Arbovirose

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Les arboviroses sont des maladies virales dues à des arbovirus (pour l'anglais : arthropod-borne virus). On en connaît actuellement 500, dont une centaine détermine des manifestations cliniques chez l'homme. Ce sont toutes des zoonoses et parfois des anthropozoonoses ; la dengue et fièvre à phlébotomes sont des formes strictement humaines. On distingue grossièrement trois types de manifestations cliniques : affections fébriles généralisées (dengue), fièvres hémorragiques (fièvre jaune) et encéphalites (fièvre de la vallée du Rift).

Le virus se multiplie obligatoirement chez le vecteur, d'où les arthropod-borne virus tiennent leurs noms.

La classification des arboviroses distinguent[1] :

De nombreux vaccins sont disponibles, en particulier pour la fièvre jaune, la méningo-encéphalite saisonnière européenne à tiques, l'encéphalite japonaise.

Répartition géographique des arboviroses
Alphavirus Flavivirus autres
Bassin méditerranéen, Moyen-Orient Sindbis Nil occidental Fièvre à phlébotomes
Afrique tropicale Chikungunya
O'Nyong-Nyong
Fièvre jaune
Nil occidental
Wesselsbron
Zika
Fièvre hémorragique de Crimée-Congo
Bunyamwera
Bwamba
Fièvre de la vallée du Rift
Fièvre à phlébotomes
Tataguine
Orungo
Extrême Orient, Pacifique Chikungunya
Ross River
Encéphalite japonaise
Dengue
Encéphalite de la Murray Valley
Fièvre à phlébotomes [citation nécessaire]
Europe non méditerranéenne, ex-URSS, Inde Encéphalites à tiques
Maladie de la forêt de Kyasanur
Fièvre hémorragique d'Omsk
Nil
Fièvre hémorragique de Crimée-Congo
Amériques Méningo-encéphalite équine type est, ouest ou du Venezuela
Mayaro
Fièvre jaune
Nil occidental
Encéphalite de Saint Louis
Dengue
Rocio
Encéphalite de Californie
Bunyavirus du groupe C
Oropuche
Groupe Guama
Fièvre à tiques du Colorado

Épidémiologie des arboviroses[modifier | modifier le code]

Les arboviroses sont transmises par des arthropodes hématophages : moustiques, tiques, phlébotomes… En France, les principales arboviroses sont : le virus West-Nile, le phlébovirus, le virus de l'encéphalite à tiques d'Europe Centrale, le virus Tanya (Camargue) et le virus Avalon (Bretagne). Un cas de dengue et deux cas de Chikungunya, tous trois autochtones, ont été observés en France en 2010[réf. nécessaire], liés au vecteur Aedes Albopictus. L'homme est alors un hôte accidentel. On note une recrudescence estivale, du fait de la conservation du virus chez des animaux à sang chaud.

Les réservoirs classiques sont les rongeurs, les singes, les oiseaux. Puis les tiques absorbent le virus lors de leur repas sanguins. Ces vecteurs sont les moustiques (Culex, Aedes), les phlébotomes (Psychodidae), les tiques (Ixodidae et Argasidae) mais aussi taons, punaises, puces.

Typologie des vecteurs des arbovirus[modifier | modifier le code]

On distingue deux grands types de vecteurs[2] :

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

Dans une première phase, les arbovirus sont captés par le système réticulo-endothélial. Ils se multiplient ainsi dans les monocytes-macrophages. C'est la phase de virémie. En règle générale, l'infection est contrôlée est reste en règle générale asymptotique. On observe un syndrome grippal bénin, et la maladie est rarement diagnostiquée à ce stade.

Dans un seconde phase, le virus gagne les organe cibles et donnera alors cours à des manifestations cliniques telle une encéphalite, une hépatonéphrite ou une fièvre hémorragique[3]. À ce stade, l'arbovirose se manifeste par une micro-vascularite diffuse et, dans les formes hémorragiques, par une troubles de la coagulation (thrombopénie, CIVD).

Manifestations cliniques[modifier | modifier le code]

L'incubation est courte, de 1 à 15 jours. Même si en pratique, la présentation clinique emprunte aux 3 formes suivantes, on distingue classiquement les formes algo-éruptives, hémorragiques et encéphaliques.

Forme algo-éruptive, syndrome “dengue-like[modifier | modifier le code]

Parmi les plus importantes, sont identifiées la dengue et le chikungunya.

