Civaux

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Civaux
L’église Saint-Gervais-Saint-Protais
L’église Saint-Gervais-Saint-Protais
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Vienne
Arrondissement Arrondissement de Montmorillon
Canton Canton de Lussac-les-Châteaux
Intercommunalité Communauté de communes du Lussacois
Maire
Mandat
Hervé Jaspart
2014-2020
Code postal 86320
Code commune 86077
Démographie
Gentilé Civaliens
Population
municipale
1 079 hab. (2012)
Densité 41 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 26′ 43″ N 0° 40′ 01″ E / 46.4452777778, 0.66694444444446° 26′ 43″ Nord 0° 40′ 01″ Est / 46.4452777778, 0.666944444444
Altitude 108 m (min. : 67 m) (max. : 149 m)
Superficie 26,39 km2
Localisation

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Liens
Site web ville-civaux.fr

Civaux est une commune du centre-ouest de la France, située dans le département de la Vienne en région Poitou-Charentes. La commune abrite une unité de production d'électricité, la centrale nucléaire de Civaux.

Ses habitants sont appelés les Civaliens[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La ville de Civaux est située en bordure de la Vienne, dans le sud-est du département de la Vienne.

Elle est située à 45 minutes du Futuroscope.

La commune est proche du parc naturel régional de la Brenne

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Le bourg est entouré par les communes de Mazerolles (Vienne), Chapelle-Viviers et Verrières (Vienne). Civaux est situé à 6 km au nord-ouest de Lussac-les-Châteaux la plus grande ville aux alentours.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La région de Civaux présente un paysage de plaines vallonnées plus ou moins boisées et des vallées. Le terroir se compose [2] :

  • pour 9 % par des groies profondes et dolomitiques dans les plaines.Les groies sont des terres du sud-ouest de la France, argilo-calcaires, peu profondes - en général de moins de 50 cm d’épaisseur – et plus ou moins riches en cailloux. Elles sont fertiles et saines et donc, propices à la polyculture céréalière.
  • pour 10 % par du calcaire dans les vallées et les terrasses alluviales,
  • pour 14 % par l'agglomération,
  • pour 27 % par des terres fortes et pour 39 % par des bornais; ces terres sont situées sur les plateaux du Seuil du Poitou. Les terres de brandes n'y représentent que moins de 1 % des surfaces. Les bornais sont des sols brun clair sur limons, profonds et humides, à tendance siliceuse.

En 2006, 70,4 % de la superficie de la commune était occupée par l'agriculture, 17,7 % par des forêts et des milieux semi-naturels, 2,2 % par les surfaces en eau et 9,7 % par des zones construites et aménagées par l'homme (voirie)[3]. La présence de milieux naturels et semi-naturels riches et diversifiés sur le territoire communal permet d’offrir des conditions favorables à l’accueil de nombreuses espèces pour l'accomplissement de leur cycle vital (reproduction, alimentation, déplacement, refuge). Forêts, landes, prairies et pelouses, cours d’eau et zones humides,… constituent ainsi des cœurs de biodiversité et/ou de véritables corridors biologiques.

Il y a une carrière de recenser sur le territoire de la commune[4] exploitée par l'entreprise Carrières et Matériaux du Grand Ouest.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par 5,7 km de cours d'eau dont les principaux sont la Vienne sur une longueur de 4,2 km et Le Goberté sur une longueur de 1,2 km.

Comme pour l'ensemble de la région Poitou-Charentes, la commune a vu la qualité de son eau se dégrader ces dernières années. Au déficit récurrent s'ajoute une pollution engendrée par les diverses activités humaines, notamment agricoles. Ainsi, la commune se situe en Zone de Répartition des Eaux, où l'on observe une insuffisance chronique des ressources en eau par rapport aux besoins. Par ailleurs, elle est concernée par le classement en Zones sensibles, où une élimination plus poussée des paramètres azote et/ou phosphore présents dans les eaux usées est nécessaire pour lutter contre les phénomènes d’eutrophisation[5].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est océanique avec des étés tempérés.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Les gares et les halte ferroviaires les plus proches du village sont:

Les aéroports les plus proches de la commune sont:

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et protohistoire[modifier | modifier le code]

Des pierres taillées datant de l’acheuléen (entre trois cent et cinq cent mille ans d’ancienneté), du moustérien (entre trente mille et trois cent mille ans d’ancienneté) et de l’époque magdalénienne (il y a dix à vingt mille ans) ont été retrouvées dans les sablières de Civaux et des communes environnantes.

