Fantaisie en ut majeur de Schubert

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Introduction du premier mouvement

La Fantaisie en ut majeur, op. 15, D. 760 dite « Wanderer » est une fantaisie pour piano en quatre mouvements composée par Franz Schubert en novembre 1822.

Cette fantaisie est considérée comme la composition de Schubert pour piano la plus exigeante techniquement. Schubert lui-même aurait dit « Das Zeug soll der Teufel spielen » (« C'est le diable qui devrait jouer ça »), faisant référence à sa propre incapacité d'exécuter le final correctement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette fantaisie a été réalisée suite à une commande d'un virtuose viennois, Emmanuel von Liebenberg de Zsittin. Publiée en février 1823 sous le nom Fantaisie pour le pianoforte par les éditions Cappi & Diabelli, la mention Wanderer fut rajoutée à la fin du XIXe siècle : le thème de l'adagio est similaire au thème du lied Der Wanderer (D. 493) qu'il a écrit en 1816. C'est une de ses rares œuvres réalisées sur commande. C'est aussi la seule fantaisie de Schubert éditée de son vivant. Outre les transcriptions réalisées par Franz Liszt (voir ci après), elle a été orchestrée par Charles Koechlin en 1933.

Structure[modifier | modifier le code]

Interprétation de Daniel Blanch
Allegro con fuoco
Adagio
Presto
Allegro final
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Les quatre mouvements s'enchaînent par des points d'orgue et s'exécutent en un peu plus de vingt minutes :

  1. Allegro con fuoco ma non troppo, 4/4, do majeur, 188 mesures (autour de 6 minutes 25 secondes)
  2. Adagio, 2/2, do dièse mineur, 56 mesures (autour de 6 minutes 35 secondes)
  3. Presto, 3/4, la bémol majeur, 353 mesures (autour de 4 minutes 50 secondes)
  4. Allegro, 4/4, do majeur, 123 mesures (autour de 4 minutes)

Le thème récurrent et le rythme changeant en font une fantaisie, seul le découpage en quatre mouvements traditionnels (allegro, adagio, presto et finale) rappelle la forme sonate. Les mouvements sont construits autour du thème développé dans l'adagio.

Choral de la mort dans le lied « La Jeune Fille et la Mort »

La formule rythmique utilisée tout au long de l'œuvre (une rythme de dactyles: une longue, deux brèves) est basée sur celle du choral de la mort, dans le lied La Jeune Fille et la Mort, écrit en 1817.

Premier mouvement[modifier | modifier le code]

Ce premier mouvement s' apparente à une forme sonate sans développement dont le second thème en mi bémol Maj. arrive à la mesure 112. Auparavant, mesure 47, Schubert a écrit un motif mélodique pianissimo en mi Majeur, dont la tête reprend celle du thème initial avec son fameux rythme une longue deux brèves.

Deuxième mouvement[modifier | modifier le code]

Le thème et les variations qui suivent développent largement le lied Der Wanderer. Les quatre variations alternent do # min. avec do # Maj. La vélocité requise augmente sans changer le tempo (ce qui est une caractéristiques des variations, de Beethoven par exemple) et ce mouvement fait penser aux impromptus pour piano du compositeur comme celui en si bémol Maj. à variations, par exemple.

Troisième mouvement[modifier | modifier le code]

Ce mouvement répète les motifs du premier mouvement en en imitant le contour mélodique, le rythme et la dynamique mais dans une mesure à trois temps, à l' allure d' un scherzo - sonate dont le second thème, en do bémol Majeur, arrive mesure 323.

Quatrième mouvement[modifier | modifier le code]

Ce mouvement est la partie peut - être la plus virtuose de la fantaisie. Il s' agit là d' une fugue d' école à deux voix avec développements en marches harmoniques et coda. Schubert donne habilement un effet de quatre expositions du sujet ou de sa réponse en le dotant d' un contre sujet d' abord en octaves, puis en doubles notes mesure 615, puis en accords mesure 623. Comme dans le troisième mouvement on retrouve aussi un trait chromatique de main gauche issu du premier mouvement, par exemple mesure 656. Notons la rupture deux fois répétée provoqué par l' accord de la mesure 667 avant ce qu' on pourrait appeler la pré - coda mesure 678 puis la coda de la mesure 704 avec ses arpèges de do Majeur, comme une haute flèche posée sur cet admirable édifice musical où Schubert, sûr de lui comme jamais, annonce la virtuosité à venir d' un Liszt...

Variations sur le lied Der Wanderer[modifier | modifier le code]

Schubert a réutilisé l'accompagnement du deuxième couplet de son lied Der Wanderer (la partie en do dièse mineur correspondant aux vers Die Sonne dünkt ... Ich bin ein Fremdling überall.) comme motif de base pour tous les thèmes de la fantaisie D.760. L'adagio commence par une version enrichie de ce couplet :

Accompagnement du deuxième couplet du lied Der Wanderer D.493
Début de l'adagio de la fantaisie pour piano D.760

Transcriptions de Franz Liszt[modifier | modifier le code]

Franz Liszt a réalisé plusieurs transcriptions de cette fantaisie :

  • une pour piano et orchestre, qui accroît la difficulté technique de la partie piano de l'arrangement, S.366 (1851) ;
  • une pour deux pianos, S.653 (1859) ;
  • une pour piano seul qui apporte quelques modifications, rajoute des ossia et réécrit complètement le dernier mouvement, S.565a (1868).

Il a pris cette fantaisie comme modèle pour sa Sonate en si mineur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Wanderer Fantasy » (voir la liste des auteurs).

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Brigitte Massin, Franz Schubert - Fayard, 1993, (ISBN 978-2213030043), p. 975
  • (fr) Alfred Einstein, Schubert, portrait d'un musicien - Gallimard, 1997, (ISBN 9782070748372), p. 105, p. 268