Chibougamau

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Chibougamau
Chibougamau
Blason de Chibougamau
Héraldique
Drapeau de Chibougamau
Drapeau
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau du Québec Québec
Région Nord-du-Québec
Statut municipal Ville
Mairesse
Mandat
Manon Cyr
2021-2025
Code postal G8P
Constitution
Démographie
Gentilé Chibougamois, oise
Population 7 559 hab.[1] (2019)
Densité 10 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 55′ 00″ nord, 74° 22′ 00″ ouest
Superficie 72 124 ha = 721,24 km2
Divers
Fuseau horaire UTC−05:00
Indicatif +1 418
Code géographique 99025
Localisation
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Chibougamau
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Chibougamau
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Chibougamau est une ville du Québec (Canada) située dans la région administrative du Nord-du-Québec, à la frontière de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean[2], comptant 7 553 habitants[3] en 2018. Il s'agit de la plus grande communauté de Jamésie[4] et du Nord-du-Québec.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'origine du toponyme « Chibougamau » est encore discutée. La Commission de toponymie du Québec ne tranche pas sur une signification précise. Le mot contient les racines cries « shabo » (au travers) et « gamaw » (lac), de sorte que Chibougamau signifierait : lac traversé de bord en bord par une rivière. Certains penche au contraire pour le sens innu « lieu de rendez-vous », ou encore : « détroit, là où l’eau est bloquée ». Les interprétations autochtones donnent aujourd'hui leur préférence au sens de « lieu de rencontre »[5].

Géographie[modifier | modifier le code]

Dans la MRC : Jamésie.

Située à environ 230 km du Lac Saint-Jean au sud et à 400 km de l'Abitibi à l'ouest, il n'y a pas d'autres villes à proximité, sauf Chapais, ce qui fait sa particularité et son isolement.

Chibougamau a longtemps été la fin de la route asphaltée au Québec. En effet, elle est la toute dernière communauté avant les territoires autochtones du nord. Elle est aujourd'hui accessible par les routes 167 (depuis le Lac-St-Jean) et 113 (depuis l'Abitibi).

La ville se trouve presque entièrement circonscrite par le territoire de la municipalité d'Eeyou Istchee Baie-James, sauf à ses limites sud-est, où le territoire non organisé de Lac-Ashuapmushuan est situé.

Certaines localités sont situées à proximité de Chibougamau sans en être adjacentes. La ville de Chapais est distante de 41 km (à moins de 30 minutes de route) et le territoire cri d'Oujé-Bougoumou est distant de 55 km (à environ 45 minutes de route).

Chibougamau borde les rives du lac Gilman, où l'on retrouve une plage et un sentier pédestre y faisant le tour sur une distance de 7,5 km.

Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Découverte des ressources minières[modifier | modifier le code]

Cette région a longtemps fait partie du territoire cri. Au XIXe siècle, l’exploitation des ressources minérales suscite un intérêt particulier. L’époque est marquée par une industrialisation rapide et développement des chemins de fer. Dans ce contexte, les besoins en minerais augmentent[6].

Expédition de A. P. Low au lac Chibougamau, 1892.

En 1857, James Richardson, œuvrant pour la Commission géologique du Canada, découvre des indices de minerais dans les environs de la «Paint Mountain» sur le lac Chibougamau[7]. Son rapport publié en 1870 évoque le potentiel minier de la région et marque le début de l'intérêt pour la prospection dans le secteur[6]. D'autres explorations confirment le potentiel minier, mais c'est en 1904, sous l'impulsion de Peter McKenzie et de l'ingénieur français Joseph Obalski, que commence la prospection en vue de l'exploitation des ressources minières[8]. Le gouvernement provincial débloque des fonds pour la construction d’un chemin de fer reliant Saint-Félicien au lac Chibougamau. Il crée aussi la Société minière de Chibougamau afin de développer le secteur. En 1910, son premier président, James Barlow, conclut toutefois que le potentiel minier est insuffisant pour justifier les coûts de la construction d'une voie ferrée. Le rapport Barlow et le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914 ralentissent les projets d'exploitation minière dans le secteur.[6]

Traite des fourrures[modifier | modifier le code]

En 1914, la Compagnie de la Baie d'Hudson (CBH) aménage un dépôt de marchandises sur la rive sud du lac Chibougamau. Avec le déclin de la route des fourrures entre le lac Mistassini et Fort Rupert (Waskaganish), et le développement de la voie ferrée en Haute-Mauricie, le lac Chibougamau devient un point pivot du commerce des fourrures. En 1929, la CBH y ouvre un véritable poste de traite, sur la péninsule Gouin. L'ouverture de ce comptoir attire de nombreuses familles de chasseurs cris, qui s'installent dans le secteur. Plusieurs d'entre-deux y œuvrent au sein des brigades de canots qui assurent le transport de la fourrures mais aussi de marchandises et de prospecteurs. Le poste cesse ses activités en 1942. La bande du lac Chibougamau se déplace au Lac aux Dorés, plus près des campements miniers[9]. Ils formeront plus tard le village d'Oujé-Bougoumou.