Des sites datant de l'âge du bronze moyen et de l'âge du fer (époque gauloise) sont aussi présents sur la commune, certains ont été fouillés, d’autres sont simplement repérés par archéologie aérienne.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Une bourgade profite du lieu de passage entre les cités des Pictons et des Lémovices et prospère tranquillement à l’abri de la Pax Romana.

Les Gallo-Romains y construisent quelques monuments :

  • un théâtre (diamètre : 50 m). Il est comparable à celui de Sanxay, avec une capacité estimée à 5 000 places.
  • un sanctuaire avec son fanum, petit temple typiquement gallo-romain, dans le bourg.
  • deux fours de potiers ont été retrouvés

Les fouilles et les prospections aériennes ont permis la découverte de plusieurs bâtiments dont une villa, de 7 500 m2.

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Nécropole mérovingienne de Civaux

À la fin de l’Empire romain, la ville ne décline pas. Ce maintien de la prospérité est dû à la propagation du christianisme, très tôt implanté à Civaux (dès la toute fin du IVe siècle, une église y est construite). Le sanctuaire est transformé en baptistère avec l’ajout de murs et la mise en place d'une cuve baptismale, ce qui atteste de l’importance de Civaux comme centre religieux. Les raisons pour lesquelles Civaux devint un foyer important d'implantation du christianisme en Poitou sont encore mal élucidées.

Une importante nécropole (elle couvrait près de trois hectares au XVIIIe siècle) de l’époque mérovingienne est située à proximité du bourg : dès 400, on y enterre les morts, et de nombreux sarcophages y sont retrouvés et sont encore visibles.
Une église est bâtie sur l'emplacement d'un ancien temple gallo-romain, elle est dédiée à Saint-Gervais et Saint-Protais.
Civaux devient le siège d’une viguerie (circonscription administrative) en 862, ce qui confirme et renforce son importance, qui dure jusqu’à la fin de l’époque carolingienne. N’étant au centre d’aucun fief, elle décline ensuite.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune de Civaux fait, depuis 1793, partie du département de la Vienne, du district puis de l'arrondissement de Montmorillon, et du canton de Lussac devenu en 1801 Lussac-les-Châteaux.

Depuis le 1er janvier 2013, Civaux appartient à la Communauté de communes du Lussacois.

Depuis 2015, Civaux est dans le canton de Lussac-les-Châteaux (N°10) du département de la Vienne. Avant la réforme des départements, Civaux était dans le canton N°14 de Lussac- les-Châteaux dans la 3ème circonscription.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires de Civaux[6]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 en cours Hervé Jaspart    

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

La commune relève du tribunal d'instance de Poitiers, du tribunal de grande instance de Poitiers, de la cour d'appel Poitiers, du tribunal pour enfants de Poitiers, du conseil de prud'hommes de Poitiers, du tribunal de commerce de Poitiers, du tribunal administratif de Poitiers et de la cour administrative d'appel de Bordeaux, du tribunal des pensions de Poitiers, du tribunal des affaires de la Sécurité sociale de la Vienne, de la cour d’assises de la Vienne.

Services publics[modifier | modifier le code]

Les réformes successives de la Poste ont conduit à la fermeture de nombreux bureaux de poste ou à leur transformation en simple relais. Toutefois, la commune a pu maintenir le sien.

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Gestion de l’eau et assainissement[modifier | modifier le code]

La commune a adhéré à un SAGE Schémas d’Aménagement et de Gestion des Eaux): SAGE Vienne. Les Schémas d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) définissent les objectifs et les règles, au niveau local, afin de concilier la satisfaction des différents usages, la préservation et la valorisation de ce patrimoine, et de gérer collectivement, de manière cohérente et intégré, la ressource en eau sur un bassin. Toutes les décisions prises dans le domaine de l’eau par les services de l’Etat et les collectivités locales doivent en effet être compatibles avec le SAGE [7].

