Mexicains

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Mexicains
Description de l'image Mexicans Peoples.jpeg.

Populations significatives par région
Drapeau du Mexique Mexique 125 959 205 (2018)
Drapeau des États-Unis États-Unis 36 255 589 (2016)
Drapeau du Canada Canada 97 055 (2011)
Drapeau de l'Espagne Espagne 47 917 (2014)
Autres
Régions d’origine Drapeau du Mexique Mexique
Langues Espagnol et langues diverses
Religions Catholicisme, protestantisme et croyances diverses
Ethnies liées Amérindiens, Européens

Les Mexicains sont les habitants du Mexique. Au début du XXIe siècle, environ 70 % de la population mexicaine est d'ascendance espagnole et amérindienne, tandis que moins de 15 % est exclusivement d'origine européenne (principalement espagnole)[1].

Anthropogéographie[modifier | modifier le code]

Les Mexicains sont limitrophes des Américains au Nord, ainsi que des Guatémaltèques et des Béliziens au Sud.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Mentionné par Montaigne sous la graphie Mexicains en 1588, cet ethnonyme se compose de Mexique[N 1] et du suffixe -ain[2].

En espagnol : Mexicanos.

Anthropologie et ethnologie[modifier | modifier le code]

Une famille dans le Nord du Mexique en 1915.

Le Mexique paraît avoir été habité, dès les temps les plus reculés, par un grand nombre de tribus différentes. Toutes ces nations étaient établies avant la grande migration toltèque et les Aztèques fixent l'arrivée des Toltèques sur le plateau mexicain au VIIe siècle[3]. Charles Quint chercha à protéger les Mexicains contre les vexations de leurs vainqueurs : il accorda aux colonies un code de lois, d'après lequel nulle distinction ne devait être faite entre les conquérants, les colons et les autochtones[3].

En 1803, le Baron de Humboldt estime qu'il y a au Mexique 5 837 100 habitants, dont 17 % de Blancs[4]. En 1810, la population mexicaine se compose de 1 106 041 Blancs, 3 646 032 Amérindiens et 1 311 943 Métisses[4]. En 1876, on compte dans les annales officielles du pays 1 783 998 Blancs, 3 567 995 Amérindiens et 4 637 468 Métisses ; c'est-à-dire qu'en 66 ans, la population blanche a augmenté de 1 % par an, les Métis ont triplé et les Indigènes ont connu une baisse notable[4].

En 1844, Auguste Wahlen présente l'espèce humaine du Mexique en quatre grandes divisions qui forment huit castes, à savoir : les Indiens aborigènes, les Espagnols (originaires nés en Europe et créoles nés en Amérique), les Noirs (Africains esclaves et descendants de Noirs) et les Castes mixtes (Métis, issus d'un mélange de blancs et d'Indiens ; Mulâtres, issus de Blancs et de Noirs ; Zambos, issus d'Indiens et de Noirs)[3]. Par ailleurs, quelques Malais et Chinois, qui sont venus des Philippines se fixer au Mexique, ne peuvent pas entrer en considération dit M. Wahlen[3].

En 1889, selon Antoine Garcia Cubas, la population de la République mexicaine est de 11 395 712 individus et se divise en trois grands groupes : le groupe Européen et Hispano-Américain (2 165 185 personnes, soit 19 %), le groupe Métis (4 900 156 personnes, soit 43 %) et le groupe Indigène (4 330 371 personnes, soit 38 %)[5]. La différence des langues, des usages et coutumes détermine à cette époque l’hétérogénéité des trois groupes. Les individus composant le premier groupe et une fraction notable du second, représentent dans le pays l’élément le plus nombreux et dont la marche progressive est de tous points conforme avec la civilisation européenne[5]. Les professions dites libérales se recrutent dans le premier groupe, qui est aussi le possesseur de l’élément vital « le capital » et par conséquent, le plus ferme appui de l’agriculture, de l’exploitation des mines, de l’industrie et du commerce[5].

