Centrale nucléaire de Flamanville

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Centrale nucléaire de Flamanville
Image illustrative de l'article Centrale nucléaire de Flamanville
Travaux de construction vers 1980
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Manche
Commune Flamanville
Coordonnées 49° 32′ 11″ N 1° 52′ 54″ O / 49.53639, -1.88167 ()49° 32′ 11″ Nord 1° 52′ 54″ Ouest / 49.53639, -1.88167 ()  
Opérateur Électricité de France
Année de construction 1979
Date de mise en service 1986 (Flamanville 1) ;
1987 (Flamanville 2)
Statut En fonction
Direction Alain Morvan
Réacteurs
Fournisseurs Areva NP, Alstom
Type REP
Réacteurs actifs 2 × 1 300 MW
Puissance nominale 2 600 MW
Production d’électricité
Production annuelle d'électricité 18,900 TWh (en 2005) ; 17,917 (en 2006)
Production moyenne 17,829 TWh (5 dernières années)
Production totale 332 TWh (à début 2007)
Divers
Source froide Manche
Site web EDF : Flamanville

Géolocalisation sur la carte : Manche

(Voir situation sur carte : Manche)
Centrale nucléaire de Flamanville

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Centrale nucléaire de Flamanville

La centrale nucléaire de Flamanville est située sur la commune de Flamanville (Manche), sur la côte Ouest de la péninsule du Cotentin, au pied d'une falaise granitique haute de 70 mètres, à 25 km à l'ouest de Cherbourg et à 20 km au sud de l'usine de retraitement de la Hague.

Flamanville 1 et 2[modifier | modifier le code]

1978, des explosifs détruisent la falaise et l'ancienne mine de fer sous-marine

La centrale nucléaire, également appelé Centre Nucléaire de Production d’Électricité (CNPE) de Flamanville, est située sur la commune de Flamanville (Manche), près des Pieux, sur la côte ouest de la péninsule du Cotentin. Construite au pied d'une falaise granitique haute de 70 mètres, à 25 km au sud-ouest de Cherbourg, la centrale de Flamanville se trouve à l’emplacement d’une ancienne mine de fer qui a fonctionné plus de 100 ans de façon discontinue, de 1860 à 1962.

Flamanville figure parmi les lieux d’implantation du programme de développement nucléaire des années 1970. En 1975, une consultation publique est organisée à Flamanville. 63,7% des Flamanvillais se prononcent en faveur de l’implantation de la centrale nucléaire. À la suite de l’enquête publique menée en décembre 1977, la Déclaration d’Utilité Publique paraît au Journal Officiel le 24 décembre 1977. Les premiers terrassements sont effectués en janvier 1978 sur le site de l'ancienne mine de fer. Après 6 ans de travaux, les premières épreuves hydrauliques des réacteurs sont effectuées en octobre 1984 pour le réacteur n°1 et en septembre 1985 pour le réacteur n°2. L’unité de production n°1 est mise en service le 4 décembre 1985, pour atteindre sa puissance nominale le 18 mars 1986. L’unité de production n°2 est mise en service le 18 juillet 1986, pour atteindre sa puissance nominale le 6 novembre 1986.

Le site s’étend sur 120 hectares dont la moitié a été gagnée sur le domaine maritime. Une digue de 950 mètres de long et une jetée de 300 mètres protègent les installations. La plateforme du site de Flamanville est située à 12,4 m de hauteur. EDF décide en 2004, d’augmenter la capacité de la centrale de Flamanville et propose l’implantation d’un réacteur EPR. Après les premiers travaux de préparation en 2006, la construction de l'EPR a débuté en décembre 2007 et se poursuit aujourd'hui. Il constitue le premier exemplaire d'une nouvelle génération de réacteurs nucléaires.

