Vervant (Charente-Maritime)

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Vervant
Rue de Vervant.
Rue de Vervant.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Charente-Maritime
Arrondissement Saint-Jean-d'Angély
Canton Saint-Jean-d'Angély
Intercommunalité Communauté de communes du canton de Saint-Jean-d'Angély
Maire
Mandat
Pierre-Yves André
2014-2020
Code postal 17400
Code commune 17467
Démographie
Gentilé Vervantais
Population
municipale
220 hab. (2011)
Densité 39 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 58′ 28″ N 0° 27′ 11″ O / 45.9744444444, -0.45305555555645° 58′ 28″ Nord 0° 27′ 11″ Ouest / 45.9744444444, -0.453055555556  
Altitude Min. 18 m – Max. 59 m
Superficie 5,62 km2
Localisation

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Vervant

Vervant est une commune du sud-ouest de la France située dans le département de la Charente-Maritime (région Poitou-Charentes). Ses habitants sont appelés les Vervantais et les Vervantaises[1].

Disposant d'un cadre de vie enviable en bordure de la vallée moyenne de la Boutonne et situé à 8 km au nord de Saint-Jean-d'Angély, Vervant se transforme de plus en plus en un village résidentiel de la périphérie angérienne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Carte de la commune de Vervant au sein de la Charente-Maritime
Position de Vervant en Charente-Maritime

La petite commune rurale de Vervant possède un territoire enclavé dans la vallée de la Boutonne dont l'isolement géographique a pu être rompu en 1850 lors de la construction de plusieurs ponts en pierre sur la rivière[2]. Grâce à ce franchissement de la Boutonne, le village de Vervant est directement relié à la D 127 qui correspond à la route cheminant le long de la rive droite, puis de la rive gauche, de la vallée de la Boutonne entre Saint-Jean-d'Angély, au sud, et Dampierre-sur-Boutonne, au nord.

Le village est situé précisément à 8 km au nord de Saint-Jean-d'Angély, à 10 km au sud de Dampierre-sur-Boutonne et à 11 km au sud-est d'Aulnay-de-Saintonge, via la D 950. Cette route départementale qui relie Saint-Jean-d'Angély à Poitiers et qui traverse la partie sud-est de la commune de Vervant, constitue toujours un important axe de communication et, ce, depuis l'Antiquité gallo-romaine et l'époque médiévale, où le village n'est distant que de 3 km à l'ouest.

La commune fait partie du canton de Saint-Jean-d'Angély depuis la création de ce dernier en 1790 et bénéficie d'une situation géographique quasi centrale au sein du Pays des Vals de Saintonge dont Saint-Jean-d'Angély est le centre urbain et économique principal.

Un lieu de confluence dans la vallée de la Boutonne[modifier | modifier le code]

Baignée par la rivière Boutonne sur sa rive gauche, la commune de Vervant reçoit également les eaux d'un petit ruisseau, le Padôme, dont le lieu de source est situé à Villemorin ou, selon d'autres, à Cherbonnières, deux communes du canton d'Aulnay[3].

Vervant occupe un site de confluence comme nombre de villages riverains de la Boutonne[4]. C'est à la fois sur la rive gauche de la Boutonne et le long du Padôme que s'est développé le petit village de Vervant. Le site du château de Vervant, agrémenté d'un vaste parc à la française, est situé sur la rive droite du Padôme, près de son lieu de confluence avec la Boutonne. Le ruisseau Padôme sépare le village, au sud, du château, au nord.

Les rives de la Boutonne et du Padôme offrent une vallée agreste et très arborée, ponctuées de belles prairies, hélas gagnées de plus en plus par la maïsiculture intensive, tandis qu'au sud du village, et en bordure de la Boutonne, s'étend une chênaie dénommée le Bois de Vervant[5]. Sur les rives de la Boutonne, la rivière isole de nombreuses petites iles inondables et inhabitées, qui ont longtemps servi de lieux de pacage pour le gros bétail.

Le cadre géographique[modifier | modifier le code]

Située entièrement en terrain jurassique sur la portion du territoire qui relève du bas plateau de la Saintonge et en terrain du quaternaire alluvial dans la partie fluviale de la Boutonne, la commune de Vervant offre deux types de paysage bien distincts.

Tout à l'ouest, son finage communal occupe le site d'une vallée fluviale qui, longtemps, fut le domaine de prairies pour l'élevage et, au XIXe siècle, de la culture du chanvre, puis au XXe siècle, de plantations de peupliers, en particulier, de la variété blanc du Poitou.

