Islamofascisme

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L'islamo-fascisme ou « fascisme islamique » est un néologisme du XXe siècle qui fait référence « à l'utilisation de la foi en l'Islam comme couverture pour la promotion d'une idéologie totalitaire »[1].

Origine et usage[modifier | modifier le code]

L'origine du terme est peu claire, mais dans tous les cas elle est récente. Il est né dans le monde anglo-saxon et ses premières apparitions sont datées des années 1990, même si son usage ne s'est pas étendu avant les années 2000.

Dans un article publié le 8 septembre 1990 dans The Independent, et intitulé Construing Islam as a language Malise Ruthven (en) a écrit:

« Cependant, il existe ce qu'on pourrait appeler un problème politique qui touche le monde musulman. Contrairement aux héritiers de certaines autres traditions non-occidentales comme l'hindouisme, le shintoïsme et le bouddhisme, les sociétés islamiques semblent avoir trouvé une difficulté particulière à institutionnaliser les divergences politiques : du Maroc au Pakistan, le gouvernement autoritaire, pour ne pas dire le fascisme islamiste, est la règle plutôt que l'exception. »

Par ailleurs, Albert Scardino du Guardian attribue le terme à un article de Khalid Durán, un spécialiste de l'islam qui, dans le Washington Times l'a utilisé pour décrire l'offensive de certains religieux musulmans visant à « imposer l'orthodoxie religieuse à l'État et aux citoyens. »[2] Les journalistes ont également utilisé un terme proche, le « fascisme islamique », par exemple Stephen Suleyman Schwartz (en) et Christopher Hitchens, qui l'ont employé pour désigner les extrémistes islamistes, y compris des groupes terroristes comme Al Qaïda.

Certains commentateurs voient l'islamo-fascisme comme un mouvement défini par des islamistes qui cherchent à imposer la loi islamique au monde entier et à restaurer par la violence un nouveau califat, qui embrasserait l'ancien empire islamique depuis l'Espagne jusqu'à l'Asie centrale.

D'autres auteurs ont utilisé le terme « islamo-fascisme » pour se référer strictement aux mouvements islamistes dont les doctrines mettent en avant des symboles déterminés et des postulats de l'idéologie nazie ou néo-nazie, comme par exemple dans la propagande antisémite, Les Protocoles des Sages de Sion et le négationnisme, compris comme la banalisation ou la négation de l'Holocauste.

Enfin, certains spécialistes ont utilisé avec précaution le terme « fascisme » pour discuter de certaines formes du fondamentalisme islamiste militant.

Sa résurrection dans le discours politique est due quant à elle au président américain George W. Bush dans un discours public du 7 août 2006, certainement par le biais de Bernard Lewis, conseiller de la Maison Blanche[3].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Simon Görlach, Western Representation of Fascist influences on Islamist Thought in Jörg Feuchter et al., Cultural Transfers in Dispute: Representations in Asia, Europe and the Arab World Since the Middle Ages Campus Verlag, 2011, p.151
  2. 1-0 in the propaganda war The Guardian du 4 février 2005.
  3. Fascisme, islam et grossiers amalgames, par Stefan Durand (Le Monde diplomatique)