La dengue, Flaviridae, transmis par Aedes aegypti ou Aedes albopictus, sévit en zone inter-tropicale (Amérique centrale, du Sud, Asie, Océanie, et avec une moindre incidence en Afrique). En règle générale, la dengue est bénigne et se présente sous la forme d'un syndrome grippal (avec un exanthème macules dans la moitié des cas), mais il peut survenir des formes graves avec au 4e-5e jour des hémorragies, voir un choc par fuite capillaire (Dengue Shock Syndrom)

Chikungunya, Alphaviridae, transmis par Aedes Aegypti ou Aedes Albopictus, sévit en Afrique et en Asie et depuis 2005, apparaît avec une forte incidence sur l'île de la Réunion et sur des îles voisines, en Inde

    • La présentation est semblable à celle de la Dengue, à ceci près que surviennent des douleurs articulaires intenses, invalidantes et parfois séquellaires. Ici aussi des formes graves encéphalitiques ou hépatiques sont possibles.

Forme hémorragique[modifier | modifier le code]

Parmi les plus importantes, la fièvre jaune et la fièvre hémorragique de Crimée-Congo :

  • la fièvre jaune, Flaviridae, réservoir selvatique (singe), transmise par Aedes aegypti, présente en Afrique, en particulier l'Afrique de l'OUest forestière et épargne l'Asie et l'Océanie ; elle se déroule en deux phases  : une phase "rouge" congestive et une phase ictérique. Elle se présente sous la forme d'une hépato-néphrite aiguë et peut se compliquer d'un syndrome hémorragique et d'une encéphalopathie ;
  • la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, transmise par la piqûre de tiques, épidémique en Afrique, endémique en Europe Centrale. Elle est transmissible.

Forme encéphalitique[modifier | modifier le code]

Parmi les plus importantes, la méningo-encéphalite saisonnière européenne à tiques, l'encéphalite japonaise, la fièvre West-Nile :

  • la méningo-encéphalite saisonnière européenne à tiques, Flavivirus (pouvant sévir en France en Alsace et en Lorraine), transmis par piqûre de tiques dans les zones forestières ou broussailleuses. Après un syndrome grippal, apparaît dans un cas sur trois une méningite ou une méningo-encéphalite ;
  • l'encéphalite japonaise, limitée à l'Asie (du Japon à l'Inde), transmise par un diptère de genre Culex, sévit en zone rurale, à proximité des rizières ou dans les zones d'élevage de porcs. La présentation est rarement symptomatique mais souvent grave dans ce cas ;
  • la fièvre West-Nile, Flaviridae, transmis par un Culex. Elle est présente en Amérique du Nord ; une épidémie a été repérée en France en 2003 dans la région de Fréjus-Saint-Raphaël[réf. nécessaire]. La présentation est rarement symptomatique mais souvent grave dans ce cas.

Diagnostic des arboviroses[modifier | modifier le code]

Le diagnostic repose sur l'isolement et la culture du virus et sur l'apparition et l'élévation du taux d'anticorps dans le sang du patient. En pratique, l'isolement du virus est rarement possible : période de virémie précoce et très brève, fragilité du virus, nécessité d'un laboratoire spécialisé.

On observe souvent une leucopénie et une lympho-monocytose.

Isolement du virus[modifier | modifier le code]

La période de virémie s'étale généralement du 4e au 8e jour de la maladie mais le virus est parfois présent plus longtemps dans certains organes cibles (cerveau, foie, ganglions). On l'isole par inoculation du sang ou des fragments d'organes prélevés post mortem à des lignées de souriceaux nouveau-nés ou à des cultures de cellules de moustiques ou de singe, parfois à des moustiques d'élevage non hématophages.

La présence du virus est révélée par l'apparition d'une encéphalite chez les souriceaux, par l'apparition de plages de lyse dans les cultures cellulaires ou dans les broyats de têtes de moustiques. Le virus est alors identifié par des réactions immunologiques spécifiques.

On peut parfois identifier les virus de la dengue ou de la fièvre jaune dans des prélèvements (sang, LCR, foie) par amplification génomique de l'ADNc couplée à une hybridation à l'aide de sondes spécifiques.

Sérologie[modifier | modifier le code]

La virémie étant brève, le diagnostic est essentiellement sérologique, à partir de prélèvement de sang ou de liquide cérébrospinal. Les titres d'anticorps IgG et IgM sont mesurés sur des paires de prélèvements sanguins effectués au début de la maladie et 10 à 20 jours plus tard, le plus souvent par la méthode immuno-enzymatique ELISA.

Des réactions croisées sérologiques entre différents arboviroses, par exemple entre dengue et chikungunya (cependant, des co-infections également) sont possibles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Arbovirus et arbovirose », sur anne.decoster.free.fr
  2. Didier Fontenille, « Les vecteurs d’arboviroses dans l’Ouest de l’Océan Indien », Institut de Recherche pour le Développement,‎ 2007 (lire en ligne [PDF])
  3. « Virus de la rage, arbovirus, autres virus dits émergents », Cours de la faculté de médecine Pierre et Marie Curie,‎ ? (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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