Il était une fois dans l'Ouest

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Il était une fois dans l'Ouest
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Logo original du film.

Titre original (it) C'era una volta il West
(en) Once Upon a Time in the West
Réalisation Sergio Leone
Scénario Sergio Leone
Sergio Donati
Dario Argento
Bernardo Bertolucci
Musique Ennio Morricone
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Western spaghetti
Durée 165 minutes
Sortie 1968

Série Il était une fois

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Il était une fois dans l'Ouest (titre original : C'era una volta il West) est un western italo-américain de Sergio Leone réalisé en 1968, sorti en salle en Italie la même année et en 1969 dans le reste du monde.

L'action du film se passe lors de la conquête de l'Ouest américain. Il évoque l'âpre rivalité des intérêts pour l’appropriation des terres que traverse la construction du chemin de fer et met en scène différents personnages représentatifs des westerns classiques pour mieux les détourner.

L'actrice Claudia Cardinale hérite du rôle d'une jeune veuve au grand cœur, seul personnage féminin du film. Jason Robards tient celui de l'aventurier qui trouvera la rédemption. Henry Fonda campe un tueur sans scrupules embauché par le patron du chemin de fer (Gabriele Ferzetti) pour éliminer tous les obstacles susceptibles de venir contrecarrer sa construction, et Charles Bronson interprète un mystérieux vengeur anonyme et taciturne.

Il était une fois dans l'Ouest est souvent considéré comme l'un des plus grands films du cinéma mondial et un des plus influents, spécialement dans le genre des western[1]. Il est aussi considéré comme un chef-d'œuvre du western spaghetti, genre cinématographique initié par le réalisateur. Sa musique, créée par l'artiste Ennio Morricone, reste dans les mémoires.

Le réalisateur Sergio Leone fait de ce film une œuvre imposante et personnelle, ce qui serait la raison de son échec commercial aux États-Unis (où le film fut amputé de plusieurs scènes à sa sortie), contrairement à l'Europe qui elle, lui fait un triomphe. Certains spécialistes du cinéma ont également avancé que ce rejet du public américain était dû au refus de voir Henry Fonda dans un rôle de tueur d'enfant. Il n'en reste pas moins que, avec ce film, le cinéma américain se voit concurrencé par le cinéma européen sur un genre cinématographique, le western, qui lui était historiquement réservé, de surcroît tourné hors de son territoire historique.

En 2009, le film est sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique »[2].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Intrigue[modifier | modifier le code]

Le film décrit deux conflits se déroulant à Flagstone, une ville fictive de l'Ouest américain, sur d'une part la lutte autour de l'arrivée du chemin de fer dans la ville et d'autre part la vengeance d'un homme contre un tueur froid et sanguinaire.

Résumé[modifier | modifier le code]

Dans la longue scène d'ouverture du film, un mystérieux joueur d'harmonica arrive en train à Flagstone, une ville de l'Ouest américain. Trois tueurs, vêtus de cache-poussière, sont envoyés par le bandit Frank pour attendre cette personne à la gare, sous la chaleur torride. La séquence se prolonge pendant l'arrivée du train, filmée de très loin et, quand le train s'éloigne, le joueur d'harmonica et les tueurs se font face. Après un duel de regards silencieux, le joueur d'harmonica abat les trois tueurs avec son revolver, mais est blessé. Pendant toute la suite du film, ce personnage ne sera connu que sous le nom de « l'homme à l'harmonica » ou « Harmonica ».

La trame principale du film a pour objet une lutte acharnée pour l'acquisition de la « Source fraîche » (Sweetwater en version originale), du nom d'une propriété située sur un terrain apparemment aride près de Flagstone. Le propriétaire, Peter McBain, a fait construire une ferme pour s'y installer avec ses trois enfants. Veuf, il attend l'arrivée par le train de sa nouvelle femme, Jill, une ancienne prostituée que McBain a épousée à La Nouvelle-Orléans il y a peu de temps. Celle-ci doit découvrir son nouveau lieu de vie et sa nouvelle famille.