La Directive Cadre sur l’Eau (D.C.E.) adoptée par l’Europe en 2000 impose l’atteinte d’un bon état des eaux en 2015. Afin de respecter ces objectifs, des états des lieux ont été réalisés, des enjeux identifiés, puis des programmes de reconquête ont été élaborés, avec la définition de politiques à conduire et d’actions à mener, pour la période 2010-2015. Ces actions sont définies par Unité Hydrographiques de Référence (U.H.R.), c'est-à-dire par territoire ayant une cohérence hydrographique (bassin versant), de l’habitat et des organismes qui y vivent, hydrogéologique et socio-économique. La commune appartient ainsi à l' U.H.R Vienne Aval[8].

Les eaux usées de la commune sont traitées dans sa propre station d'épuration [9]. Les boues récupérées sont destinées à l'épandage.

Le Syndicat Mixte du Pays Montmorillonnais est chargé de la gestion des rivières.

Finances communales[modifier | modifier le code]

Civaux bénéficie des retombées financières et économiques de la présence de la centrale nucléaire qui a permis d'installer des équipements d'un niveau peu habituel dans une petite commune.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 1 079 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
743 616 756 873 860 909 914 950 964
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
936 980 1 024 951 958 1 000 989 918 957
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
954 967 958 964 935 853 798 819 791
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2012
734 683 650 683 682 851 933 958 1 079
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique


Civaux a connu une forte augmentation de sa population durant le XIXe siècle, un maintien puis une décroissance de 1920 à 1962 qui lui a fait retrouver sa population de 1800. À la suite d'un accroissement important, elle est à 5 % en dessous de son plus haut niveau en 1881.

La densité de population de la commune est de 36 hab./km2. Celle du département est de 61 hab./km2. Elle est de 68 hab./km2 pour la région Poitou-Charentes et de 115 hab./km2 pour la France (INSEE- 2008).

Les dernières statistiques démographiques pour la commune de Civaux ont été fixées en 2009 et publiées en 2012. Il ressort que la mairie administre une population totale de 988 personnes. A cela il faut soustraire les résidences secondaires (13 personnes) pour constater que la population permanente sur le territoire de la commune est de 975 habitants.

En 2010, la répartition par sexe de la population était la suivante: 51 % d'hommes pour 49 % de femmes.

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune de Civaux dépend de l'Académie de Poitiers (Rectorat de Poitiers) et son école primaire publique Paul Cézanne dépend de l'Inspection académique de la Vienne. Elle comprend 6 classes et accueille les enfants dès 3 ans dans la section petit moyen.

Sports[modifier | modifier le code]

  • Un stade avec terrain d'honneur et terrain annexe.
  • Des terrains de tennis,
  • Un skate-park
  • Une salle omnisports (tribune de 450 places assises) avec marquage au sol pour accueillir tous les sports de salle, handball, basket-ball, volley-ball, badminton, trois terrains de tennis et une salle de danse et de gym avec miroirs.
  • L'association sportive (AS) qui a pour but le développement du football, mais aussi les boules, le basket-ball, le volley-ball, le cyclisme, etc ...
  • Un complexe comprenant une piscine, un centre de plongée avec une fosse de 20 m de profondeur, un spa de remise en forme (Abysséa) et un bowling. Le centre aquatique Abysséa a accueilli 133 000 visiteurs en 2010, selon l'office départemental de tourisme. Le centre aquatique va proposer à partir de 2016 un tout nouveau bassin à vagues de 313 m2. Le chantier comprend également l'extension des espaces de balnéothérapie et de fitness, un nouveau toboggan, une zone réservée aux jeunes enfants et des plages. L'objectif est d'augmenter la fréquentation de cet équipement (plus de 100 000 visiteurs en 2015). La mairie est propriétaire de ces installations qui sont exploitées par la société Vert-Marine dans le cadre d'une délégation de service public.

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Selon la Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt de Poitou-Charentes[12], il n'y a plus que 8 exploitations agricoles en 2010 contre 19 en 2000. Cette baisse du nombre d’exploitations agricoles sur le territoire de la commune s’inscrit dans une évolution globale qui touche l’ensemble du département de la Vienne puisque de 2000 à 2007, 660 exploitations ont disparu soit -16 %. Pour l’avenir, une inquiétude demeure quant à la pérennité et à la transmission de ces exploitations agricoles du fait du vieillissement la population agricole. En outre, c’est la tranche des moins de 40 ans qui est concernée par la baisse des effectifs. Ce phénomène concerne également dans une moindre mesure, la tranche des 40 à 49 ans. Ceci illustre les difficultés auxquelles sont confrontées les jeunes agriculteurs pour s’installer et faire perdurer leur exploitations[13].

