Hacking

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Dans un sens large, le bidouillage ou hacking concerne les activités visant à détourner un objet de sa fonction première. Le hacking a pour fonction de résoudre ou d'aider à résoudre des problèmes, et cela dans de nombreux domaines.

Le hacking, quand celui-ci s'apparente au piratage informatique[1] est une pratique visant à un échange « discret » d'informations illégales et/ou personnelles. Cette pratique établie par les hackers, portion de la population démocratisée en 1983 par le magazine Newsweek, émerge lorsque les premiers ordinateurs font leur apparition dans les foyers. De nombreux crackers ont commencé leur activité en essayant de casser les restrictions anti-copie ou en détournant les règles des jeux informatiques avant la généralisation d'Internet qui a alors ouvert de plus larges horizons à leur activité. En France, la communauté de hackers s'est plutôt détournée vers le logiciel libre lorsque les médias ont révélé au début des années 1990 que le Chaos Computer Club France était un faux-groupe de hackers qui travaillait en collaboration avec la gendarmerie[2], mais de nombreuses communautés indépendantes on vu le jour, et continuent à mettre à disposition leurs ressources, souvent sous forme de wiki ou de repository

En 2009, le hacking regroupe un ensemble de techniques relevant des failles et vulnérabilités d'un élément ou d'un groupe d'éléments, matériel ou humain (social engineering). Les attaques informatiques à l'époque de Kevin Mitnick, Kevin Poulsen ou encore Jon Johansen (DVD Jon) étaient peu nombreuses comparées à celles lancées en 2009. De nos jours[Quand ?], la menace est moins virulente, mais beaucoup plus massive, notamment par l'augmentation croissante des « script kiddies » ou hacker néophytes.

Les hackers[modifier | modifier le code]

Derrière le terme hacker « se cachent des utilisateurs à part, qui préfèrent fouiller dans les entrailles d’un ordinateur plutôt que simplement l’utiliser »[3]. Les motivations principales du hacker sont « la passion, le jeu, le plaisir, l’échange et le partage »[4].

Pirate ou hacker[modifier | modifier le code]

De manière générale, les médias modernes semblent relier les hackers informatiques à des pirates informatiques, bien que la traduction de « pirate » ne correspond pas aux définitions de « fouineur » ou de « bidouilleur » que l'on peut trouver dans les institutions qui font référence en langue française[5].

Le hacking coexiste bien souvent avec la sécurité informatique, mais ces deux domaines ne sont pas à confondre. Cela n'empêche nullement que les hackers soient aussi des spécialistes en informatique.

La différence notable entre ces deux pratiques est que le hacker le fait, normalement, pour aider à "patcher" ces brèches et le pirate le fait dans le but d'exploiter ladite faille.

Article détaillé : Hacker (sécurité informatique).

Le Hacking moderne[modifier | modifier le code]

Le hacking place les hackers « au cœur du développement de nos sociétés », c'est-à-dire au cœur de l'information et du partage d’information. Cette place au centre du développement des sociétés est surtout due à la curiosité des hackers[6]. Les hackers utilisent les ressources des communautés de hackers à travers l'échange et le partage pour la résolution d'un problème, on perçoit ce comportement dans le logiciel libre. La résolution se fait souvent en un temps record, car elle se fait par passion, plaisir ou jeu.

Éthique[modifier | modifier le code]

L'éthique du hacker a été créée au MIT, et comprend six règles :

  • L'accès aux ordinateurs - et à tout ce qui peut nous apprendre comment le monde marche vraiment - devrait être illimité et total.
  • L'information devrait être libre et gratuite.
  • Méfiez-vous de l'autorité. Encouragez la décentralisation.
  • Les hackers devraient être jugés selon leurs œuvres, et non selon des critères qu'ils jugent factices comme la position, l’âge, la nationalité ou les diplômes.
  • On peut créer l'art et la beauté sur un ordinateur.
  • Les ordinateurs sont faits pour changer la vie.

« Il n’est pas nécessaire de lire Hackers, le livre de Steven Levy, pour réaliser que c'est l'esprit des années 1970 qui souffle dans ces principes. Au MIT, le besoin de libérer l'information répondait à un besoin pratique de partager le savoir pour améliorer les capacités de l'ordinateur. Aujourd'hui, dans un monde où la plupart des informations sont traitées par ordinateur, ce besoin est resté le même - mais il s'étend à tous ceux qui vivent sur cette planète et ont l'intention d'y faire quelque chose, plus seulement aux fondus de l’ordinateur ! »[7].