En homme avisé, McBain a acheté ce terrain car il contient l'unique source d'eau de la région, prévoyant que lorsque la ligne de chemin de fer y aboutira, elle devra obligatoirement passer par cette propriété pour alimenter en eau ses locomotives à vapeur. McBain a aussi acheté en prévision une grande quantité de matériaux de construction pour pouvoir construire une gare et ses annexes.

Et, effectivement, la ligne de chemin de fer du magnat Morton doit bien passer par Sweetwater. Morton envoie alors son âme damnée, Frank, pour intimider McBain. Mais Frank et ses complices tuent McBain ainsi que ses trois enfants. Pour faire accuser du meurtre de McBain Cheyenne et sa bande, vêtus de cache-poussière, Frank en laisse un morceau sur les lieux de son forfait.

Jill arrive à Flagstone en train par la ligne nouvellement créée. Ne trouvant personne pour l’accueillir, elle doit louer une carriole pour rejoindre son mari dans sa propriété. Cela donne lieu à une séquence dans les collines de Monument Valley aux formes si caractéristiques.

Dans une auberge sur le chemin de Sweetwater, « Harmonica » rencontre Cheyenne, tout juste évadé de prison et sa bande. À cause des cache-poussières qu'ils portent, Harmonica pense qu'ils appartiennent à la bande de Franck. Mais Cheyenne lui dit qu'il n'a rien à voir avec l'affaire de la gare. Les deux hommes entretiendront par la suite une forme de sympathie à distance.

Arrivée à Sweetwater, Jill découvre que toute la famille McBain a été massacrée. Jill se retrouve alors seule et, en tant que veuve, unique héritière de la propriété. Elle décide de ne pas rentrer en ville et de rester à Sweetwater. Fouillant la maison, dans la nuit elle entend Harmonica jouer de son instrument. Cheyenne passe ensuite à Sweetwater et discute avec Jill pour essayer de comprendre pourquoi on l'accuse du meurtre des McBain.

« Harmonica » abat deux hommes envoyés par Frank pour tuer Jill. Puis il explique à Cheyenne que Jill perdra ses droits sur Sweetwater si, au minimum, la gare n'est pas construite quand le train arrivera. Cheyenne met alors ses hommes au travail pour construire les bâtiments, à partir des matériaux disponibles achetés par McBain.

Frank s'oppose de plus en plus à Morton, ce qui est facilité par l'infirmité de ce dernier, atteint d'une tuberculose des os. Après avoir enlevé Jill et couché avec elle, il tente de la forcer à lui vendre la propriété à vil prix lors d'enchères en intimidant les autres acheteurs. Mais « Harmonica » fait une offre très supérieure, de cinq mille dollars, montant correspondant à la prime pour la capture de Cheyenne dont la tête a été mise à prix depuis son évasion. Après avoir repoussé une nouvelle tentative d'intimidation par Frank, Harmonica redonne la ferme à Jill.

À ce stade, certains des hommes de Frank payés par Morton, qui veut reprendre le contrôle de la situation, essaient de tuer Frank. Mais Harmonica les en empêche, afin de garder ce privilège pour lui-même. Morton et les autres hommes de Frank sont tués à bord du train du magnat par la bande de Cheyenne.

Séquence de résolution à la fin du film, un flashback qui explique les motivations de l'homme appelé « Harmonica ».

Frank se rend alors à Sweetwater pour affronter lui-même Harmonica dans un duel. À ce moment, le motif de la vengeance d'Harmonica est révélé dans un flashback : quand Harmonica était enfant, Frank a tué son frère aîné de façon cruelle : il l'a fait pendre à une corde attachée au sommet d'une arche[a] debout sur les épaules du jeune garçon et a enfoncé un harmonica dans la bouche de celui-ci. Lors du duel, Harmonica tire le premier et blesse mortellement Frank. Juste avant de mourir, Frank lui demande encore une fois qui il est. Harmonica lui enfonce alors l'harmonica dans la bouche.

Débarrassés de Frank, Harmonica et Cheyenne vont dire au revoir à Jill, qui supervise la construction de la gare alors que les équipes de poseurs de rails se rapprochent de Sweetwater. Cheyenne s'effondre alors, révélant qu'il a été touché par Morton quand lui et ses hommes se battaient contre ceux de Frank à bord de son train.

