Dodécapole étrusque

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Localisation des principales cités étrusques et de Rome entre le VIIIe siècle av. J.-C. et le VIe siècle av. J.-C.

La dodécapole étrusque est l'ensemble des douze cités-États étrusques, qui, selon la tradition, en Étrurie, formaient une alliance puissante au niveau des droits économiques, religieux et militaires : ce que l'on appelle la Ligue étrusque.

L'identité des douze villes qui faisaient partie de la Ligue étrusque ne nous est pas connue de manière certaine (il n'existe aucun document historique, en particulier étrusque sur ce sujet), donc on ne peut que spéculer. Des cités importantes comme Véies, Cisra, Tarquinia, Vulci, Rusellae, Vetulonia, Populonia, Velzna, Clusium, Perusia, Arretium et Volterrae en font certainement partie[1]. Avec la prise par les Romains de certaines de ces cités (telles que Véies par exemple), ou alors déclinant d'elles-mêmes, il est probable que d'autres cités prirent leurs places, même des cités qui étaient considérées jusque là comme de petites villes, telles Cortóna, Faesulae ou Falerii. Après que l'Étrurie soit devenue, sous l'empire d'Auguste, la Région VII de l'Italie romaine, les cités principales devinrent officiellement quinze[2].

Les cités de la dodécapole étaient en compétition pour l'expansion territoriale et le commerce, et ces contradictions entraînèrent une mauvaise coordination militaire dans la lutte contre les agressions extérieures :

« N'allez pas penser que cette ligue de douze villes étrusques impliquait une solidarité entre elles. Chaque cité était son propre royaume. Et c'est cet esprit individualiste qui a fait chuter les Étrusques devant Rome. »

— Jean-Paul Thuillier, le Sourire des Étrusques[3]

Chaque année, les représentants des cités se réunissaient au Fanum Voltumnae, un lieu sacré pour eux mais dont la localisation exacte reste encore inconnue à notre époque. Peut-être se situait-il dans la cité de Velzna (aujourd'hui Orvieto?) ou de Tarquinii (aujourd'hui Corneto) pour élire le chef de Fédération (le zilath mech rasnal, lien qui unit tous les peuples Étrusques), discuter des affaires politiques et économiques, et honorer les idoles communes. Au cours de ces célébrations religieuses et de ces réunions, des opportunités significatives se présentent pour les échanges économiques et culturels.

Dodécapole padane et campanienne[modifier | modifier le code]

Au VIe siècle av. J.-C., les Étrusques ont décidé d'étendre leur domination dans le nord et dans le sud de l'Italie, particulièrement en Émilie et en Campanie, pour former deux autres régions étrusques (de style colonial, à l'époque) qui prirent le nom d'Étrurie padane et d'Étrurie de Campanie. Pour chacun de ces domaines coloniaux, il est possible de parler de dodécapole. Mais comme pour la dodécapole se situant en Étrurie, il est difficile d'avoir la certitude des cités qui font partie de ces deux dodécapoles.

Pour l'Étrurie campanienne, les cités les plus susceptibles de faire partie de la dodécapole sont: Vulturnum, Nola, Acerrae et Nuceria Alfaterna,et à un degré moindre les cités de Herculanum, Pompéi, Sorrente et Salerne. Pour l'Étrurie padane, les cités de Velzna, Spina et Misano en font certainement partie, et les cités de Ravenne, Caesena, Ariminum, Mutina, Parme, Placentia, Mantua et Mediolanum en faisaient probablement également partie.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Briquel, La Civilisation étrusque, p. 124
  2. Romolo Staccioli, Gli Etruschi. Un popolo tra mito e realtà, p. 84-86.
  3. Page du Point 07/11/2003, N° 1625

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