Critique des médias

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La critique des médias (presse écrite, télévision, radio et Internet) est un concept aux formes multiples dont la définition ne fait pas consensus. Au sens large, toute analyse ou commentaire portant sur le fonctionnement des médias, sur la sociologie des journalistes ou encore sur le traitement de l'information entre dans le champ de la critique des médias.

La critique des médias français est généralement effectuée selon des angles d'attaque très divers par trois corps sociaux distincts : les journalistes eux-mêmes, les hommes politiques et enfin la société civile (intellectuels, universitaires ou encore associations).

La critique des médias est un sujet polémique. Le concept prétend à une généralisation alors qu'il peut être argué qu'il n'existe pas une critique mais une multitude de critiques ou encore que le pluralisme des médias empêche toute critique généralisatrice à l'encontre des médias. À l'inverse, il peut être argué que les médias ne constituant que le reflet d'une certaine forme de société (dite de consommation ou encore capitaliste), la critique des médias reste superficielle si elle n'analyse pas le contexte dans lequel ils fonctionnent (cette critique ne serait plus alors qu'une branche particulière de la critique plus générale de la société). Enfin il peut être reproché aux critiques d'être partielles, partiales, réductrices, caricaturales, populistes, conspirationnistes, antisémites, etc.

Genèse de la critique des médias[modifier | modifier le code]

S'il est difficile de dater la genèse d'une telle critique, le chercheur Stéphane Arpin considère que son essor va de pair avec l'industrialisation de la presse dans la deuxième moitié du XIXe siècle :

« La critique sociale apparaît lors de l’industrialisation de la presse, dans la deuxième moitié du XIXe siècle lorsque le mouvement ouvrier accuse les journalistes de dépolitiser le débat public et de se soumettre aux «puissances d’argent» du capitalisme[1]. »

Les diverses formes de la critique des médias[modifier | modifier le code]

La critique des médias peut être décomposée en différents thèmes selon l'angle d'attaque choisi. Il est cependant rare qu'un critique se concentre sur un unique thème, et il est même possible qu'elle regroupe l'ensemble des thèmes pour adopter une approche holiste.

Critique centrée sur le fonctionnement industriel des médias[modifier | modifier le code]

La course à l'audience[modifier | modifier le code]

En considérant que l'information et la culture est un bien marchand, les médias ont pour objectif principal d'obtenir l'audience la plus large possible afin de capter le plus de revenus directs (vente de journaux ou d'abonnement TVs) et indirects (revenus publicitaires ou de petites annonces).

À titre d'illustration, Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1, effectue ce constat comme en attestent ses propos recueillis dans le livre Les dirigeants face au changement (éditions du Huitième jour) :

« Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective business, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. (...) Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible. (...) Rien n'est plus difficile que d'obtenir cette disponibilité. C'est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l'information s'accélère, se multiplie et se banalise[2]. »

(Patrick Le Lay a confirmé plus tard son analyse tout en précisant qu'il avait « l'habitude de forcer le trait pour faire comprendre les concepts »[3]).

Les actionnaires des médias[modifier | modifier le code]

En France, nombre de groupes industriels détiennent une part importante des médias : Lagardère, Dassault, Bouygues, Bolloré. Au moins deux critiques peuvent émaner de ce constat :

  • La concentration des médias réduit le pluralisme ;
  • La détention des médias par des groupes industriels risque de réduire la possibilité d'une information transparente et objective sur ces groupes industriels (autocensure).