Un train amène des rails et le film se termine alors que Jill va donner à boire aux ouvriers. Harmonica s'éloigne, en emportant le corps de Cheyenne sur son cheval.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Information icon with gradient background.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

Distribution[modifier | modifier le code]

Henry Fonda (Frank).
Acteurs non crédités
Sources et légende : version française (VF) sur Allodoublage[5]

Production[modifier | modifier le code]

Pré-production[modifier | modifier le code]

Le film reprend une partie de la trame et de la motivation d'un personnage de Et pour quelques dollars de plus : une histoire de vengeance qui se dévoile au cours du film, grâce à des flash-back. Les flash-back sont liés à une musique et la cause de la vengeance sera entièrement révélée lors du duel final. Mais, au lieu d'une vengeance découlant d'un lien frère-sœur, liée à la musique d'une montre, cette fois la vengeance découle d'un lien frère-frère et elle est liée à un air d'harmonica.

Après Le Bon, la Brute et le Truand, Sergio Leone ne voulait plus refaire de western et avait commencé à préparer le tournage d’Il était une fois en Amérique. C'est aux États-Unis, où il voulait commencer à produire, qu'on lui a suggéré de faire un autre western. C'est alors qu'il eut l'idée de faire la trilogie Il était une fois....

Ce film, le premier volet de la trilogie Il était une fois..., permet à Leone de revisiter le mythe de l’Ouest américain et, au nom d’un plus grand souci de réalisme, de lui rendre une vérité altérée par les conventions du cinéma américain. Leone s’est toujours étonné, entre autres reproches qu’il adressait aux westerns classiques, qu’on ne montre pas, par exemple, la réalité de l’impact d’une balle qui faisait un trou énorme dans le corps de la victime. Ou encore qu’on atténue la violence extrême de cette époque qui voyait pourtant un tueur exhiber les oreilles coupées de ses ennemis pour imposer le respect (voir William Quantrill). C’est cependant dans un cercle final, l’arène de la vie, que Leone réunit et enferme ses personnages essentiels et exprime le moment de vérité du film qui se conclut, de façon la plus classique, par le duel inhérent à tout western. C'est le premier film d'une trilogie qui comprend ensuite Il était une fois la révolution (1971) et Il était une fois en Amérique (1984).

Les thèmes du film — et c’est une constante chez Sergio Leone — sont par ailleurs magnifiés par une mise en scène savante et toujours spectaculaire illustrée d’un accompagnement musical ou sonore expressif. On peut notamment évoquer le début du film, devenu mythique, avec les trois tueurs qui attendent le train et ses gros plans sur des regards, les craquements de doigts, la mouche tournant autour de Jack Elam, les gouttes d'eau tombant sur le chapeau ou encore la roue grinçante de l'éolienne. Si l'on excepte les quelques mots prononcés par le chef de gare dans la première minute du film (mais qui n'obtiennent pas de réponse), les premières paroles ne sont échangées que onze minutes après le début du film, ce qui en fait une des plus longues scènes de silence du cinéma. Cette séquence constitue aussi le plus long générique de l'histoire du cinéma.

Le film multiplie les savants cadrages et installe dans l’espace les personnages d’une façon souvent saisissante : fréquentes plongées ou contre-plongées, caméra placée sous un angle insolite allongeant, par exemple, les silhouettes ou remplissant l’écran d’yeux présentés en très gros plans. Les combats sont filmés en deux temps comme autant de ballets : d’abord, une lente montée de l’attente qui accroît la tension avant que l’exaspération des nerfs n’explose dans les coups de feu.

Ce film devenu culte qui insiste sur le passage entre deux époques et dont la tonalité de désenchantement se prolongera dans Il était une fois la révolution annonce, par le double thème du duo et de la désillusion, Il était une fois en Amérique. Les trois films, sans être des suites, sont toutefois à voir dans l’ordre chronologique.

