Didier Malherbe

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Didier Malherbe
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Didier Malherbe et ses instruments

Informations générales
Nom de naissance Didier Malherbe
Naissance (72 ans)
Activité principale saxophoniste, flûtiste
Genre musical jazz, rock progressif, rock psychédélique, jazz fusion, world music
Instruments saxophones, flûtes, duduk, clarinette, ocarina, bawu autres instruments à vent
Années actives Depuis 1960
Labels naive, Virgin
Site officiel didiermalherbe.com

Didier Malherbe[1], né à Paris le [2], est un musicien de jazz, de rock, de world music, et connu en tant que membre de Gong puis de Hadouk Trio et aussi comme poète.

Son premier instrument est le saxophone, il joue également des flûtes, de la clarinette alto, de l'ocarina, du khen laotien et de nombreux autres instruments à vent. Depuis 1995, le duduk est son instrument favori.

Avant Gong (1960-69)[modifier | modifier le code]

Didier Malherbe commence à jouer du saxophone à 13 ans, après avoir entendu le thème de Charlie Parker, Bloomdido, titre qu’il adoptera plus tard comme pseudo. Après deux ans d'étude du saxophone avec Jacques Desloges, il commence à participer aux jam sessions des clubs de jazz parisiens, et côtoie Alby Cullaz, Eddy Louiss, Jacques Thollot. Il se détourne ensuite du jazz.

Je m’étais lassé du bebop car je trouvais qu’il y avait trop de règles. Puis le free jazz est arrivé, qui supprimait toutes les règles... J’ai préféré aller voir ailleurs[3].

En 1961, après avoir entendu le premier disque de Ravi Shankar, il met le cap sur l’Asie, séjourne en Inde découvre la musique modale et la flûte en bambou de l’Inde du sud bansuri[4]. De retour à Paris, il prend des cours de flûte classique, tout en suivant parallèlement des études de langues anciennes à la Sorbonne. En 1964-65, il séjourne dans une communauté de "freaks" à Marrakech, où il rencontre Davey Graham[5].

En 1966, il participe à la musique du film Chappaqua, signée Ravi Shankar, et s’essaie pour la première fois au rock. Il électrifie son sax, participe à la comédie-rock à succès de Marc'O, Les Idoles, au Bilboquet puis à Bobino. Ce spectacle connaît un fort retentissement, et sera adaptée en film en 1968.

À l’été 68, il part pour Majorque, dans les Baléares, où il trouve refuge dans la propriété de l’écrivain Robert Graves. Il y travaille la flûte, et se lie à Kevin Ayers et Daevid Allen[5], ex-membres de Soft Machine, dont il évoquera plus tard le concert à La Fenêtre Rose, fin 1967, qui avait agi sur lui comme un “déclencheur”[6].

En 1969, de retour à Paris, il intègre un trio de raga-blues-folk Morning Calm, et fait du free-jazz avec le pianiste américain Burton Greene, participant à son disque enregistré pour le label BYG. Sur ce même label il participe, en 1969, à Magick Brother, le premier disque de Gong, avec des musiciens d’horizons divers, de pop comme de jazz.

Les Années Gong (1969-77)[modifier | modifier le code]

Gong devient un vrai groupe à l'occasion du festival d’Amougies en octobre 1969. Daevid Allen donne à Malherbe le surnom de Bloomdido Bad De Grasse, combinaison du titre du fameux standard de Charlie Parker et d’une traduction anglaise approximative de son nom de famille.

Avec les albums Camembert électrique (1971) et Continental Circus (1972, b.o. du film éponyme de Jérôme Laperrousaz) Gong, devient avec notamment Magma, l’un des groupes phares de la scène underground française de la période, qui tourne dans le circuit des MJC. Fidèle lieutenant d’Allen, Bloomdido traverse stoïquement les incessants remaniements du groupe, et survit même au départ du guide et fondateur en 1975, au lendemain de la trilogie Radio Gnome Invisible, publiée sur le tout jeune label Virgin : Flying Teapot, Angel's Egg (1973) et You (1974). Il peaufine un son original en électrifiant son instrument, et apporte au groupe de nombreuses idées mélodiques, "que j’ai données comme ça, dans une atmosphère communautaire. C’est un des traits de mon caractère et de ma musique : je suis un spontané, un improvisateur”[7].

Après les départs en 1975 d’Allen puis de Steve Hillage, Gong se dirige vers une musique plus jazz-fusion, influencée par Weather Report, à laquelle Malherbe apporte une couleur plus world-music, perceptible dans Bambooji, sur l'album Shamal (1976), qui annonce la suite de sa carrière. Une ultime formule avec section de percussions et Allan Holdsworth à la guitare enregistre ensuite Gazeuse! (1977).

