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Charles Bronson

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Charles Bronson
Description de cette image, également commentée ci-après
Charles Bronson en 1966.
Nom de naissance Charles Dennis Buchinsky
Naissance
Ehrenfeld (États-Unis)
Nationalité Américaine
Décès (à 81 ans)
Los Angeles (États-Unis)
Profession Acteur (1950-1999)
Films notables Les Sept Mercenaires
La Grande Évasion
Les Douze Salopards
Il était une fois dans l'Ouest
Le Passager de la pluie
(voir filmographie)

Charles Bronson (/t͡ʃɑɹlz ˈbɹɑnsən/[1]), de son vrai nom Charles Dennis Buchinsky (en lituanien : Karolis Dionyzas Bučinskis), né le [2],[3] à Ehrenfeld (Pennsylvanie) et mort le à Los Angeles (Californie), est un acteur américain. Doté d'un physique impressionnant et d'un visage dur, Charles Bronson tient souvent des rôles virils, dont certains sont entrés dans la légende[4].

Pour des générations de cinéphiles, il restera un des Sept Mercenaires (1960) et des Douze Salopards (1967), le « roi du tunnel » de La Grande Évasion (1963), le « justicier dans la ville » (1974) et surtout l'« homme à l'harmonica » d'Il était une fois dans l'Ouest (1968).

Origines familiales

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Charles Dennis Buchinsky est le onzième enfant d'une famille catholique d'origine lituanienne. Il est en effet le fils de Walter Buchinsky (Valteris Bučinskis), né à Druskininkai (Lituanie), et de Mary Valinsky (Marija Valinskis), née en Pennsylvanie (donc américaine de naissance) de parents immigrés de Lituanie.

Charles Bronson est donc d'origine lituanienne. Un auteur polonais[Qui ?] affirme cependant qu'il pourrait avoir de lointains ancêtres tatars du côté paternel, ce qu'il a lui-même confirmé, en quelque sorte, en expliquant sa ressemblance avec les Amérindiens par « [ses] origines mongoles. Mongols et Amérindiens sont de la même race »[5].

Avant-guerre et Seconde Guerre mondiale

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Il est d'abord mineur de fond à 1 $ la tonne de charbon.[réf. nécessaire]

Mobilisé durant la Seconde Guerre mondiale (à partir de décembre 1941 pour les Etats-Unis), il est notamment mitrailleur de queue dans des bombardiers.

Il est démobilisé en février 1946 à l'âge de 25 ans,

Philadelphie et les débuts au théâtre (1946-1949)

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Il part pour Philadelphie où, grâce au G.I. Bill (loi en faveur des Américains mobilisés pendant la guerre), il s'inscrit dans une école de dessin. Là, il se lie d'amitié avec Jack Klugman, dont il partage l'appartement jusqu'en 1949.

Au cours de cette période, il entre dans une troupe de théâtre locale et joue des rôles secondaires dans plusieurs pièces. Il passe ainsi une audition avec Elia Kazan pour Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams.

Il est aussi garçon de chaises[pas clair] à Atlantic City, où des acteurs de cinéma de passage dans les casinos de la ville lui conseillent, en raison de son physique[pas clair], de tenter sa chance à Hollywood.

En 1949, il épouse Harriet Tendler, rencontrée au théâtre deux ans plus tôt, puis part partir pour la Californie.

Arrivée en Californie (1949-1951)

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Il est admis dès 1949 au célèbre[réf. nécessaire] théâtre de Pasadena et se fait remarquer dans La Grand'Route d'August Strindberg.

Premiers films (1951-1952)

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Il utilise le nom de Charles Buchinsky de 1951 à 1954, puis adopte le pseudonyme « Bronson », inspiré du Bronson Gate, portail d'entrée des studios Paramount sur la Bronson Avenue[6].

Il obtient son premier rôle au cinéma en 1951 (non crédité au générique), dans le film La marine est dans le lac d’Henry Hathaway[pas clair]. Son rôle est celui d'un marin polonais, Wascylewski. Bronson y rencontre Gary Cooper et Jean-François[pas clair]. Ce dernier le conseille et lui sera une aide précieuse pour la suite de sa carrière.

Son deuxième film, Le peuple accuse O'Hara, lui permet de rencontrer le réalisateur John Sturges, qui se souviendra de lui neuf ans plus tard pour le film Les Sept Mercenaires.

