Artemare

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Artemare
Vue générale d'Artemare
Vue générale d'Artemare
Blason de Artemare
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Ain
Arrondissement Belley
Canton Hauteville-Lompnes
Intercommunalité Bugey Sud
Maire
Mandat
Mireille Charmont-Munet
2014-2020
Code postal 01510
Code commune 01022
Démographie
Population
municipale
1 193 hab. (2014)
Densité 318 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 52′ 31″ nord, 5° 41′ 37″ est
Altitude Min. 242 m – Max. 360 m
Superficie 3,75 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Ain

Voir sur la carte administrative de l'Ain
City locator 14.svg
Artemare

Géolocalisation sur la carte : Ain

Voir sur la carte topographique de l'Ain
City locator 14.svg
Artemare

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Artemare

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Artemare
Liens
Site web artemare.fr

Artemare est une commune française située dans le département de l'Ain en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Artemare est un village de l'Ain situé à 16 km de Belley et 8 km de Culoz et du Rhône. Artemare est exposé au sud entre deux chaînons du Massif du Jura : le Planachat à l'ouest et le Colombier qui culmine au Grand-Colombier (1 538 m d'altitude) à l'est.

Ce village est dans le Valromey, entre Bas-Bugey et Haut-Bugey, non loin de la Savoie et de l'Isère.

Artemare est arrosé par un réseau de quatre rivières :

  • la rivière d'Yon, canalisée pour traverser le village et qui actionnait jadis des scieries et alimente toujours des viviers à truites ; elle se jette dans le Séran, lui-même affluent du Rhône qu'il rejoint près de Culoz ;
  • le Séran traverse le hameau de Cerveyrieu qui a donné son nom à une belle cascade d'une cinquantaine de mètres ;
  • l'Arvière (appelée localement le Groin) forme un confluent avec le Séran ;
  • le ruisseau de l’Eau Morte

Groin et Séran ont profondément entaillé le relief calcaire ; le premier sort de terre sur la commune de Vieu, dans une spectaculaire source intermittente, avant de former un profond canyon bien visible au Pont du Diable sur la commune de Vieu, le second a creusé en amont de la cascade de Cerveyrieu de belles marmites de géant où l'eau tourbillonne … quand le Séran n'est pas à sec.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Vieu Rose des vents
Belmont-Luthézieu N Talissieu
O    Artemare    E
S
Saint-Martin-de-Bavel Ceyzérieu

Toponymie[modifier | modifier le code]

Selon Louis Berthelon[1], Artemare n'était d'abord qu'« un petit groupe d'habitations situées au-dessus de la colline appelée Molard » et c'est son « admirable situation dominant les vastes marais s'étendant du Bourget à Cerveyrieu qui lui valut son nom d'Altemare, ou Haute-Mer », devenu plus tard Artemare.

Cependant cette explication toponymique est peu assurée, car la localité est attestée sous les formes Artamara en 1312[2] dans les cartulaires de Saint Sulpice, et Arthamaraz au XIVe siècle, formes anciennes qui n'ont guère de ressemblance avec *Altemare dont le premier élément serait alt(us) > haut. Le second élément -mar représente peut-être effectivement le gaulois mori ayant le sens premier de « mer » mais utilisé dans un sens particulier. Il aurait ensuite subi une influence du latin mare « mer » ou du germanique *mari « mer, lac » sans certitude cependant.

Le toponyme Artemare a été rapproché des types Artagnan, Artenay, Arthemonay, dont le radical est le gaulois artos « ours », qu'on trouve par exemple dans des noms de personne Artinius et Artamo-[3] (cf. Artoiamos, Recueil des inscriptions gauloises 4, no 48 - 49). Dans Artemare, c'est d'une racine Artam- qu'il s'agirait plutôt, suivie d'une désinence ou d'un suffixe mal identifié *-ara. Il semble que le mot gaulois artos « ours » ait eu un homonyme signifiant « pierre »[4]. Homographie fortuite avec le nom d'une mare, Artemare (Helletemara en 1208; Halletemara en 1420), à Saint-Vaast-Dieppedalle (Normandie).

Histoire[modifier | modifier le code]

La tradition veut que Saint Martin ait évangélisé la région qui s'adonnait jusque là à des cultes païens. L'église d'Artemare lui est vouée et il a donné son nom à une localité voisine, Saint-Martin-de-Bavel.

La période gauloise et romaine est à l'origine de nombreux noms de lieux actuels, notamment ceux en -ieu, issu du suffixe -acum d'origine gauloise, par exemple, on reconnaît dans Talissieu, l'anthroponyme Talussus, le nom de son fils Donnus a donné Don etc. Les invasions, en particulier celle des énigmatiques « Sarrasins » occupant le plateau de Fierloz sont non seulement à l'origine du nom du lieudit "sous les Carraz", mais aussi selon Louis Berthelon, d'une partie de la population. Frappé par les fléaux du Moyen Âge et après avoir été un domaine direct des comtes puis des ducs de Savoie, le Valromey est occupé de 1536 à 1559 par François Ier et Henri II, et de 1595 à 1601 par Henri IV, il devient définitivement français par le traité de Lyon du 17 janvier 1601 en même temps que la Bresse, le Bugey et le Pays de Gex et bien avant la Savoie voisine qui ne sera rattachée à la France par Napoléon III qu'en 1860.