Production et maintenance[modifier | modifier le code]

La centrale participe à l'alimentation en électricité de la Basse-Normandie, de la Bretagne et des îles Anglo-Normandes. Le raccordement au réseau national de transport d’électricité de 400 000 volts (400 kV) s’effectue au poste de Menuel, près de Bricquebec, où l’électricité est redistribuée prioritairement vers le Nord-Cotentin, Caen et Rennes. En 2005, elle produisait 18,9 térawatt-heures (TWh)[1], en croissance de 4 % par rapport à 2004, correspondant à 4 % de la production française, record de production pour Flamanville. Le 15 avril 1993 le CNPE de Flamanville a atteint une production nette cumulée de 100 milliards de KWh. Pour atteindre ce résultat, le réacteur n°1 a fonctionné pendant 43 698 heures et le réacteur n°2 39 890 heures. Les 200 milliards de KWh produits par Flamanville ont été atteints en 2011.

Tous les 12 à 18 mois les réacteurs sont arrêtés pour maintenance et rechargement partiel en combustible neuf. Il y a 3 types d’arrêts :

  • arrêt pour simple rechargement du combustible ;
  • visite partielle, consacrée au rechargement du combustible et à un important programme périodique de maintenance ;
  • visite décennale qui inclut des contrôles approfondis et réglementaires des principaux composants que sont la cuve du réacteur, le circuit primaire et l’enceinte du bâtiment réacteur.

La centrale nucléaire de Flamanville a été conçue pour une durée d’exploitation de 40 ans, validée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Pour atteindre cet objectif de durée de fonctionnement, une réévaluation et un réexamen de sûreté ont lieu tous les 10 ans lors des visites décennales, pour prendre en compte les progrès technologiques et le retour d’expérience de l’ensemble des installations nucléaires dans le monde, puis effectuer les modifications nécessaires en augmentant toujours le niveau de sûreté de l’installation. Les prochaines visites décennales, déterminantes pour la poursuite de l’exploitation des deux réacteurs de Flamanville, auront lieu en 2017 et 2018.

Emploi[modifier | modifier le code]

Fin 2012, 731 salariés EDF et 331 salariés prestataires travaillent en permanence à la centrale. En période d’arrêt pour maintenance, entre 500 et 1500 personnes viennent de toute la France pour renforcer les équipes déjà sur place et intervenir sur les installations.

Surveillance de l'environnement[modifier | modifier le code]

Par arrêté interministériel de 2004, EDF a l’obligation de surveiller l’environnement autour de ses installations. Divers moyens de mesures sont répartis autour de la centrale de Flamanville. Des échantillons sont également prélevés par les techniciens Environnement et analysés par le laboratoire de mesures de la centrale. Depuis 2009, le laboratoire EDF de la centrale de Flamanville est accrédité par le Comité Français d’Accréditation (COFRAC), norme qualité ISO 17025, ce qui lui permet de d’effectuer lui-même les mesures Bêta Aérosol (mesure de la radioactivité des poussières atmosphériques dans l’air ambiant à proximité de la centrale). L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) assure en permanence la surveillance réglementaire radiologique de l’environnement. Des organismes indépendants, comme l’Institut Français pour la Recherche et l’Exploitation de la Mer (IFREMER), réalisent des contrôles hydrobiologiques du milieu marin, tandis que l’IRSN effectue des études radio-écologiques de la chaîne alimentaire en milieux terrestre et marin. Ces contrôles n’ont relevé aucune modification significative de l’écosystème depuis le début de l’exploitation de la centrale. Plus de 12 000 mesures et contrôles sont réalisés chaque année. Depuis 2003, la centrale est certifiée ISO 14001, norme relative au management environnemental. En 2012, les rejets émis par l’exploitation de la centrale sont toujours restés inférieurs aux limites autorisées et plus de 81% des déchets ont été recyclés ou valorisés.

Incidents[modifier | modifier le code]

Le 23 octobre 2012, un incident - classé au niveau 1 sur l'échelle INES - s'est produit à la centrale de Flamanville. Pendant près de six heures, une fuite radioactive est survenue sur le circuit primaire du réacteur n° 1, alors à l'arrêt pour maintenance[1],[2]. L’eau qui s’est écoulée par la fuite (environ 22 m3) est restée en permanence confinée dans le bâtiment réacteur puis récupérée et traitée par les dispositifs habituels de traitement des effluents. Elle ne présentait pas de contamination significative. L’incident, déclaré à l’autorité de sûreté nucléaire, n’a eu aucune conséquence, ni sur les salariés, ni sur les populations, ni sur l’environnement.