Il termine l'année 1951 avec Dans la gueule du loup où il incarne un docker musclé.

En 1952, il fait des apparitions (non créditées) dans Gosses des bas-fonds et Zone de combat. Dans Mademoiselle Gagne-Tout, il joue le rôle d'un boxeur et homme de main et est crédité pour la première fois sous le nom de Charles Buchinsky. Il est aussi crédité, sous son nom, dans Mes six forçats. Toujours en 1952, il apparaît comme non crédité au générique dans Courrier diplomatique, dans Je retourne chez maman et dans Duel dans la forêt.

Carrière à la télévision (1952-1998)

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Charles Bronson a tourné plus de 150 films pour la télévision, entre 1952 et 1998, dont notamment :

Avec Patricia Owens dans X-15 (1961).

En tant qu'artiste invité, l'acteur apparaît souvent en boxeur (M Squad avec Lee Marvin, Playhouse 90, Roy Rogers, One Step Beyond) ou en méchant de western (Bonanza, Rawhide avec Clint Eastwood, Have Gun - Will Travel, Gunsmoke). Il a également interprété un rôle de soldat pacifiste dans la série La Quatrième Dimension (épisode Two, avec Elizabeth Montgomery), et de gangster gitan dans Les Incorruptibles (épisode The Death Tree ). Mais il est aussi quelquefois le partenaire du héros : Le Fugitif, Le Virginien.

Consécration par le western (à partir de 1960)

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Charles Bronson en 1963, dans la série Les Voyages de Jaimie McPheeters.

Sa carrière de cinéma décolle au début des années soixante, notamment grâce à son rôle de Bernardo O'Reilly, un bûcheron irlando-mexicain engagé par Chris Adams (Yul Brynner) pour aider les habitants d'un petit village du Mexique fréquemment attaqué par une troupe de bandits mexicains, dans Les Sept Mercenaires de John Sturges.

Trois ans plus tard, John Sturges lui propose de jouer dans La Grande Évasion. Au grand dam de Charles Bronson, las d'être cantonné au second plan, il propose le rôle principal à un autre des mercenaires : Steve McQueen[4].

En 1964, Sergio Leone lui propose d'être « L'homme sans nom » dans Pour une poignée de dollars, film qui ouvre la célèbre « Trilogie du dollar » du réalisateur italien. Un rôle-titre pour un film qui allait connaître le succès que l'on sait... sauf que Sergio Leone n'a pas encore conquis le monde et que Charles Bronson est trop cher pour le budget du film[4]. Une première occasion manquée.

En 1967, il interprète à contre-cœur Joseph T. Wladislaw dans Les Douze Salopards, un film de guerre américain signé Robert Aldrich et doté d'une distribution imposante : outre Bronson, on y retrouve notamment Lee Marvin, Robert Ryan, George Kennedy et Telly Savalas. Le film se déroule durant la deuxième guerre mondiale et Bronson y joue un militaire condamné pour avoir tué un officier qui avait, selon lui, envoyé des soldats à la mort inutilement. À sa sortie, le film connait un franc succès critique et commercial.

On retrouve Bronson en France, alors qu'il donne la réplique à Alain Delon dans Adieu l'ami, un 'film de casse' réalisé par Jean Herman.

En 1968, il incarne le rôle qui fait toujours sa célébrité aujourd'hui, celui de « l'Homme à l’harmonica », dans le chef-d'œuvre de Sergio Leone Il était une fois dans l'Ouest. Ce rôle éminent ne lui était pourtant pas destiné à l'origine. Le réalisateur italien souhaitait initialement reformer son trio gagnant de Le Bon, la Brute et le Truand. Problème : Clint Eastwood refuse. Sergio Leone envisage de confier ce rôle du mutique cowboy soit à Warren Beatty, soit à Terence Stamp, ou même à Jean-Paul Belmondo. C'est finalement Charles Bronson qui est choisi[4].

Cette même année, le 5 octobre 1968, il épouse l'actrice anglaise Jill Ireland avec laquelle il vit jusqu'à la mort de celle-ci, victime d'un cancer du sein le . Ils tournent ensemble de nombreux films.

En 1972, il tourne à Rome le film Cosa nostra avec Lino Ventura.