Au XVe siècle ce n’était qu’un petit fief avec maison forte possession de la famille Prost et qui dans la suite passa successivement aux familles de Vergier, de Seyssel, Gonod de la Tour.

En 1612 l'écrivain Honoré d'Urfé devient, en héritant de sa mère née Renée de Savoie, le premier marquis du Valromey (Verromey, en patois local). Ce nom apparaît dans les textes sous les formes Verrumensi en 1110, Veromensi en 1142, Verrometum en 1169, et dérive sans doute de Venetonimagus ou plus anciennement de Vernemetonimagos (Marché du Grand Sanctuaire ?) en gaulois. L'étymologie Vallis Romana « val romain » est une invention d'érudits latinistes sans rapport avec les formes anciennes, ni les formes actuelles.

Cerveyrieu, Yon, Artemare et Ameyzieu, paroisse qui incluait Artemare jusqu'à la Révolution française, étaient encore de petits villages jusqu'à la dissolution de la commune d'Ameyzieu en 1862 (aujourd'hui commune de Talissieu) et la formation de celle d'Yon-Artemare. À partir du 1er janvier 1886 la commune prend le seul nom d'Artemare.

La commune, ou plus exactement à l'époque les paroisses d'Yon et Cerveyrieu, était connue pour sa fabrication de barques à fond plat permettant de rejoindre par le Séran le port de Culoz sur le Rhône, notamment pour le commerce du bois.

Un « tramway du Bugey » (petit train à vapeur) fonctionna entre Virieu-le-Grand et Ruffieu via la « grimpette d'Artemare », de 1898 à 1933. Le 29 décembre 1923, un accident à La Faverge (Champagne-en-Valromey), causa la mort du mécanicien et du chauffeur.

Comme le rappellent les monuments aux morts de la commune, de nombreux habitants d'Artemare sont morts durant les deux guerres mondiales. Lors de la Seconde Guerre mondiale, une Kommandantur siégeait à l'hôtel Berrard (aujourd'hui Michallet). Le maquis du haut Valromey, était proche, et durant l’occupation allemande, il a attaqué un Chantier de jeunesse pour se procurer des équipements. Un monument en bordure de la route du col de la Lèbe, près de Bioléaz et une vingtaine de stèles ou de plaques, sur les lieux où des Résistants ont été détenus ou abattus, témoignent à Artemare et dans les environs de l'engagement des habitants dans la Résistance. Après la Libération, un camp de prisonniers allemands fut installé en haut du village (actuellement usine de plastiques).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 2001 André Gonguet    
2001 En cours Mireille Charmont-Munet UMP-LR Retraitée

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie d'Artemare.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du milieu des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[6],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 193 habitants, en augmentation de 7,28 % par rapport à 2009 (Ain : 5,95 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
239 267 286 319 319 493 421 429 437
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
423 445 780 822 806 873 845 963 1 085
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
960 934 1 013 981 906 956 909 738 787
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
743 838 810 914 961 970 1 074 1 140 1 193
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006 [8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Évènements[modifier | modifier le code]

Jeudi , visite du président Nicolas Sarkozy lors de laquelle il officialise l'instauration à partir du de la taxe carbone, préconisée par le rapport de Michel Rocard.

Économie[modifier | modifier le code]

La commune possède de nombreux commerces et magasins.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Clos Lambert, jadis maison forte des chevaliers de Seyssel, remplacée par une maison Renaissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, aujourd'hui E.S.A.T. (Établissement et Services d'Aide par le Travail). Toiture, cave, une petite maison du XVIe siècle et une belle fenêtre à meneaux.
  • Cuve à Balthazar, beau gouffre du Groin entre Don et Artemare. La micro-centrale construite juste en dessous du gouffre diminue le débit une partie de l'année en raison du prélèvement d'eau en amont.
  • Vierge de Fierloz (prononcer : "Fiarle") : il s'agit d'un beau lapiaz sur lequel se trouvent les traces des camps "sarrasins"[9].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Adolphe Appian (1818-1898) - Peintre de l'École lyonnaise qui a passé de nombreux étés à Artemare et a peint beaucoup de sites du Valromey. Quelques-uns de ses tableaux sont exposés au musée du monastère de Brou.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Monographie sur l'histoire d'Artemare, par Louis Berthelon. Louis Berthelon était pharmacien de son métier, mais historien profondément attaché au village, il a relaté dans son ouvrage Artemare aux temps anciens paru en 1948, l'histoire religieuse, politique et administrative de la localité depuis la préhistoire.
  2. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 30b.
  3. Ibid., p. 30b
  4. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise. Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Paris, éditions Errance, (ISBN 2-87772-237-6), p. 55-56.
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  9. Monographie sur l'histoire d'Artemare, par Louis Berthelon.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]