Campement minier[modifier | modifier le code]

Dans les années 1920, la prospection reprend et en 1922, la Chibougamau McKenzie Mines érige un premier chevalement sur un gisement à la baie des Cèdres, au lac aux Dorés. Dans les années 1930, Chibougamau fait l'objet de prospection intensive et une communauté de mineurs, de trafiquants d'alcool, de prospecteurs et de géologues y vit à l'écart de toute loi et de toute autorité policière[10]. En 1934, le campement minier compte environ 1000 habitants. On y trouve un bureau de poste, une banque, un hôtel et une ligne téléphonique[6]. En 1936, 33 compagnies minières œuvrent dans la région des lacs Chibougamau et Opémisca. L’isolement géographique et le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale ralentissent le développement minier, qui s'accélère après la guerre[6].

Fondation de la ville[modifier | modifier le code]

Il faut attendre en 1949 pour qu'une route en gravier praticable à l'année relie Chibougamau au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Nommée à l'époque le Boulevard Onésime Gagnon, elle deviendra la route 167[10]. Deux ans plus tard, la route de gravier reliant Chibougamau à l'Abitibi est aussi achevée[6]. En 1952, la «municipalité du village de Chibougamau» est instituée. Elle accède au statut de ville le 1er septembre 1954[11]. À ce moment, le premier maire de la ville, Jean-Baptiste Laflamme, est nommé par le lieutenant-gouverneur de l'époque, Gaspard Fauteux[12]. Les premières élections ont lieu en 1958. Godefroy de Billy est le premier maire élu[12]. Le journal local La Sentinelle est fondé en 1956, succédant au Chibougamau Miner (1949-1950) et au Courrier de Chibougamau(1956-1957)[6].

Démographie[modifier | modifier le code]

Population[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1956 1961 1966 1971 1976 1981 1986 1991
1 2624 7658 9029 70110 53610 7329 9228 855
1996 2001 2006 2011 2016 - - -
8 6647 9227 5637 5417 504---
(Sources : [13],[14])

Langues[modifier | modifier le code]

À Chibougamau, selon l'Institut de la statistique du Québec, la langue parlée le plus souvent à la maison en 2011[15] sur une population de 7 500 habitants, est le français à 95,73 %, l'anglais à 1,67 % et une autre langue à 1 %.

Administration[modifier | modifier le code]

Les élections municipales se font en bloc pour le maire et les six conseillers[16].

Chibougamau
Maires depuis 2003
Élection Maire Qualité Résultat
2003 Donald Bubar Voir
2005 Voir
2009 Manon Cyr Voir
2013 Voir
2017 Voir
2021 Voir
Élection partielle en italique
Depuis 2005, les élections sont simultanées dans toutes les municipalités québécoises


Climat[modifier | modifier le code]

La ville de Chibougamau bénéficie d'un climat subarctique avec des hivers longs et froids et des étés courts et frais. Dfc selon la classification de Koppen. D'ailleurs, à cause de sa proximité avec la baie d'Hudson, Chibougamau connaît des températures hivernales très froides. Des minimums près de −40 °C sont très fréquents pendant le mois de janvier. Pendant l'été, il est possible, mais rare, que le mercure affiche des maximums de plus 27 °C. Toutefois, les nuits restent fraîches toute l'année, même en période de canicule. Le mois le plus chaud est juillet où les températures atteignent régulièrement la barre des 20 °C. En ce qui a trait à la pluviométrie, Chibougamau connaît un climat beaucoup plus sec que les villes plus au sud telles que Québec, Montréal et Val-D'Or. Annuellement, la ville reçoit environ 640 mm de pluie et 349 cm de neige. Les records actuels de température sont de 33,8 °C le 19 juillet 1991 et −44,5 °C le 11 janvier 1984.

Économie[modifier | modifier le code]

Chibougamau vit presque exclusivement de l'exploitation forestière et minière, comme la plupart des communautés à cette latitude. L'entreprise Chantiers Chibougamau, fondée en 1961 par Lucien Filion, est un employeur important[18].

Il ne faut toutefois pas exclure les retombées économiques de la présence d'Hydro-Québec dans le secteur.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville ca Chibougamau (Québec).svg

L'écu de la ville de Chibougamau se blasonne ainsi :

D’or à la fasce enregrelée de gueules accompagnée en chef de trois sapins arrachés de sinople et en pointe d’une pickaxe de bois[19].

Drapeau de Chibougamau, situé près de l'Hôtel de Ville.

Attraits et culture[modifier | modifier le code]

Festival Folifrets Baie-James: Festival hivernal alliant compétition de motoneiges et activités pour toute la famille. Le festival était autrefois connu sous le nom de Grand Rallye international de Chibougamau. Il existe depuis 1967[20].

Festival en Août: festival de musique qui a lieu au mois d’août chaque année depuis 1999. Le festival est une organisation de la Ville de Chibougamau[21].

