Écofascisme

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L'écofascisme ou écototalitarisme est un régime autoritaire mis en place pour préserver l'environnement. Cette désignation relève pour lors du domaine d'une conjecture théorique, puisqu'un tel régime n'a encore jamais atteint le pouvoir.

Description[modifier | modifier le code]

Selon ceux qui décrivent un tel régime, les menaces que les activités humaines font peser sur la planète Terre seraient telles que les peuples occidentaux seraient prêts à suivre des dictateurs promettant de préserver leur mode de vie en échange de leur liberté, au prix de l’aggravation des injustices planétaires et de la liquidation d’une part notable des 6 milliards d'êtres humains. Ce danger de l'écofascisme, ou de la dictature écologique, a été mis en évidence par le philosophe allemand Hans Jonas. Selon Bernard Charbonneau, un autre penseur de l'écologie, « L’écofascisme a l’avenir pour lui, et il pourrait être aussi bien le fait d’un régime totalitaire de gauche que de droite sous la pression de la nécessité. En effet, les gouvernements seront de plus en plus contraints d’agir pour gérer des ressources et un espace qui se raréfient. Déjà commence à se tisser ce filet de règlements assortis d’amendes et de prison qui protégera la nature contre son exploitation incontrôlée. Que faire d’autre ? Ce qui nous attend, comme pendant la seconde guerre totale, c’est probablement un mélange d’organisation technocratique et de retour à l’âge de pierre. » (Le Feu vert, 1980) « Si la crise énergétique se développe, la pénurie peut paradoxalement pousser au développement. Le pétrole manque ? Il faut multiplier les forages. La terre s’épuise ? Colonisons les mers. L’auto n’a plus d’avenir ? Misons sur l’électronique qui fera faire au peuple des voyages imaginaires. Mais on ne peut reculer indéfiniment pour mieux sauter. Un beau jour, le pouvoir sera bien contraint d'adopter une façon de faire plus radicale. Une prospective sans illusion peut mener à penser que le virage écologique ne sera pas le fait d’une opposition dépourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour où elle ne pourra plus faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie : ils ne croient qu’au pouvoir. »

On entend aussi par écofascisme (notamment selon le politologue finlandais J.P. Roos) l'idéologie de quelques protecteurs de l'environnement radicaux qui prônent l'abandon complet des technologies dans nos sociétés ainsi qu'une réduction de la population humaine afin de sauver la planète des dangers qui la menacent: surpeuplement et pollution. Il s'agirait donc d'une variante radicale de l'« écologie profonde » avec des aspects primitivistes.

L'écofascisme ainsi considéré n'est aucunement lié au fascisme historique et n'en partage pas non plus les ambitions. Sont considérées bien plus ici comme « fascistes » les théories qui ne respectent ni la vie humaine ni les formes démocratiques.

Les « écofascistes » souhaiteraient atteindre leurs buts au moyen d'une dictature qui permettrait de réduire la population terrestre par la coercition, tandis que ses habitants restant assureraient la continuité de l'humanité avec des moyens techniques archaïques (agriculture simple, chasse, artisanat). Seraient prévus également des modes malthusiens de contrôle des naissances afin de ne pas menacer l'environnement par une surpopulation. Les plus extrêmes se positionnent en faveur d'une amélioration génétique de la population humaine que servirait l'eugénisme.

Le précurseur de l'écofascisme le plus reconnu est le finlandais Pentti Linkola, qui prône notamment :

  • L'immigration zéro
  • La diminution de la population
  • L'euthanasie des déficients
  • L'arrêt de la technologie rampante

« N'importe quelle dictature serait meilleure que la démocratie moderne. Il ne peut y avoir de dictateur assez incompétent pour montrer plus de stupidité qu'une majorité populaire. La meilleure serait une dictature où de nombreuses têtes rouleraient et où le gouvernement empêcherait toute croissance économique. »

— Pentti Linkola[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Janet Biehl et Peter Staudenmaier, Ecofascism, lessons from the german experience, AK Press,‎ 1995.
  • Marie-Geneviève Pinsart, Hans Jonas et la liberté: dimensions théologiques, ontologiques, éthiques et politiques, Vrin,‎ 2002 (ISBN 2-7116-1570-7 et 9782711615704).

Liens externes[modifier | modifier le code]