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Sergio Leone avait un temps envisagé James Coburn dans le rôle d'Harmonica, un Mexicain obnubilé par le désir de venger son frère assassiné par Frank. Mais les exigences financières de James Coburn furent trop importantes. Le réalisateur pense alors confier le rôle-titre à Charles Bronson qu'il avait vainement tenté d'engager dans ses précédents films Pour une poignée de dollars et Le Bon, la Brute et le Truand. Il obtient son accord. Rock Hudson, Warren Beatty, Terence Stamp et Jean-Paul Belmondo avaient également fait du pied au réalisateur, mais ce dernier avait d'ores et déjà fait son choix[6].

Pour le rôle de Frank, Leone tenait absolument à Henry Fonda, en contre-emploi des rôles de braves types honnêtes, nobles et positifs qui firent sa renommée : il joue ici un tueur ignoble n'hésitant pas à massacrer des innocents et des enfants et crachant à tout bout de champ. Eli Wallach, qui interprétait Tuco dans Le Bon, la Brute et le Truand, persuada Fonda d'accepter le rôle. Ce dernier se fit projeter tous les films de Leone, qu'il ne connaissait pas, avant de se décider. Sa performance est remarquable, car né en 1905, il avait 63 ans lors du tournage du film, dans lequel il semble beaucoup plus jeune, surtout dans le flash-back final qui révèle le motif de la vengeance d'Harmonica. Le premier jour de tournage, il arrive complètement grimé pour avoir une gueule de méchant. Il porte ainsi une fausse moustache imposante, des favoris noirs et des lentilles de contacts marron qui masquent ses yeux bleus. Sergio Leone exigea qu'Henry Fonda retire tout cet attirail.

Le frère d'Harmonica est joué par Claudio Mancini, directeur de production du film.

L'actrice qui joue la femme indienne s'enfuyant de la gare en séquence d'ouverture est en réalité d'origine hawaïenne. Il s'agit de l'épouse de Woody Strode.

C'est à Robert Hossein qu'on proposa initialement le rôle de Morton, mais il fut retenu par le tournage du film Indomptable Angélique. Le rôle échut alors à Gabriele Ferzetti, héros du film L'avventura.

Kirk Douglas candidata pour jouer le rôle de Cheyenne. Mais ce fut Jason Robards qui fut finalement sélectionné. Le premier jour, il arriva complètement ivre. Sergio Leone menaça de l'exclure du tournage s'il réitérerait de revenir dans cet état d'ébriété. Par la suite, il ne causa plus de problèmes, sauf le jour de l'annonce de l'assassinat de Robert « Bobby » Kennedy (le frère cadet de JFK). Il obligea alors Leone à arrêter le tournage pour le reste de la journée.

Le rôle féminin principal, celui de Jill McBain, devait initialement être tenu par Sophia Loren, contrepartie de la promesse de son mari Carlo Ponti à produire le film. Mais Sergio Leone craignit que la vedette italienne exige de réorienter l'histoire en sa faveur. Le réalisateur propose alors le rôle à son amie Claudia Cardinale qui accepta la proposition sans avoir lu au préalable le scénario.

Pour la scène d'ouverture avec les trois tueurs (Stony, Snaky et Knuckles), Sergio Leone désirait, en forme de clin d'œil, les faire jouer par les trois protagonistes de Le Bon, la Brute et le Truand : Lee Van Cleef, Eli Wallach et Clint Eastwood. Mais ce dernier, dont la notoriété commençait à grandir, refusa car son personnage mourait dès le début du film.— Ce refus est l'origine d'une longue brouille entre Leone et Eastwood. Ils ne se reverront une dernière fois que 20 ans plus tard, peu de temps avant le décès de Leone, lors de l'avant-première à Rome du film Bird réalisé par Eastwood. — L'un de ces gredins est joué par Jack Elam, second couteau dont le strabisme sert admirablement la scène. L'acteur noir est Woody Strode, devenu célèbre dans le monde du western pour avoir joué le Sergent noir de John Ford. Le dernier larron, Al Mulock, a interprété un chasseur de primes manchot dans Le Bon, la Brute et le Truand.