Au centre et à l'est de la commune, le relief se relève et offre un paysage aux mornes ondulations avec des coteaux peu élevés qui, avant la crise du phylloxéra de 1875, étaient couverts de vignes. Ces coteaux sont maintenant entièrement dévolus à la céréaliculture intensive depuis les opérations de remembrement entamées systématiquement dès la fin des années 1960. C'est tout un paysage de champs ouverts qui s'offre aux regards, typique des terroirs à openfield qui caractérisent aujourd'hui la Saintonge du nord depuis la grande plaine céréalière de l'Aunis, à l'ouest, jusqu'aux terres du Ruffécois, à l'est.

L'altimétrie moyenne de la commune est de 25 mètres variant de 18 mètres, dans les prairies de la vallée de la Boutonne, à 59 mètres, hauteur maximale correspondant à un coteau, dénommé Butte de Frâgne, au sud-est juste en limite de la commune voisine des Églises-d'Argenteuil[5]. C'est également sur cette butte qu'est édifié un château d'eau pour alimenter les deux communes.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Antezant-la-Chapelle,
vallée de la Boutonne
Les Églises-d'Argenteuil Les Églises-d'Argenteuil Rose des vents
Antezant-la-Chapelle,
vallée de la Boutonne
N Les Églises-d'Argenteuil
O    Vervant    E
S
Courcelles,
vallée de la Boutonne
Poursay-Garnaud Les Églises-d'Argenteuil

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme de Vervant ne prête à aucune spéculation particulière et son origine comme son interprétation remontent à la période des grands défrichements médiévaux.

Ainsi, le village qui fut à l'origine une communauté agricole se nomma Verbenna[2], nom qui signifie terre labourée, dérivant du verbe latin vertere qui, interprété, se comprend avec l'idée de retourner la terre[Quoi ?]. Cette ancienne Verbenna qui a un homonyme dans le département voisin de la Charente [6] correspond à un site avec des terres nouvellement défrichées au Moyen Âge et qui, au début du XIVe siècle, était déjà orthographiée sous son nom presque contemporain[Quoi ?] de Vervannium[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Une création d'origine médiévale[modifier | modifier le code]

Vervant fait partie des nombreuses communes du département dont l'origine est liée à la période des grands défrichements des XIIe et XIIIe siècles, "période du Moyen Âge qui correspond à l'âge d'or de la Saintonge"[8].

Sous l'impulsion de la puissante abbaye de Saint-Jean-d'Angély, la vallée moyenne de la Boutonne fut l'objet d'un intense défrichement au moyen de l'écobuage[9] et d'une exploitation de la ressource hydraulique pour le fonctionnement de nombreux moulins à eau. La petite paroisse de Vervant fut dès lors créée pour participer à ce vaste mouvement de mise en valeur des nouvelles terres.

Vervant, l'ancienne Verbenna,[10] qui doit son origine au mouvement de défrichement agraire est une création féodale. En effet, le toponyme fief qui apparaît au moins trois fois dans le finage de cette paroisse médiévale, Fief de Vervant, Fief Nouveau, le Petit Fief, résume bien un défrichement d'origine féodale, "le fief étant l'élément principal de l'exploitation agricole de cette époque"[11].

La mise en valeur de la rive gauche de la Boutonne a nécessité un long travail d'assèchement des terres marécageuses et à l'origine hostiles à toute installation humaine. Ces travaux d'assainissement ont laissé des traces dans la toponymie locale puisqu'ils apparaissent deux fois en bordure de la vallée de la Boutonne : le Marais entre Poursay-Garnaud et la limite communale de Vervant et le Marais du Château, face à l'actuelle aire de loisirs d'Antezant.

Curieusement, Vervant ne posséda pas de moulin à eau sur les rives de la Boutonne à l'époque médiévale mais, à l'issue de défrichements agraires intenses sur les coteaux, un moulin à vent fut établi à la fin du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle au sud-est de la paroisse, attesté par un toponyme très évocateur Tout Vent[12].