Les Voix de la Vallée du cuivre : chorale fondée en 1968.

Société d'histoire de la Baie-James : organisme voué à la mise en valeur de l'histoire et du patrimoine régional. L'organisme est aussi un service d'archives privées agréé par Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Vue sur le lac Gilman, près de la 3e Rue.

Personnalités associées[modifier | modifier le code]

Particularité[modifier | modifier le code]

En 2014, selon l'Institut canadien d'information sur la santé, la région Nord-du-Québec – dont Chibougamau fait partie – occupe le 1er rang au Québec quant à la consommation d'alcool[22].

Chibougamau est un Village-relais[23].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

La ville est citée dans la chanson Pub Royal des Cowboys fringants, dans la chanson Dolorès de Robert Charlebois ainsi que dans la chanson Boogie Woogie Chibougamau de Lavender Hill Mob.

Le roman autobiographique L'Appel du Chibougamau de Larry Wilson, publié en 1956, relate les débuts du campement minier de Chibougamau[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ministère des Affaires municipales et de l'Habitation, « Décret de population », sur mamh.gouv.qc.ca, (consulté le )
  2. (en) « Répertoire des municipalités: Ville de Chibougamau (Hors MRC) », Ministère des Affaires municipales, régions et occupation du territoire (consulté le )
  3. Ministère des Affaires municipales et de l'Habitation, « Décret de population 2018 », sur mamh.gouv.qc.ca, (consulté le )
  4. (en) « Profils des communautés de 2006 : Chibougamau », Statistiques Canada (consulté le )
  5. (en) « Fiche descriptive : Chibougamau », Commission de toponymie du Québec (consulté le )
  6. a b c d e f et g Réjean Girard, Normand Perron, Le Nord-du-Québec, Les Presses de l'Université Laval, coll. « Les régions du Québec... histoire en bref », , 182 p. (ISBN 978-2-7637-2862-9)
  7. « Biographie – RICHARDSON, JAMES (1810-1883) – Volume XI (1881-1890) – Dictionnaire biographique du Canada », sur www.biographi.ca (consulté le )
  8. « Chibougamau: l'espoir au bout de la mine », sur Le Soleil, (consulté le )
  9. Jacques Frenette, L'histoire des Cris de Chibougamau : une bande amérindienne révèle son identité, Centre indien cri de Chibougamau, (ISBN 2-9800454-0-3 et 978-2-9800454-0-0, OCLC 77455534, lire en ligne)
  10. a et b Girard, Réjean., INRS-Culture et société. et Scholars Portal, Histoire du Nord-du-Québec, Presses de l'Université Laval, 2014) (ISBN 978-2-7637-9582-9, 2-7637-9582-X et 978-2-7637-9581-2, OCLC 892340979, lire en ligne)
  11. Hubert Mansion, Chibougamau, dernière liberté. La saga du Nord, Michel Brulé, 2009
  12. a et b « Portrait de la ville », sur ville.chibougamau.qc.ca
  13. « Statistique Canada - Profils des communautés de 2006 - Chibougamau, V » (consulté le )
  14. « Statistique Canada - Profils des communautés de 2016 - Chibougamau, V » (consulté le )
  15. Institut de la statistique du Québec. Population selon la langue parlée le plus souvent à la maison, municipalités et TE du Nord-du-Québec et ensemble du Québec, 2011
  16. « Liste des municipalités divisées en districts électoraux », sur DGEQ (consulté en )
  17. « Les maires d’hier à aujourd’hui », sur http://www.ville.chibougamau.qc.ca/ (consulté le ).
  18. « Les Chantiers Chibougamau : une entreprise familiale chef de file dans la transformation du bois », sur www.fondsftq.com (consulté le )
  19. « Les armoiries », sur Ville de Chibougamau (consulté le )
  20. « Histoire », sur Festival Folifrets (consulté le )
  21. « Festival en août »
  22. « Info NRJ - La consommation d'alcool toujours aussi forte dans la région », (consulté le )
  23. « Fédération des villages-relais du Québec - Chibougamau » (consulté le )
  24. Larry Wilson, L'Appel du Chibougamau. Histoire d'une région minière du Québec, (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Album souvenir, le 50e d'une ville en or : 1954 Chibougamau 2004, ma ville, ma vie!, Société d'histoire régionale de Chibougamau en collaboration avec la Corporation des fêtes du 50e anniversaire de Chibougamau, , 106 p. (ISBN 2-9808272-0-7)
  • Larry Wilson, L'Appel du Chibougamau, Montréal, Thérien frères limitée, , 184 p. (lire en ligne)
  • Hubert Mansion, Chibougamau, dernière liberté, Michel Brûlé, coll. « La Saga du Nord », , 354 p. (ISBN 978-2-89485-444-0)
  • Coll., Le début d'une aventure... 1954-1989, Chibougamau, La Sentinelle de Chibougamau-Chapais, , 64 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]