Sviatoslav Richter

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Sviatoslav RichterСвятослав Теофилович Рихтер

Description de cette image, également commentée ci-après

Sviatoslav Richter en 1966

Naissance 20 mars 1915
Jytomyr, Ukraine,
Flag of Russia.svg Empire russe
Décès 1er août 1997 (à 82 ans)
Moscou, Drapeau de Russie Russie
Activité principale Pianiste
Maîtres Heinrich Neuhaus

Sviatoslav Teofilovitch Richter (en russe : Святослав Теофилович Рихтер ; en ukrainien : Святослав Теофілович Ріхтер), né à Jytomyr (Ukraine) le 20 mars 1915 et mort à Moscou le 1er août 1997, est un pianiste russe, célèbre pour la profondeur de ses interprétations, sa virtuosité technique et sa maîtrise d'un très large répertoire. Richter est généralement considéré comme l'un des plus grands pianistes du XXe siècle.

Sommaire

[modifier] Biographie

Richter commença l'étude du piano en autodidacte et avec son père, organiste et pianiste d'origine allemande[1], avant d'entrer au Conservatoire de Moscou pour étudier avec le professeur Heinrich Neuhaus. Il s'affranchira des contraintes staliniennes de l'éducation soviétique en menant un apprentissage musical marginal.

À partir de l'âge de 25 ans, il choisira dans le répertoire les œuvres qu'il jouera toute sa vie durant. Il ne s'écartera jamais de cet esprit et de cette exigence, ce qui lui permit d'aborder un nombre impressionnant de partitions (836 œuvres[2]).

Ami de Prokofiev, il crée les sonates pour piano 6, 7 et 9 dont la dernière lui est dédiée.

La puissance de ses interprétations réside dans l'énergie qu'il peut y mettre et dans son respect presque mystique des compositeurs qu'il interprète. Son répertoire touche à l'ensemble de la littérature pour piano, mais il se montre particulièrement remarquable dans ses interprétations de Rachmaninov, de Prokofiev, de Ravel, de Chopin et de Beethoven et paradoxalement de Schubert, faisant ressortir chez ce dernier une profondeur insondable (dans les deux premiers mouvements de la sonate D.960 par exemple). Il préférait Haydn à Mozart : "le gentil Haydn", disait-il. Divers exemples de ses interprétations sont cités dans le documentaire de Bruno Monsaingeon: Richter l'insoumis.

Longtemps retenu en Union Soviétique par le pouvoir communiste, il fut le dernier des grands artistes russes de son époque à être autorisé à se produire à l'étranger. Un de ses défenseurs fut Emil Gilels, un autre élève de Neuhaus, qui après un triomphe aux États-Unis déclara aux journalistes "Attendez seulement d'entendre Richter!"[3],[4]. Il ne sera autorisé à se produire à l'Ouest qu'en mai 1960 à Helsinki. Il connaîtra ensuite la célébrité à l'Ouest après une tournée triomphale aux États-Unis fin 1960, mais rapidement il fonctionna en dehors du système en donnant des concerts là où cela l'inspirait. Son style de vie refusait toute médiatisation.

En 1963, Sviatoslav Richter, qui cherchait sur les bords de la Loire un monument propice à l’organisation de festivals de musique, jeta son dévolu sur la grange de Meslay, grange fortifiée du XIIIe siècle à quelques kilomètres au nord de Tours. Au premier coup d’œil, l'ampleur exceptionnelle de son volume intérieur et la majesté de son architecture l’avaient séduit. Depuis, comme l'atteste l'effigie de métal dressée à l'entrée de la grange de Meslay à la mémoire de Sviatoslav Richter, ce bâtiment devient chaque été un temple de l’art apprécié des mélomanes du monde entier.

Un film a été réalisé sur le pianiste par Bruno Monsaingeon : Richter l'insoumis.

Un livre - conversation a également été écrit par Youri Borissov, réalisateur, metteur en scène et critique musical, auteur d'un film sur Pletnev, "Du côté de chez Richter", publié chez Actes Sud.