« Il a toujours été et reste le meilleur musicien de Gong. Il est vraiment virtuose – mais il l’est tellement qu’il ne le montre jamais »

— Daevid Allen (1977)[7]

Bloom (1977-81) et Faton Bloom (1982-87)[modifier | modifier le code]

En 1977, il forme Bloom dans un esprit “jazz-rock, mais joué de façon personnelle, avec des mesures composées, des trucs un peu funky, et des textes déliros” [8]. La revue Best évoquera un “malicieux lutin saxophonifère, foisonnant d'idées neuves, qui a su recevoir beaucoup d'influences diverses et forger sa propre musique, ou plutôt ses propres musiques, car Malherbe n'est jamais prisonnier d'un style”[9]. Puis des formules plus légères, Duo Du Bas avec Yan Emeric Vagh, et Duo Ad Lib avec Jean-Philippe Rykiel, lui succèderont.

En 1982, il débute une collaboration avec Faton Cahen, l’ancien pianiste de Magma et Zao, plus Rémy Sarrazin (basse), Éric Bedoucha (batterie) et Roger Raspail (percussions) pour former Faton-Bloom. Un album éponyme paraît en 1986, décrit par Rock & Folk comme “un cocktail-fusion où tous les styles - jazz, rock, samba, funk, beguine… - sont abordés avec bonheur, pour se fondre en une seule et unique musique inétiquettable”[10].

Parallèlement, il rejoint le groupe du chanteur Jacques Higelin, et participe au live Casino de Paris (1984) puis à l’album (1985). Il figure également sur le premier album de l'Equip'Out de l'ex-batteur de Gong, Pip Pyle, et retrouve Daevid Allen dans un revival de Gong, qui aboutit, en 1992, à l’album Shapeshifter.

En solo (1990-98)[modifier | modifier le code]

En 1990, Didier Malherbe publie son premier véritable album solo, Fetish, entouré d’une formation pléthorique, et qu'il qualifiera de “très éparpillé”[8]. Il s'y essaie notamment au synthétiseur à vent Yamaha WX7.

Il signe ensuite sur le label Tangram, et publie fin 1992 Zeff marqué par “un plus grand souci d’unité” et par une "spontanéité totale"[8]. Le succès est au rendez-vous, grâce à une critique dithyrambique de Télérama[11]. Le son très particulier du Zeff[12] flûte harmonique recourbée en PVC, connaîtra les honneurs de la bande originale du film 1492 : Christophe Colomb de Ridley Scott, pour laquelle Vangelis fera appel à ses services ainsi que de France 3 qui l’utilisera pour l’habillage sonore de la chaîne (journaux d’information, annonces…).

Sortie de Fluvius (1994), en quartet avec Loy Ehrlich, Henri Agnel et Shyamal Maïtra, dont la structure cyclique évoque le cours d'un fleuve,

En 1996 naissance de Hadouk avec Loy Ehrlich en duo, ainsi baptisé en référence à leurs instruments de prédilection, Hajhouj (basse ou guembri africaine) et Doudouk (duduk, hautbois arménien à anche double). Une musique qui "ne répond ni à une mode, ni à une opération de marketing, mais à l'interpellation d'un futur mondialisé"[13], écrit Jazzman.

Parallèlement, Malherbe participe tout au long des années 1990 aux tournées Classic Gong, en Europe, États-Unis, Japon. Il quitte le groupe en 1999, mais le retrouvera régulièrement en "guest-star", sur scène DVD Subterranea et sur disques les albums Zero To Infinity et 2032. Il tourne et enregistre également avec Brigitte Fontaine CD Palaces et avec le guitariste Pierre Bensusan (le CD Live at the New Morning en 1997).

Hadouk Trio (1999-2012)[modifier | modifier le code]

En 1999, le duo Malherbe/Ehrlich s'enrichit du percussionniste américain Steve Shehan et publie l'album Shamanimal sous le nom de Hadouk Trio. Fort d'un excellent accueil critique, le trio se produit notamment au festival Nancy Jazz Pulsations. Sa maîtrise du duduk lui vaut à d'être invité en 2001 par Djivan Gasparyan au Festival international du doudouk en Arménie, puis à Moscou et St Pétersbourg.

La même année, il publie un livre de sonnets sur l'anche et le roseau, L'Anche des Métamorphoses, réédité début 2013 aux éditions Buissonnières. L'ouvrage donne lieu à un spectacle en solo, où se mêlent lectures et interludes musicaux.

En 2003 sort enfin le deuxième CD d'Hadouk Trio, Now. Le trio participe au festival de San Sebastian, à Jazz sous les pommiers, et publie deux témoignages captés en concert, le double-CD Live à FIP (2004) et le DVD Live au Satellit Café (2005), qui inaugure une collaboration durable avec le label Naïve Records.

La sortie du troisième CD studio Utopies (2006) coïncide avec la participation d'Hadouk Trio à la Gong Unconvention d'Amsterdam, festival qui culmine avec les retrouvailles du Gong des années 1970. Deux concerts dans le cadre du Cabaret Sauvage en mai 2007 donnent lieu au CD et DVD live Baldamore. Quelques jours plus tard, Hadouk Trio se voit décerner lors des Victoires du jazz le trophée de "meilleure formation de l'année".