Lionel Jospin, premier ministre français de 1997 à 2002, a résumé cette approche ainsi dans son livre Le Monde comme je le vois (Gallimard) :

« Nombre de médias audiovisuels ou de la presse écrite sont possédés en France par de grands groupes industriels (Bouygues, Lagardère, Dassault...) ou bien ont ouvert largement leur capital à des groupes économiques ou financiers. On se doute que ces médias - au-delà des choix des journalistes eux-mêmes - sont globalement sensibles à l’idéologie et à la mentalité de ces milieux, et en diffusent largement les arguments dans le public [4]. »

Le pouvoir des annonceurs[modifier | modifier le code]

La dépendance accrue des médias sur les revenus publicitaires peut entraîner trois risques :

  • Les médias peuvent être incités à orienter leur ligne éditoriale pour cibler les audiences génératrices de revenus pour les annonceurs (CSP+) ;
  • Cette dépendance peut inciter au consumérisme en présentant de manière favorable des produits de grande consommation (voiture, gadgets hi-tech) ;
  • La puissance financière des annonceurs risque de réduire la possibilité d'une information transparente et objective sur ces mêmes annonceurs (autocensure).

À titre d'exemple, Le Canard enchaîné affirme que les dépenses publicitaires effectuées par les groupes EDF et Areva ont pour but principal d'assurer une ligne éditoriale favorable à leurs activités nucléaires[5]. Cette affirmation peut être corroborée par le journal L'Express qui soutient que le groupe EDF, « mécontent d'un article de La Tribune évoquant l'abandon de futurs projets de réacteur nucléaire EPR, [aurait] décidé de retirer ses publicités dans le journal jusqu'à fin 2011 [6]. »

Critique centrée sur les journalistes[modifier | modifier le code]

La formation des journalistes[modifier | modifier le code]

Le livre du journaliste François Ruffin, Les Petits Soldats du journalisme, paru en 2003 aux éditions "Les Arènes" a critiqué la formation donnée au CFJ[7], suivie pendant deux ans par l'auteur, qui a constaté l'abandon progressif de tout esprit critique, le renoncement à la curiosité professionnelle et le non-recours à la documentation.

Les conditions de travail et la négligence des sources d'information[modifier | modifier le code]

Faute de temps, les journalistes ne parviennent pas toujours à recouper leurs informations ni à diversifier leurs sources. Dans certain cas, le recours la protection des sources d'information des journalistes ne permet pas au consommateur de contenu médiatique de forger un point de vue critique vis à vis des dires du journaliste.

Les journalistes travaillant pour des médias peu profitables, peuvent être sujet à la précarité, des bas salaires et de mauvaises conditions de travail. En 1996, Éric Marquis, du SNJ) affirmait que ces conditions de travail dégradées allaient de pair avec une réduction de l'analyse : « les délais d’exécution se raccourcissent, la contagion du zapping aboutit à des commandes d’articles moins longs (donc moins payés) sur des sujets nécessitant des enquêtes aussi lourdes qu’avant [8]. »

Le corporatisme[modifier | modifier le code]

Lors des états généraux de la presse en 2008, le président de la République Nicolas Sarkozy a déclaré que la presse pouvait être menacée de corporatisme (« l’État ne se laissera imposer aucun immobilisme, aucun corporatisme, aucune habitude mauvaise [9]. ») À cette même occasion, l'éditorialiste du quotidien Le Monde emploie (entre autres) ce terme pour qualifier la presse : « Les États généraux étaient l'occasion de réunir tous les acteurs du secteur autour d'une table et de les convaincre de négocier pour dépasser les corporatismes traditionnels et les clivages d'un autre temps [10]. »

La connivence avec le monde politique et industriel[modifier | modifier le code]

Cette connivence est de nature à appauvrir le contenu informatif, sauf si les journalistes recourent au principe de protection des sources d'information des journalistes pour contourner les connivences qui soudent les milieux politiques et industriels. connivence nuit par ailleurs à l'objectivité dont se réclament pourtant officiellement de nombreux médias.

La connivence peut avoir plusieurs origines : volonté de ne pas déplaire pour conserver une position hiérarchique, proximité idéologique, ou "relation de prestation", l'expression consacrée étant « faire des ménages », acte pourtant interdit par la Charte de Munich, qui régit la déontologie du journalisme.