Espagnols[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Immigration espagnole au Mexique.

Au milieu du XIXe siècle, c'est entre les mains des Espagnols que se trouvent presque toutes les propriétés et les richesses[3]. On les divise en blancs nés en Europe et en descendants d'Européens nés dans les colonies espagnoles de l'Amérique et dans les iles asiatiques. Les premiers portent le nom de chapetons ou de gachupinos, les seconds celui de griollos (créoles). Les natifs des îles Canaries, que l'on désigne sous la dénomination d'Islénos et qui sont pour la plupart gérants de plantations, se considèrent comme Européens[3].

Amérindiens[modifier | modifier le code]

En 1889, bien que les individus du groupe indigène aient conservé leurs usages qui sont diamétralement opposés à ceux des autres ethnies, il est observé une très notable dégénérescence chez ceux qui vivent dans le voisinage des grands centres ; le grand nombre de ceux qui vivent dans la région montagneuse ont au contraire conservé, dans toute leur pureté, leurs costumes antiques et la langue primitive[5]. Les premiers, inactifs et indifférents, forment un violent contraste avec les seconds. Ceux-ci se consacrent avec activité aux travaux des champs, ils conservent leurs traditions et leurs différents idiomes. Les indigènes de la fin du XIXe siècle se caractérisent généralement par leur défiance, leur dissimulation, leur astuce et leur entêtement ; néanmoins certaines circonstances, comme la civilisation, l’ont modifiée[5].

Les indigènes, dont le degré de civilisation est plus ou moins avancé, vivent mélangés aux autres ethnies en 1889 ; ils vivent de l’agriculture, de la confection de tissus de coton[N 2], de la vannerie, de la poterie ordinaire et de la chapellerie ; ils produisent du beurre, du fromage et autres nombreux articles de première nécessité qu’ils portent sur les tianguis ou marchés des grands centres[5]. L'Amérindien d'alors est de constitution robuste, ce qui explique pourquoi, en dépit d’une alimentation frugale et souvent insuffisante, de leur défaut d’hygiène, entassés pèle-mêle dans des logements étroits et humides, grand nombre d’entre eux atteignent cependant un âge très avancé au XIXe siècle[5]. Leur décroissement et leur disparition lente proviennent des pestes, des guerres et du croisement avec les blancs et les métis ; la dégénérescence de quelques tribus provient particulièrement des mariages précoces[5]. Les nombreux indigènes qui grâce à leur éducation soignée se sont rendus notables dans les bureaux et dans la carrière ecclésiastique, prouvent qu’ils peuvent atteindre comme les blancs un haut degré de civilisation[5].

La population indigène, d’après la classification des langues faites par le philologue François Pimentel, forme les familles ethnographiques suivantes : Mexicaine, Opata-Pime, Guaicura, Cochimi Laimon, Seri, Tarasca, Zoque-Mixe, Totonaca, Mistéque-Zapotéque, Matlalzinga ou Piranda, Maya-Quiché, Chontal, Huave, Apache[N 3] et Othomi[5].

Métis[modifier | modifier le code]

Les individus du groupe Métis résident de préférence avec les Européens et Hispano-Américains à la fin du XIXe siècle, dans les grands centres de population, où ils exercent toutes sortes de métiers. Ils sont aussi disséminés dans toute l’extension du pays, employés aux travaux de l’agriculture, de l’exploitation des mines ou de l’industrie[5]. La presque totalité de la classe ouvrière se recrute dans ce groupe, cette classe révèle son intelligence et son activité dans la typographie, la reliure, la charpenterie, l’ébénisterie, la maréchalerie, le tournage, la coupe des pierres et de bois, la chapellerie, la cordonnerie, la filature des tissus de coton, laine et soie et, en général, dans presque tous les arts mécaniques[5].

