Rossillon

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Rossillon
Rossillon
La mairie de Rossillon
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Ain
Arrondissement Belley
Canton Belley
Intercommunalité Bugey Sud
Maire
Mandat
Georges Bouvier
2014-2020
Code postal 01510
Code commune 01329
Démographie
Gentilé Rossillonnais
Population
municipale
153 hab. (2016 en augmentation de 2 % par rapport à 2011)
Densité 19 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 49′ 55″ nord, 5° 35′ 45″ est
Altitude Min. 324 m
Max. 1 022 m
Superficie 8,07 km2
Localisation

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Rossillon est une commune française, située dans le département de l'Ain en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune située dans la Cluse des Hôpitaux, sur les bords du Furans.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Armix Rose des vents
La Burbanche N Virieu-le-Grand
O    Rossillon    E
S
Cheignieu-la-Balme

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Période médiévale[modifier | modifier le code]

Rossillon, souvent écrit Roussillon dans les textes anciens, contrôlant le passage dans la Cluse des Hôpitaux, entre Virieu-le-Grand et Saint-Rambert, entre la Bresse et la Savoie. Le bourg de Rossillon a ainsi joué un rôle stratégique majeur dans l’histoire des États de Savoie jusqu'en 1326.

Au XIe siècle, elle appartient au comte de Belley, puis passe ensuite à la maison de Savoie. Lorsque le comte Thomas Ier, dit de Savoie, meurt en 1233, son fils et successeur Amédée IV effectue le partage de l'héritage. Son frère Boniface reçoit ainsi en apanage, vers 1252, les terres de Rossillon[1] et de Virieu-le-Grand en Bugey, ainsi que d'autres fiefs en Savoie Propre. Il est le premier à porter le titre de seigneur de Rossillon et il fait construire vers 1260 le château[2]. À sa mort, en 1270, la seigneurie revient au domaine comtal et elle devient une châtellenie[2]. Rossillon est, par la suite, donnée par Charles, duc de Savoie, à Claudine de Brosse, pour son douaire veuve de Philippe II de Savoie, mort au château de Rossillon, en août 1285[2].

Rossillon peut être considérée, à cette période, comme la capitale du Bugey[3],[2]. Pour les Humbertiens, elle est une tête de pont pour le contrôle de la région[4]. Le bourg revêt d'ailleurs une telle importance qu'il obtient avant 1306 une charte des franchises de la part du comte de Savoie[1]. En revenant dans le domaine comtal dans la seconde moitié du XIIIe siècle, ce rôle majeur se maintient avec le siège non seulement d'une châtellenie, mais aussi du bailliage du Bugey, jusqu'en 1326[5]. Rossillon perd cependant ce rôle à cette date, au profit de Saint-Germain d'Ambérieu[5],[6] (acquisition faite en 1320).

Malgré la modestie actuelle du village, on sait qu’il devait être entouré de fortifications et qu'un château de Rossillon le protégeait. Seuls des vestiges sont encore visibles.

Humbert IV de Chevron Villette est ainsi bailli du Bugey et de Novalaise, ainsi que châtelain de Rossillon en 1306 et 1309[7]. Les comptes de châtellenie, minutieusement tenus par les châtelains, nous éclairent sur l’importance économique, administrative et juridique du bailliage de Rossillon à cette époque. La châtellenie de Rossillon, par son étendue, sa situation stratégique aux marches de la Savoie, et ses nombreuses paroisses, était alors la plus importante du Bugey.

À la suite d’un incendie en 1353, lors du conflit delphino-savoyard[8], qui détruisit presque entièrement Rossillon, le siège des baillis du Bugey est transporté à Belley, où il resta[9].

La maison forte de La Forest.