À titre d'exemple, le journaliste Daniel Psenny a fustigé dans un article du quotidien Le Monde la trop grande proximité entre journalistes et politiques :

« Deux reporters ont récemment été recrutés par des élues. Ces transferts rappellent que la frontière entre médias et politique n'a jamais été imperméable. (...) On ne compte plus le nombre de ceux qui ont franchi la frontière censée être établie entre les pouvoirs politiques, économiques, financiers ou culturels et les médias. (...) Ces deux « transferts » n'ont suscité que peu de réactions tant l'habitude a été prise de voir des journalistes épouser les thèses de ceux qu'ils observent [11]. »

Autre illustration, le journaliste Nelson Monfort aurait effectué des « ménages » pour le compte du groupe Areva[12], ce qui est strictement interdit par la Charte de Munich, qui régit la déontologie du journalisme. Le journaliste Stéphane Paoli est également accusé de faire des « ménages », par exemple en faveur des Galeries Lafayette [13],[14].

La crainte de déplaire peut être mise en lumière par l'éviction du journaliste Patrick Poivre d'Arvor de TF1 en 2008. En effet, le magazine L’Express affirme que cette éviction s'explique en grande partie par l'inimitié entre le journaliste et le président de la République Nicolas Sarkozy [15].

Le directeur du magazine Le Point Franz-Olivier Giesbert a cependant défendu une forme de connivence en estimant que les journalistes sont avant tout des « carnets d'adresses » :

« La presse un repaire de vaniteux. Où les grands sont les plus humbles, capables de changer d'avis comme de chemise car dans ce métier, les faits vous contredisent en permanence. Un journaliste, au fond, c'est d'abord un carnet d'adresses. Et un carnet d'adresses, c'est quoi ? Des portes qui peuvent s'ouvrir quand elles se ferment aux autres[16]. »

Critique centrée sur le traitement de l'information[modifier | modifier le code]

L'objectivité[modifier | modifier le code]

L'objectivité (ou son manque supposé) et le biais idéologique des médias (dits « de gauche », « de droite », « extrémiste ») est une critique récurrente à l'encontre des médias : les médias ne seraient pas objectifs et chercheraient de manière plus ou moins volontaire et conscientes non pas à décrire les faits mais à les interpréter à la lumière de leurs orientations[17].

Une première illustration peut être apportée par le magazine Courrier international qui classe les titres de presse internationaux selon leur orientation idéologique[18] ; sans être à proprement parler une critique, cette classification dénote qu'il peut être fondé de classer la presse selon sa ligne éditoriale.

Une deuxième illustration, sans aucun rapport et polémique, touche à la guerre des mots dans le conflit israélo-palestinien.

Depuis l'apparition des chaînes d'information en continu, générant un phénomène dinfobésité, et le fait que les réseaux sociaux et les blogs constituent une source d'information davantage consultée que la presse institutionnelle et qu'un grand nombre de ceux qui s'y expriment, non soumis à la déontologie, multiplient les fakes et les hoaxes, les journalistes professionnels sont de plus en plus contraints de pratiquer la technique du fact-checking (vérification par les faits), mais son efficacité est de plus en plus mise en doute au point que se généralise le concept de "post-vérité[19].

L'absence de pluralisme[modifier | modifier le code]

Il peut être reproché aux médias de ne pas faire connaître la pluralité des points de vue sur un sujet donné, en choisissant par exemple systématiquement des experts idéologiquement proches à se prononcer sur un sujet donné.

