Areski Belkacem

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Areski
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Areski, Colombes, 1973

Informations générales
Surnom Areski
Nom de naissance Areski Belkacem
Naissance (76 ans)
Versailles, France
Activité principale acteur, chanteur, compositeur, auteur
Années actives Fin des années 1960 à aujourd'hui

Areski Belkacem est un compositeur, musicien multi-instrumentiste, comédien et chanteur français, né le à Versailles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Areski Belkacem a grandi à Versailles, dans un restaurant où ses parents d’origine kabyle accueillaient les musiciens d'Algérie : « À la maison, les vedettes d’après-guerre, les vieux briscards du chaâbi, venaient jouer chez mes parents[1] ». Adolescent, il a assisté aux répétitions, pour les concerts de l’Olympia, d'Édith Piaf, des Beatles ou de Jacques Brel, dans la grande salle du cinéma Cyrano. Il débute dans les dancings, les tripots. puis les mariages, jouant les tubes populaires, et démarre sur scène par le théâtre de patronage[2]. Avant son passage sous les drapeaux, durant lequel il noue une amitié avec Jacques Higelin, il écumait les caves de Saint-Germain-des-Prés avec ses baguettes pour participer à des jam-sessions ; après son service militaire il part en tournée sur les routes de France et propose ses services de musicien polyvalent dans différents clubs de rock et de jazz.

Belkacem enregistre avec Higelin un album en 1969 et sa voix apparaît notamment dans la chanson Remember, dont il a composé la musique. C'est Higelin qui lui présente Brigitte Fontaine alors. Dès 1969, ils montent ensemble Niok, un spectacle en grande partie improvisé qui reste des mois à l'affiche au Théâtre du Lucernaire, à Paris. Au Théâtre du Vieux-Colombier, la même année, il accompagne Brigitte Fontaine et l'Art Ensemble of Chicago dans Comme à la radio qui donne lieu à un disque devenu un classique underground. En 1970, il enregistre son premier disque solo, Un beau matin, chez Saravah également, et il est le héros du long métrage Ça va, ça vient de Pierre Barouh, fondateur du label. À la même époque, il compose des musiques pour le metteur en scène Peter Brook et participe également à ses spectacles en tant que comédien dans le cadre du Centre international de recherche théâtrale.

Sa relation amoureuse avec la poète chanteuse naît après l'album Brigitte Fontaine, pendant la réalisation de Je ne connais pas cet homme. Dans les années 1970, les spectacles du tandem Areski-Fontaine, joués dans des conditions souvent inconfortables, mêlent théâtre et chanson, comprenant beaucoup d'improvisation et peu d'instruments et d'accessoires, un mélange unique de la musique d'Areski (qui signe aussi quelques textes), conciliant influences africaines et tradition européenne, et des textes tour à tour rêveurs, acerbes et/ou drôles de Fontaine. Ils joignent et alternent leurs voix également au fil d'une poignée d'albums (Je ne connais pas cet homme, L'Incendie, Le Bonheur, Vous et nous, Les églantines sont peut-être formidables) produits dans des conditions très diverses, parfois avec très peu de moyens, s'aventurant sur des terrains inexplorés, voire incréés, tels que le slam (dès Comme à la radio) et l'électronique (Vous et Nous, Patriarcat), voyageant de la Renaissance (l'autre version de Vous et Nous) au trip psychédélique dans l'air du temps (L'Engourdie), dans un univers au croisement du conte (Le Bonheur, Les Étoiles et les Cochons, La Citrouille, Le Repas des dromadaires, La Harpe jaune, Light Show), de la critique sociale (Le Propriétaire, Y'a du lard, Patriarcat, les comptines cruelles Où vas-tu petit garçon, La Renarde et le Bélier touffu, Les Petites Madones...) et de l'autoportrait ou du portrait, en filigrane (Brigitte, Ragilia, Nous avons tant parlé, La Harpe jaune, Pif).

