Hebdogiciel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Hebdogiciel
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Genre Média vidéoludique
Presse informatique
Date de fondation 1983
Date du dernier numéro Janvier 1987
Ville d’édition Paris

ISSN 0760-6125
OCLC 474110099

Hebdogiciel est un magazine hebdomadaire au format journal des années 1980. Cette publication de la société Shift Éditions a accompagné la naissance de la micro-informatique familiale aux temps dits « héroïques » des premiers micro-ordinateurs personnels à architecture 8 bits (TI-99/4A, Commodore 64, TO7, ZX80, Amstrad, Oric, etc) et 16 bits.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce journal était un recueil à la fois d'articles sur l'actualité informatique et de tests de logiciels, traités de façon satirique, et de listings de logiciels à saisir soi-même. Le journal vivait essentiellement de ses ventes, car il a refusé pendant longtemps la publicité afin de garantir son indépendance.

Le concept du journal, à son début en 1983, était la publication hebdomadaire de programmes de lecteurs sous forme de listings à recopier. Progressivement, des contenus rédactionnels ont été intégrés; leur ton était humoristique, très familier et sans concession. Ciblant la tranche d'âge des 12-25 ans passionnés par leur micro-ordinateur personnel, les rédacteurs d'Hebdogiciel (surnommé « l'Hhhhebdo »), non contraints par une régie publicitaire, pouvaient être très critiques sur l'appréciation des logiciels, des machines et du monde informatique en général, mais savaient aussi être élogieux quand le sujet considéré leur apparaissait comme bon.

Exemples de couvertures les plus caractéristiques : « Désolé, l'informatique c'est de la merde ! »[1], « Atari nous a tous pris pour des cons », « IBM : des charlots » (IBM utilisait ce personnage créé par Charlie Chaplin dans ses publicités de l'époque) ou « Amstrad : des Mickeys » (avec, en illustration, la caricature d'Alan Sugar, le patron d'Amstrad, déguisé en Mickey).

Les rubriques se sont étoffées avec le temps : « C'est nouveau, ça vient de sortir » (nouvelles et informations), « Bidouille-grenouille » (trucs et astuces pour déprotéger et recopier les jeux, solutions), « Mini-mire » (Minitel et microserveurs), « Deulignes » (le meilleur programme de la semaine en deux lignes de code en basic), etc.

Le "meilleur" programme était déterminé par le vote des lecteurs, qui devaient découper un "bulletin de vote" situé dans chaque numéro. Les photocopies n'étaient pas acceptées, mais les éditeurs rappelaient malicieusement que les fans de tel ou tel programme une semaine donnée pouvaient voter autant de fois qu'ils achèteraient de numéros cette semaine-là.

Des pages télévision, cinéma, bande dessinée, musique sont apparues, toujours irrévérencieuses et souvent hilarantes, surtout comparées au ton réservé du reste de la presse informatique.

La rubrique Mini-mires fournissait quantité d'accès en code T1 (3613, gratuit) ou T2 (3614, simple coût de la communication) de serveurs minitel en T3 (3615, 60 F[2] par heure), de façon à peine déguisée : « Je vous ai déjà dit 118 001 882 fois que nous ne donnerions jamais de codes d'accès en T2. C'est illégal ! »

À une époque où les Amstrad CPC offraient un intéressant rapport performances/prix, mais handicapé par l'usage de disquettes 3 pouces (pas 3 pouces 1/2!) de Sony, peu répandues et difficiles à se procurer, le magazine publia un canular avec photo sur sa "une" : un Amstrad à disquettes 5 pouces 1/2 annoncé comme imminent. Une chute immédiate de ventes des Amstrad dans l'attente de ce nouveau modèle annoncé entraîna un nouveau procès.

Entre Le Canard enchaîné et San Antonio, le style du rédactionnel et les illustrations de Carali (frère d'Edika) qu'on trouvait aussi bien au milieu des textes que dans les listings des programmes à recopier étaient les autres points forts du journal. Hebdogiciel est longtemps resté le seul hebdomadaire de micro-informatique grand public et n'a eu que très peu de publicité.

Le journal a disparu en janvier 1987 après que l'éditeur (Shift éditions) eut lancé le « club Hebdogiciel » (destiné à faire de l'achat groupé), plusieurs autres revues (L'intox, Marcel, Amstrad Hebdo) et provoqué plusieurs procès. Plusieurs de ses journalistes (dont Michel Desangles, le principal rédacteur) ont continué à écrire dans d'autres publications informatiques (dont Joystick Hebdo avec Christophe "Cris" Quéant pour les niouzes).

En 1997 le magazine Le Virus informatique publie une entrevue avec plusieurs ex-membres de l'équipe d'Hebdogiciel[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Numéro 94-97 (), voir la une sur le blog Playtime.
  2. Soit près de 10 euros.
  3. http://www.vieuxordis.com/hebdogiciel.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]