Le 23 juin 2013 un dégagement de vapeur d'eau sur un transformateur de vapeur qui alimente la turbine de l'unité de production n°2, située dans la partie non nucléaire des installations a causé un fort sifflement pendant environ un quart d'heure et un important panache de vapeur d'eau visible au-dessus du site et les riverains ont entendu des bruits qu'ils ont jugés comparables à des passages d'avion à réaction, puis un sifflement qui a duré un quart d'heure[3].

L’analyse de l’incident par les équipes d’EDF a permis d’identifier la cause de ce dégagement de vapeur au lendemain des faits. Il était dû à un défaut de la régulation automatique de la pression, qui a entraîné l'ouverture d'une soupape permettant d'évacuer le surplus de vapeur vers l'atmosphère, à l'extérieur de la salle des machines. Cet incident n’a eu aucune conséquence sur l’environnement

Caractéristiques des réacteurs[modifier | modifier le code]

Les réacteurs 1 et 2 de Flamanville sont des réacteurs à eau pressurisée (REP) du palier 4 (P4), de même que les réacteurs des centrales nucléaires de Paluel et Saint-Alban.

Les deux chaudières nucléaires ont été construites par Framatome. Les groupes turbo-alternateurs à vapeur ainsi que l'essentiel de leurs auxiliaires mécaniques et électriques ont été installés par Alstom [4]

Chacun des réacteurs nucléaires 1 et 2 de Flamanville peut fournir une puissance thermique maximale de 3 817 MégaWatts à l'alternateur, qui génère une puissance électrique de 1 382 MégaWatts, ce qui permet à l'unité de délivrer 1 330 MégaWatts sur le réseau électrique.

Les caractéristiques des réacteurs en service sont les suivantes[5].

Nom du réacteur Début de la construction Raccordement au réseau Mise en service comm. 1re Visite décennale 2e Visite décennale
Flamanville-1[6] déc 1979 déc 1985 déc 1986 ? du 23 fév.
au 11 juil. 2008[7].
Flamanville-2[8] mai 1980 juil 1986 mars 1987 ? du 26 juil.
au 15 déc. 2008[9]

Flamanville 3[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : énergie en France.

En France, EDF l’exploitant du parc nucléaire anticipe un éventuel renouvellement des centrales à l’horizon 2020, en remplacement des tranches REP qui arriveront en fin de vie. Afin de bénéficier d’un retour d’expérience de conception et d’exploitation pour la construction de réacteurs à partir de 2020, EDF a décidé (avec l'accord des autorités gouvernementales) de construire la (seconde tête) de série du EPR sur le site de la centrale de Flamanville (Manche) pour une mise en service initialement prévue en 2012[10], mais aujourd'hui repoussée à 2016[11]. La centrale nucléaire de Flamanville avait été prévue pour accueillir quatre tranches (deux sont en activité en 2007), il y a donc la possibilité de construire un nouveau réacteur avec des travaux de terrassement réduits. La localisation en bord de mer est plus favorable que le bord de rivière du point de vue thermodynamique (source froide plus importante et minimisation de l’impact d’une éventuelle nouvelle canicule). Les opposants à l’EPR affirment qu’il existe une surcapacité en France et que la construction de l’EPR de Flamanville ne serait donc pas nécessaire.