À la fin de sa vie, comme il en témoigne dans le film, il avoue n'avoir jamais pu saisir et comprendre la musique de Mozart.

Une circonstance, plutôt secrète et quasiment inconnue, concerne la dernière étape de sa vie : après une grave opération, il séjourne pour sa convalescence, grâce à son ami René Martin, directeur du Festival de La Roque d'Anthéron, dans un merveilleux monastère de sœurs bénédictines, près d'Aix en Provence. Fasciné par le chant grégorien qu'il entend lors de certains offices, il accepte de donner un récital (Haydn, Mozart) dans la petite chapelle du monastère, pour aider financièrement les sœurs à édifier un nouveau monastère, ailleurs en France. Il aime ce lieu de paix et de recueillement, et y passera même encore quelques jours, quatre mois avant sa mort, en 1997.

Artiste relativement secret, Richter a cependant publié des carnets et souvenirs, encouragé par le réalisateur Bruno Monsaingeon : Richter - Écrits, conversations.

[modifier] Sélection discographique

  • Sergueï Prokofiev : Sonates pour piano n° 2, 6, 9, CD, Praga, 2004
  • Johann Sebastian Bach : Le Clavier bien tempéré, 4 CD, RCA Gold Seal, 1992 et également sous étiquette " Le Chant du Monde " enregistré à Salzburg en juillet 1970 et portant le numéro de catalogue LDX 78525/526/527.
Enregistrements de Sviatoslav Richter en concerts entre 1948 et 54 
  • Bach Capriccio BWV992 et Sonate BWV 963 ; Beethoven Variations op. 34 et 76, sonates n° 3 et 22 ; Brahms Concerto n° 2 ; Chopin Preludes, Etudes et Nocturnes ; Prokofiev Sonates n° 2 et 7 ; Schumann Fantaisie op. 17, Introduction et Allergo appassionato op. 92 ; Szymanowski Sonate n° 2 ; Tchaikovsky Grande sonate - disponibles sous le label ANKH dans la série Soviet years - travail de restauration sonore exemplaire

[modifier] Filmographie

[modifier] Bibliographie

  • Du côté de chez Richter, conversations,Youri Borissov,Actes Sud, Traduit du russe par Serge Kassian et Janine Lévy, juin 2008, 283 pages.
  • (da) Karl Aage Rasmussen, Svjatoslav Richter - Pianist, Gyldendal, Copenhagen, 2007, poche (ISBN 978-87-02-03430-1) (OCLC 228805963) 
  • Karl Aage Rasmussen, Szvjatoszlav Richter - A zongorista, Rozsavolgyi es Tarsa, Budapest, 2010 (ISBN 978-963-87764-8-8) 
  • (en) Karl Aage Rasmussen, Sviatoslav Richter - Pianist, Hanovre, Northeastern University Press, Boston, 2010 (ISBN 978-1-55553-710-4) 
  • Sviatoslav Richter, Valentina Tchemberdji, Alinéa, 2006, ISBN 2-904631-98-4
  • Richter - écrits et conversations, Bruno Monsaingeon, Actes Sud, 1998, ISBN 2-7427-1981-4
  • Sviatoslav Richter - portraits, Gérard Proust, Nouvelle Rep. Ctre-Ouest, 1994, ISBN 2-86881-124-8

[modifier] Lien externe

[modifier] Notes et références

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Pendant la guerre, son père est arrêté et exécuté par le NKVD soviétique le 7 décembre 1941 ; sa mère suivra l'armée allemande lors de sa retraite d'Odessa en 1944. Richter ne la retrouvera qu'en 1960.
  2. Cité dans le documentaire de Bruno Monsaingeon: Richter l'insoumis
  3. Michael Kimmelman : The Reputation Is Legendary, The Playing Unpredictable, The New York Times (22 June 1997).
  4. Sviatoslav Richter - an introduction to his life and work [1]
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