Le succès mondial : un justicier en quatre films

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Consacré en Europe par l'impressionnant succès du film de Sergio Leone, Bronson se trouve très sollicité.

Pour Sergio Sollima, il incarne un tueur professionnel dans le polar italien La Cité de la violence. On le voit aussi dans Les Baroudeurs de Peter Collinson, un film d'aventures dont il partage la vedette avec Tony Curtis et Michèle Mercier. Sous la direction de Terence Young, il joue dans la série noire De la part des copains, puis dans le western Soleil rouge, où il interprète Link Stuart, un hors-la-loi qui s'associe à un samouraï (Toshirō Mifune) pour livrer bataille contre son ancien bras droit (Alain Delon, avec qui il avait déjà joué en 1968 dans Adieu l'ami).

En France, Bronson tourne sous la direction du vétéran René Clément dans le Le Passager de la pluie, un thriller coécrit par Sébastien Japrisot et dans lequel il a Marlène Jobert pour partenaire. Il incarne aussi un homme atteint de schizophrénie dans le drame psychologique Quelqu'un derrière la porte de Nicolas Gessner, aux côtés de son épouse, Jill Ireland et d'Anthony Perkins.

Durant cette période, il tourne également trois films sous la direction de Michael Winner : le western Les Collines de la terreur et les films policiers Le Flingueur, dans lequel il joue encore un tueur à gages, et Le Cercle noir, où il est cette fois-ci un policier.

C'est avec sa quatrième collaboration avec Winner, Un justicier dans la ville que Bronson connait le succès aux États-Unis en 1974, à l'âge de 52 ans.

Il n'est pourtant pas le premier choix du réalisateur : Jack Lemmon, Henry Fonda et Georges C. Scott sont tour à tour sollicités. Et lorsque Michael Winner demande à Charles Bronson d'interpréter le rôle-titre, c'est au tour du romancier, Brian Garfield, de s'y opposer. Pour couronner le tout, Charles Bronson lui-même doute fortement de son personnage : « Le rôle était décrit comme un minable comptable new-yorkais, à la Dustin Hoffman. Le réalisateur Michael Winner m’a convaincu qu’il en ferait un architecte plus viril et que nous ferions tous un paquet de fric[4]. » Le succès est tel qu'il tourne quatre suites à ce film de Michael Winner, au fil des années, jusqu'à L'Ultime combat (1994), qui est le dernier film de l'acteur.

Après le succès de ce film, Bronson continue à être assez prolifique. Il incarne le personnage principal dans Le Bagarreur, le premier film de Walter Hill et fait un crochet du côté du western, sur un mode sérieux (Le Solitaire de Fort Humboldt de Tom Gries), et sur un mode plus humoristique (C'est arrivé entre midi et trois heures). Il tourne deux films sous la direction de J. Lee Thompson, le polar néo-noir Monsieur St. Ives et le western Le Bison blanc. On le voit aussi dans le film d'espionnage Un espion de trop, seule collaboration entre Bronson et le vétéran Don Siegel.

Les années qui suivent voient la popularité de Bronson s'éroder. Au cours des années 1980, il travaille essentiellement pour la firme Cannon, dirigée par les producteurs Menahem Golan et Yoram Globus, et apparait dans des films assez violents dans lesquels il joue les justiciers (Un justicier dans la ville 2 de Michael Winner, L'Enfer de la violence de J. Lee Thompson, ...)

Entre 1989 et 1991, il met de côté sa carrière professionnelle pour s'occuper de sa femme, atteinte d'un cancer du sein, et qui décède en 1990. L'année suivant, Sean Penn lui offre un petit rôle dans The Indian Runner.

Archie Cash, le héros de la bande dessinée, a été volontairement dessiné sous les traits de l'acteur américain Charles Bronson[7] qui joue dans ses films un rôle similaire de justicier.

Mort et funérailles

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Atteint de la maladie d'Alzheimer, il meurt d'une pneumonie aiguë le à Los Angeles[8], à l'âge de quatre-vingt-un ans.

Vie privée

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Charles Bronson s'est marié trois fois : en premières noces avec Harriet Tendler, en deuxièmes noces avec Jill Ireland et en troisièmes noces avec Kim Weeks[9].