Ce même Al Mulock se suicida pendant le tournage en sautant par la fenêtre de la chambre de son hôtel à Guadix, en Espagne, vêtu du même costume qu'il portait dans le film. Un des scénaristes, Mickey Knox, et le directeur de production, Claudio Mancini, qui étaient assis dans une chambre de l'hôtel, le virent passer de leur fenêtre. Selon Mickey Knox, la première réaction de Sergio Leone a été d'exiger de récupérer le costume de scène[7].

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage s'est déroulé d'avril à août 1968 aux États-Unis, en Espagne et en Italie.

Monument Valley, l'un des lieux de tournage.

Pour les scènes extérieures, le film a été tourné à Monument Valley en Arizona, dans la région de Moab dans l'Utah ainsi qu'en Andalousie.

L'Andalousie, et son désert de Tabernas, est depuis 1963 très prisée par Sergio Leone, initiateur du genre western spaghetti. En effet, après avoir parcouru les États américains du Nouveau-Mexique à l'Utah, il sélectionne définitivement ce site, certes avant tout pour des raisons budgétaires mais aussi, pour ses décors naturels similaires à ceux de l'Arizona et de surcroît, vierges de toute implication humaine à contrario du plateau du Colorado[8].

Ainsi, pour les besoins du film, Sergio Leone fait construire la ville de Flagstone au sud de Guadix, près de La Calahorra. La gare de Cattle Corner où se déroulent les premières quatorze minutes du film sans aucun dialogue est située à la sortie sud de Guadix. Dans une direction Nord-Sud, la gare de Flagstone est le prochain arrêt. La demeure des Mac Bain, Sweetwater, a été bâtie par Carlo Simi — chef décorateur —, avec les poutres du décor du film Falstaff d'Orson Welles en 1965 et existe toujours aujourd'hui, renommée Western Leone, près de Tabernas.

John Landis, futur réalisateur du film Les Blues Brothers, a la responsabilité des scènes de cascades.

La plupart des scènes d'intérieur ont été filmées à Rome aux studios de Cinecittà. La scène de la pendaison du frère aîné de l'homme à l'harmonica, que l'on pourrait croire avoir été tournée en extérieur, a, en fait, été tournée dans un des studios de la Cinecittà. L'arche a été reconstruite, des toiles peintes ont servi de fond au studio et la terre rouge ocre, achetée aux indiens Navajos et importée en Italie, a été répandue sur le sol, apportant ainsi la touche finale de réalisme recherchée pour cette scène capitale[9].

Dans ce film, Claudia Cardinale et Paolo Stoppa font l'une des plus « longues » randonnées de buggy de l'histoire du cinéma. En effet, elle commence en Espagne, passe par Monument Valley dans l'Utah et se termine à la ferme des Mac Bain en Espagne.

Bande son[modifier | modifier le code]

Il était une fois dans l'Ouest

Album de Ennio Morricone
Sortie 1969
Durée 38:23
Label RCA

Il était une fois dans l'Ouest est un album de Ennio Morricone sorti en octobre 1969 comme bande originale du film Il était une fois dans l'Ouest. Sur cet album, l'orchestre est dirigé par l'auteur.

La musique du film a été composée et dirigée par Morricone, complice de Sergio Leone. Selon certaines interviews du compositeur, Leone lui aurait fait refaire le travail vingt fois avant de se déclarer satisfait. La musique était jouée sur le plateau durant le tournage afin de mieux imprégner les acteurs. La bande originale resta très longtemps en tête des hit-parades (classements).

Chacun des quatre thèmes principaux est joué à l'apparition d'un personnage du film. L'harmonica désaccordé pour Charles Bronson, une séquence grinçante à base de cordes puis s'étendant à tout un orchestre pour Frank, une phrase très séquencée pour Cheyenne. Pour Jill, une séquence de ragtime, ou une mélodie romantique, avec des voix angéliques[10].

L’accompagnement musical, lui aussi très célèbre de Morricone, accentue les effets, de sorte que la théâtralisation de l’image et la musique très expressive font penser à un grand opéra baroque. La musique et l'image procèdent en effet l’une de l’autre, se nourrissent l’une de l’autre. Il suffit d’évoquer la terrible séquence des deux frères, l’aîné juché sur les épaules de son cadet jouant de l’harmonica, dont toute la force provient précisément de cette alliance intime entre ce qui est montré au travers d’une image saisissante et ce qui est entendu dans une partition musicale allant crescendo.

