Fièvre de la vallée du Rift

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Fièvre de la vallée du Rift

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Photomicrographie en Microscopie électronique en transmission (TEM) de tissu infecté par le Virus de la Fièvre de la vallée du Rift

Classification
Type Virus
Groupe virus Groupe V
Famille Bunyaviridae
Genre Phlebovirus

Espèce

'Virus de la Fièvre de la vallée du Rift'
— auteur incomplet —, date à préciser

La fièvre de la vallée du rift (RVF) est une zoonose virale (affectant principalement les animaux domestiques ruminants et pouvant se transmettre aux humains) en se manifestant par une fièvre, parfois (1 à 3% des cas) hémorragique[1].

Répartition de la fièvre de la vallée du Rift en Afrique. En bleu, les pays où la maladie est endémique et où surviennent des épidémies importantes de RVF ; en vert, des pays connus pour la survenue de quelques cas, l’isolement épisodique du virus, ou une présence du RVF attestée par des sérologies

Elle est due au virus RVF qui est rattaché au genre Phlebovirus, de la famille des Bunyaviridae[1].

Maladie vectorielle et émergente[modifier | modifier le code]

Le virus semble être principalement disséminé par la piqûre d’un moustique (Culicidae) infecté (le vecteur biologique).

La maladie semble être apparue au Kenya ou originaire de cette région, mais a gagné en quelques décennies presque tous les pays africains, y causant localement d'importantes épizooties et/ou épidémies[1].

Histoire épidémiologique[modifier | modifier le code]

La maladie a été signalée pour la première fois chez le bétail du Kenya vers 1915.

Le virus en cause (RVF) a été isolé en 1931.

Les manifestations du RVF surviennent principalement en Afrique sub-saharienne mais des épisodes peuvent éclater ailleurs, rarement (mais parfois sévèrement) par exemple en Égypte durant les années 1977 et 78, où plusieurs millions de personnes ont été infectés et des milliers sont mortes au cours d’une violente épidémie – Au Kenya en 1998, le virus a entraîné le décès de plus de 400 Kényans.

En 2000, le virus s'étend hors de l’Afrique vers le Proche-Orient (péninsule arabique, avec en septembre 2000 un épisode confirmé en Arabie saoudite et au Yémen).

En 2007–2008, l'Est de l'Afrique de l’Est (dont Madagascar) subissent des épidémies de FVR et le virus est retrouvé aux Comores et en France d'outre mer dans l'île de Mayotte[1].

Le contexte de réchauffement climatique, associé à des virémies élevées chez les animaux malades, une rapide extension de son aire de répartition, et l’existence de nombreux vecteurs connus ou potentiels (dont dans le pourtour européen de la Méditerranée) en font selon les autorités sanitaires mondiales (OMS) un bon candidat pour une maladie émergente en zone tempérée[1].

Symptômes[modifier | modifier le code]

Chez l'humain : le virus peut se manifester en causant différents syndromes.

Habituellement les victimes ne présentent pas de symptômes ou uniquement une maladie peu bruyante avec de la fièvre, des maux de tête, des myalgies et des anomalies hépatiques, un état de faiblesse généralisée, des douleurs dorsales, des vertiges, et une perte de poids au début de la maladie.

Dans un petit nombre de cas (1 à 3 % des cas) la maladie évolue vers une forme plus grave avec syndrome de fièvre hémorragique, hépatite, encéphalite ou méningo-encéphalite (inflammation du cerveau et des méninges), ou encore affecter l'œil (rétinite)[1].

En règle générale, les patients entrent en convalescence 2 à 7 jours après le début de la maladie.

Morbidité, pathogénicité[modifier | modifier le code]

Selon la gravité des foyers épidémiques, 1 à 3 % des humains victimes de la maladie en meurent. D'autres conservent des séquelles importantes[1].

Parmi le bétail le niveau de mortalité est sensiblement plus élevé, surtout chez les jeunes animaux et chez les femelles gravides infectées par le RVF, le taux d’ avortement est de pratiquement 100 % des fœtus ; l'épizootie (épidémie atteignant les animaux) de RVF se manifeste habituellement d’abord par une vague d’avortements inexpliqués.

