Réseau Sortir du nucléaire

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Réseau Sortir du nucléaire

Logo de l’association
Cadre
But Sortir du nucléaire
Zone d’influence France
Fondation
Fondation 1997
Identité
Siège La Croix-Rousse
Structure Association loi 1901
Président 9 administrateurs titulaires
Coordinateur Philippe Brousse
Méthode Coordination des luttes antinucléaires locales
Financement Dons et cotisations
Membres 943 associations, syndicats, entreprises, partis politiques, fédérations et 57 522 personnes
Employés 15
Site web www.sortirdunucleaire.org

Le Réseau Sortir du nucléaire est une association française antinucléaire créée en 1997 à la suite de la fermeture du réacteur Superphénix. En décembre 2011, 924 associations, syndicats, entreprises, fédérations et partis politiques font partie du réseau ; 56 000 individus sont signataires de la Charte du Réseau[R 1].

L'association est agréée par le ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire français[1] depuis 2005, et l'activité de ses 15 salariés[R 1] est financée principalement grâce aux cotisations des membres et aux dons, ainsi que par la vente de matériel militant et de documents produits par l'association[R 2].

D'après ses statuts, le réseau a pour buts de soutenir les luttes antinucléaires locales, coordonner des actions d'ampleur nationale et internationale, et effectuer un travail médiatique et politique pour informer le public et susciter la participation des citoyens à cette lutte[R 3].

Les actions du réseau prennent la forme de communication sur le thème du nucléaire et de ses dangers[R 4] : manifestations, organisation de débats, publication de la revue trimestrielle Sortir du nucléaire[R 5], réalisation de brochures[R 6], mise en place de sites internet[2], mise en place d'un centre de documentation, ainsi que de pétitions et lobbying auprès des élus, des collectivités, des syndicats, des associations.

Sommaire

Charte [modifier]

Drapeau du Réseau « Sortir du nucléaire ».

La charte du Réseau Sortir du nucléaire souhaite l'abandon des projets d'enfouissement des déchets nucléaires, de traitement du combustible usé, l'arrêt des exportations d'électricité, le non-renouvellement du parc nucléaire, l'arrêt des réacteurs en fonctionnement et l'abolition des armes nucléaires[R 7].

Cette charte met en exergue les dangers potentiels de la filière électronucléaire (accidents nucléaires, prolifération nucléaire, coûts et risque pour la santé publique). Elle prône une sortie du nucléaire civil grâce à une politique énergétique qui favoriserait notamment les économies d'énergie et le développement d'autres moyens de production d'énergie fondés sur les énergies renouvelables ou sur un recours provisoire à des technologies conventionnelles comme les centrales au gaz ou la cogénération.

Les signataires de la charte sont en général des associations nationales et locales. Ils comprennent aussi des syndicats (la Confédération paysanne, SUD Rail), des partis politiques nationaux (Les Verts, LCR) ou locaux, ainsi que des entreprises ou commerçants du secteur des énergies renouvelables ou de l'agriculture biologique. Greenpeace en fut membre jusqu'en 2007.

Le Réseau sortir du nucléaire est membre du Réseau Action Climat France et de Stop Essais, organisations avec lesquelles il échange des adhésions croisées[3].

Histoire [modifier]

Origines [modifier]

Poster contre le réacteur Superphénix à Creys-Malville.

Depuis le début du programme nucléaire français, plusieurs coordinations nationales antinucléaires ont vu le jour. Elles sont souvent éphémères et de circonstance, comme pour le rassemblement de Bugey en 1971, ou de plus longue durée, comme la Coordination Nationale Antinucléaire (CNAN) de 1976 à 1984. La CNAN est dissoute après le camp de la paix de 4 000 antinucléaires et antimilitaristes à Malville, un certain nombre d'animateurs rejoignent alors Les Verts sous l'impulsion d'Yves Cochet, tandis que d'autres militent dans leurs groupes locaux.

Le 9 avril 1994, une marche Malville-Matignon contre Superphénix réunit les Européens contre Superphénix, le Comité Malville, Contratom (Suisse)[4], la FRAPNA, Greenpeace, le GSIEN et WWF et plus de 250 associations de France, de Suisse, d'Italie et d'Allemagne.

C'est à partir de 1995 que commence à se structurer le Réseau Sortir du Nucléaire, à l'initiative des Européens contre Superphénix. En juillet 1997, suite à la décision de fermeture de Superphénix, les Européens contre Superphénix disparaissent au profit du Réseau Sortir du nucléaire[5].