Liste des morceaux[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites et composées par Ennio Morricone.

Face 1
No Titre Durée
1. Il était une fois dans l'Ouest 3 min 41 s
2. Come una sentenza 3 min 05 s
3. Addio a cheyenne 2 min 36 s
4. L'attentato 4 min 39 s
5. La Posada n°1 1 min 38 s
6. La Posada n°2 1 min 30 s
Face 2
No Titre Durée
7. L'Homme à l'harmonica 3 min 27 s
8. In una stanza con poca luce 5 min 05 s
9. L'orchestraccia 2 min 21 s
10. L'uomo 1 min 01 s
11. L'America di Jill 2 min 45 s
12. L'ultimo rantolo 1 min 43 s
13. Finale 4 min 10 s

Sortie et accueil[modifier | modifier le code]

Affiche du film sur une salle de cinéma du Moulin-Rouge à Paris (1969).

Critique[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, le film est mal accueilli par la critique[11]. Depuis, l'accueil critique a été réévalué de manière positive, ayant depuis acquis le statut de film culte et chef d'œuvre par des critiques et réalisateurs.[réf. nécessaire]

Box-office[modifier | modifier le code]

Le film remporte un énorme triomphe public en Europe lors de sa sortie en salles[12].

En Italie, le film sort le et totalise 8,9 millions d'entrées[13]. En Allemagne, sorti le , le western réalise 13 millions d'entrées[13]. Mais c'est en France que le film a beaucoup plus d'impact[12] avec près de 15 millions d'entrées depuis sa sortie en et les ressorties successives[13],[14].

L'engouement du film n'est pas le même aux États-Unis : amputé de plusieurs scènes (notamment celle de l'auberge et celle de la mort de Cheyenne), le film n'a pas obtenu le succès au box-office, récoltant seulement un total de 5,3 millions de dollars de recettes[15] dont 2,1 millions en location vidéo[16].

Analyse[modifier | modifier le code]

Personnages[modifier | modifier le code]

Le propos de Leone se veut prophétique. L’Amérique fondée sur la conquête et la survie se transforme ainsi en une Amérique fondée sur la loi et l'égalité des droits. En effet, à l’époque de la réalisation du film, le Women Liberation (Mouvement de libération des femmes) connaissait son apogée aux États-Unis.

Le passage entre les deux époques est d’ailleurs parfaitement symbolisé par la construction de la ligne de chemin de fer qui relie non seulement deux espaces, l'Est et l'Ouest, mais aussi deux époques, celui des pionniers du Far West qui s’efface peu à peu devant celui de la civilisation moderne.

L’un des intérêts du scénario, écrit, entre autres, par Bernardo Bertolucci et Dario Argento, est d’en montrer les répercussions sur les personnages eux-mêmes qui n’ont d’autre choix que de disparaître ou de s’adapter. Trois d’entre eux ne s’intègrent pas et sont appelés à s’effacer. C’est d’abord Frank, hors-la-loi, chef de bande et rebelle à toute légalité, qui représente une époque révolue car, désormais, la loi se généralise. Le bandit généreux, Cheyenne, dont le romantisme n’a plus sa place dans une société devenue mercantile, disparaît également. C’est enfin Harmonica dont le mode de vie fondé sur le sens de la justice et le goût pour la solitude ne peut s’accommoder d’un monde de plus en plus organisé et fondé sur la collectivité. On songe, à son propos, au beau mouvement de caméra qui, par un panoramique, donne à voir, en un plan de plus en plus général, le chantier du chemin de fer, puis les dizaines d’ouvriers au travail et le personnage d'Harmonica qui s’y fond comme s’il disparaissait en tant qu’individu, comme s’il s’agissait de la fin de l’individu.