Il est à peu près certain que la première communauté villageoise disposa d'une église romane dans le courant du XIIe siècle à l'instar de toutes les autres paroisses riveraines de la vallée moyenne de la Boutonne comme, sur la rive droite, celles d'Antezant, de La Chapelle-Baton et de Courcelles et, sur la rive gauche, celles de Nuaillé-sur-Boutonne, de Saint-Pardoult, de Poursay-Garnaud, de Saint-Julien-de-l'Escap ou encore des Églises d'Argenteuil bien que cette dernière ne soit pas située dans la vallée.

La vallée moyenne de la Boutonne était devenue une artère fluviale particulièrement dynamique au Moyen Âge et ses intérêts économiques nécessitaient une protection accrue. C'est pourquoi le site de Vervant, comme ceux des autres villages riverains de la vallée, fut certainement pourvu d'un château fort, sinon d'une maison forte[13]. Ce premier château, situé à côté de l'actuel village, fut donc à l'origine un lieu défensif mais sur la liste de ses occupants, les premiers qui soient connus ne datent que du début du XIVe siècle où une famille seigneuriale, les de La Roche est mentionnée en 1338[2].

Vervant pendant les Temps Modernes[modifier | modifier le code]

Le tumultueux XVIe siècle

Vervant entrait dans le tumultueux XVIe siècle - qui scelle les débuts des Temps Modernes - à l'abri de son château qui était entouré de larges et profonds fossés[14] et qui devait être assez imposant avec sa forte tour à créneaux et à mâchicoulis, dotée de meurtrières[15] mais, malgré cette forteresse tutélaire et l'isolement du village au sein de la vallée de la Boutonne, Vervant ne possède pas encore de ponts sur la Boutonne, cette petite paroisse n'échappera pas aux affres des Guerres de Religion qui ravagèrent les provinces d'Aunis et de Saintonge.

Entre-temps, lors d'un déplacement du roi François Ier de France au château de Dampierre-sur-Boutonne à l'hiver 1539, la Dame de Vervant, alors issue de la famille seigneuriale des de La Roche, fit hommage des terres de Vervant au roi[2]. Cette donation à la Couronne royale montrait également une allégeance aux idées du roi où le fief seigneurial fut sans doute d'obédience catholique. Ce qui n'allait pas être sans conséquence dans la suite des temps.

En effet, la ville de Saint-Jean-d'Angély devint un des hauts lieux du protestantisme en Saintonge dès les années 1550 et les idées de la Réforme calviniste ne tardèrent pas à gagner nombre de familles seigneuriales résidant dans les paroisses rurales alentours.

Les Guerres de Religion n'épargnèrent pas la ville et sa région qui y payèrent un très lourd tribut. Dès la première guerre de religion, eut lieu le "sac de Saint-Jean-d'Angély" en 1562 par des troupes calvinistes déchainées qui détruisirent notamment l'abbatiale et l'abbaye de la ville[16]. Cette période d'anarchie se caractérisa par un violent mouvement d'iconoclasmes l'année suivante et toucha nombre d'églises rurales de Saintonge et d'Aunis[17]. Mais c'est lors de l'épisode dramatique et des plus marquants de la troisième guerre de religion, période 1567-1570, que de nombreux édifices religieux comme les abbayes, les monastères, les églises et les chapelles furent ravagés, pillés ou incendiés[17]. L'église paroissiale de Vervant fut entièrement détruite pendant cette période à l'instar des autres églises relevant des paroisses voisines de Courcelles, Saint-Pardoult, Les Églises-d'Argenteuil. Mais à la différence des autres paroisses environnantes qui relevèrent des décombres leurs lieux de culte, Vervant fit partie des rares paroisses de la Saintonge à ne pas posséder d'église jusqu'au XIXe siècle[2].

Les châtelains de Vervant changèrent de famille dans la seconde partie du XVIe siècle et les nouveaux seigneurs des lieux, les Poussard, firent graver en 1573 sur une pierre de la grosse tour crénelée leur nom et un écusson avec leurs armes[18]. Cette famille seigneuriale ne s'empressa pas de relever l'église de ses ruines, étant probablement d'obédience calviniste.

1621 : Vervant, quartier général de Louis XIII

Près de deux semaines avant que ne commence le siège de Saint-Jean-d'Angély, Vervant et les paroisses voisines de Varaize, Les Eglises-d'Argenteuil et Saint-Julien-de-l'Escap furent occupées par les armées royales de Louis XIII le 16 mai 1621[19].