Le dernier opus en date du trio, Air Hadouk est sorti en 2010. Il est suivi de tournées en Grande-Bretagne et en Inde, et d'une apparition au Paris Jazz Festival. En 2013, Naïve a réédité les 4 premiers CD d'Hadouk Trio sous la forme d'un coffret, dont la sortie coïncide avec son concert à la Salle Gaveau le 2 février.

En 2010, il forme un duo avec le guitariste Éric Löhrer, publiant l'année suivante le double-CD Nuit d'Ombrelle, constitué pour moitié de relectures de standards de jazz (Thelonious Monk, Duke Ellington...), et pour moitié de pièces improvisées agencées en une suite.

Depuis 2012, Didier Malherbe participe à plusieurs rencontres musicales animées par Jean-François Zygel, parfois en trio avec le percussionniste Joël Grare, ainsi qu'à son émission télévisée La Boîte à Musique sur France 2.

Hadouk Quartet (2013-)[modifier | modifier le code]

En mai 2013, avec Loy Ehrlich ils inaugurent à l'occasion d'une résidence au Triton un nouveau chapitre de l'aventure Hadouk, cette fois en quartet avec Éric Löhrer à la guitare et Jean-Luc Di Fraya aux percussions et au chant. Le quartet publie fin 2013 un premier CD, Hadoukly Yours, toujours sur le label Naïve.

Discographie[modifier | modifier le code]

Avec Gong[modifier | modifier le code]

Sous son nom[modifier | modifier le code]

  • 1980 : Bloom (EMI-Sonopresse, rééd. Voiceprint)
  • 1986 : Faton Bloom avec Faton Cahen (Cryonic, rééd. Mantra)
  • 1987 : Saxo Folies avec Armand Frydman (Koka Media)
  • 1990 : Fetish (Mantra)
  • 1992 : Zeff (Tangram)
  • 1994 : Fluvius (Tangram)
  • 1996 : Hadouk avec Loy Ehrlich (Tangram)
  • 1997 : Live at New Morning avec Pierre Bensusan (Acoustic Music)
  • 2003 : Windprints / L'Empreinte du Vent (Cezame)
  • 2008 : Carnets d'Asie et d'Ailleurs avec Loy Ehrlich (Vox Terrae[14])
  • 2011 : Nuit d'Ombrelle avec Éric Löhrer (Naïve Records)

Avec Hadouk Trio (Didier Malherbe / Loy Ehrlich / Steve Shehan)[modifier | modifier le code]

  • 1999 : Shamanimal  (Mélodie rééd. Naïve Records)
  • 2002 : Now  (Mélodie rééd. Naïve Records)
  • 2004 : Hadouk Trio Live à FIP (Mélodie/Abeille Musique)
  • 2006 : Utopies (Naïve Records)
  • 2007 : Baldamore (CD+DVD Live au Cabaret Sauvage) (Naïve Records)
  • 2010 : Air Hadouk (Naïve Records)
  • 2013 : Coffret Intégrale Hadouk Trio (Naïve Records)

Avec Hadouk Quartet (Didier Malherbe / Loy Ehrlich / Eric Löhrer / Jean-Luc Di Faya)[modifier | modifier le code]

Autres participations[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dit, parfois, « Bloomdido » ou « Bloomdido bad de Grass ».
  2. Notice d'autorité personne du catalogue général de la BNF.
  3. Allan Jones, “The Gong method of sax life in rock”, Melody Maker (25 septembre 1976), p. 33.
  4. Entretien avec Stéphane Fougère, Tangentes no 3, mars 1995 & Michel Bourre, “Le Souffleur”, Rock & Folk (avril 1976), p. 86-9 & 139-42.
  5. a et b Michel Bourre, “Le Souffleur”, Rock & Folk (avril 1976), p. 86-9 & 139-42.
  6. B. Filip, “Clonage en cours”, Blah-Blah, 1992)
  7. a et b Michel Lousquet, “Pour qui sonne le Gong ?”, Best, décembre 1977, p. 60-63..
  8. a, b et c Entretien avec Stéphane Fougère, Tangentes no 3, mars 1995.
  9. Michel Lousquet, Best, novembre 1979.
  10. KK, Rock & Folk, décembre 1986.
  11. "Une merveille de bout en bout ! Une world music comme on aimerait en entendre plus souvent : très aérée, en ponctuation de silence, en sons étranges, nouveaux, très beaux”Éliane Azoulay, Télérama, 11 novembre 1992, no 2235, p. 68
  12. tuyau harmonique recourbé en PVC, inventé par Denis Sapin
  13. Francisco Cruz, Jazzman, février 1996.
  14. Vox Terrae est le label musical de Nature et Découvertes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]