Jill, interprétée par Claudia Cardinale, prête à tout pour survivre, est la seule à réussir ce passage entre l’ancien et le nouveau monde. La séquence finale, qui la montre donnant de l’eau aux ouvriers, signifie sans doute la fidélité à ses origines, car elle choisit les ouvriers exploités et humiliés comme elle en même temps que son adaptabilité, des ouvriers construisant l’avenir. C'est Bertolucci qui a proposé à Leone de centrer l'histoire du film sur un personnage féminin.

Les costumes des personnages sont un rappel flagrant de leurs caractères. Tandis qu'Harmonica est habillé de blanc durant tout le film, Franck est vêtu de noir. Cette opposition prend tout son relief lors du duel final.

La balle magique d'Harmonica : personnage réel ou fantastique ?[modifier | modifier le code]

Le personnage d'Harmonica présente un intérêt particulier en raison des interrogations suscitées par sa rapide récupération de la blessure par balle que lui inflige l'un des hommes de main de Franck au début du film à Cattle Corner[17]. Ce personnage relèverait-il du fantastique ou du surnaturel ?

Cette « guérison » si rapide résulte soit d'une erreur flagrante dans le script, soit du fantastique. La méticulosité bien connue de Sergio Leone plaide pour la seconde hypothèse, ce qui a ouvert la voie à donner au personnage d'Harmonica un pouvoir quasi surnaturel d’invincibilité propre aux justiciers divins[18]. Cette récupération physique est tellement rapide qu'elle paraît très improbable et le problème qu'elle pose, au regard de la vraisemblance du scénario, est bien réel. S'il n'y a pas d'erreur, alors Harmonica peut être considéré comme un personnage de justicier vengeur démiurge qui apparaît toujours au moment opportun pour conduire chacun des personnages sur la route de son propre destin[19].

Il existe une autre piste qui pourrait conduire à conforter la thèse de l'invraisemblance dans le script. À l'origine le film a été présenté dans deux versions différentes entre les États-Unis et l'Europe. La première version comportait la scène dans laquelle Harmonica se relève et place son bras en écharpe mais ne comportait pas la scène de l'auberge où il parle de cache-poussières vus « tout à l'heure », ce qui permet de penser qu'un certain temps, propice à la récupération, a pu s'écouler entre la première scène et les suivantes. La deuxième version (en France notamment) ne comportait pas la scène de l'écharpe autour du bras gauche, ce qui permet de penser que la blessure de l'Harmonica n'était pas trop grave et explique qu'il apparaisse en pleine possession de ses moyens dans la scène de l'auberge.

Il faut néanmoins dissocier les versions Française et Anglaise: ainsi lorsque Harmonica dit "I saw three of these dusters a short time ago", cela est traduit par: "J'ai vu trois de ces cache-poussières tout à l'heure"; alors que "a short time ago" se traduirait plutôt par "il y a peu de temps", ce qui peut laisser le doute sur une durée écoulée supérieure à une journée. De même, lorsque Harmonica est retenu prisonnier par Frank dans le wagon de Morton, il s'amuse à lui dire: "Tes amis ont un taux de mortalité assez élevé. Hier trois, aujourd'hui deux". Là même où la version anglaise dit : "First three, then two", ce qui n'inclut pas de référence temporelle précise. Il semblerait donc que, par le jeu des traductions, la version française abonde dans le sens d'une guérison accélérée de Harmonica.

Erreurs[modifier | modifier le code]

