Théories du complot jésuite

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Devise jésuite: Ad maiorem Dei gloriam

Une théorie du complot jésuite est une théorie du complot accusant, le plus souvent de domination mondiale, l'ordre catholique des jésuites.

Historique[modifier | modifier le code]

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1614, un ouvrage diffamatoire et faux, les Monita secreta accuse les jésuites de recevoir des instructions secrètes de leurs supérieurs.

En 1679, Titus Oates rédigea un pamphlet anticatholique accusant les jésuites: An Exact Discovery of the Mystery of Iniquity as it is now in Practice amongst the Jesuits.

Nicolas de Bonneville, initié à la franc-maçonnerie en 1786 lors d’un séjour en Angleterre, produit un ouvrage sur la question, Les Jésuites chassés de la maçonnerie, et leur poignard brisé par les maçons en 1788 où il accuse les Jésuites d’avoir introduit dans la franc-maçonnerie, la vie et la mort des Templiers, la doctrine de la vengeance pour le crime politique et religieux de leur destruction dans les degrés symboliques et les quatre vœux de leur congrégation dans les degrés supérieurs.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Une responsabilité jésuite a été revendiquée dans le naufrage du Titanic[Par qui ?], en rendant responsable un des passagers débarqués avant la collision, le membre de l'ordre Francis Browne[1].

Durant les années 30, le régime nazi utilisa différentes théories du complot contre les jésuites, dans le but de réduire leur influence, car ils dirigeaient des écoles secondaires et des associations de jeunesse. Un pamphlet propagandiste, Der Jesuit – Der vaterlandslose Dunkelmann, par un certain Hubert Hermanns, dénonça les jésuites comme un "pouvoir obscur" et d'avoir de "mystérieuses intentions". Les jésuites furent déclarés "vermine publique" [Volksschädlinge] et persécutés, parfois assassinés[2].

Jack Chick a publié les théories complotistes d'Alberto Rivera, se présentant comme un jésuite défroqué, avant de devenir un fondamentaliste protestant.

Le théoricien du complot Eric Jon Phelps dans son livre Vatican Assassins dénonce le "pape noir" soit le Supérieur général de la Compagnie de Jésus, selon lui responsable de nombreux complots aux États-Unis et dans le monde.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Kreis, Les puissances de l'ombre : Juifs, jésuites, francs-maçons, réactionnaires... la théorie du complot dans les textes, CNRS, 2009, ISBN 2271067863.
  • Michel Leroy, Le mythe jésuite. De Béranger à Michelet, Paris, Presses universitaires de France (PUF), 1992.
  • Michel Leroy, « Mythe religion et politique : La "Légende noire" des Jésuites », in Lusitania sacra, tome XII, 2000, p. 267-376.
  • Pierre-Antoine Fabre et Catherine Marie (dir.), Les Antijésuites. Discours, figures et lieux de l'antijésuitisme à l'époque moderne, Presses universitaires de Rennes (PUR), 2010, 644 p.
  • Geoffrey Cubitt, The Jesuit Myth: Conspiracy Theory and Politics in Nineteenth-Century France, Oxford: The Clarendon Press, 1993.
  • Róisín Healy, The Jesuit Specter in Imperial Germany, Boston: Brill Academic Publishers, 2003.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bruce Beveridge and Steve Hall. Titanic & Olympic: The Truth Behind the Conspiracy. Haverford, PA: Infinity Publishing, 2004, p. i.
  2. "The Jesuit: The Obscurantist without a Homeland" (1933), German History in Documents and Images.

Voir aussi[modifier | modifier le code]