En 1997, la première assemblée générale de coordination nationale antinucléaire se déroule à Agen et rédige la charte du réseau Sortir du nucléaire. Sont présents à cette assemblée une trentaine de personnes représentant notamment la Coordination nationale des collectifs contre l'enfouissement des déchets radioactifs, Greenpeace, le Comité Malville, Stop Golfech, les Amis de la Terre, le comité Stop Civaux, la FRAPNA, Les Verts, la LCR[6]. La charte qui fut établie repose sur la phrase : « Nous voulons une décision immédiate de sortie du nucléaire ». Le Comité Stop Nogent refuse de signer cette charte qui n'appelle pas à une sortie immédiate du nucléaire, et ne rejoint donc pas le Réseau.

Premières campagnes [modifier]

En 1998, une première campagne contre la construction de laboratoires d'enfouissement des déchets radioactifs est lancée; une deuxième suit contre le chauffage électrique, puis de nombreuses autres[R 4].

Le 3 novembre 2002, le Réseau « Sortir du nucléaire », sur la base de documents de l'Autorité de sûreté nucléaire restés confidentiels, révèle[R 8] que « 34 réacteurs nucléaires français (sur 58) sont inadaptés au risque sismique ». L'information fait la une des journaux télévisés et de quotidiens nationaux[R 8].

Le 16 novembre 2004, lors de l'émission de télévision France Europe Express[7] sur France 3, un des porte-parole du Réseau « Sortir du nucléaire », Stéphane Lhomme, accuse Anne Lauvergeon (présidente d'Areva) de causer de graves atteintes à l'environnement et à la santé des travailleurs et riverains des mines d'uranium au Niger. C'est le début d'une polémique qui fait rage depuis plusieurs années[8].

En 2006, Sortir du nucléaire est fondateur et animateur principal du Collectif Stop-EPR qui rassemble plusieurs milliers de manifestants[9] le 15 avril 2006 à Cherbourg et le 17 mars 2007 à Rennes[10].

Le 17 mai 2006, Stéphane Lhomme est arrêté par la DST (devenue depuis la DCRI et placé en garde à vue pour avoir rendu public un document "confidentiel défense" révélant la vulnérabilité du réacteur EPR en cas de crash d'avion de ligne [11]

Le 6 juin 2007, le Conseil d'État annule le décret autorisant EDF à démanteler la centrale nucléaire de Brennilis après avoir été saisi par l'association. Cette dernière engage par la suite un nouveau recours contre la construction du réacteur nucléaire EPR prévu à Flamanville, mais celui-ci est rejeté avril 2009[12].

Manifestation contre l'EPR, Lyon, le 17 mars 2007.

De 2006 à 2007, Sortir du nucléaire est membre du collectif L'Alliance pour la planète. Il le quitte sur un désaccord concernant le Grenelle de l'environnement annoncé pour l'automne 2007 par le Président français, ce dernier ayant clairement annoncé que la filière nucléaire ne serait pas remise en cause[R 8]

Pyramide de déchets en conserve, à Colmar en 2009.

Le 12 janvier 2009, le Réseau « Sortir du nucléaire » révèle sur la base d'informations publiées sur le site Internet de l'ASN [R 9] que « les laboratoires de toutes les centrales nucléaires EDF ont perdu leurs agréments », et que l'Autorité de sûreté nucléaire, qui a constaté l'incapacité de ces laboratoires à mesurer correctement la radioactivité dans l'environnement des centrales, n'a pas daigné rendre publique cette affaire[13],[14]. Le quotidien Le Monde a consacré à cette affaire l'éditorial de son édition datée du 14 janvier 2009[15].

Le 8 avril 2009, le Canard enchaîné et Médiapart affirment que depuis 2006, EDF a fait espionner Stéphane Lhomme, l'un des porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, par une entreprise suisse nommée Securewyse[16] [17]

Crise interne depuis 2009 [modifier]

Le 11 septembre 2009, le conseil d'administration du Réseau Sortir du nucléaire adopte (6 pour, 3 contre – soit 9 votes exprimés) la signature du texte Ultimatum climatique lancé avant la Conférence de Copenhague de 2009 sur le climat[18].

Stéphane Lhomme, ex-administrateur alors porte-parole du Réseau chargé des relations extérieures, demande au conseil d'administration (CA) de revenir sur cette décision, mettant en avant le fait que le texte adressé à Nicolas Sarkozy ne rejette pas l'énergie nucléaire[19], le président y étant favorable.

Du 11 septembre au 25 novembre, le CA se prononce au sujet de l'Ultimatum Climatique dans une série de 6 votes, sans qu'il ne parvienne à s'accorder[20] [21].

