Radu Lupu

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Radu Lupu

Radu Lupu, né le 30 novembre 1945 à Galați en Roumanie, est un pianiste-concertiste roumain. Il a remporté certaines récompenses du piano classique parmi les plus prestigieuses, notamment les premiers prix de la compétition internationale de piano Van Cliburn et de la compétition internationale de pianoforte de Leeds.

Biographie[modifier | modifier le code]

Radu Lupu est né à Galați, en Roumanie. Il est le fils de Meyer Lupu et de Ana Gabor. Il commença le piano à l'âge de six ans avec Lia Busuioceanu, et fit ses débuts en public à douze ans, dans un concert où il produisit ses propres compositions. Après avoir terminé ses études au lycée à Galați, et avoir été diplômé de l'École des arts populaires de Brașov, il continua ses études au conservatoire de Bucarest avec Florica Musicescu (qui enseigna également à Dinu Lipatti) et Cella Delavrancea. En 1961, il obtint une bourse d'étude au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou, où il reçut l'enseignement de Galina Eghyazarova, de Heinrich Neuhaus et de Stanislav Neuhaus.

Il réside actuellement à Lausanne, en Suisse.

Concerts et enregistrements[modifier | modifier le code]

Les concerts et les enregistrements de Lupu pour le compte de la compagnie Decca, quoique peu fréquents et composés d'un répertoire limité, ont été systématiquement acclamés par la critique et le public. Bien qu'entraîné selon l'école russe de piano, il est particulièrement célèbre pour ses interprétations lyriques et pleines de sentiments profonds des grands compositeurs allemands et autrichiens du XVIIIe et du XIXe siècle, spécialement Franz Schubert, Johannes Brahms, Ludwig van Beethoven et Wolfgang Amadeus Mozart. Il est également célèbre pour des interprétations d'œuvres des compositeurs tchèque Leos Janácek et hongrois Béla Bartók.

Radu Lupu fit ses débuts aux États-Unis en 1972, avec l'Orchestre de Cleveland et le chef d'orchestre Daniel Barenboim, à New York, ainsi qu'avec l'Orchestre symphonique de Chicago et le chef Carlo Maria Giulini. Il rejoignit l'Orchestre Symphonique de San Francisco en 1974, avec lequel il se produisit pour la première fois en interprétant le Concerto pour piano de Grieg, avec Seiji Ozawa à la direction de l'orchestre. En 1984, il figurait dans la série des pianistes sans pairs du programme du Lincoln Center à New York.

Bien que Lupu ait fait des concerts avec tous les plus grands orchestres du monde et dans des festivals de musique très importants, il est un personnage plutôt discret[1]. Il a régulièrement refusé de donner des interviews aux journalistes pendant plus de trente ans. Dans un de ses rares entretiens publiés, il estime que « l'artiste doit avoir sa voix propre », et exprime sa philosophie de la musique comme suit :

« Tout le monde raconte la même histoire différemment, et cette histoire devrait être racontée de manière irrésistible et spontanée. Si ce n'est pas le cas, elle est sans valeur[2]. »

Lupu a été qualifié de génie de la sonorité, « un peintre au clavier » (Piero Rattalino, dans son article de l'album consacré à Lupu dans la série « Grands pianistes du XXe siècle » parue chez Philips). Son contrôle exceptionnel du clavier lui permet de toujours produire une belle sonorité. Afin de générer ces sonorités, Lupu a lui-même dit qu'un pianiste devait exécuter des tours dignes d'un magicien pour donner l'illusion du legato sur un instrument qui est essentiellement percussif : « C'est une question d'équilibre entre les deux mains », expliquait-il à Carol Montparker (« Radu Lupu in Conversation », Clavier, juillet/août 1992). Il poursuivait en disant :

« Parfois la basse doit soutenir pour que la mélodie de la main droite donne l'impression de legato sans que l'auditeur soit capable de discerner comment il est réalisé. Je dois chanter intérieurement et reproduire ce que j'entends ; chanter est la manière la plus naturelle de parvenir à ce que je veux. Mes doigts doivent connaître chaque poids à donner au sein d'une séquence de notes. »

Son attitude durant ses concerts est entièrement concentrée, mais calme et anti-spectaculaire. Curiosité: il n'y utilise pas de tabouret de piano, mais une confortable chaise de bureau.

Par ailleurs, depuis toujours il n'a jamais aimé enregistrer, se sentant un peu paralysé par la présence de micros. Néanmoins, certaines de ses gravures (chez Decca) ont marqué la discographie, en particulier ses enregistrements des sonates de Schubert, qui demeurent son répertoire de prédilection et des références, le Premier Concerto, la Troisième Sonate et les pièces tardives pour piano de Brahms, certaines pièces de Schumann. Il a aussi enregistré certains concertos et les sonates pour violon et piano de Mozart avec Szymon Goldberg, les concertos et certaines sonates de Beethoven, les concertos de Schumann, Grieg. Mais depuis 1995, il refuse d'enregistrer pour le disque, à l'exception d'un programme Schubert pour piano à quatre mains gravé avec Daniel Barenboïm (Teldec).

Radu Lupu a également participé à d'importants partenariats de musique de chambre avec, entre autres, le violoniste Szymon Goldberg, la soprano Barbara Hendricks et son ami pianiste Murray Perahia.

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1966 : première place lors de la compétition internationale de piano Van Cliburn.
  • 1969 : premier prix du concours international George Enescu.
  • 1969 : premier prix de la compétition internationale de pianoforte de Leeds.
  • 1989 : prix Abbiati de l'Association des critiques italiennes.
  • 1995 : Edison Award pour son enregistrement de Schumann, Kinderszenen, Kreisleriana and Humoresque.
  • 1996 : Grammy Award de la meilleure performance instrumentale soliste pour son enregistrement de Franz Schubert, Sonate pour Piano en Si bémol majeur et La majeur.
  • 2006 : prix Arturo Benedetti Michelangeli.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Benjamin Ivry (10 janvier 2008) dans un article du New York Sun intitulé À la recherche de Radu Lupu
  2. Andrew Partner (12 février 2008) dans un article du Chicago Sun-Times intitulé Radu Lupu montre à quel point il est brillant, comme d'habitude

Liens externes[modifier | modifier le code]