Musée national étrusque de la villa Giulia

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Façade de la villa Giulia, dessinée par Vignola

Le musée national étrusque de la villa Giulia (en italien, Museo Nazionale Etrusco di Villa Giulia) est un musée de Rome consacré aux civilisations étrusque et falisque.

Situé dans le quartier Pinciano, il rassemble des objets, issus de fouilles menées durant près d'un siècle dans l'Étrurie méridionale, parmi lesquels les plus connus sont l'Apollon de Véies, le centaure de Vulci, les lamelles d'or de Pyrgi et un exemplaire du Sarcophage des Époux.

La villa Giulia[modifier | modifier le code]

Nymphée de la villa, dessiné par Ammannati

La villa Giulia tire son nom de son commanditaire, le pape Jules III (1550-1555), qui la fait bâtir entre 1551 et 1553 sur les terres familiales du mont Valentino (actuel quartier Parioli). Vasari revendique la paternité des plans qui, toujours selon lui, sont ensuite révisés par Michel-Ange puis parachevés d'une part par Vignola pour ce qui est des bâtiments et d'autre part par Ammannati et Vasari, assistés par Pietro Venale da Imola, Prospero Fontana et Taddeo Zuccari, pour ce qui est de la décoration. Les plans originaux subissent plusieurs modifications suivant ce que Vasari appelle les « caprices » du pape.

La villa Giulia est organisée selon l'axe de la vallée dans laquelle elle est bâtie. Destinée à l'agrément, elle se caractérise par une grande cour en hémicycle, des loggias, un nymphée décoré de mosaïques romaines, des rocailles et une décoration à fresque typique de la seconde moitié du XVIe siècle. Elle est desservie par une route spécialement creusée (l'actuelle via di Villa Giulia), qui relie la Via Flaminia au Tibre.

Elle fait l'objet de nouveaux aménagements au XVIIIe puis au XIXe siècle, alors qu'elle abrite une école vétérinaire. Enfin, elle subit des modifications de grande envergure lorsqu'elle entre en la possession de l'État italien, qui la transforme en musée.

Le musée[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

La création du musée se rattache au programme établi par Felice Barnabei à la fin des années 1880 : son idée est d'établir un « profil archéologique » de la région grâce à des fouilles méthodiques reposant sur des études topographiques, une étude systématique des objets ainsi mis au jour et enfin la présentation de ces derniers au public. Les premiers objets à rejoindre les collections proviennent ainsi des fouilles de Civita Castellana, ancienne Falerii, capitale des Falisques.

À l'origine, la villa Giulia n'est censée être qu'un lieu de stockage temporaire des matériaux. En 1889, le Musée national romain est créé. Il est divisé en deux sections : « urbaine » et « extra-urbaine », suivant l'origine du matériel archéologique. La section urbaine est implantée dans les Thermes de Dioclétien tandis que la seconde est maintenue à la villa Giulia. Les collections de cette dernière s'enrichissent alors des découvertes faites dans le Latium (Gabies, Colli Albani puis Palestrina), l'Étrurie (Cerveteri puis Véiès) puis l'Ombrie (Todi, Terni). Alors que le programme de Barnabei prévoyait la présentation d'objets de toutes les civilisations s'étant succédé dans la région de Rome, le musée acquiert rapidement un biais étrusque, consacré par son actuel nom officiel de « musée national étrusque ».

Collections[modifier | modifier le code]

Les premières salles du musée sont organisées selon un double principe : topographique et chronologique.

  • Vulci (salles 1 à 5) : centaure en tuf du VIe siècle av. J.-C., provenant de la nécropole de Poggio Maremma ; urnes funéraires biconiques ou en forme de huttes ; vases en bucchero et vases grecs de haute qualité, importés d'Attique.
  • Bisenzio (salle 6) : chariot funéraire en bronze provenant de la nécropole d'Olmo Bello.
  • Véiès (salle 7) : Apollon dit « de Véiès » en terre cuite polychrome, élément d'un groupe représentant l'affrontement entre Héraclès et Apollon pour la biche de Cérynie ; tête d'Hermès issue du sanctuaire de Portonaccio
  • Cerveteri (salles 8 à 10) : sarcophage dit « des Époux » ; sarcophage orientalisant dit « des Lions « ; mobilier funéraire de la civilisation de Villanova ; céramiques grecques, dont un groupe d'hydries de Caéré.Aryballe Poupé.
  • Falerii (salles 28 à 31) : statue d'Apollon en terre cuite issue du sanctuaire de Scasato ; rhyton en forme de tête de chien du Peintre de Brygos.
  • Alatri (salle 32) : reconstitution grandeur nature d'un temple italico-étrusque.
  • Palestrina, ancienne Préneste (salle 34) : mobilier funéraire issu des tombes Barberini, Bernardini, Castellani et Galeassi (fin du VIIIe siècle av. J.-C. et première moitié du VIIe siècle av. J.-C.)
  • Ombrie (salle 35) : matériel funéraire issu de tombes de femmes (bijoux) et de guerriers (objets de banquet, céramiques grecques, casque de cérémonie en bronze damasquiné).

Le musée comprend également une section épigraphique (antichambre et salle 11), qui abrite notamment les lamelles d'or de Pyrgi, parmi les plus anciennes inscriptions connues de l'Italie pré-romaine.

La villa Giulia a également reçu des collections privées : celle d'Augusto Castellani, la collection Cima-Pesciotti et le fonds du musée Kircher, fondé en 1651 par le jésuite Athanasius Kircher et « nationalisé » après la proclamation du royaume d'Italie. Parmi les objets les plus connus figurent une série de miroirs en bronze et surtout la ciste Ficoroni, un coffre de mariage en bronze incisé, représentant le concours de boxe organisé par le roi Amycos, un épisode du mythe des Argonautes. Dernièrement, le musée a reçu un célèbre vase de la céramique grecque antique à figures rouges, le cratère d'Euphronios, qui était exposé au Metropolitan Museum of Art de New York jusqu'en 2008.

Dans la nuit du 30 au 31 mars 2013, le musée est victime d'un vol aux fumigènes[1] : y sont dérobés des bijoux étrusques en or de la collection Castellani.

Informations pratiques[modifier | modifier le code]

Raccontastoria[modifier | modifier le code]

En 2012, dans le but de promouvoir le merchandising culturel de plusieurs musées italiens avec des projets en papier recyclé, les designers Laura Fiaschi et Gabriele Pardi s'inspirent des collections du musée pour créer une série de cahiers – nommée Raccontastoria - en forme de cratères et d'amphores, capables de se transformer en petits objets tridimensionnels, lorsque le cahier est ouvert. Cette série de cahiers est destinée aux visiteurs du musée.

  • Le musée est ouvert jusqu'à 19 h 30, sauf le lundi[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anna Maria Sgubini Moretti (éd.), The Villa Giulia National Etruscan Museum, L'Erma et Ingegneria per la Cultura, Rome, 2001 (ISBN 88-8265-012-X)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]