Comité de défense des Juifs

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Comité de défense des Juifs
Children's memorial de Yad Vashem
Children's memorial de Yad Vashem

Création septembre 1942
Dissolution septembre 1944
(sortie de la clandestinité)
Siège Bruxelles
Dirigeant(s) Hertz Jospa
Dirigeant(s) Yvonne Jospa

Le Comité de Défense des Juifs est une organisation de la résistance belge affiliée au Front de l'Indépendance fondée par le communiste juif Hertz Jospa et son épouse Have Groisman (Yvonne Jospa) de l’organisation Solidarité juive en septembre 1942 [1] .

Éléments historiques[modifier | modifier le code]

Le CDJ comptait une trentaine de membres rien que dans sa section Enfance. Ces membres, venant de divers horizons politiques et religieux, formaient un comité dans le but de sauver les enfants juifs de la déportation et de venir en aide (y compris financièrement) à ceux qui tentaient de se soustraire à la barbarie Nazie. Le CDJ est parvenu à sauver 3 500 des 5 000 enfants pris en charge pour les cacher dans des familles belges et des pensionnats. Le CDJ était aussi impliqué dans d’autres aspects de la résistance notamment la publication clandestine de ‘‘Unser Worth’’ (notre parole). C'est à sa demande que le Front de l'Indépendance prit l'initiative d'envoyer Victor Martin, sociologue diplômé de l'Université de Louvain, en mission en Allemagne puis en Pologne pour connaitre le sort des déportés juifs de Belgique, les informations rapportées par Martin ayant motivé les membres de la Résistance pour mettre en échec autant que faire se pouvait les projets meurtriers des nazis : Martin avait découvert la réalité en se rendant jusqu'aux abords immédiats du camp d'Auschwitz-Birkenau.

Fort d'un réseau qui comportait de multiples ramifications, le CDJ agit comme une véritable administration clandestine qui put fournir des centaines de "faux" vrais papiers grâce à l'appui de bourgmestres, d'agents communaux dans plus de deux cent communes de Belgique. La seule section locale de Charleroi dont les dirigeants étaient Pierre Broder, Max Katz et Sem Makowski disposaient de la collaboration de fonctionnaires dans 126 communes[1]. La section liégeoise était, quant à elle, dirigée par Albert Wolf[2].

En février 1944, le comité de défense des juifs versait des allocations mensuelles à 4470 juifs cachés à Bruxelles, Anvers, Charleroi et Liège. À la libération, ils étaient plus de 5000 à émarger au budget social du CDJ[1].

Le responsable de la section "enfance" du CDJ, Maurice Heiber était également le responsable "enfance" de l'Association des juifs en Belgique (AJB). Des assistantes sociales de l'AJB, telles que Luce Polak, Renée Goldstuck et Irène Zmigrod contribuèrent donc au sauvetage des enfants juifs. Estera Heiber-Fajersztejn, dans la clandestinité, mit au point le code qui leur permettait de tenir à jour la base de données afin d'assurer le suivi du placement des enfants et de pouvoir faire le lien entre leur fausse et leur vraie identité[1].

La tâche principale d'Yvonne Jospa et de Suzanne Moons-Lepetit (dite "Brigitte") qui seront rejointe plus tard par Ida Sterno ("Jeanne") était de trouver des lieux d'accueil pour mettre les enfants en sûreté. Elles purent rapidement compter sur un réseau de 138 institutions et 700 familles d'accueil. La participation d'Yvonne Nèvejean, alors directrice de l'Œuvre nationale de l'enfance, fut à cet égard tout à fait déterminante[1]. On retrouvait également au CDJ, Andrée Geulen, Fela Perelman et tant d'autres qui exposèrent leur vie pour le sauvetage des enfants.

Le CDJ bénéficiait également de l'appui d'un réseau catholique clandestin dont les membres étaient Paul Démann prêtre catholique d'origine juive, Henri Reynders (Dom Bruno), l'Abbé Joseph André à Namur, l'Abbé Antoine de Breucker à Saint-Josse[3], Georges Fonsny à Liège, Pierre Capart, aumônier général de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), René Ceuppens sercrétaire du Cardinal Van Roey[1],[4], l'Évêque de Liège Louis-Joseph Kerkhofs, l'avocat Albert Van den Berg, l'Abbé Froidure...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Bernard Suchecky, résistances juives à l'anéantissement, Luc Pire, Bruxelles, 2007 p. 160-162
  2. Alain Mihály, Au cœur de l’Histoire, in Union des Progressistes Juifs de Belgique, Hommage à Maxime Steinberg, 1er septembre 2010 consulté le 6 août 2012
  3. il sauva à lui seul, 250 enfants en les plaçant dans des familles amies
  4. tous cités par Bernard Suchecky, sauf René Ceuppens que nous ajoutons

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien Steinberg, Le Comité de défense des juifs en Belgique, 1942-1944, Éditions de l'Université de Bruxelles, Brussels, 1973
  • Maxime Steinberg, L'enfant caché, le défi à la Shoah. in Isabelle Emery (ed.), Histoire et mémoire des Juifs d'Anderlecht Années 1920-1940, Anderlecht, 2009

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Didier Roten, La mission de Victor Martin, Les Films de la Mémoire, video, 55 minutes
  • Myriam Abramowicz et Esther Hoffenberg, Comme si c’était hier, Ping-Pong Production (Distribution: National Center for Jewish Film, Brandeis University), 1980, 86 minutes, documentaire
  • Un simple maillon film documentaire de Frédéric Dumont et Bernard Balteau dans lequel Andrée Geulen raconte comment douze femmes du Comité de Défense des Juifs se sont organisées en Belgique occupée pour sauver des milliers d'enfants. Production Les Films de la Mémoire, RTBF, WIP.
  • Les enfants sans ombre film documentaire de Bernard Balteau. L'histoire de Shaul Harel précédemment Charlie Hillsberg, revenant 62 ans plus tard sur les traces de sa vie d'enfant caché et en faisant le récit à ses deux filles. Production RTBF et Dérives. 2009