Le 2 décembre 2009, Philippe Brousse, le directeur du Réseau depuis 2001, convoque Stéphane Lhomme, salarié du réseau depuis 2002, à un entretien préalable « en vue d'une éventuelle sanction disciplinaire pouvant conduire à un licenciement » et en informe le CA du réseau. Le même jour, treize salariés écrivent[SL 1] au CA pour soutenir le directeur dans cette démarche et menaçant le CA d'une grève illimitée s'il s'y oppose.

Réuni à Paris le 3 janvier 2010, après avoir entendu les deux protagonistes ainsi qu'une représentante des salariés, le CA repousse le licenciement par 5 voix contre 4.

Le 5 janvier 2010, dix salariés déclenchent une grève illimitée en précisant « réclamer l’égalité de traitement entre tous les salariés et l’application du droit du travail »[R 10].

Stéphane Lhomme déclare qu'il s'agit « d'une honte indélébile pour le Réseau : des salariés en grève pour faire licencier un autre salarié qui, faut-il le rappeler, n'avait aucun pouvoir hiérarchique sur eux »[SL 2]. Selon Stéphane Lhomme, il s'agissait de plus d'une « fausse grève », les grévistes ayant l’assurance d'être payés[SL 2].

Les 6 et 7 février 2010 se déroule l'assemblée générale (AG) annuelle du Réseau, pour laquelle ont été diffusées 5 contributions donnant des points de vue sur la crise [22]. Dans un de ces textes, les quatre membres du CA qui soutiennent Philippe Brousse expliquent qu'« on ne peut comprendre la crise actuelle si l'on ignore que les problèmes liés au comportement de S. Lhomme sont récurrents et ce depuis de nombreuses années » et parle de « comportements violents et intolérants de S. Lhomme »[R 11]. Les cinq administrateurs ayant obtenu la majorité du CA estiment, eux, que « ceux qui ont voulu le licenciement de Stéphane Lhomme ont mis en péril l’avenir du réseau et souhaitent ainsi occulter les questionnements politiques et structurels au lieu de tenter de les résoudre. »

Lors de l'AG, les grévistes soulignent les difficultés financières du réseau provoquées par leur grève[réf. nécessaire]. Le 6 février la révocation du CA est votée à 75 % par l'AG annuelle. Le lendemain 7 février, l'AG désigne un CA provisoire, pour une durée de 4 mois, avec comme mandat : « L’ensemble du personnel salarié du Réseau sera conservé pour la totalité du mandat du CA provisoire » [R 12]. Stéphane Lhomme est pourtant licencié en avril par ce CA provisoire.

Le 7 février, dès la fin de l'AG, le CA provisoire se réunit et accepte les revendications des grévistes [SL 3], dont certaines sont apparues entre temps, comme la rédaction par Stéphane Lhomme (qui s'y refusera) de lettres d'excuses au directeur et au directeur financier, ainsi que le paiement des jours de grève. Les salariés mettent fin à leur mouvement.

8 administrateurs et suppléants sur les 18 de l'ancien CA contestent leur révocation et demandent « le retour de la démocratie dans le Réseau » à travers un courrier destiné aux groupes adhérents[SL 4].

Le 1er mars 2010, le Conseil d'administration provisoire accuse Stéphane Lhomme d'avoir diffusé cette lettre « à la totalité des 106 000 contacts du Réseau » en « piratant » les systèmes informatiques de l'association[R 10]. Le jour même, le CA provisoire met Stéphane Lhomme à pied à titre conservatoire, dépose à son encontre une plainte pour « piratage informatique » devant le tribunal de grande instance de Lyon [SL 5].

Quelques mois plus tard, après avoir entendu Stéphane Lhomme ainsi que les plaignants, le procureur classe le dossier « sans suite », estimant que des preuves suffisantes n'ont pas été apportées[SL 6].

Mais entre temps, le 8 avril 2010, malgré le mandat voté par l'AG, le CA provisoire licencie Stéphane Lhomme [23].

Pour Stéphane Lhomme, cette affaire est une opération politique visant à édulcorer le positionnement antinucléaire du réseau[SL 7].

Stéphane Lhomme a saisi le Conseil de prud'hommes pour faire annuler son licenciement. D'après un administrateur du Réseau, il réclame environ 60 000 euros, et le Réseau risque de perdre ce procès[R 13] ; Simultanément, trois ex-administrateurs ont lancé une procédure devant le tribunal de grande instance de Lyon pour faire annuler la révocation de février 2010 : l'audience est programmée pour le 6 juin 2013[SL 8]. Le 21 décembre 2012, Stéphane Lhomme a obtenu des prud'hommes un « sursis à statuer » dans l'attente du verdict concernant la révocation du Conseil d'administration : ce verdict aura une grande importance pour la procédure devant les prud'hommes, dont l'audience est désormais fixée au 25 octobre 2013.