Processus décisionnel[modifier | modifier le code]

Un premier débat a lieu en 2002/2003 sous l’égide de Nicole Fontaine, alors ministre à l’industrie. EDF fournit un dossier de maître d’ouvrage en 2004 en vue d’un débat public. La loi d’orientation sur l’énergie du 13 juillet 2005 fournit le cadre législatif pour le projet EPR. Ce projet est soumis au débat public au niveau national[12] entre octobre 2005 et février 2006. Le 15 avril 2006, des dizaines de milliers de manifestants (près de 30 000 personnes selon les organisateurs, 12 500 selon la police et plus de 20 000 selon les renseignements généraux locaux[13],[14]) se sont rassemblés à l’appel du Collectif Stop EPR à Cherbourg, près de Flamanville pour s’opposer au projet. L’association Greenpeace France a lancé une campagne intitulée « EDF, demain j’arrête », qui vise à s’opposer au projet EPR en faisant pression sur EDF[15].

L’enquête publique, préalable à l’avis du préfet, est menée du 15 juin au 30 juillet 2006 (la tenue en période estivale de l’enquête publique est mise en cause par les opposants au projet).

Le samedi , des manifestations réunissent dans 5 villes de France entre 20 000 personnes selon la police et 62 000 personnes selon les organisateurs du Collectif Stop EPR.

Le 11 avril 2007, après avis du préfet et de l’Autorité de sûreté nucléaire, EDF est autorisé par décret à construire un réacteur EPR à Flamanville[16]. Des associations et partis politiques protestent contre la publication de ce décret avant l’élection présidentielle.

Chantier de construction[modifier | modifier le code]

Le chantier de Flamanville, vu de Siouville-Hague (avril 2008)

Initialement prévue en 2012[10], la tranche devrait être mise en service en 2016[11]. Selon EDF, le futur chantier de l’EPR comptera jusqu’à 2 000 personnes en phase de construction. L’effectif permanent sera d’environ 300 personnes[17].

Le 3 janvier 2007, un tir de mine a projeté des roches sur les installations de la tranche n°2. Les tirs de mines ont alors été suspendus bien que, selon un communiqué d’EDF, « cet évènement n’a pas eu de conséquences ni pour le personnel travaillant sur le chantier et la centrale, ni sur le fonctionnement des installations ».

L'Autorité de sûreté nucléaire ordonne la suspension des travaux de bétonnage à Flamanville 3, pendant un mois. Cette décision – une première dans l'histoire des centrales nucléaires en France – a contraint EDF à arrêter les travaux. La lecture des deux rapports de l'ASN datés du 6 novembre et du 28 avril 2008, apprend aussi que « des fissures » sont apparues « à la coulée d'un bloc de béton composant la plate-forme (le radier) de l'îlot nucléaire de l'EPR ». En sus de la sanction de suspension, une lettre d'injonction de Thomas Oudré, chef de division. Il y exige qu'EDF mette enfin au point des procédures de contrôle satisfaisantes avant toutes reprises des travaux[18].

L'Autorité de sûreté nucléaire a autorisé le 20 juin 2008 la reprise des activités de coulage du béton suspendues le 21 mai[19].

2013 : l’année charnière[modifier | modifier le code]

A la fin de l'année 2012, 93,5 % du génie civil et 41,2% des montages électro-mécaniques sont finalisés. L’année 2013 aura été marquée par plusieurs étapes cruciales de la construction de la centrale, en particulier pour les éléments électriques[20].

En mars 2013, la mise sous tension des transformateurs de soutirage a été effectuée, permettant à l’EPR de bénéficier d’une alimentation électrique entièrement indépendante de l’alimentation actuelle issue de la centrale numéro 2 de Flamanville. Pour préparer ce raccordement, les équipes d’EDF et d’Ineo avaient tiré, fin janvier, 3 câbles de 600 mètres, sur la plateforme électrique. Début février, des essais d’aspersion avaient été réalisés sous le contrôle d’EDF[21].

Au début du mois d’avril, les premières armoires de contrôle commande ont été installées dans la partie nucléaire des installations. La pose et le raccordement de ces armoires ont été confiés à l’entreprise Snef. Avec cette étape, le site entre dans sa configuration définitive d’alimentation électrique.

Le 16 juillet 2013, le dôme d'acier de près de 300 tonnes couvrant le bâtiment du réacteur nucléaire est posé par « Big Benny », une grue géante de 200 mètres de haut capable de lever 3 200 tonnes. La prochaine étape importante prévue est l'installation de la cuve du réacteur six mois après le soudage du dôme [22].