Les surfaces agricoles utilisées ont diminué et sont passées de 1 270 hectares en 2000 à 915 hectares en 2010. 43 % sont destinées à la culture des céréales (blé tendre essentiellement et orges), 17 % pour les oléagineux , 25 % pour le fourrage et 5 % reste en herbes. En 2000, un hectare (0 en 2010) était consacré à la vigne.

L'élevage d'ovins a complètement disparu en 2010 (1 078 têtes sur 11 fermes en 2000)[12]. Cette évolution est conforme à la tendance globale du département de la Vienne. En effet, le troupeau d’ovins, exclusivement destiné à la production de viande, a diminué de 43,7 % de 1990 à 2007[14].

La transformation de la production agricole est de qualité et permet aux exploitants d’avoir droit, sous conditions, aux appellations et labels suivants :

  • Beurre Charente-Poitou (AOC)
  • Beurre des Charente (AOC)
  • Beurre des Deux-Sèvres (AOC)
  • Veau du Limousin (IGP)
  • Agneau du Poitou-Charentes (IGP)
  • Porc du Limousin (IGP)
  • Jambon de Bayonne (IGP)

Commerce[modifier | modifier le code]

En 2012, il n'y plus que deux commerces: une boulangerie et une épicerie.

Un marché est organisé tous les mercredis matin sur la place Leclerc.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Un camping avec des mobile-homes à louer (40 emplacements) et un hotel de 20 chambres.

La Centrale nucléaire de Civaux[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

La nécropole mérovingienne[modifier | modifier le code]

Les tombes mérovingiennes se trouvent au milieu des tombes actuelles. C'est le cimetière communal. La clôture est constituée de couvercles de sarcophages dressés comme des menhirs. Cette clôture existe déjà au XVIIIe siècle. À l'origine, la nécropole était très importante et s'étendait sur trois hectares : on estime entre 7 000 et 15 000 le nombre de sépultures. De nos jours, il en subsiste 350 encore en place, tout près de la chapelle Sainte Catherine d'origine romane mais très remaniée aux XVe et XVIe siècles. Les couvercles sont souvent ornés d'une croix à trois branches. Cette accumulation de sarcophages n'est pas expliquée à ce jour. Une des hypothèses avancées est la suivante : à l'époque, beaucoup de gens attendaient le moment ultime pour se faire baptiser. Ils auraient été donc enterrés sur le lieu même de leur baptême.

Une légende raconte que furent enterrés dans ce cimetière les soldats tués lors de la bataille de Vouillé qui opposa, en 507, les Francs de Clovis aux Wisigoths.

Des visites guidées sont organisées par le musée.

Vestiges gallo-romains[modifier | modifier le code]

La première église a été construite vers 500-600 sur les vestiges d'un sanctuaire romain.

  • De ce lieu de culte ne sont visibles qu'un fanum (temple de tradition gauloise, à l'époque romaine) et le mur nord, ainsi qu'une partie des murs est et ouest. Le mur sud a été découvert en 1987 lors de fouilles archéologiques, de l'autre côté de l'église.
  • On soupçonne l'existence d'un autre fanum sous la nef de l'église. Le sanctuaire, dans son état actuel, est daté du IIIe siècle.
  • Un autre fanum a été identifié en 1990 entre le Bourg et la Vienne.
  • On connaît également sur le territoire de la commune : une villa de près de 7500 m², partiellement fouillée, ainsi que des structures de caves, des fours et un théâtre (non visible) d'une capacité estimée à 5000 places.

Autres monuments[modifier | modifier le code]

  • La Tour-aux-Cognons est inscrite comme monument historique depuis 1927. C'est un donjon situé à proximité du bourg, sur la rive droite de la Vienne.

Patrimoine religieux : l’église Saint-Gervais-Saint-Protais[modifier | modifier le code]

L'église est une des plus anciennes de France.

Le culte de Saint Gervais et de Saint Protais parait s'être rapidement développé après la découverte de leurs reliques à Milan en 386.

L'église a été classée monument historique en 1913.

Façade[modifier | modifier le code]

La façade présente la forme d'un quadrilatère que surmonte un imposant pignon triangulaire. Le décor se limite à la corniche qui délimite le pignon. Il est constitué de petites arcatures reposant sur des modillons sculptés. La façade est, par ailleurs, soutenue par de puissants contreforts. Celui du nord a été refait au XIVe ou XVe siècle.