Ils jouissent d’une organisation sociale assez avancée à la fin du XIXe siècle et grâce à l’amélioration de leur milieu et de leur instruction, ils ont aidé au développement du principe d’association, reposant non pas sur un bouleversement social, mais bien au contraire, sur des principes de mutualité et de fraternité[5]. Les grandes villes seulement jouissent de sociétés parfaitement réglementées, celles de moins d’importance ne restent pas en arrière. Les ouvriers se réunissent tantôt pour lire ou discuter des matières instructives tantôt comme un but de distraction. Presque toutes les associations ouvrières possèdent leur bibliothèque et soutiennent de leurs propres ressources des écoles gratuites[5].

Étrangers[modifier | modifier le code]

Au milieu du XIXe siècle, les étrangers constituent une classe à part qui a une grande influence dans le pays, parce-que les riches Mexicains, faisant la sieste une partie du jour et consacrant le reste au jeu et à d'autres occupations, négligent l'administration de leurs biens et laissent la gestion de leurs affaires aux étrangers[3].

Langage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues au Mexique.

Les créoles et la plus grande partie des ethnies mixtes n'ont pas adopté ici, comme au Pérou, un dialecte indigène ; ils se servent de la langue espagnole en 1844, tant dans la conversation que dans les écrits. Parmi les dialectes indigènes, la langue aztèque ou mexicaine est la plus répandue à l'époque ; mais les domaines de plusieurs autres langues sont comme enclavés dans le sien[3].

La langue espagnole, mêlée de formules provinciales et de mots d’origine indigène, constitue l’idiome des Métis à la fin du XIXe siècle[5].

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine mexicaine.

Religion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion au Mexique.

La religion catholique est celle de la presque totalité des habitants du Mexique en 1889. Toutefois, le protestantisme fait de sensibles progrès chez les Métis à cette époque[5]. Les Amérindiens amenés au christianisme par la conquête, tendent cependant à l’idolâtrie dans leurs actes religieux à la fin du XIXe siècle ; dans beaucoup de localités ils conservent encore l’usage simulé de leurs anciennes cérémonies sous la sauvegarde de la manifestation publique du culte catholique[5]. Pendant certaines solennités religieuses, ils exécutent des danses dans les églises devant les images les plus vénérées, comme celle de la vierge de Guadalupe par exemple[5].

Migrations et diaspora[modifier | modifier le code]

Au début du XXIe siècle, le pays étranger dans lequel les Mexicains sont le plus nombreux sont les États-Unis (Mexicano-Américains), puis le Canada en seconde place (Mexicano-Canadiens).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Mexique a été nommé d'après le nom de sa capitale, Mexico, dont le nom originel était Mexico-Tenochtitlan. Le sens originel du mot nahuatl Mexiko ou Mexihko [meːʃiʔko] est inconnu et sujet à diverses hypothèses étymologiques.
  2. Dans laquelle se distinguent tout particulièrement les indiennes des États de Oaxaca et de Veracruz.
  3. Ces tribus fixées sur le territoire des États-Unis d'Amérique descendent exercer leurs déprédations sur le territoire mexicain au XIXe siècle.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Francisco Lizcano Fernández, « Composición Étnica de las Tres Áreas Culturales del Continente Americano al Comienzo del Siglo XXI », Convergencia, Mexico, Universidad Autónoma del Estado de México, Centro de Investigación en Ciencias Sociales y Humanidades, vol. 38,‎ , p. 185–232 ; table on p. 218 (ISSN 1405-1435)
  2. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Mexicain » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  3. a b c d e f g et h Auguste Wahlen, Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde : Afrique - Amérique, Bruxelles, librairie Historique-Artistique, 1844.
  4. a b et c Ernest van Bruyssel, Rapport sur les États-Unis mexicains, Bruxelles, Alliance typographique, 1879
  5. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r Antoine Garcia Cubas, Étude géographique, statistique, descriptive et historique des États-Unis mexicains, Mexico, Imprimerie du ministère des travaux publics, 1889

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]