Lors du dramatique siège de Saint-Jean-d'Angély qui commença le 29 mai 1621[20], le roi Louis XIII réquisitionna le site du Château de Vervant et en fit son quartier général[18]. Il y demeura quelques semaines avant de s'installer à Saint-Julien-de-l'Escap pour être au plus près des opérations du siège[19]. Il eut raison de la résistance héroïque des Angériens qui capitulèrent le 26 juin[19]. Les conditions de reddition furent désastreuses pour la ville de Saint-Jean-d'Angély au point que toutes ses fortifications furent rasées et qu'elle changea un temps de nom pour devenir Bourg-Louis[19].

Avant de quitter la région, Louis XIII séjourna de nouveau quelques jours au château de Vervant "pour s'y reposer"[21].

Après le départ du roi au début de l'été 1621, il se passa un fait surprenant de l'histoire locale. En effet, le château de Vervant fut racheté la même année par les de Goulard, une famille issue de la noblesse d'origine ... protestante[18]! Cette ironie du sort ne dura qu'un temps puisque cette famille calviniste fut contrainte à l'exil lors du règne autoritaire de Louis XIV qui avait fixé les rudes conditions de la Révocation de l'Édit de Nantes aux Protestants en 1685.

Le domaine seigneurial de Vervant fut racheté par un homme de paille[18] mais, par la suite, les biens furent rapidement restitués à une famille de la noblesse provinciale.

1755 : Restauration du château de Vervant

En 1755, les châtelains de Vervant entreprirent de faire restaurer leur château en reconstruisant totalement le corps de logis principal et en préservant la grosse tour à créneaux[18]. Le château remarquablement bien situé en un lieu de confluence et dans la fraîche vallée de la Boutonne fut également agrémenté d'un joli et vaste parc à la française.

Il est vrai qu'il était dans l'air du temps d'engager de coûteux travaux de restauration des châteaux en Saintonge. Effectivement, c'est pendant le règne de Louis XV, que les châteaux de Plassac, du Douhet, de Panloy, de La Gataudière ou encore celui de la Roche Courbon furent soit reconstruits, soit restaurés dans le style néo-classique de l'époque.

Vervant pendant la période contemporaine[modifier | modifier le code]

Vervant au XIXe siècle

Dans sa précieuse "Statistique de la Charente-Inférieure", M.A. Gautier établit un état des lieux de la commune de Vervant pendant la période de la Monarchie de Juillet. Il décrit cette commune comme un territoire essentiellement agricole mais prospère. L'agriculture était représentée par la viticulture en plein essor dont les vignes d'un bon rapport étaient plantées sur les coteaux à l'est de la commune, par les cultures céréalières et légumières qui étaient établies entre les coteaux à l'est et la vallée à l'ouest et par les prairies pour l'élevage ainsi que la culture du chanvre[20].

En 1836, année du rapport de M.A. Gautier, la petite commune de Vervant recensait 184 habitants et sa population se répartissait en cinq villages[20]. Elle faisait déjà partie des très petites communes du département et allait le demeurer.

À partir de 1850, des ponts en pierre furent construits pour franchir les différents bras de rivière de la Boutonne et permirent enfin de briser le long isolement du village[2]. Ce désenclavement ne fut pas sans conséquence puisqu'il permit de favoriser les activités de la commune et de la rendre attractive. Cela se vérifie en effet dans l'étonnante et régulière croissance démographique de Vervant après la construction des ponts et, ce, jusqu'à la fin du Second Empire où la commune passe de 184 habitants en 1851 à 238 habitants en 1872, année record de son chiffre de population qu'elle n'a plus jamais retrouvé par la suite.

C'est dans cette période remarquablement prospère que la commune continue à s'équiper. Elle fait alors édifier l'église dans un style néo-gothique après avoir été une des rares paroisses de Saintonge à en être dépourvue[2]. Elle se dote également d'un lavoir abrité qu'elle fait établir sur la route d'Antezant face au parc du château de Vervant qui y communiquait directement par une porte[2].

La crise du phylloxéra n'épargna pas les vignes de la commune qui furent détruites à partir de 1875 comme dans le reste de la Saintonge. Cet effet dévastateur eut des conséquences immédiates sur la démographie de Vervant qui, après 1872, avait commencé à être touchée par l'exode rural. Cette hémorragie humaine dura jusqu'en 1891 où, en une vingtaine d'années seulement, la commune perdit un quart de sa population. Elle passa de 238 habitants en 1872 à 179 habitants en 1891.

