11.
  2. Thiou (Eric), Dictionnaire des titres et des terres titrées..., Versailles, Mémoires et Documents,
  3. a et b Vrignault (Henri), Chronologie historique du château de Saint-Fargeau, s.l., s.d. (vers 1960-70), 7 p.
    (extrait d'une revue)
  4. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Saint-Fargeau », sur EHESS, École des hautes études en sciences sociales (consulté le 28 novembre 2012).
  5. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 1er janvier 2014.
  6. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.