De sa première union, sont issus Tony et Suzanne et de sa seconde union, Zuleika et Katrina, fille d'une amie décédée qu'il a adoptée avec Jill Ireland quand elle avait 14 ans[10].

L'éternel Indien

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Charles Bronson devint l'un des « Indiens » les plus célèbres de Hollywood. Robert C. Cumbow dans son ouvrage The Films of Sergio Leone, indique que le physique typé de l'acteur, avec ses cheveux noirs épais, son visage buriné et bronzé, et ses yeux bleu-vert, le destinait naturellement, d'après les conceptions d'Hollywood, à incarner des personnages ethniquement marqués[11].

Charles Bronson au Festival de Cannes 1987.

Dans le film pro-indien Bronco apache de Robert Aldrich, Bronson joue un Apache ayant trahi les siens. Il incarne le fameux Captain Jack dans le film de Delmer Daves : L'Aigle solitaire. Il incarne ensuite un chef dans Le Jugement des flèches, de Samuel Fuller. Dans La Bataille de San Sebastian d’Henri Verneuil, il incarne un métis haineux opposé à l'invasion de son territoire. Entretemps, en 1959, dans le film de guerre La Proie des vautours, il incarne un militaire métis qu'un autre soldat primairement raciste ne cesse de taquiner en l'appelant « grand-chef peau-rouge ».

Dans Les Sept Mercenaires, il est un tireur d'élite mexicano-irlandais, Bernardo O'Reilly : « Irlandais par mon père, Mexicain par ma mère, moi au milieu » s'y définit-il.

Sergio Leone exploite cette « ambivalence ethnique[11] » pour le rôle de Harmonica, le tueur silencieux d'Il était une fois dans l'Ouest, où le flashback le montre sous les traits d'un jeune latino aux yeux marron qui porte des lentilles de contact de couleur bleu-vert afin de correspondre à la couleur des yeux de Bronson[11]. Mais c'est explicitement sous les traits d'un Mexicain à part entière que Charles Bronson apparaît en 1968 dans Pancho Villa, Rodolfo Fierro, lieutenant du célèbre chef révolutionnaire interprété ici par Yul Brynner.

Enfin, en 1972, il incarne un Apache vengeur dans Les Collines de la terreur de Michael Winner. L'année suivante il interprète, dans Chino, un éleveur de chevaux rejeté par sa communauté en raison de ses origines amérindiennes.

Filmographie

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Années 1950

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Buffalo Bill/le Bison bleu

Années 1960

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Cos Erickson

Années 1970

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Années 1980

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Années 1990

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Télévision

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Années 1950

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Années 1960

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Années 1990

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Voix françaises

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En France, Charles Bronson n'avait pas de voix française attitrée. Dans les années 1960, 1970 et 1980, il fut principalement doublé par Claude Bertrand, Marcel Bozzuffi et Edmond Bernard.

Notes et références

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  1. Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.
  2. cinefiches.com, « Charles Bronson », (consulté le )
  3. Philippe Setbon, Bronson, PAC, Paris, 1983, p. 13.
  4. a b c d et e Maïlys Gelin, « Charles Bronson aurait eu 100 ans aujourd'hui », sur Profession Audio|Visuel,
  5. Lors d'une interview, l'acteur a affirmé qu'il jouait facilement des rôles d'Amérindien car il était d'origine mongole et que ce peuple avait des similitudes avec les Amérindiens vivant aux USA.
    Stefan Bratkowski, Najkrótsza Historia Polski (The Shortest History of Poland), KAW, Varsovie, 1999, p. 9
    .
  6. (no) Astrid Meland, « Charles Bronson er død », sur Dagbladet, .
  7. Anecdote de la série sur hippopolivre
  8. (en) Autopsyfiles, « Death certificate of Charles Bronson : Certificat de décès de Charles Bronson » [PDF], sur autopsyfiles.org, (consulté le ).
  9. « Charles Bronson est mort », sur Nouvelobs.com, L'Obs, (consulté le ).
  10. Paris Match n°2095, 20 juillet 1989
  11. a b et c Robert C. Cumbow, The Films of Sergio Leone, p. 128.
  12. « Family of Cops III : Le justicier reprend les armes », sur notreCinema.com (consulté le )

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Bibliographie

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Documentaire

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  • Charles Bronson, le génie du mâle, documentaire de Jean Lauritano (2019)

Liens externes

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