Islamofascisme

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L'islamo-fascisme ou « fascisme islamique » est un néologisme controversé né dans les années 1990 qui fait référence « à l'utilisation de la foi en l'Islam comme couverture pour la promotion d'une idéologie totalitaire »[1] similaire à celle des « mouvements fascistes européens du début du XXe siècle »[2].

Analyses[modifier | modifier le code]

Le terme est apparu dans les années 1990. Pour ses défenseurs, le concept traduit que le monde musulman et les sociétés islamiques présentent des difficultés particulières à institutionnaliser la diversité politique et qu'en conséquence elles se réfugient dans des gouvernements autoritaires où le « fascisme islamique est la règle plutôt que l'exception »[3]. Michel Onfray donne ainsi pour exemple la révolution iranienne et le régime de Khomeini qui donna naissance à un « authentique fascisme islamiste » en Iran[4].

La profondeur et l'origine des liens entre l'Islam et le totalitarisme est controversé. Pour Malise Ruthven (en), si l'Islam est différent du fascisme, les liens entre les deux idéologies restent « troublants »[5]. Pour l'historien Jeffrey Herf (en), les fondements de l'influence fasciste sur l'islamisme ont pour origine la propagande nazie dont le monde arabe fut la cible durant la Seconde Guerre mondiale[6]. Pour Bassam Tibi (en), l'islamofascisme est une réalité mais qui est un dévoiement de l'Islam dû à un « héritage intellectuel des mouvements totalitaires européens » comme le montre l'inexistence dans la tradition islamique de notions propres au totalitarisme islamiste telles qu'« État islamique » ou « Système islamique »[7].

Pour les détracteurs du concept, comme Stefan Durand, si « certains éléments du fascisme traditionnel peuvent assurément être décelés dans des mouvements fondamentalistes musulmans : la dimension paramilitaire, le sentiment d’humiliation et le culte du chef charismatique (dans une mesure toutefois relative et peu comparable avec les cultes du Duce ou du Führer) [;] toutes les autres dimensions (nationalisme expansionniste, corporatisme, bureaucratie, culte du corps...), fondamentales, du fascisme font généralement défaut ». Selon lui, la notion d'islamofascime n'est qu'un amalgame qui a pour but de recycler la « guerre contre le terrorisme » en « guerre contre le fascisme islamique » en regroupant des organisations aussi différentes que « Al-Qaida, les Frères musulmans, le Hamas, le Hezbollah...), faisant de ces mouvements les successeurs du nazisme et du communisme »[8],[9].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Simon Görlach, Western Representation of Fascist influences on Islamist Thought in Jörg Feuchter et al., Cultural Transfers in Dispute: Representations in Asia, Europe and the Arab World Since the Middle Ages Campus Verlag, 2011, p.151
  2. The New Oxford American Dictionary, Second Edition, Erin McKean (Editor), Oxford University Press, mai 2005
  3. Malise Ruthven (en), Construing Islam as a language, The Independent, 8 septembre 1990.
  4. Michel Onfray: Atheist Manifesto: The Case Against Christianity, Judaism, and Islam Carlton, Vic. 2007, pp. 206-213.
  5. Malise Ruthven, A Fury For God, Granta, 2002, p.207-8
  6. Jeffrey Herf, Killing in the Name, New Republic, 8 avril 2010
  7. Samuel Helfont, Term Warfare, the New Republic, juillet 2012.
  8. Stefan Durand, Fascisme, islam et grossiers amalgames, Le Monde diplomatique, 2006.
  9. Stefan Durand, Le fascisme vert n'existe pas], Manière de voir, avril 2014.