Dans la dernière décennie du XIXe siècle, Vervant va connaître de profonds bouleversements avec, d'une part, la mise en place d'une desserte ferroviaire et, d'autre part, avec la transformation de ses activités agricoles qui vont affecter durablement son économie.

C'est dans cette décennie qu'un court répit dans l'évolution de la population de la commune est observé entre 1891 et 1896. Vervant renoue avec la croissance démographique grâce à l'édification de la ligne de chemin de fer reliant Saint-Jean-d'Angély à Saint-Saviol via Aulnay-de-Saintonge. En effet, la municipalité de Vervant a le privilège d'être dotée d'une gare ferroviaire en 1896[22]. La nouvelle station est établie à mi-chemin entre les villages de Vervant et des Églises-d'Argenteuil. L'inauguration est fêtée en grande pompe par les villageois des deux communes car la voie ferrée est perçue comme un élément de progrès et de modernisation rompant l'isolement des campagnes.

L'économie agricole connaît également de nouvelles orientations avec le développement des peupleraies le long de la vallée de la Boutonne et surtout de l'élevage laitier où les prairies s'y prêtent fort bien. L'élevage des vaches laitières prend dès lors le relais de la vigne qui est quasiment abandonnée dans le finage communal.

Vervant au XXe siècle

Monument aux morts de Vervant
Monument aux morts de Vervant

Vervant entre dans le XXe siècle avec une économie agricole en pleine mutation. Si la viticulture n'est plus poursuivie, l'élevage laitier est en plein progrès et va favoriser l'implantation d'une laiterie industrielle[23].

Après les dramatiques évènements de la Première Guerre mondiale où Vervant a perdu 1 habitant sur 10, le monde agricole entre dans une nouvelle mutation de ses structures.

La céréaliculture progresse sensiblement et se développe de plus en plus sur les coteaux autrefois dévolus à la vigne. Le blé et l'orge sont les cultures dominantes, les sols calcaires bien amendés favorisent considérablement les rendements. L'essentiel de la production céréalière est expédiée dans la coopérative agricole de la commune voisine des Églises-d'Argenteuil qui est fondée en 1930 et qui traite plus de 120 000 quintaux de blé par an[24]. La mécanisation accélérée de l'agriculture et les changements des types d'exploitation agricole contribuent à accélérer le phénomène de déprise agricole et de l'exode rural.

De ce fait, la commune de Vervant entre dans un processus de décroissance démographique quasi ininterrompu depuis le début du XXe siècle. En 1926, elle atteint son plus faible chiffre de population jamais enregistré depuis le début du XIXe siècle avec une population de 142 habitants.

Cependant, depuis cette date, la commune renoue avec l'essor démographique passant à 158 habitants en 1931, puis à 178 habitants en 1936, enrayant le processus de l'exode rural. Sa proximité de Saint-Jean-d'Angély y joue un rôle important où dans cette ville et dans les communes alentour comme Poursay-Garnaud, Varaize, Saint-Pardoult, Nuaillé-sur-Boutonne de nombreuses usines sont construites, surtout les scieries et les usines de transformation du bois (déroulage, contreplaqués).

Après les sombres heures de la Seconde Guerre mondiale où la commune déplore une perte démographique importante - 20 habitants en moins et 158 habitants en 1946 -, Vervant entre dans la modernité avec de nouvelles mutations de son économie agricole.

Tout d'abord, vers la fin des années 1960, l'élevage laitier va être de plus en plus délaissé au profit de la céréaliculture intensive. L'abandon progressif de l'élevage dans la vallée de la Boutonne entraîne une baisse de la production locale, contraignant inexorablement à la fermeture de la laiterie de Vervant. L'arrêt de la laiterie a sonné comme un coup dur pour la petite commune car cette entreprise pourvoyait des emplois et faisait partie du cadre villageois. Si les bâtiments sont encore présents, un nom de rue lui est dédiée[25].

À la fin des années 1960, le remembrement des terres agricoles est appliqué dans la commune qui devient dès lors une commune quasiment céréalière.

En 1951, la commune assiste impuissante à la fermeture de sa gare ferroviaire qui avait joué un rôle de desserte très important[26]. Cette station a exercé un tel impact dans la vie du village qu'il en a conservé un toponyme dans une de ses rues qui se nomme rue de l'Ancienne Gare[27].

Disposant d'un cadre de vie enviable en bordure de la vallée moyenne de la Boutonne et situé à une distance raisonnable de Saint-Jean-d'Angély, Vervant se transforme de plus en plus en un village résidentiel de la périphérie angérienne.