L'économiste Frédéric Lordon soutient par exemple qu'une très large majorité des économistes invités à se prononcer dans les médias sont des économistes orthodoxes issus des mêmes horizons :

« À la vérité, il faudrait faire... Mais là ce serait un autre chantier : un chantier d’analyse du fonctionnement des médias et de tous les médiateurs qui structurent le débat public. Il y aurait des indicateurs statistiques extrêmement simples à reprendre. Vous prenez deux grandes émissions de débat public et de débat économique - les tranches d’information du matin (de France Inter, celle de France Culture, etc.) et vous faites la statistique de l’origine des invités. Je peux vous dire qu’à 90 % (…) [selon l'] origine idéologique et intellectuelle (...) vous avez droit au "Cercle des économistes", vous avez droit à la fondation "Terra Nova"[20]... »

La réduction de l'analyse[modifier | modifier le code]

Les médias peuvent être accusés de réduire le temps consacré aux analyses au profit des micro-trottoirs ou du sensationnalisme. Cette réduction de l'analyse peut s'expliquer par la nécessité de travailler dans l'urgence pour répondre à la culture du zapping ou encore par la volonté d'augmenter les ventes, comme l'explique Patrick Eveno, professeur en histoire des médias :

« La réalité historique, c’est que le sensationnalisme était encore plus évident avant. Si la presse vendait, c’est justement parce qu’elle en faisait. Peut-être qu’en y revenant, elle se vendra un peu mieux. Le sensationnalisme fait vendre ? Et alors ? Le but est-il de faire la morale ou de vendre du papier[21] ? »

D'après Razmig Keucheyan et Pierre Rimbert (journaliste), cette réduction de l'analyse menace généralement le journalisme d'enquête[22]. La focalisation de la presse sur des affaires politico-juridiques dramatiserait l'information et déplacerait le débat démocratique sur un terrain moral . S'attacher à démasquer les scandales privés favoriserait la création d'un climat de défiance envers les personnages publics, d'une montée de l'apolitisme plutôt que la remise en cause de tout un système et l'élaboration de propositions politiques alternatives.

Le scandale journalistique[modifier | modifier le code]

La critique des médias peut se centrer sur les scandales journalistiques (par exemple les « bidonnages ») où des journalistes ou médias ont fait preuve de désinformation ou de fautes professionnelles.

Le silence médiatique[modifier | modifier le code]

Cette forme de critique déplore le déficit, voire l’absence, de médiatisation de faits qui sont considérés comme importants (à tout le moins par ceux qui émettent cette critique). Le chercheur Stéphane Arpin de l'EHESS qualifie en ces termes cette critique :

« Considérés comme une injustice par les personnes qui estiment que des faits importants n’accèdent pas à la publicité, les « silences médiatiques » sont expliqués dans l’ère du soupçon en termes de collusion ou de complot. Un rapide coup d’œil sur Internet, par exemple, permet de mesurer la diversité des dénonciations de ces « silences médiatiques ». (...) Ces quelques exemples montrent que la dénonciation des « silences médiatiques », autrement dit de dénis de réalité, est devenue une opération critique extrêmement courante. D’une part, elle permet de questionner les pratiques journalistiques au niveau du tri et de la sélection de l’information. D’autre part, elle pose le problème de l’inégalité d’accès aux médias en tant que ressources dans la prise de parole au sein de l’espace public[1]. »

Critique centrée sur la « médiacratie »[modifier | modifier le code]

La critique de la médiacratie considère que les médias constituent un pouvoir capable à des degrés divers d'influencer ou de manipuler la société ou l'opinion publique (ou à tout le moins une partie de celle-ci). La thèse de l'économiste et observateur des médias Edward Herman et du linguiste Noam Chomsky, exposée dans leur livre La Fabrication du consentement (1988) via le modèle de propagande, pourrait rentrer dans ce registre :

« Nous pensons que, parmi leurs autres fonctions, les médias servent les puissants intérêts sociétaux qui les contrôlent et les financent, et exercent de la propagande pour leur compte. Les représentants de ces intérêts ont d’importants programmes et principes qu’ils veulent mettre en avant, et sont en bonne position pour modeler et contraindre la politique des médias. Cela ne se fait pas normalement par une intervention grossière, mais par la sélection d’un personnel bien-pensant, ainsi que par l’intériorisation, de la part des responsables des rédactions et des journalistes en service, de priorités et de définitions de ce qu’il convient de rapporter qui sont conformes à la politique de l’institution [23]. »

