Art Ensemble of Chicago

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Art Ensemble of Chicago (2017)

L'Art Ensemble of Chicago est un groupe de jazz américain d'avant-garde, rattaché au free jazz. Il est issu de l'AACM (« Association for the Advancement of Creative Musicians »).

Dès 1967, le trompettiste Lester Bowie, le saxophoniste Roscoe Mitchell, le bassiste Malachi Favors (surnommé Maghostut), et occasionnellement le multi-instrumentiste Joseph Jarman jouent ensemble sous le nom de Roscoe Mitchell Art Ensemble (avec Robert Crowder à la batterie).

Après cette période de tâtonnement dans la dénomination et dans les effectifs, le quartet se renomme Art Ensemble of Chicago lors de son séjour à Paris, dès 1969. Plus tard l'intégration de (Famoudou) Don Moye à la batterie en 1970 complète la formation.

Le groupe s'enrichira ponctuellement d'autres membres : le maître spirituel Muhal Richard Abrams (1973-74) ou Cecil Taylor (1984), mais en n'intégrant que pour un enregistrement les vocalistes Fontella Bass (1970), Chicago Beau (1970) et même, à l'occasion d'un disque et d'une série de concerts au Vieux-Colombier, Brigitte Fontaine (1969-70).

Chacun de ses membres s'entoure au fil des ans de multiples instruments, dont il use au gré de l'inspiration : accordéon, clarinette alto et autres clarinettes, flûte alto, saxo alto, basso, ballophone, flûte de bambou, banjo, baryton, basse, saxophone basse, diverses espèces de batteries, basson, clarinette en Bb, basse clarinette, balafon, cloches, bendir, bongos, mystérieux bike horn, celesta, congas, chekere, claves, coquillages, cymbales, cythar, batteries, djimbe, djun-djun, donno, étrange « elephant horn » (disons un oliphant), basse Fender, flute, bugle, guitare, glockenspiel, gongs, divers cors (le kelphorn en particulier), log drum, long cor, marimbas, maracas, mélodica, hautbois, percussions diverses, piccolo, sirène, soprano, sopranino, steel-drums, steer-horn, tambour, tom-tom, trompette, trap-drums, saxo ténor, tympanon, vibraphone, divers sifflets, woodblocks, zyther, sans oublier que parfois, ils donnent de la voix.

La métamorphose de l'ensemble terminée, le quintette revient à Chicago, mais pour mieux parcourir le monde (essentiellement Europe et Japon).

Un concert de l'Art Ensemble of Chicago commence parfois en retard, car le groupe commence par se vêtir de couleurs bariolées (boubous et autres tuniques) et choisit les peintures de guerre qui ornent leurs visages (sauf Lester Bowie, sobre dans son costume strict, immaculé, cravaté sobrement). Commence l'alchimie de la « Great Black Music » : mêlant l'archaïque et l'ultramoderne, rythmes africains et évocations des grands anciens du jazz ou références européennes, préhistoire du jazz (des bayous, dans les « barrel house » et les « honky tonks », chants des « minstrels ») et expérimentation, les cris et les chuchotements, les polyphonies gordiennes et les solis parfaitement ordonnés, le sérieux et le sarcasme, et l'humour, et l'ironie, et le pathétique, la révérence et l'iconoclastie, passé et présent, en un patchwork bigarré débité avec le plus grand sérieux, un exposé de musicologie appliquée. L'Art Ensemble est un paradoxe vivant, même un oxymore permanent. Tout cela tient de la bacchanale, du culte panique, de la cérémonie vaudou et de la recherche contemporaine, mais dans un déroulement maîtrisé, un cérémonial méticuleux.

L'engouement pour le Free jazz faiblissant, puis les disparitions progressives de ses membres, feront fléchir l'activité du groupe. Lester Bowie est décédé en 1999, Malachi Favors en 2004, Joseph Jarman en 2019.

Discographie partielle du groupe[modifier | modifier le code]

  • A Jackson in Your House (1969) (Affinity)
  • Tutankhamun (1969) (Black Lion)
  • People in Sorrow (1969) (Nessa)
  • Message to Our Folks (1969) (Affinity)
  • Reese and the Smooth Ones (1969) (Freedom)
  • Eda Wobu (1969) (JMY)
  • The Paris Session (1969) (Freedom)
  • Comme à la radio (avec Brigitte Fontaine et Areski Belkacem, 1969) (Saravah)
  • Live Part One (1970) (BYG)
  • Live in Paris (1970) (Varese)
  • Certain Blacks (1970) (Inner City)
  • Les Stances à Sophie (1970) (Universal Sound)
  • Phase One (1971) (Prestige)
  • Live at Mandel Hall (1972) (Delmark)
  • Bap-Tizum (1972) (Koch Jazz)
  • Fanfare for the Warriors (1973) (Koch Jazz)
  • Chi-Congo (1973) (Paula)
  • Kabalaba live at Montreux (1974) (AECO)
  • Spiritual (1974) (Black Lion)
  • Nice Guys (1978) (ECM)
  • Great Black Music (1978) (Affinity)
  • Live in Berlin (1979) (Records)
  • Full Force (1980) (ECM)
  • Urban Bushmen (1980) (ECM)
  • Live in Milano (1980) (Golden Years of New)
  • The Third Decade (1984) (ECM)
  • Among the People (1984) (Praxis)
  • Ancient to the Future, Vol. 1 (1987) (DIW)
  • Alternate Express (1989) (DIW)
  • Art Ensemble of Soweto (1989) (DIW)
  • Dreaming of the Masters Suite (1990) (DIW)
  • Live at the 6th Tokyo Music Joy (1990) (DIW)
  • America - South Africa (1991) (Columbia)
  • Thelonious Sphere Monk: Dreaming of the Masters, Vol. 2 (1992) (DIW)
  • Coming Home Jamaica (1998) (Atlantic)
  • Naked (2000) (DIW)
  • The Meeting (2003) (Pi Recordings)
  • Tribute to Lester (2003) (ECM)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Null Sonne No Point-The Art Ensemble of Chicago, film documentaire de Nicolas Humbert et Werner Penzel, 33 minutes, 1997, Suisse[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]