Vaccination animale[modifier | modifier le code]

Plusieurs vaccins animaux ont été fabriqués pour se protéger contre l'infection par le RVF. Le premier à être développé était un vaccin vivant. Lors des essais sur la souris, les résultats étaient prometteurs, ce vaccin conférait une immunité pendant trois ans. Cependant un problème a été décelé : l’administration aux brebis gravides a provoqué de nombreux avortements. À la suite de cette constatation, des vaccins atténués ont été développés. Bien qu'ils aient un effet protecteur, et ne provoquent pas d’effets nuisibles, ce résultat a été obtenu seulement après de multiples inoculations. Le fait que des doses multiples soient indispensables pourrait se révéler problématique particulièrement dans les zones où le RVF est endémique.

Épidémies de 2006/07 au Kenya et en Somalie[modifier | modifier le code]

  • En novembre 2006, des cas inhabituellement nombreux de fièvre de la vallée du Rift sont signalés au Kenya. Les victimes étaient originaires de la province du nord-est et de la province de la côte du Kenya, qui avait reçu les mois précédents de fortes pluies, provoquant des inondations et créant des zones humides propices à la reproduction des moustiques qui ont alors probablement plus facilement transmis aux humains le virus du bétail infecté. À la date du 7 janvier 2007, 75 personnes environ étaient décédées et on dénombrait 183 malades encore infectées[2]. The outbreak has forced the closure of livestock markets in the North Eastern Province, affecting the economy of the region[3].
    L’épidémie a été rapportée plus tard dans le District de Maragua et le District de Kirinyaga des régions de la province centrale du Kenya[4].
    Vers le 23 janvier 2007 des cas avaient commencé à apparaître dans la capitale kényane Nairobi. Un grand nombre d'entreprises présentaient des pertes évaluées comme très importantes du fait qu’une proportion notable de leurs clients évitaient les rassemblements de population où l’on consommait de la viande rôtie que l’on croyait responsable de la transmission de la fièvre.

En décembre 2006 et à nouveau en janvier 2007, l'action internationale pour la santé de Taiwan (TaiwanIHA) a commencé à organiser des missions au Kenya [1] en envoyant des experts médicaux pour aider à la formation du personnel des service de santé et de laboratoire, et en finançant du matériel tel que des pulvérisateurs pour tuer les moustiques. Les Centers for Disease Control des États-Unis ont également envoyé une mission d’assistance et un laboratoire au Kenya.

Fin janvier 2007, environ 148 personnes étaient décédées depuis le début de l’épidémie en décembre.

Le 14 mars 2007, après avoir dépensé environ 2,5 millions en pour l’organisation d’une campagne de vaccination, le gouvernement kényan a annoncé que les cas RVF avaient diminué très significativement, il a également levé l'interdiction des mouvements de bétail dans les secteurs affectés[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g M. Pépin (2001), Fièvre de la vallée du Rift ; Médecine et Maladies Infectieuses, Volume 41, Issue 6, June 2011, Pages 322-329, avec la participation de la CIRE Réunion-Mayotte et l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) (résumé)
  2. (en) « At least 75 people die of Rift Valley Fever in Kenya », International Herald Tribune,‎ 7 janvier 2007
  3. (en) « Kenya: Schools Disrupted As Deadly Fever Hits Incomes », IRIN,‎ 11 janvier 2007
  4. (en) « Nairobi at risk of RVF infection », The Standard (Kenya),‎ 22 janvier 2007
  5. (en) « 14 die after Rift Valley Fever breaks out in southern Somalia », Shabelle Media Network, Somalia,‎ 20 janvier 2007
  6. (en) « Deadly fever spreads Kenya Panic », BBC,‎ 26 janvier 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) M. Pépin (2001), Fièvre de la vallée du Rift ; Médecine et Maladies Infectieuses, Volume 41, Issue 6, June 2011, Pages 322-329, avec la participation de la CIRE Réunion-Mayotte et l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) (résumé)