Il est à noter que cette critique ne repose pas nécessairement sur une intervention directe de forces politiques ou industrielles pour contraindre de manière plus ou moins forcée les médias et les journalistes (selon une logique de théorie du complot). À ce titre, Herman et Chomsky affirment qu'il n'y a aucune hypothèse conspirationniste dans leurs analyses :

« Des critiques des institutions comme celles que nous présentons dans cet ouvrage sont habituellement récusées par les commentateurs de l’establishment comme relevant de “théories du complot”, mais cela n’est qu’une façon d’esquiver le débat. Nous n’utilisons aucune sorte d’hypothèse “conspirative” pour expliquer la performance des médias de masse. En fait, notre traitement du sujet est beaucoup plus proche d’une analyse de “marché libre”, les résultats étant largement le produit de l’action des forces du marché. La plupart des choix biaisés dans les médias proviennent de la présélection de personnes bien-pensantes, de préconceptions intériorisées, et de l’adaptation du personnel aux contraintes de la propriété, de l’organisation, du marché et du pouvoir politique. La censure est dans une large mesure autocensure, de la part de reporters et de commentateurs qui s’adaptent aux réalités des exigences organisationnelles des sources et des médias, ainsi que de la part de personnes situées à des échelons plus élevés au sein des organisations médiatiques, des personnes choisies afin de mettre en pratique les contraintes imposées par les propriétaires et autres centres de pouvoir du marché et de l’État, et qui ont généralement intériorisé ces contraintes. »

Critique de la critique des médias[modifier | modifier le code]

Les journalistes peuvent considérer que la critique des médias effectuées par des membres de la société civile est partielle et partiale, caricaturale, voire conspirationniste ou antisémite. Ils regrettent ainsi que ce type de critique repose sur des amalgames, fasse fi de la pluralité des opinions exprimées par les différents médias et ne soit pas rigoureuse. Les journalistes peuvent mettre en avant l'existence de la Charte de Munich qui représente un pilier de la déontologie du journalisme.

À titre d'exemple, la journaliste Caroline Fourest considère que la critique des médias peut ne pas être discernable de la « haine des médias » :

« Dans la famille des derniers poujadismes en vogue, la haine des médias et le système médiatique semble devoir jouer le même rôle que la haine du lobby judéo-maçonnique, la focalisation sur l’immigration [24]. »

Dans la même logique, le journaliste Laurent Joffrin dénonce en 2009 dans son livre Média-paranoïa (édition Seuil) la critique des médias telle qu'elle est pratiquée :

« On dit partout : les médias mentent ; ils sont sous contrôle ; ils propagent une « pensée unique » ; ils manipulent l'opinion. Ces clichés dessinent ce qu'on peut légitimement appeler la média- paranoïa. Non seulement ils forment le socle des croyances collectives en la matière, mais ils reçoivent le renfort d'universitaires et de politiques en mal de notoriété ou de boucs émissaires. Heureusement pour la démocratie, ces idées sont pour l'essentiel fausses ou caricaturales[25]. »

Il est à noter que le journaliste Philippe Cohen a à son tour effectué une « critique de la critique de la critique » en reprochant à Laurent Joffrin d'être caricatural et de procéder par amalgame ; il considère in fine qu'une critique sérieuse des journalistes de la critique des médias reste encore à écrire :

« Le livre de Joffrin visant à répondre à la critique des médias était une fort bonne idée, salutaire pour le débat public. Mais cet ouvrage reste à écrire [26]. »

La critique au sein des médias[modifier | modifier le code]

Au sein des rédactions, il existe souvent un débat permanent entre journalistes, entre soucis de cohérence (ligne éditoriale), devoir de réserve, déontologie professionnelle, clause de conscience...

Les médias principaux s'adonnent rarement à une analyse critique des autres médias. Cela est particulièrement vrai dans le cas de concurrents directs. Quelques exceptions en France : Le Canard enchaîné, Le Monde diplomatique, Arrêt sur images, Technikart...

