Moutiers-en-Puisaye

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Moutiers-en-Puisaye
Vue du village avec la mairie, le monument aux morts & au dernier plan le clocheton de l'église.
Vue du village avec la mairie, le monument aux morts & au dernier plan le clocheton de l'église.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Canton Vincelles
Intercommunalité Puisaye-Forterre
Maire
Mandat
Claude Millot
2014-2020
Code postal 89520
Code commune 89273
Démographie
Population
municipale
284 hab. (2014)
Densité 9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 36′ 38″ nord, 3° 10′ 36″ est
Altitude Min. 207 m – Max. 297 m
Superficie 31,42 km2
Localisation

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Moutiers-en-Puisaye est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté. Elle doit son nom à Moutiers qui signifie en ancien français « monastère ». Son église possède des fresques médiévales parmi les plus importantes de la région de Bourgogne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Ronchères Saint-Sauveur-en-Puisaye Rose des vents
Saint-Fargeau N Saints-en-Puisaye
O    Moutiers-en-Puisaye    E
S
Saint-Amand-en-Puisaye Treigny Sainte-Colombe-sur-Loing

Histoire[modifier | modifier le code]

Une des fresques médiévales de l'église de Moutiers.

Appelé Melered dans l'Antiquité, Moutiers est citée au VIe siècle par l'évêque Aunaire comme établissement cénobitique en même temps que Saint-Sauveur (cella Mauri et cella Salvii). George Viole, bénédictin de l'abbaye de Saint-Germain au XVIIe siècle, faisait remonter l'existence de ces deux lieux à l'époque druidique des plus lointaines ; selon lui il y avait eu à Melered un des quatre autels druidiques les plus importants[1]. César parle de « l'assemblée générale des prêtres de la Gaule qui… se tenait chaque année dans un lieu consacré sur la frontière du pays des Carnutes »[2] - ce qui exclut la forêt d'Orléans, qui elle est en plein centre de leur ancien pays, d'autant plus que dans ce lieu consacré poussaient les plus grands arbres de la Gaule centrale. Or c'est bien du côté de Saint-Sauveur et Moutiers que les charpentiers sont venus chercher les géants nécessaires aux pièces maîtresses de leurs charpentes, et ce jusqu'au Moyen Âge et même plus tard pour les connaisseurs. Le pays des Carnutes s'arrêtait à Saint-Sauveur et Moutiers, où l'on y trouvait plus tard la même loi coutumière, celle de Lorris-Montargis[1].
Par ailleurs, les pèlerinages des Anglais de l'époque à Moutiers sont bien documentés jusqu'au Xe siècle. Le livre des Gestes des évêques d'Auxerre raconte que le père du 28e évêque d'Auxerre, Quintilien, avait fait construire au VIIe siècle un monastère à Melered, ainsi qu'un hospice pour les Anglais « allant à Rome ». Seulement la Puisaye n'était, ni alors ni maintenant, sur le chemin d'aucune des routes pour Rome ; de plus, les chemins de la Puisaye de l'époque étaient caractérisés par leur impraticabilité qui a perduré jusqu'au XIXe siècle. À 4 km d'Auxerre le chemin de Moutiers quittait celui vers Autun. À cet endroit, entre les vallées de Beaulches[note 1] et de Vallan, avait été érigée une chapelle dédiée à sainte Walburge, d'origine anglo-saxonne, puisqu'elle était la fille de Richard d'Angleterre ; chapelle inscrite sur la carte de Cassini sous le nom de Sainte-Vaubonée[1].

La stratégie classique de l'Église, dans les cas de ténacité de l'ancienne religion, était et est de dédier le lieu à une figure de son propre panthéon ; ce qui fut fait et bien fait, puisque dès avant l'an 700 il y avait à Moutiers une chapelle dédiée à Notre-Dame de Melered, une église dédiée à saint Germain d'Auxerre, et vingt-six moines (un nombre remarquable pour un endroit aussi perdu dans la forêt) pour desservir l'une et l'autre, bien pourvus par Quintilien. Mal leur en prit d'être aussi riches : vers 730 Charles Martel fit main basse sur le tout pour récompenser ses guerriers, et en cinquante ans ceux-ci rendirent le monastère exsangue à force de tirer sur les revenus. L'hospice disparut dans la pauvreté[1].

Sous Charles le Chauve au IXe siècle, Moutiers et Saint-Sauveur (ce dernier devenu entre-temps le siège d'un grand monastère) occupaient une position centrale, au moins géographiquement, dans le comté d'Auxerre. Charles le Chauve donne cette seigneurie à son oncle Conrad, frère de sa mère Judith. Sur la demande de protection émanant des moines, le monastère de Moutiers devient une succursale de l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre[3]. Des héritiers de Conrad, l'abbaye de Saint-Germain passe aux comtes d'Auxerre et entre l'an 800 et 1000, onze des quatorze évêques successifs sont des hommes de guerre ou de cour : les élections de ce poste en sont achetées, en argent, menaces, ruses ou promesses. La discipline se relâche, les moines quittent faute de revenus, la décadence sévit. Jusqu'au duc Henri le Grand, qui redonne son indépendance à Saint-Germain et ses domaines, et la met entre les mains de Mayeul le saint abbé de Cluny. Mayeul redresse la barre puis fait nommer l'abbé Heldric à sa place. Heldric confie le monastère de Moutiers à Théalde, qui en moins de quatre ans y installe de nombreux moines, leur fait relever tous les bâtiments notamment une église qui à elle seule est plus grande que les deux précédentes ruinées et contient treize autels (elle est consacrée en 998), redéfricher toutes les terres, rassembler toutes les biens et en racheter d'autres. Qui plus est, les pèlerinages, sources de revenus importants, ont repris plus que jamais car les reliques de saint Didier sont amenées en grande pompe des cryptes d'Auxerre. Les miracles abondent, peut-être aidés d'un peu d'alchimie pour ce qui est des bougies qui s'allument « toutes seules » à l'approche du sanctuaire[1],[Note 1].

Économie[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 2008   Claude Millot[4]    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[6],[Note 2].

En 2014, la commune comptait 284 habitants, en augmentation de 0 % par rapport à 2009 (Yonne : -0,46 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
604 630 654 762 881 873 884 950 943
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 009 965 964 990 995 1 047 1 015 953 1 009
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 046 851 796 667 642 645 595 506 534
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
493 414 357 327 273 292 290 282 284
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

La Lapidation de saint Étienne, église de Moutiers, XIVe siècle

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le Train Touristique de Puisaye-Forterre relie Villiers-Saint-Benoit au Four à poterie de Moutiers-la-Bâtisse en passant par Toucy, sur l'ancienne ligne SNCF déclassée. Il partage son parcours avec le plus long cyclorail de France[9].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le roman de David Ramolet, les Ombres de Craonne, In octavo éditions, paru en 2009, se passe partiellement à Moutiers-en-Puisaye, précisément au lieu-dit les Lorets.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La « vallée de Beaulches » est celle du ru de Beaulche, cours d'eau qui arrose Chevannes et Villefargeau et qui, dans cet endroit, coule parallèle au ru de Vallan.

Notes sur la démographie[modifier | modifier le code]

  1. Gerbert, qui devient sylvestre II en 999, a étudié l'alchimie de façon assez approfondie auprès des Arabes.
  2. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e La Puisaye et le Gâtinais, Ambroise Challe, Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne, 1872.
  2. César, De Bello Gallica, VI, 13.
  3. Charte du concile de Pistes en 864, cité dans La Puisaye et le Gâtinais.
  4. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 27 décembre 2013.
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  9. Cyclorail de Puisaye-Forterre.