Au centre, le portail est sans tympan. Il est orné d'un simple rouleau. Il est surmonté d'une baie en plein cintre à voussures et couronnée d'un fin cordon qui repose sur des culots sculptés.

Chevet[modifier | modifier le code]

Le chevet polygonal aurait été construit vers les années 400. Il est en petit appareil cubique à joints épais, issu directement de la tradition romaine. Il est associé à des blocs allongés. Le tout est disposé en assises régulières. Les angles sont formés de pierres taillées à chaque assise.

Clocher[modifier | modifier le code]

Le clocher est placé au-dessus du chœur, ce qui est un positionnement rare. Il a été nécessaire, pour assurer la solidité de l'édifice, d'encombrer le chœur par d'énormes piles.

Les trois niveaux supérieurs du clocher sont matérialisés par des corniches. Le premier niveau est aveugle et massif. Aux angles, de puissants contreforts consolident l'ensemble. Les deux derniers niveaux sont éclairés par des baies libres. Celles du deuxième étages s'inscrivent dans un mur plat, tandis qu'au troisième étage, elles sont dotées de deux rangs de claveaux descendant le long des jambages et surmontées d'un cordon mouluré continu sur les quatre faces.

Le clocher est coiffé d'une élégante couverture pyramidale en pierre.

Chœur[modifier | modifier le code]

Le chœur est d'époque mérovingienne. Il est éclairé par trois fenêtres dont les arcs sont en plein cintre. Les arcs sont composés de minces claveaux extradossés d'un cordon de tuiles qui se prolonge en retour d'angle au niveau des impostes. D'autres tuiles séparent les claveaux. Le décor est complété par deux motifs en losange placés de part et d'autre de la fenêtre axiale.

Une stèle paléochrétienne est conservée dans le chœur (datée vers 400), représentant un chrisme et une épitaphe : « Aeternalis et Servilla Vivatis in Deo » soit « Vivez en Dieu ». Cette stèle est l'un des plus anciens témoignages de la présence d'une communauté chrétienne en Poitou. Elle est contemporaine de Saint Hilaire, évêque de Poitiers de 342 à 368 et de Saint Martin, fondateur de l'abbaye de Ligugé (360-370).

Nef[modifier | modifier le code]

La nef, les murs et le clocher datent du XIe siècle.

Les murs de la nef sont constitués de petits moellons irréguliers. Ils sont rythmés par l'alternance des contreforts plats et des baies hautes. Les baies sont étroites. Elles sont surmontées d'un linteau en hémicycle gravé de fines lignes qui simulent un arc appareillé dans un style très répandu avant l'an 1000, mais qui tend à disparaître au moment de la construction de l'édifice.

Au XIIe siècle, on implante des piles dans la nef afin de la voûter. Les chapiteaux qui l'ornent sont de la même époque, plus précisément du début du XIIe siècle. Ils rappellent ceux de Saint Pierre de Chauvigny mais en plus malhabiles. Toutefois, deux chapiteaux sont exceptionnels : celui dit du Mariage, et celui de la Tentation. Les autres chapiteaux sont ornés de végétaux stylisés ou de motifs géométrique ou d'un bestiaire fantastique ou d'oiseaux s'abreuvant à une coupe.

Cette image des oiseaux s'abreuvant à une coupe symbolise les âmes qui boivent à la source de la mémoire. C'est une référence à l'Eucharistie. "Vous puiserez l'eau avec joie aux sources du salut" (Isaïe 12-3). C'est une iconographie empruntée à la tradition romaine. On le retrouve dans de nombreuses églises de la région: à l'Église Saint-Pierre de Chauvigny, au prieuré de Villesalem, à l'église de Bonneuil-Matours ou à celle de Liniers ou encore à l'Église Notre-Dame de Lencloître.

Les voûtes et les enduits peints datent du XIXe siècle. Le décor associe des rinceaux et des motifs décoratifs au faux appareillage. En 1886, Honoré Hivonnait a peint à l'entrée du chœur Saint Gervais et Saint Protais tenant une palme, symbole du martyr.

Piscine baptismale[modifier | modifier le code]

Lors des fouilles archéologiques dirigées par François Eygun en 1960, une piscine baptismale mérovingienne a été mise au jour. Il est très rare d'en découvrir en dehors du siège épiscopal. Sa découverte souligne l'importance de Civaux à cette époque.