En fait, l'essentiel de la critique émanant de professionnels n'est souvent rendue publique que par le biais de livres (cf. La Face cachée du Monde, etc.).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Acteurs réguliers de la critique des médias en France[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie indicative[modifier | modifier le code]

Article[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Stéphane Arpin, « La critique des médias à l'ère postmoderne », in Le Débat, 2006/1 (n° 138), janvier/février 2006.
  2. Citation issue de L'Expansion, 9 juillet 2004
  3. « Patrick Le Lay s'explique dans Télérama sur ses propos controversés », Le Monde, 8 septembre 2004.
  4. Citation issue du plan B, 22 avril 2009
  5. Le Canard enchaîné, 12 octobre 2011
  6. L'Express, 16 novembre 2011.
  7. François Rufin dans Le Monde diplomatique, février 2003.
  8. Critique des conditions de travail dans les médias par Éric Marquis, d'après Acrimed
  9. Le Monde, « Nicolas Sarkozy veut lutter contre les 'immobilismes' de la presse », 2 octobre 2008.
  10. Le Monde, « Occasion manquée, hélas ! », 15 novembre 2008.
  11. Le Monde, « Journalistes au pouvoir », 29 novembre 2009.
  12. Le Post, « FranceTelevisions : Nelson Monfort convoqué pour des 'ménages' avec Areva », 21 février 2011
  13. Libération, « Paoli rattrapé par ses ménages », 5 octobre 2005.
  14. Le Nouvel Observateur, « Paoli pris à parti sur ses 'ménages' », 26 septembre 2005.
  15. L'Express, « Nicolas Sarkozy à la manœuvre », 9 juin 2008.
  16. Nice Matin, « Giesbert à livre ouvert », 16 décembre 2011.
  17. Voir par exemple cette analyse du traitement de la « révolution orange » par deux titres de presse écrite belges, qui serait caractérisé par beaucoup de simplisme et une lecture strictement occidentale des événements : Orange ukrainienne à la sauce belge, Politique, revue de débats, Bruxelles, no 52, février 2008.
  18. Classification du Courrier international des titres de presse internationaux.
  19. Comment le numérique a ébranlé notre rapport à la vérité, Katarine Viner, Courrier international, 9 septembre 2016
  20. Frédéric Lordon, intervention dans l'émission L’Économie en questions sur France Culture, 3 novembre 2008.
  21. Atlantico, « Sensationnalisme et faits divers : les médias faisaient bien pire avant ! », 24 novembre 2011.
  22. Pierre Rimbert, Razmig Keucheyan, Le carnaval de l'investigation, Le monde diplomatique, mai 2013, p. 28
  23. Edward S. Herman et Noam Chomsky, La Fabrication du consentement : de la propagande médiatique en démocratie, 1988, cité par Gilbert Achcar dans la revue ContreTemps (n°17), septembre 2006.
  24. Intervention de Caroline Fourest dans l'émission Les Matins sur France Culture, 30 janvier 2009.
  25. Présentation du livre Média-paranoïa par l'éditeur, page consultée le 29 décembre 2011.
  26. Philippe Cohen, « Le dernier opus de Joffrin, un pamphlet bisounours », Marianne, lundi 26 janvier 2009.
  27. [1]
  28. De Le Pen à Ruffin en passant par Chouard, le RIC ou la confusion des genres sur nouvelobs.com
  29. Abel Mestre et Caroline Monnot, Jean-Yves Le Gallou lance un Acrimed d’extrême droite, 9 octobre 2012
  30. Henri Maler, L’extrême droite à l’assaut des médias et de la critique des médias, Acrimed, 18 octobre 2012
  31. David Doucet, L’extrême droite développe sa critique des médias, 19 mars 2013
  32. Henri Maler et Olivier Poche, Quand l’extrême-droite s’essaie à la critique des « merdias », section L’OJIM, sous-Marine  ?, Acrimed, 16 février 2015