Administration[modifier | modifier le code]

Politique locale[modifier | modifier le code]

La commune de Vervant vote traditionnellement à gauche. Au second tour des élections présidentielles de 2007, Ségolène Royal y récoltait ainsi 69 % des suffrages exprimés contre 31 % pour Nicolas Sarkozy.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1989 1995 Jacques Vigié   Retraité agriculteur
1995 2001 Jacques Vigié   Retraité agriculteur
2001 2008 Yves Broustail   Retraité enseignant
2008 en cours Pierre-Yves André   Agent SNCF
Les données manquantes sont à compléter.

Canton[modifier | modifier le code]

La commune de Vervant est l'une des 19 communes qui forment le canton de Saint-Jean-d'Angély, ce dernier étant le plus peuplé de l'arrondissement de Saint-Jean-d'Angély.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Depuis sa création en 1993, la communauté de communes du canton de Saint-Jean-d'Angély[28] a intégré la commune de Vervant qui fait également partie du Pays des Vals de Saintonge[29] dont le siège administratif est également fixé à Saint-Jean-d'Angély[30].

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 220 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
183 102 179 213 196 184 208 183 184
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
199 212 230 238 214 201 194 179 183
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
167 164 171 155 142 158 178 158 161
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
157 185 153 201 175 194 203 206 220
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[31] puis Insee à partir de 2004[32].)
Histogramme de l'évolution démographique


La situation contemporaine de l'évolution démographique de la commune de Vervant :

Comme l'indique le tableau ci-dessus, Vervant a une croissance démographique assez irrégulière depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale ; ceci découle des fluctuations de l'économie urbaine de Saint-Jean-d'Angély dont la commune est très fortement dépendante.

Cependant, Vervant enregistre une croissance démographique régulière depuis le recensement de 1990, étant devenue une des communes de la couronne angérienne. Grâce à sa proximité de Saint-Jean-d'Angély, principal pôle d'emploi en Saintonge du nord, la commune de Vervant a accru sa population de plus de 10 % entre 1990 et 2007. Elle est d'ailleurs repassée au-dessus du seuil des 200 habitants depuis le recensement de 2006, seuil que la commune avait déjà franchi en 1982 en un temps où la péri-urbanisation autour de Saint-Jean-d'Angély s'était fortement amplifiée.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Château de Vervant
  • Château de Vervant, inscrit à l'I.M.H. (Inventaire des Monuments Historiques), tour crénelée du XVIe siècle, corps de logis totalement reconstruit en 1755 dans le style néo-classique, beau parc à la française. Demeure privée, non ouverte au public, mais visible depuis l'extérieur[33].
  • Église Sainte-Catherine, construite dans le courant du XIXe siècle dans un style néo-gothique inspiré de l'architecture rayonnante. Son plan, d'une extrême simplicité, se limite à une nef unique divisée en quatre travées couvertes de croisées d'ogives quadripartites. Dépourvue de transept, l'édifice se termine par un chevet plat et aveugle. L'accès de l'église se fait par un portail unique encadré par deux aiguilles de pierre. Il est surmonté d'un oculus atypique compris dans une grande arcade ogivale. Le clocher se présente sous la forme d'une petite tour cylindrique coiffée d'un lanternon[34].
  • Lavoir abrité en bordure d'un bras de la Boutonne, face au parc du Château, construction du XIXe siècle.
  • Ponts sur la Boutonne construits en 1850, établis sur des bras de la rivière qui s'écoule dans une belle vallée verdoyante.

Culture et loisirs[modifier | modifier le code]

Depuis 2003, le groupe de rock festif local Limeur TEutche coorganise chaque mois de mars avec l'amicale des jeunes de Vervant le Vervantesk Rock Show qui offre aux groupes débutants locaux la possibilité de partager la scène avec des groupes plus expérimentés[35].

Depuis 1973, un club sportif cycliste, Le Cyclo Club de Vervant, est présent dans la commune.

