Maladie des griffes du chat

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Icône de paronymie Cet article possède un paronyme ; voir : Maladie du cri du chat.
Maladie des griffes du chat
Classification et ressources externes
Cat scratch disease - very low mag.jpg
Coupe histologique d'un nœud lymphatique atteint lors d'une maladie des griffes du chat. Coloration à l'hématoxyline et à l'éosine.
CIM-10 A28.1
CIM-9 078.3
DiseasesDB 2173
eMedicine emerg/84 
MeSH D002372
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

La maladie des griffes du chat, également connue sous le nom de lymphoréticulose bénigne d’inoculation, ou encore lymphogranulome bénin, est une maladie infectieuse bactérienne principalement transmise, comme son nom l'indique, par griffure d'un félin. C'est une zoonose[1] qui semble en croissance, si ce n'est une maladie émergente.

Agents et vecteurs[modifier | modifier le code]

Cette pathologie a deux agents connus (des bactéries du genre Bartonella et non pas comme on l'avait d'abord cru la bactérie Afipia felis) :

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

L'infection survient dans 10 % des cas après une morsure, dans 75 % après une griffure, mais elle peut apparaître suite à une griffure de ronces.
Le chien (également infecté par des puces) pourrait aussi être un vecteur, mais cela reste discuté.
Il semblerait également que les puces puissent directement inoculer la bactérie lors de piqûres chez l'homme.
Un chat peut rester porteur de la bactérie durant plusieurs mois[3], et guéri, il peut se réinfecter[4],[5].

Cette maladie ubiquitaire touche principalement les enfants.

Symptômes[modifier | modifier le code]

Dans un premier temps, une papule se forme au lieu d'inoculation, qui le plus souvent disparaît par la suite.

Quelques semaines après, on retrouve une lymphadénopathie (hypertrophie des nœuds lymphatiques). Dans 60 % des cas, un seul nœud lymphatique est atteint. Plus rarement, le malade peut présenter des myalgies, de la fièvre, des maux de tête, une perte de poids, des éruptions cutanées (dues à une angiomatose bactérienne). On peut également observer une vasculite systémique affectant des organes parenchymateux, notamment le foie. Il est parfois possible de constater une conjonctivite associée à une lymphadénopathie préauriculaire (syndrome de Parinaud).

Sous ses formes graves, les malades peuvent développer des endocardites, voire des encéphalites. Quelques formes graves atypiques ont été décrites,

Le diagnostic se fait par l'examen clinique et la sérologie.

Traitement[modifier | modifier le code]

Dans les formes graves un traitement antibiotique peut être administré (doxycycline ou macrolide ou rifampicine ou une fluoroquinolone).
Si les antibiotiques n'ont aucun effet, le nœud lymphatique infecté peut être retiré.
Il faut aussi traiter le chat.

Il n'existe aucun vaccin, et le caractère apparemment bénin de la maladie des griffes du chat ne dispense pas de suivre quelques mesures de précaution :

  • éviter les griffures ou les morsures de chat ;
  • éviter le léchage des plaies par les chats ;
  • désinfecter les plaies en cas de morsures ou de griffures ;
  • se nettoyer les mains à l'eau et au savon après avoir manipulé un chat ;
  • lutter contre l'infestation des chats par les puces.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Koehler JE, Glaser CA, Tappero JW. Rochalimaea henselae infection. A new zoonosis with the domestic cat as reservoir. JAMA. 1994;271:531–5.
  2. (en)Chomel BB, Kasten RW, Floyd-Hawkins K, Chi B, Yamamoto K, Roberts-Wilson J, et al. Experimental transmission of Bartonella henselae by the cat flea. J Clin Microbiol. 1996;34:1952–6.
  3. (en) Kordick DL, Breitschwerdt EB. « Persistent infection of pets within a household with three Bartonella species » Emerg Infect Dis. 1998;4:325–8.
  4. (en) Arvand M, Viezens J, Berghoff J. « Prolonged Bartonella henselae bacteremia caused by reinfection in cats » Infect Dis. 2008;14(1):152-4. Texte intégral
  5. (en) Yamamoto K, Chomel BB, Kasten RW, Hew CM, Weber DK, Lee WI, et al. « Infection and re-infection of domestic cats with various Bartonella species or types: B. henselae type I is protective against heterologous challenge with B. henselae type II » Vet Microbiol. 2003;92:73–86. PMID 12488072

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Kabeya H, Maruyama S, Irei M, Takahashi R, Yamashita M, Mikami T. « Genomic variations among Bartonella henselae isolates derived from naturally infected cats » Vet Microbiol. 2002;89:211–21.
  • (en) Berghoff J, Viezens J, Guptill L, Fabbi M, Arvand M. « Bartonella henselae exists as a mosaic of different genetic variants in the infected host » Microbiology. 2007;153:2045–51.
  • (en) Arvand M, Schubert H, Viezens J. « Emergence of distinct genetic variants in the population of primary Bartonella henselae isolates » Microbes Infect. 2006;8:1315–20.