Les années 1980 sont plus difficiles, malgré la création de Acte 2, une pièce de Brigitte Fontaine qu'il interprète en duo avec celle-ci. L'album French Corazon et le mini-tube Le Nougat consacrent en 1992 le retour en grâce du musicien. Depuis lors, Areski Belkacem est toujours le compositeur principal de Brigitte Fontaine et chante à l'occasion en duo sur ses albums (D'ailleurs et Welcome Pengouin sur French corazon, C'est normal dans Les Palaces, Le Voile à l'école dans Rue Saint Louis en l'Île ou Le Grand-Père sur L'un n'empêche pas l'autre), participant aux chœurs (Prohibition) et concluant même l'album Libido par un égrillard « on va à l'hôtel ? ». Son travail a évolué vers des sons contemporains (le jungle Délices et Orgue, Ah que la vie est belle et Dancefloor) et surtout vers un art classique, écrin idéal des textes amoureux et parnassiens de Brigitte Fontaine et de ses interprétations les plus sensibles (Belle Abandonnée, La Symphonie pastorale, Profond, Ex Paradis...), adoptant aussi l'accordéon pour une lancinante et compatissante Leila bien avant la reprise de Rue Saint Louis en l'île par Galliano et l'album Le Triomphe de l'amour.

Qualifié de « prince consort de la chanson française » par Camille Couteau (site du journal Le Saule, 17.01.2011) ou comparé à Berlioz par Eric Loret (Si Gainsbourg était Chopin, site du journal Libération, 25.10.2010), Areski Belkacem a également collaboré avec Barbara, Georges Moustaki et Sapho (sur l'album Universelle). Avec cette dernière, il participe au festival Voix de la Méditerranée de Lodève, ainsi que le bassiste Bobby Jocky et le clavier Dondieu Divin, fidèles de ses disques avec Brigitte. Plus tard, Sapho s'adjoindra le guitariste Yan Péchin, ex accompagnateur d'Alain Bashung présent sur tous les albums récents de Brigitte et Areski. Au fil des années, celui-ci, après l'Art Ensemble of Chicago, a aussi travaillé avec Jean-Claude Vannier et Jean-Efflam Bavouzet (des habitués) , Antoine Duhamel (sur Je ne connais pas cet homme), Sonic Youth (sur Kékéland), Richard Galliano, Christophe et Grace Jones (sur L'un n'empêche pas l'autre). Il est, comme le montre ce palmarès très incomplet, un compositeur français des plus prestigieux. Comme à la radio et Les Palaces ont chacun reçu le Grand prix de l'Académie Charles Cros.

Parallèlement à son activité dans le domaine de la chanson, Areski Belkacem signe également avec son fils Ali Belkacem des musiques de films (Jeunesse dorée en 2001 et À mort la mort de Romain Goupil en 1999, notamment) ou de pièces de théâtre (Une liaison transatlantique). En 2004, il décide d'aller étudier à la Schola Cantorum, un établissement d'enseignement supérieur de la musique. Sur une idée de Zep et Benoît Mouchart, il crée en 2005 la musique d'un spectacle novateur, les concerts de dessins qui sont désormais présentés chaque année au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême et qui proposent la création, en direct, sur grand écran et en musique, d'une bande dessinée originale.

Il publie le 26 octobre 2010 un nouveau disque solo Le triomphe de l'amour, son second depuis la sortie d'Un beau matin (1970, où figuraient Le Dragon et Nous avons tant parlé) : "création collective, selon liberation.fr, avec de vieux comparses comme le flûtiste Didier Malherbe (ex-Gong) ou Jean-Philippe Rykiel. Parfois, il y a des passages difficiles à jouer dans ses partitions. Areski propose de les réécrire. Mansuétude perdue, les musiciens préfèrent avec lui toujours suer et s’adapter plutôt que de renoncer. L'année suivante Areski Belkacem chante en duo avec Zaza Fournier le titre Magicien, Magicienne à l'Olympia. En 2012 il interprète le père de Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel au cinéma.

En mai 2013, il participe avec Ali Belkacem et Bobby Jocky au concert « Il n’y a plus rien mais on est là » de Mounia Raoui sur des textes de Mounia Raoui, Léo Ferré et Anna de Noailles au théâtre Gérard Philipe.

Discographie[modifier | modifier le code]

Concerts de dessins[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Acteur

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. mondomix.com, 26.10.2010
  2. Mondomix

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]