Équipements et services[modifier | modifier le code]

Collecte des ordures ménagères[modifier | modifier le code]

Une déchèterie gérée par la communauté de communes du canton de Saint-Jean-d'Angély se situe sur la commune voisine d'Antezant-la-Chapelle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les gentilés de Charente-Maritime
  2. a, b, c, d, e, f, g et h J-L. FLOHIC, Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, tome 2, p. 900.
  3. M.A. GAUTIER, Dictionnaire des communes de la Charente-Maritime, réédition de la Géographie de la Charente-Inférieure, p.128 (monographie sur Les Églises d'Argenteuil), p.131 (monographie sur Vervant) et p.134 (monographie sur Cherbonnières)
  4. Cas précisément d'amont en aval des villages de Nuaillé-sur-Boutonne au confluent de la Brédoire et de la Boutonne et de Saint-Julien-de-l'Escap au confluent de la Nie et de la Boutonne.
  5. a et b Consulter la carte IGN n°1530E - Carte topographique série bleue - échelle 1/25 000 - Itinéraires de randonné
  6. En effet, la commune charentaise de Vervant a strictement la même interprétation toponymique que le village de la Saintonge alors qu'elle est située dans l'ancienne province de l'Angoumois - Voir notamment Jean-Marie CASSAGNE et Stéphane SEGUIN, Origine des noms de villes et de villages de la Charente, éditions Bordessoules, p.196.
  7. Jean-Marie CASSAGNE et Mariola KORSAK, Origine des noms de villes et de villages de la Charente-Maritime, éditions Bordessoules, p.333
  8. François JULIEN-LABRUYERE, A la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980, p.174
  9. "la technique de l'écobuage consiste à brûler un bois pour gagner un champ" in François JULIEN-LABRUYERE, A la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980, p.183
  10. Voir l'interprétation du nom du village au chapitre précédent (Toponymie).
  11. François JULIEN-LABRUYERE, A la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980, p.185
  12. François JULIEN-LABRUYERE, A la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980, p.180
  13. François JULIEN-LABRUYERE, A la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980, p.194
  14. Ces anciennes douves étaient encore visibles au XIXe siècle selon le témoignage de M.A. GAUTIER dans sa Statistique de la Charente-Inférieure, in M.A. GAUTIER, Dictionnaire des communes de la Charente-Maritime, éditions de la Mémoire, p.132
  15. Michel de la Torre, Guide de l'art et de la nature - Charente-Maritime, éditions Nathan,1985, page Monographie sur Vervant.
  16. Francine Ducluzeau (ouvrage collectif sous la coordination de), Histoire des Protestants charentais (Aunis, Saintonge, Angoumois), Le Croît vif, 2001, p.99
  17. a et b Christine Bonneton (Ouvrage collectif sous la direction de), Aunis, Saintonge, Christine Bonneton éditeur, p.54
  18. a, b, c, d et e Robert COLLE, Châteaux, manoirs et forteresses d'Aunis et de Saintonge, éditions Rupella, La Rochelle, 1984, tome II (M à V), p.377
  19. a, b, c et d Francine Ducluzeau (ouvrage collectif sous la coordination de), Histoire des Protestants charentais (Aunis, Saintonge, Angoumois), Le Croît vif, 2001, p.131
  20. a, b et c M.A. GAUTIER, Dictionnaire des communes de la Charente-Maritime, éditions de la Mémoire, p.132
  21. M.A. GAUTIER, Dictionnaire des communes de la Charente-Maritime, éditions de la Mémoire, p.126
  22. Gérard BLIER, Histoire des transports en Charente-Maritime, le Croît vif, Collectons documentaires, 2003, p.101
  23. « La laiterie industrielle de Vervant sur le site de l'inventaire des industries en Poitou-Charentes. »
  24. J-L. FLOHIC, Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, tome 2, p. 885.
  25. Le toponyme se trouve dans le village de Vervant sous la forme Rue Laiterie.
  26. Gérard BLIER, Histoire des transports en Charente-Maritime, le Croît vif, Collections documentaires, 2003, p.131
  27. Le toponyme est également présent dans la carte IGN n°1530E - Carte topographique série bleue au 1/25 000 - Carte de randonnées
  28. « Site officiel de la Cdc du canton de Saint-Jean-d'Angély. »
  29. « Site officiel du Pays des Vals de Saintonge », sur www.valsdesaintonge.org.
  30. « Site officiel de la ville de Saint-Jean-d'Angély. »
  31. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  32. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  33. / Le Château de Vervant inscrit dans l'I.M.H. de la Charente-Maritime
  34. Description in J-L. FLOHIC, Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flochic, tome II, p.900
  35. Alban Boigeol, « Le rock se met au vert », Sud Ouest,‎ 12 mars 2009 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]