Théorie des organisations
La théorie des organisations est une discipline située à la limite entre l'Économie des organisations, la Sociologie des organisations, la gestion et la science politique.
Elle s'intéresse aux organisations, aussi bien marchandes que non-marchandes, dans toutes leurs diversités (entreprise, hôpital, syndicat, association, administration, conventions, ...). Elle a pour but d'analyser leur fonctionnement, leur structure et leur développement et de proposer des améliorations.
Les grands thèmes de cette discipline sont le pouvoir, les relations et rapports sociaux, l'analyse des configurations et la communication dans les groupes. Son développement a suivi les évolutions politico-sociales du XXe siècle, s'articulant selon les auteurs autour d'études empiriques ou de travaux largement théoriques.
En économie, on étudie l'ensemble des arrangements institutionnels permettant la mise en œuvre de la production et l'échange de biens et de services. Dans un sens plus restreint, l'économie des organisations consiste dans l'étude de l'organisation comme entité économique spécifique, l'entreprise étant l'organisation analysée de manière privilégiée.
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Les voies d'approche et d'analyse des Organisations [modifier]
Selon Yves Frédéric Livian , « plusieurs voies sont possibles pour approcher les organisations, leur complexité est telle [1] que l'on peut chausser plusieurs types de lunettes pour les regarder. Leur analyse a fait l'objet de nombreuses théories [2] . Et plutot que de les passer systématiquement en revue » , YF Livian propose l'approche de Gareth Morgan [3] : « Cette présentation a un énorme avantage : elle renvoie à des théories (...) qui ne sont pas classées de manière chronologique ( on rompt avec la présentation naïve : il était une fois le taylorisme, puis sont venues les relations humaines, etc...) On peut aujourd'hui utiliser l'une ou l'autre de ces images (...) avec des concepts et des pratiques issus de chaque image, dont il importe de prendre bien conscience . Chaque auteur , chaque spécialiste prétend à l'universalité de son approche, mais en fait , on ne doit pas - même si l'auteur ne le dit pas- oublier qu'elle est fondée sur une représentation de ce qu'est l'organisation, qui a son intérêt et ses limites .»
Les sept images de l'organisation ( d'après Gareth Morgan )
| Type | Image essentielle : l'organisation est ... | Métaphore | Auteurs et dates-clés | Vocabulaire | Domaines de gestion influencés |
|---|---|---|---|---|---|
| Machine | Un mécanisme dont les rouages doivent être huilés, et où chacun doit être à sa place | Mécanique | FW Taylor (1911), H Fayol (1916), M Weber (1947) [4] | Maitrise, controle, rouage, pilotage | Production, controle de gestion, comptabilité |
| Organisme vivant | Un système qui s'adapte à son environnement | Biologique | L von Bertalanffy (1951), J Melese | Cellule, système | Informatique, Organisation, Marketing |
| Cerveau | Un cerveau qui rassemble et traite de l'information et commande les organes | Biologique et Cybernétique [5] | H Simon (1947), S Beer (1972) | Système nerveux, connexions, rétroaction | Informatique, Système d'information |
| Culture | Un groupe, un peuple qui secrète des valeurs communes et qui crée des liens d'appartenance | Anthropologique | E Schein (1987) | Culture d'atelier, d'entreprise, tribus, mythes et héros | Gestion des Hommes, communication |
| Système politique | Un lieu de gouvernement où les individus s'allient et s'opposent dans la défense de leurs intérêts | Pouvoir, gouvernement, acteurs, intérêts, influences, stratégies | J March et H Simon (1958), M Crozier et Friedberg (1977) | Direction générale, gestion des hommes, stratégie d'entreprise | |
| "Prison mentale" | Un lieu où le psychisme humain se manifeste, où les passions s'expriment, créateur de plaisir et d'angoisse | Psychologique | E Jacques (1951), M Pages , E Enriquez (1974) | Dépendance, stress, pulsion, inconscient, bouc émissaire | Gestion des Hommes, Management |
| Instrument de domination | Un outil au service d'une oligarchie, qui cherche à reproduire sa domination | Politique | R. Michels (1911), H Braverman | Caste , domination, pouvoir | Relations sociales |
Paradigmes de la théorie des organisations [modifier]
Influence des courants de la théorie des organisations [modifier]
Différents paradigmes ont influencé cette discipline :
- l'utilitarisme ;
- les modèles d'organisation scientifique du travail, de taylorisme ;
- le structuro-fonctionnalisme ;
- l'analyse stratégique ;
- le paradigme culturel ;
- ...