L'auteur de l'éthique du hack moderne invite à ne plus regarder le hacker comme étant uniquement « un étudiant imaginatif et audacieux » ou à « un spécialiste en informatique », mais à étendre cette vision du hacker à l'ensemble de la société et même à la « planète ». Il est rejoint dans son invitation par Le Mentor lorsqu'il dit à la fin de son manifeste « après tout, nous sommes tous pareils ». Selon eux, le hacking doit donc être envisagé dans une vision plus large, et non plus restreinte.

Le hacking a pour fonction de résoudre ou d'aider à résoudre des problèmes, et cela dans de nombreux domaines[8]. Le hacking comporte plusieurs aspects qui sont l'extension de l'éthique créée au MIT :

  • L'aspect communautaire forme un des points forts du hacking. L'organisation en communauté permet l’extension du partage d’information, les communautés étant interconnectées la propagation de l'information est très rapide. L'organisation en communauté permet l’entraide entre personnes, mais également aux personnes de jeunes âges qui souhaitent apprendre. L'interconnexion de personnes, qui ne se connaissent pas, permet une aide qui place les individus au même plan, et cela sans jugement de valeur. Cet aspect pousse à la généralisation et au partage du savoir sans que cela se fasse sur la base de critères tels que « la position, l’âge, la nationalité ou les diplômes ».
  • L'underground dans le sens de communauté locale, c'est-à-dire la diffusion de l'information dans un cercle restreint de personnes, on retrouve ce comportement dans le partage de contenu jugé comme illégaux par les autorités, ou encore dans le partage de 0 day. En effet, l'un des aspects du hacking est ce qu'on peut appeler le Warez. Cette attitude ne fait que reprendre l'expression « L’information devrait être libre et gratuite » qui se retrouve également dans le réseau de partage P2P. La communauté locale deviendra globale au fur à mesure que la technologie avancera.


  • L'aspect social. La dynamique communautaire implique un échange constant d’informations entre les divers acteurs de la communauté. Cet échange demande parfois l’intervention du hacking, et n’est possible que si l’information à échanger inclut une clause de non divulgation. Ainsi le hacking peut forcer pacifiquement l’échange en usant du social engineering qui est la technique qui a le plus d'impact sur la communauté, car elle utilise la « faiblesse humaine »[9]. L’aspect social se base principalement sur l’échange d’information dans un milieu plus ou moins indépendant.

Hacktivisme[modifier | modifier le code]

« L'hacktivisme est une contraction de hacking et activisme ». Le fait de hacker et le hacker sont souvent confondus. Cependant, l'acte lui-même de hacker peut être perpétré par tout le monde, ou plutôt toutes personnes voulant un moyen de partager son avis politique. Le terme « hacking », qui est repris dans le monde « hacktivisme », n'est que la représentation que le geste de hacker, mais en aucun cas le personnage même du hacker.

La conséquence la plus fâcheuse est que le hacker souffre de l'hacktivisme parce qu'il apporte auprès des médias une image qui n'est pas la sienne, car les médias confondent encore le fait de hacker et le personnage du hacker[6].

Publications en français[modifier | modifier le code]

  • Hacker News Magazine, traduction de Hacker Journal (italien), édité par WLF Publishing SRL (Rome), bimestriel, 32 pages, 2 € (France) ;
  • Hackers Magazine, réalisé par une communauté, édité par WLF Publishing SRL (Rome), bimestriel, 32 pages + 1 CD, 4,99 € ;
  • Hakin9, publié par Software Sp. z o. o. SK, bimestriel, 84 pages + 1 CD, 7,5 € ;
  • HacKethic, publié par La Pieuvre Noire, trimestriel, 24 pages grand format
  • L'éthique hacker, traduction de The Hacker Ethic de Pekka Himanen.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Grand Dictionnaire Terminologique
  2. Jean Guisnel, « Une contre-histoire de l'Internet », Arte France, 2013, 15 min 30 sec
  3. http://www.infos-du-net.com/actualite/dossiers/98-histoire-hacking.html
  4. La « hacker attitude », modèle social pour l'ère post-industrielle
  5. "Hacking" peut se traduire par "bidouillage", alors qu'un "piratage" se dit "hijacking".
  6. a et b ITSecurite - La sécurité technique et juridique des systèmes d'informations
  7. [samizdat | biblioweb] L’éthique du hack moderne
  8. L'Éthique hacker de Pekka Himanen
  9. Conseil, Intégration de systèmes & Infogérance - Teamlog.com
  10. Le nom en anglais a été gardée dans la plupart des cas pour éviter toute interprétation lors de la traduction en français.

Articles connexes[modifier | modifier le code]