Justus von Liebig

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Justus von Liebig

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Justus von Liebig en 1860

Naissance 12 mai 1803
Darmstadt (Saint-Empire romain germanique)
Décès 18 avril 1873
Munich (Confédération germanique)
Champs chimie organique
Institutions Université de Gießen, Université de Munich
Diplôme Université d'Erlangen
Renommé pour superphosphate et engrais azoté, loi du minimum, levure chimique, extrait de viande, lait artificiel, miroir d'argent, kaliapparat (en), découvertes du chloroforme, du chloral, de l'alliage fer-nickel
Distinctions légion d'honneur, anobli avec le titre de « baron »

Justus Liebig (12 mai 1803 à Darmstadt, Allemagne18 avril 1873 à Munich, Allemagne), baron von Liebig à partir de 1845, est un chimiste allemand. Il fit des contributions majeures à la chimie organique et à l'agriculture[1]. Il est considéré comme le fondateur de l'agriculture industrielle, basée sur la chimie organique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il étudia à l'Université de Bonn, avec Karl Wilhelm Gottlob Kastner. Quand Kastner alla à l'Université d'Erlangen, Liebig l'accompagna et y reçut son doctorat en 1822. Il obtint alors une bourse du gouvernement de la Hesse pour étudier à Paris. Avec l'appui de Alexander von Humboldt, il put travailler dans le laboratoire privé de Louis Joseph Gay-Lussac.

En 1824, il devint professeur à l'université de Giessen, université qui porte désormais son nom. Il y synthétisa la mélamine en 1834. Parmi ses élèves, il y avait August Wilhelm von Hofmann ou encore Adolph Strecker.

Avec son ami Friedrich Wöhler, Liebig travaille sur des sels d'argent[2]. Il établit vers 1830 la théorie des radicaux grâce à laquelle la grande diversité des liaisons en chimie organique pouvait pour la première fois être expliquée de façon systématique.

Liebig fut ensuite professeur à l'Université de Munich de 1852 à 1873. Il fut élevé au titre de Freiherr en 1845. Il améliora l'analyse de la chimie organique et découvrit que les plantes se nourrissent essentiellement d'azote par des microbes permettant de fixer celui de l'air et d'assimiler celui minéralisé dans le sol. L'une de ses réalisations les plus fameuses est l'engrais azoté. Il fut aussi le premier chimiste à organiser un laboratoire moderne (architecte : August von Voit, 1852-1855).

En 1840 paraissent ses Lettres sur la chimie dont l'importance dépasse le strict cadre scientifique et offre une « philosophie de l'histoire ». Les thèses de Liebig ont un retentissement jusqu'au XXIe siècle, et son influence parmi les écologistes et l'économiste Nicholas Georgescu-Roegen est indéniable. Ses thèses permirent également à Karl Marx de décrire l'exploitation des sols dans le système capitaliste[3].

Il reçoit la médaille de la légion d'honneur en 1850 des mains du ministre français du commerce, lui-même chimiste, Jean-Baptiste Dumas, dans les locaux de la société chimique de Frédéric Kuhlmann à Loos-Les-Lille ; à cette occasion il se réconcilie avec son concurrent Jean-Baptiste Boussingault [4].

L'invention du miroir argenté en verre en 1856 est mise à son crédit : l'amalgame d'étain-mercure étant toxique, il le remplaça par le dépôt d'une fine couche d'argent métallique sur le verre grâce à la réduction chimique du nitrate d'argent[5].

En 1865, la marque Liebig vit le jour grâce à Liebig et son « extrait de viande ».

Il a créé le premier lait pour enfant en 1867.

Il est enterré à l'ancien cimetière du Sud (Munich).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • De la Théorie et de la pratique en agriculture, Lille, Impr. de L. Danel, 1857. In-8°, 98 p.
  • Le développement des idées dans les sciences naturelles : études philosophiques. Paris, C. Baillière, 1867. In-8°, 42 p. (Extrait de la « Revue des cours scientifiques ».)
  • Manuel pour l’analyse des substances organiques, traduit de l’allemand par A.-J.-L. Jourdan. Suivi de l’examen critique des procédés et des résultats de l’analyse des corps organisés, par F. V. Raspail. Paris, Londres, J.-B. Baillière, 1838. In-8°, II-168 p. planches, tableau.
  • Chimie organique appliquée à la physiologie végétale et à l’agriculture. Un Essai de toxicologie ; traduction faite sur les manuscrits de l'auteur par Charles Gerhardt. Paris, Fortin, Masson et Cie, 1841. In-8° (22 cm), 392 p.
  • Chimie organique appliquée à la physiologie végétale et à l’agriculture, traduction faite sur les manuscrits de l’auteur par Charles Gerhardt. Paris, Fortin, Masson et Cie, 1844. In-8° (22 cm), 544 p.
  • Lettres sur la chimie, trad. Bertet-Dupinay et Dubreuil-Hélion. Paris, Mascana, 1845. In-12, 342 p.
  • Lettres sur la chimie considérée dans son application à l’industrie, à la physiologie et à l’agriculture, Nouvelle édition française, publiée par Charles Gerhardt, Paris, V. Masson, 1852. In-12, XII-331 p.
  • Les lois naturelles de l’agriculture / par le baron de Liebig,… ; traduit d’après la dernière édition allemande par Ad. Scheler,… Paris, Librairie agricole de la Maison rustique, 1864. 2 vol. in-8° (22 cm), 184 p. et 487 p.
  • Traité de Chimie organique, traduction faite sur les manuscrits de l’auteur par Charles Gerhardt. Paris, Fortin, Masson et Cie, 1840-44. 3 vol. in-8° (22 cm), CXCVI-611, 664, 528 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dumas Jean-Louis. Liebig et son empreinte sur l'agronomie moderne. In: Revue d'histoire des sciences et de leurs applications. 1965, Tome 18 n°1. pp. 73-108. texte intégral
  2. Avec les mêmes composants et dans les mêmes proportions, Liebig avait préparé du fulminate d'argent (explosif) et Wöhler du cyanate d'argent (inoffensif). C'est Jöns Jacob Berzelius qui introduisit la notion d'isomérie.
  3. Karl Marx, Le Capital livre 1, Éditions sociales, Paris, 1963, page 566, note 325
  4. Histoire des pédologues et de la science des sols ; Jean Boulaine, Geneviève Signeux ;Editions Quae, 1989 ISBN 2-7380-0050-9, 9782738000507
  5. (de) Justus Liebig, « Ueber Versilberung und Vergoldung von Glas », Annalen der Chemie und Pharmacie, vol. 98, no 1,‎ 1856, p. 132–139 (lien DOI?)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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