  • Anachronisme : lors de la préparation de la fête du mariage, la fille de McBain chante quelques lignes de Danny Boy, dont les paroles ne datent que de 1910.
  • Anachronisme : le conducteur qui emmène Claudia Cardinale à la ferme cite Charles E. Stenton, La Fayette nous voilà (1917).
  • Harmonica interpelle Cheyenne en lui disant: "J'ai vu 3 de ces cache-poussières tout à l'heure. Ils attendaient un train. Il y avait 3 hommes à l'intérieur des cache-poussières. À l'intérieur des hommes il y avait 3 balles". Cela est inexact car un des hommes avait enlevé son cache-poussière avant l'arrivée de Harmonica à la gare. À noter d'ailleurs que c'est cet homme-là qui blesse Harmonica : le seul qui ne porte pas de cache-poussières.
  • À l'arrivée de Jill, le cadran de l'horloge de la gare est montré à deux reprises : visiblement dans un plan il est neuf, dans un autre il est abîmé.
  • Séquence jouée deux fois : toujours dans la même scène, Jill, accompagnée de deux porteurs de bagages noirs, passe devant le bâtiment de la gare, et ces deux derniers s'installent avec les bagages sur un banc le long du mur. Après un gros plan sur le visage de Jill, on retrouve les porteurs accroupis sur le bord du quai et non pas assis sur le banc. Avec Jill ils refont le même chemin jusqu'au bâtiment de la gare dans lequel elle entre pour parler au chef de gare et son adjoint.
  • Lorsqu'Harmonica rencontre Jill dans le ranch McBain, il a une estafilade à la pommette gauche. Le lendemain lorsqu'il va à la rencontre de Franck, sa pommette est intacte. En effet une scène, coupée au montage, montrait Harmonica passé à tabac par trois shérifs adjoints après avoir été massé par une femme mexicaine[20].
  • Dans la scène de la pendaison, Franck met un harmonica écrasé sur la tranche dans la bouche d'Harmonica. Dans les plans suivants le même harmonica est intact, pour apparaître de nouveau écrasé (par les dents qui le serrent) au moment où Harmonica tombe à terre.
  • Lors de la scène où Harmonica abat les trois hommes de Franck au début du film, il est fraîchement rasé. Dans la même journée, quand il rencontre Cheyenne seulement quelques heures plus tard, il porte une moustache de plusieurs jours.

Distinction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Scène tournée à Texas Hollywood.
  2. Son restauré en Dolby Digital lors de la sortie DVD.
  3. Version écourtée par Paramount pour sa première exploitation en salles aux États-Unis. Lors de la ressortie en 1984, le montage italien de 166 minutes a été respecté.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Il était une fois... Sergio Leone », in: Cinémathèque française, Paris, octobre 2018.
  2. (en) Brief Descriptions and Expanded Essays of National Film Registry Titles - Library of Congress
  3. (it) Damiano Panattoni, « L’altra America di Sergio Leone, C’era una volta il West compie cinquant’anni », sur hotcorn.com, (consulté le 7 juin 2020)
  4. « C'era una volta il West (1968) Sergio Leone », sur Cinéma Encyclopédie (consulté le 14 octobre 2018)
  5. « Fiche du doublage français du film » sur Allodoublage, consulté le 3 décembre 2014
  6. Eric Libiot, « Il était une fois dans l'Ouest », Studio Ciné Live no 82,‎ , p. 128-131.
  7. (en) : « Claudio Mancini put him in his car, and drove him to the hospital. But, before that Sergio Leone said to Mancini 'get the costume, we need the costume'. »
  8. « L'Andalousie et Sergio Leone inventa le Western Spaghetti », sur Arte (consulté le 20 août 2018).
  9. « Reconstitution de la scène de la pendaison : Studio de la Cinecitta », sur Agoravox (consulté le 20 août 2018).
  10. Commentaire audio du DVD.
  11. « Michael Jackson, the Muppets and Early Cinema Tapped for Preservation in 2009 Library of Congress National Film Registry », sur The Library of Congress (consulté le 7 juin 2020).
  12. a et b « Il était une fois dans l'Ouest — Secrets de tournage », sur AlloCiné (consulté le 4 janvier 2018)
  13. a b et c « Box-office de Il était une fois dans l'Ouest », sur Jp's Box-Office (consulté le 4 janvier 2018)
  14. Renaud Soyer, « Box-office de Sergio Leone », sur Box Office Story, (consulté le 4 janvier 2018)
  15. Box Office Information for Once Upon a Time in the West. The Numbers. Retrieved September 12, 2013.
  16. "Big Rental Films of 1969", Variety, 7 janvier 1970 p 15
  17. C'est le nom de la gare où descend Harmonica.
  18. Christopher Frayling, Sergio Leone : Something To Do With Death, p. 274.
  19. Christopher Frayling, Sergio Leone : Something To Do With Death, p. 198.
  20. Christopher Frayling. Sergio Leone. Actes Sud. 2018. p. 403

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