La piscine baptismale présente un type de construction similaire au chevet de l'église soit une structure polygonale avec l'emploi d'un appareil allongé, procédé caractéristique des constructions mérovingiennes poitevines.

Selon Brigitte Boissavit-Camus, archéologue responsable des fouilles conduites à la fin des années 80, l'ensemble du bâtiment pourrait avoir été ceint de murs hérités d'un temple antique, dont il reste des fondations. ces murs auraient délimités un espace de circulation réservé à l'exercice du culte.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Deux sites sont classés comme zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) [15]. Ils couvrent 7% de la surface communale. Il s'agit de la Forêt de Lussac et des Iles de la Tour au Cognum. Ce dernier est, aussi, classé comme espaces naturels sensibles (ENS).

Des espaces naturels de la commune bénéficient de protections issues d'engagements internationaux relevant de la directive habitats -faune-flore. Ces espaces représentent 7 % de la surface communale et il s'agit de [16] : la forêt et les pariries de Lussac-les-Châteaux.

Arbres remarquables[modifier | modifier le code]

Selon l'Inventaire des arbres remarquables de Poitou-Charentes[17], il y a trois arbres remarquables sur la commune qui sont classés comme monument naturel [18]:

La forêt de Lussac[modifier | modifier le code]

C'est un massif forestier de près de 500 hectares qui occupe un plateau dont l’altitude voisine entre 120 à 140 m. C’est une zone classée d’intérêt écologique, faunistique et floristique. Cette zone est sur les communes de Civaux et de Lussac-les-Châteaux. Elle est parcourue, en son centre, par un vallon au modelé modeste. C’est le vallon de Pérofin.

La forêt de Lussac domine la rive gauche de la vallée de la Vienne de près de 70 mètres. Ses versants pentus forment localement des escarpements. Les sols du plateau, issus du remaniement d’argiles déposées au Tertiaire, profonds, acides et hydromorphes dénommés « bornais ». Ils sont recouverts par une chênaie sessiliflore où le Hêtre apparaît de façon diffuse. Sur les pentes où affleurent les calcaires dolomitiques du Jurassique, la chênaie-charmaie domine. Au niveau des escarpements où le sol est le plus superficiel, la chênaie pubescente thermophile s’est largement installée.

Dans l’angle nord-est de la forêt, le secteur des Grandes Brandes plus de 500 excavations qui sont le témoignage de l’ancienne exploitation de pierre meulière. Ces excavations forment, de nos jours, des mares entourées de lambeaux de lande haute à Bruyère à balais en voie de boisement.

La forêt de Lussac offre grâce à la diversité de ses milieux forestiers et à l’originalité de certains de ses habitats (mares des Grandes Brandes, notamment) une grande richesse biologique.

Sur le plan de l’avifaune, la forêt de Lussac héberge une riche communauté de rapaces forestiers menacés en Europe. Elle abrite également plusieurs passereaux forestiers et landicoles rares comme le Gros-bec casse-noyaux ou la Fauvette pitchou.

Les mares des Grandes Brandes constituent un site de reproduction important pour de nombreux amphibiens menacés : on y observe notamment la présence de deux grandes espèces de tritons – le Triton crêté et le Triton marbré - accompagnés ici de leur hybride, le Triton de Blasius, ainsi que plusieurs espèces globalement rares en région Poitou-Charentes comme le Crapaud calamite, la Grenouille de Lesson, la Rainette verte, le Pélodyte ponctué.

D’un point de vue botanique, la zone est aussi très riche, tant dans le vallon où se localisent de grandes raretés comme le Lis martagon - ici tout proche de sa limite nord-occidentale en France - ou la Laîche ombreuse, dans son unique localité de la Vienne. Sur le plateau,la plante la plus remarquable est la Calamagrostide faux roseau, une graminée montagnarde, n’existant pas dans un autre endroit de la région Poitou-Charentes. Le pourtour des mares aux eaux pauvres en substances nutritives abrite également une flore rare et spécialisée, où se remarque surtout la Pilulaire à globules, une petite fougère semi-aquatique aux curieuses fructifications en forme de noisettes.