Au XVe siècle, la seigneurie de Rossillon passe à la famille de La Forest, à l'origine d'une maison forte[2]. Guillaume de La Forest, page du Comte vert, écuyer du Comte Rouge, chambellan et ambassadeur du duc Amédée VII, châtelain de Rossillon, fit reconstruire le chœur de l’église où il fut inhumé en 1440, et bâtir une chapelle latérale, où ses armes apparaissent sur la clef de voûte. Lui succède son fils, Jean Ier de La Forest, inhumé en 1466 au tombeau de son père. C’est lui qui fit ériger la maison forte en 1398, siège du bailliage de Rossillon, à l’entrée du bourg fortifié. Antoine de La Forest (1445-1499), seigneur de La Barre, gouverneur de Nice, illustre pour avoir sauvé le jeune duc Philibert des mains du « Téméraire », et son frère Hugues, tous deux fils du précédent, se partageront la châtellenie jusqu’en 1509, date de la mort de Hugues.

Quant François Ier s’empare du Bugey en 1536, c’est encore un La Forest, Philibert, seigneur de La Bâtie d’Albanais, petit-fils de Hugues, qui prête « foi et hommage » au roi de France pour sa châtellenie de Rossillon.

Puis le duc Emmanuel-Philibert échangea par contrat du 6 juillet 1580 le château, le bourg, la seigneurie et mandement à Isabelle de Chalant héritière de René de Challant pour laquelle il avait obtenu le 14 août 1556 d'Emmanuel Philibert la validation de sa désignation comme unique héritière au détriment de son aînée et des branches cadettes de la Maison de Challant. Elle était l'épouse de Jean-Frédéric Madruzzo, comte d'Arve et d'Arberg, marquis de Suriana[10].

Quelques années après le marquis de Suriana revendit à Jean de Malarmey[11], noble bourguignon, qui prit le titre de comte de Rossillon. Il était aussi seigneur de Louroy, Longeville, Avanne, Pelousey,Vitreux et Jallerange, co-gouverneur de la ville de Besançon[12]. Il était colonel d'un régiment au service de l'archiduc d'Autriche. Son fils, Jean-Baptiste fut colonel au service de la Savoie.

Pendant la Guerre de Dix Ans les biens des comtois sont confisqués et Rossillon appartient à Hélène Ferdinande de Maillard qui l'a hérité de son fils Claude de Villiers maréchal de camp tué en août 1644 à la bataille de Fribourg à titre de dédommagement.

Les comtois ayant été rétablis dans leurs droits, le 10 octobre 1649, Jean-Baptiste de Malarmey vend la seigneurie à Guy de Migieu, seigneur d'Andrieu, conseiller du roi et plus ancien président en la chambre des requêtes du parlement de Dijon.

La famille de Malarmey portera le titre de comte de Roussillon jusqu'à son extinction avec Joseph de Malarmey (1727-1797), comte de Roussillon, baron d'Étrabonne et seigneur de Savoyeux, membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon et de Franche-Comté.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

En août 1815, un certain Jean-Baptiste Ravier, né à Verjon en 1781, se fit passer pour Napoléon Bonaparte auprès de l’aubergiste de Rossillon et de la population dont le maire. Il sera plus tard arrêté à Fontainebleau [13]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1977 mars 1983 Jacques Bodin[Note 1]    
mars 1983 mars 2001 Marcel Bouvier    
mars 2001 En cours
(au avril 2014)
Georges Bouvier    

Démographie[modifier | modifier le code]

Ses habitants sont appelés les Rossillonnais.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[15].

En 2016, la commune comptait 153 habitants[Note 2], en augmentation de 2 % par rapport à 2011 (Ain : +5,73 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
430489424481561535517529531
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
554556557536513506515484450
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
356355321304314306228198198
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
1361309996103147148150153
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Le Haut du bois des roches (Rossillon) (1870), huile sur toile d'Adolphe Appian[18].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le manoir de La Forest fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du [19].

L'église Saint-Pierre fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [20].

Le territoire de la commune contient également la grotte des Hoteaux (site préhistorique présentant des sépultures de ), la chapelle gothique d'Egieu, ainsi que les vestiges d'une tour, avec une statue de la Vierge, du château comtal (XIe siècle), château bâti au XIe siècle et démantelé en 1601.

