Doxxing

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Le doxxing, ou doxing est une pratique consistant à rechercher et à révéler sur l'Internet des informations sur l'identité et la vie privée d'un individu dans le dessein de lui nuire[1],[2]. Les informations révélées peuvent être l'identité, l'adresse, le numéro de sécurité sociale, le numéro de compte bancaire, etc.

Le terme doxxing vient soit du verbe anglais to document, qui signifie « fournir des preuves », soit de docs, pluriel de doc, abréviation de document.

D'après des chercheurs des universités de l’Illinois et de New York, la moyenne d'âge des victimes est d'environ 21 ans et les hommes sont plus touchés que les femmes par le doxxing puisqu'ils représentent 82 % du nombre total. Néanmoins, ce type d'harcèlement ne touche pas que les plus jeunes puisque les victimes ont de 10 à 74 ans. De plus, les personnes les plus visées sont les hackers, les passionnés de jeux vidéo et les célébrités.[2].

But du doxxing[modifier | modifier le code]

Le doxxing est souvent initié par un groupe de personnes en colère qui se focalise sur une personne. Il est souvent opéré par des internautes motivés qui travaillent de manière coopérative. Les raisons sont diverses, telles que la maltraitance aux animaux[3], la pédophilie, etc.

La compétition, le désir de revanche ou de justice et l'appartenance à une idéologie politique sont les quatre principales motivations des personnes pratiquant le doxxing[2].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Une fois les informations rendues publiques, une vindicte populaire peut s’abattre sur la personne ciblée. Dans le cas où la personne ciblée a commis des actes illégaux, elle peut être dénoncée à la police. Dans certains cas extrêmes, cela peut avoir des conséquences très sérieuses comme la perte d'un emploi ou des difficultés familiales.

Quelques exemples de harcèlement :

  • des commandes de pizzas livrées à domicile ;
  • appel des secours au domicile : pompiers, ambulance ;
  • appel des forces d'intervention antiterroristes au domicile, appelé swatting ;
  • menaces de mort ou menaces corporelles avec des détails bien précis sur la personne pour lui faire peur.

Pour lutter contre cette pratique, des chercheurs américains souhaitent une aide des forces de l’ordre pour reconnaître les victimes afin d'éviter un possible swatting, conséquence d'un doxxing alimenté par un crime imaginaire[2].

Moyens de recherche[modifier | modifier le code]

Les méthodes de recherche utilisent principalement Internet :

  • les réseaux sociaux, tels Facebook, LinkedInetc. ;
  • les moteurs de recherches ;
  • l'appel à témoin ;
  • les informations récupérées sur les sites par piratage ou en coopération avec les administrateurs du site (notamment les adresses IP) ;
  • en piégeant la personne ciblée (hameçonnage par message privé pour l'attirer vers un site dont le pirate est administrateur afin de récupérer son IP, lien de photo en message privé, cheval de Troie) ;
  • croisement des sources de plusieurs sites pour trouver les différents pseudonymes de la personne ciblée ;
  • au travers des plateformes de paiement avec la coopération de celui qui a reçu le paiement (tel que Paypal).

Légalité[modifier | modifier le code]

Étant donné les méthodes employées, le doxxing relève, en France, de la loi pénale sur les atteintes à la personnalité, à savoir :

  • atteinte à la vie privée ;
  • dénonciation calomnieuse ;
  • atteinte au secret (violation du secret des correspondances) ;
  • atteintes aux droits de la personne résultant des fichiers ou des traitements informatiques : collecte, traitement et divulgation de données personnelles sans le consentement de l'intéressé ou sans autorisation légale.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le doxxing : une nouvelle forme de violence sur internet | Fil santé jeunes », sur www.filsantejeunes.com (consulté le 23 décembre 2016).
  2. a, b, c et d « « Doxing » : pourquoi certains internautes divulguent les données privées de leurs cibles », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  3. RTL Newmedia, « Dusty : un chat maltraité sauvé par les internautes », RTL People,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]