L'économie des organisations a particulièrement pour objectif d'améliorer la prise de décision au sein de l'organisation.
La sociologie des organisations a particulièrement pour objectif d'améliorer la connaissance du comportement d'un groupe d'individus formant l'organisation.
Pour atteindre ces objectifs différents, ces domaines peuvent utiliser les postulats suivant qui réalisent les simplifications nécessaires aux analyses :
Postulats des courants en économie des organisations [modifier]
Approche : individualisme méthodologique et macroéconomique, étalon de mesure : valeur travail, rationalité des agents : homo oeconomicus (recherche intérêt personnel) et suivent une main invisible, autorégulation par le marché, concurrence pure et parfaite. (Il faut se référencer a W.Taylor)
Approche : individualisme méthodologique et microéconomique, étalon de mesure : valeur utilité ou profit, production réalisée à l'aide du facteur travail et capital, rationalité des agents : homo oeconomicus (recherche intérêt personnel) et suivent une main invisible, autorégulation par le marché, concurrence pure et parfaite.
Approche : individualisme méthodologique et paradigme institutionnaliste (microéconomique), étalon de mesure : contrats, rationalité limitée des agents...
- Théorie de l'agence :
- Approche ressource, Théorie des compétences (Cœur de compétence):
- Approches évolutionnistes :
Approche : individualisme méthodologique et paradigme biologique, étalon de mesure : routines, rationalité limitée des agents, les routines sont considérées comme des gènes transmissibles, les motivations des individus n'impliquent pas le succès ou la survie de l'organisation. Du fait de l'incertitude, il n'est pas possible de maximiser les prises de décisions qui forment l'organisation de l'entreprise.
Approche : holisme méthodologique et paradigme institutionnaliste (macroéconomique), ...
Approche : individualisme méthodologique et paradigme institutionnaliste (microéconomique), étalon de mesure : conventions, rationalité limitée des agents...
Postulats des courants en sociologie des organisations [modifier]
Approches classiques :
- Ecole socio-technique
- École de la contingence
- Théorie de l'acteur stratégique
- Théorie de la régulation sociale
- Aspect identitaire, exemple : Renaud Sainsaulieu
Approches culturelles:
- Approches macro-sociologiques
- Approche mixte
Approches psychosociologiques :
Approches récentes :
- Économies de la grandeur
- Économie des conventions
- Sociologie de la traduction
- Sociologie des logiques d'action
- Staff and Line
Notes et références [modifier]
- , in : Introduction à l'analyse des organisations , Economica , Paris 2000, ISBN 2-7178-4008-7
- voir une présentation systématique dans l'ouvrage de B. Lussato in : Introduction critique aux théories d'organisation, Paris, Dunod 1988
- Images de l'Organisation , Paris, Université Laval, Eska 1989
- Selon G. Morgan, l'analyse de la bureaucratie par Weber est proche du modèle de la machine.
- Science qui a pour objet l'étude des mécanismes auto-régulés chez les êtres vivants et dans les machines
Annexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Roger Aïm, L'essentiel de la théorie des organisations, GUALINO, coll. « Les Carrés », 2013, 152 p. (ISBN 978-2297031783)
- Bressy, G. et Konkuyt, C. Management et économie des entreprises. Ch. 8. L'organisation de l'entreprise. Editions SIREY, 2008
- Hatch, M. Théories des organisations : de l'intérêt de perspectives multiples. Éditions De Boeck Université, 2000, 418 pages. (ISBN 2-74450-064-X)
- Robbins, S. & Judge, T., Comportements organisationnels, Pearson, coll. « Ressources humaines », 2006, 736 p. (ISBN 978-2744071607)