  • Calamagrostide faux roseau.
  • Canche sétacée.
  • Cicendie naine.
  • Corydale à bulbe plein.
  • Hêtre commun.
  • Laîche des montagnes.
  • Laîche ombreuse. Cette plante fait l’objet d’une protection au niveau national.
  • Laîche puce.
  • Lis martagon. C'est une Liliacée. Sa tige est haute jusqu’à 1,5 mètre. Elle s’orne d’une grappe de grandes fleurs rose violacé ponctuées de pourpre et qui penchent vers le sol. Elle possède en effet un tempérament montagnard qui lui fait éviter presque totalement les plaines atlantiques où elle ne peut subsister que dans des stations au microclimat particulier. Cette plante fait l’objet d’une protection au niveau national.
  • Marguerite en corymbe.
  • Orpin rougeâtre.
  • Pissenlit des marais.
  • Porcelle à feuilles tachetées. Cette plante fait l’objet d’une protection au niveau national.
  • Scille à deux feuilles. C'est, également, une Liliacée bulbeuse mais de taille beaucoup plus modeste car n'est haute que de 10 à 25 cm. Elle possède de petites fleurs bleues disposées en grappes lâches.
  • Vesce de Poméranie. Cette plante fait l’objet d’une protection au niveau national.

Equipements culturels[modifier | modifier le code]

  • Musée archéologique de Civaux.
  • Une bibliothèque et un centre informatique.
  • Un centre socio-culturel et une salle des fêtes.
  • La « Planète des Crocodiles » est ouverte depuis juillet 2008. Sous un dôme de verre et de métal, ce parc zoologique de 5 000 m2 est entièrement dédié aux crocodiles. Les 18 espèces les plus emblématiques présentes sur terre sont visibles. Plus de 200 individus dont certains font près de 7 m de long pour un poids d'une tonne sont à découvrir dans des décors particulièrement soignés et ludiques : le Nil et sa cascade de fraîcheur, le bassin africain centré autour de sa hutte et d'un important squelette d'éléphant en béton, les bayous de la Louisiane avec un avion crashé... Tous les sujets sont nés en captivité. La Planète des Crocodiles a accueilli, en 2010, 70 000 visiteurs [19]. Il est possible de voir des crocodiles australiens, des caïmans à lunette, des faux gravials africains, mais aussi des Tortue hargneuses, des Tortue charbonnière à pattes rouges. Depuis 2014, le zoo présente un couple d'aligators blancs. La nurserie permet aux visiteurs de voir l'éclosion des oeufs.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gentilé sur le site habitants.fr. Consulté le 27 septembre 2008.
  2. Chambre Régionale d'agriculture de Poitou-Charentes - 2007
  3. Observatoire régional de l'environnement de Poitou-Charentes
  4. .BRGM, Observatoire des Matériaux, mai 2013
  5. Observatoire régional de l'environnement de Poitou-Charentes
  6. Site de la préfecture de la Vienne, consulté le 10 mai 2008
  7. Office International de l'eau, 2014
  8. Observatoire régional de l'environnement de Poitou-Charentes
  9. Ministère de l'Écologie, du Développement Durable et de l'Énergie
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2012.
  12. a et b Fiches communales 2000 - 2010 de la Vienne
  13. Agreste – Enquête Structure 2007
  14. Agreste – Bulletin n°12 de Mai 2013
  15. Secrétariat scientifique de l'inventaire des ZNIEFF, DREAL Poitou-Charentes , 2011
  16. DREAL Poitou-Charentes / MNHN, 2013
  17. Poitou-Charentes Nature, 2000
  18. DREAL Poitou-Charentes / SDAP, 2013
  19. Office Départemental du Tourisme de la Vienne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brigitte Boissavit-Camus, Jean-Claude Papinot, Jean-Pierre Pautreau : Civaux, des origines au Moyen Âge, EDF, 1990.
  • Eugène Lefèvre-Pontalis, « L'église romane de Civaux (Vienne) et son abside carolingienne », Bulletin monumental, Paris / Caen, A. Picard / H. Delesques, vol. 77,‎ , p. 379-386 (ISSN 0007473X, lire en ligne)
  • Jean-Claude Papinot, Jean-Pierre Pautreau Le Val de Civaux, des origines à la fin du Moyen Âge, Geste éditions (Itinéraires du patrimoine n°307)- 2005 (ISBN 978-2845611979).
  • Jean-Claude Papinot, Civaux, Témoignages archéologiques de la préhistoire à l‘époque médiévale. Civaux : Société des amis de Civaux, 1983.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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