Rossillon et la peinture[modifier | modifier le code]

De nombreux peintres comme Adolphe Appian, François Louis Français, Horace Antoine Fonville, Louis Aimé Japy ont séjourné et peint à Rossillon[21] qui est devenu à partir du milieu du XIXe siècle un « petit Barbizon » dans le Bugey. Une communauté littéraire s'était également constituée autour de Joséphin Soulary.

L'association « Les amis de Henri Bidauld et des peintres de Rossillon» essaie de retrouver et de faire revivre cet épisode de la vie de Rossillon[21].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Famille de Rossillon.
  • Famille de La Forest Divonne
  • Philippe Ier de Savoie (1207-1285), comte de Savoie, mort au château de Rossillon.
  • Joséphin Soulary (1815-1891), poète, a séjourné régulièrement à Rossillon.
  • François-Louis Français (1814-1897), peintre, graveur et illustrateur, séjournait à Rossillon et en a laissé de très belles vues (dont La vallée de Rossillon, salon de Paris 1879).
  • Adolphe Appian (1818-1898), peintre et graveur, a séjourné régulièrement à Rossillon.
  • Henri Bidauld (1839-1898), peintre et illustrateur, mort à Rossillon. Il fut maire de la commune de 1884 à sa mort en 1898.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Bodin, élu maire en 1977 est l'arrière-petit-fils du peintre Henri Bidauld.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ruth Mariotte Löber, Ville et seigneurie : Les chartes de franchises des comtes de Savoie, fin XIIe siècle-1343, Librairie Droz - Académie florimontane, , 266 p. (ISBN 978-2-60004-503-2, lire en ligne), p. 159-160
  2. a b c d et e Louis Trénard, Raymond Chevallier, Histoire des communes de l'Ain : Le Bugey, Roanne, Éditions Horvath, , 503 p. (ISBN 978-2-71710-314-4), p. 486.
  3. Samuel Guichenon, Histoire de Bresse et de Bugey : contenant ce qui s'y est passé de mémorable sous les Romains, rois de Bourgogne et d'Arles, empereurs ... jusques à l'eschange du marquisat de Saluces : divisé en quatre parties, Jean Antoine Huguetan, (lire en ligne), p. 92, « Autrefois Rossillon estoit la capitale du Bugey, où se tenoit le siège ordinaire de la justice [...] »
  4. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 214.
  5. a et b Alain Kersuzan, Défendre la Bresse et le Bugey : les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné, 1282-1355, vol. 14, Presses universitaires de Lyon, coll. « Collection d'histoire et d'archéologie médiévales », , 433 p. (ISBN 978-2-72970-762-0, lire en ligne), p. 97.
  6. Ruth Mariotte Löber, Ville et seigneurie : Les chartes de franchises des comtes de Savoie, fin XIIe siècle-1343, Librairie Droz - Académie florimontane, , 266 p. (ISBN 978-2-60004-503-2, lire en ligne), p. 8
  7. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 417.
  8. Henri Buathier, Histoire des communes de l'Ain - Le Haut Bugey - Le Valromey - La pays de Gex, vol. 1, Horvath, , 519 p. (ISBN 978-2-71710-315-1), p. 410-411
  9. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 61, 471-472, 492, « Carte simplifiée des États de la maison de Savoie en 1416. Les bailliages ».
  10. Usages des pays de Bresse, Bugey et Gex, leurs statuts, par Charles Revel
  11. Blason :de gueules à huit rais d'escarboucles pommelées et fleurdelysées d'argent. Devise :amor in honore
  12. Dictionnaire de la noblesse: contenant les généalogies, l'histoire par François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois
  13. Nathalie Pigault : Les Faux Napoléon 1815-1823 - Histoires d'imposteurs impériaux [1]
  14. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  18. Présenté au salon de Paris de 1870, ce paysage de sous-bois des environs de Rossillon a été acheté par l'État et attribué au musée du monastère de Brou (Bourg-en-Bresse).
  19. Notice no PA01000015, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  20. Notice no PA00116540, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  21. a et b Association des amis d'Henri Bidauld et des peintres de Rossillon.