Chaîne humaine de 2012 [modifier]

Chaîne humaine le 11 mars 2012 à Valence.

Le 11 mars 2012, un an jour pour jour après le début de la catastrophe de Fukushima, plus de 60 000 personnes ont formé une chaîne humaine dans la Vallée du Rhône, de Lyon à Avignon[24].

Critiques [modifier]

Une militant antinucléaire à Paris, début 2011.

D'après un rapport du ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, le réseau Sortir du nucléaire refuse par principe toute concertation avec la mission Granite sur l'enfouissement des déchets nucléaires[25].

Le Réseau « Sortir du nucléaire » est également critiqué par des acteurs plus radicaux du mouvement antinucléaire, qui lui reprochent d'être trop « mou »[26], ainsi le Comité Stop Nogent refuse de signer la charte du réseau qui n'appelle pas à une sortie immédiate du nucléaire. Le Comité Stop Nogent reproche aussi au Réseau de ne pas revendiquer la mise en service de centrales thermiques, seule option pour sortir vite du nucléaire en attendant les progrès des énergies renouvelables.

En 2008, le Réseau Sortir du nucléaire obtient une note de transparence de 2 sur 5 dans le baromètre de la transparence des ONG réalisé par la Fondation Prometheus. D'après ce rapport, l'organisation de l'association est jugée transparente (mise en ligne des statuts) sauf en ce qui concerne le rapport financier[27]. En réaction à cette mauvaise note, le rapport financier annuel du réseau - qui a toujours été disponible sur simple demande - est diffusé sur Internet[R 2].

Notes et références [modifier]

Références du site www.sortirdunucleaire.org [modifier]

Références du site de Stéphane Lhomme [modifier]

Autres références [modifier]

  1. Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, Liste des associations agréées, consultée le 6 février 2009.
  2. stop-epr.org www.stop-iter.org www.fermons-fessenheim.org www.dont-nuke-the-climate.org campagne2012desarmementnucleaire.org/
  3. Associations membres du RAC-F
  4. Contratom : association antinucléaire genevoise
  5. Superphénix : L'arrêt d'un surgénérateur trop en avance sur son temps. Quel gâchis !, par Eric Souffleux sur generationsfutures.net
  6. Golfech, le nucléaire, implantations et résistances, Collectif la Rotonde, édition CRAS, 1999
  7. « Inathèque » (ArchiveWikiwixQue faire ?)
  8. Site du collectif "Areva ne fera pas la loi au Niger"
  9. 15/04/2006 : Reuters - Environ 30 000 antinucléaires défilent à Cherbourg contre l'EPR
  10. 18/03/2007 : Ouest-France - A Rennes, ils étaient 20 000 contre le nucléaire
  11. http://www.lemonde.fr/planete/article/2006/05/17/un-document-confidentiel-defense-sur-la-securite-des-reacteurs-nucleaires-publie-sur-la-toile_773002_3244.html
  12. Conseil d'État : Réacteur de troisième génération
  13. Les labos des centrales nucléaires privés d’agrément, Metro France du 12 janvier 2009
  14. Contrôle de la radioactivité : EDF mis en cause , Le Point du 13 janvier 2009
  15. 14/01/2009 : Le Monde - Edito - Nucléaire responsable
  16. EDF a fait espionner l'association Sortir du Nucléaire, 20 Minutes du 8 avril 2009
  17. http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/EPR-Lhomme-a-abattre-74628
  18. L’Ultimatum climatique lancé aux politiques - Terra Eco du 26 mai 2009
  19. http://www.wwf.fr/content/download/3443/26275/version/1/file/1.pdf
  20. http://ag.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/Les_vraies_manoeuvres_autour_de_Ultimatum_climatique.pdf
  21. http://reseau.democratie.free.fr/ultimatum.htm
  22. http://www.sortirdunucleaire.org/connaitre/RM-2009.pdf
  23. Stéphane Lhomme évincé de Sortir du nucléaire, Libération du 8 avril 2010
  24. 11 mars 2012 : Chaîne humaine : une mobilisation historique pour la sortie du nucléaire !
  25. [PDF]industrie.gouv.fr
  26. Communiqué du Comité Stop Nogent-sur-Seine
  27. [PDF]Baromètre 2008 de transparence des organisations non gouvernementales page 18

Annexes [modifier]

Bibliographie [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]