Fin janvier 2014, la cuve du réacteur nucléaire EPR, d’un poids de 425 tonnes, pour 11 mètres de hauteur et 5,5 mètres de diamètre, a été posée avec succès dans le puits de cuve situé au centre du bâtiment réacteur[23].

Économie du projet[modifier | modifier le code]

Le chantier de Flamanville 3 de nuit

Le réacteur sera dimensionné pour une puissance thermique de 4 500 MW destinée à la production d’électricité (1 650 MW). Son coût, initialement estimé à 3,4 milliards d’euros, est successivement réévalué par EDF à 4 milliards en décembre 2008, à 5 milliards d'euros en juillet 2010[24], à 6 milliards d'euros en juillet 2011[11], puis à 8,5 milliards d'euros en décembre 2012[25],[26].

En décembre 2012, à la suite de l'annonce d'un coût de construction avoisinant 8,5 milliards d'euros, le groupe italien Enel a annoncé son retrait du projet[27]. En mai 2005, Enel et EDF ont signé une lettre d’intention pour qu’Enel participe à hauteur de 12,5 % au projet Flamanville 3. L’administrateur délégué de Enel, Fulvio Conti, déclarait alors que, par sa participation à l’EPR, Enel retrouverait les capacités nucléaires perdues après le référendum de 1987 en Italie[28]. Mais le 13 juin 2011, 25 millions d’Italiens (94 % des votants) ont dit "non" à la relance du nucléaire, voulue par Silvio Berlusconi. Ce vote souverain, qui marque un adieu sans doute définitif à l’atome dans la Péninsule, a provoqué le retrait d'Enel du projet EPR[29].

La facture de l'EPR finlandais, de même puissance et qui en est à une phase plus avancée des travaux, s’élevait initialement à 3 milliards d'euros[30], puis a été réévaluée en 2011 à 6,6 milliards d'euros[31],[32].

Critiques et remise en cause[modifier | modifier le code]

Kernkraftwerk Flamanville.jpg

Sécurité[modifier | modifier le code]

Dans un rapport du 24 juin 2011, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) relève « treize constats » d'infraction dans le chantier EPR, dont du matériel et des équipements de secours de mauvaise qualité[33]. Ces équipements sont les « filtres de la piscine de réserve d'alimentation en eau borée en cas de situation accidentelle, sur des limitateurs de débit du système d'alimentation des générateurs de vapeur et sur des accumulateurs du système d'injection de sécurité en cas de perte du système de refroidissement »[34]. La validation des matériels par l'ASN est légalement indispensable à la poursuite du chantier et bien sûr au lancement de la centrale.

Enjeux politiques[modifier | modifier le code]

Ce réacteur est l'objet de tractations politiques importantes. Il devient l'un des symboles de l'énergie nucléaire française.

Lors de l'élection présidentielle française de 2007, le lancement du chantier fait l'objet d'un débat entre les candidats Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

En 2012, les deux principaux candidats à la présidentielle, François Hollande et Nicolas Sarkozy se sont déclarés favorables à la poursuite de sa construction; en revanche, les candidats Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon y sont opposés.

Social[modifier | modifier le code]

Le 11 janvier 2011, le journal France-Soir révèle que sur le chantier un salarié de Bouygues sur trois vient des « pays de l’Est » et se fait le relais du syndicat CGT qui dénonce leurs mauvaises conditions de travail, en particulier pour les horaires (10 à 15 par jour)[35]. Le code du travail prévoit, en son article R 8111-11, que les missions d'inspection du travail sont exercées par des ingénieurs et techniciens de l'ASN, sous l'autorité du ministre chargé du travail.

À la suite du rapport fourni par l’Autorité de sûreté nucléaire faisant état de situations salariales abusives, de centaines de travailleurs européens, parmi lesquels plusieurs dizaines semblent avoir été rapatriées d’urgence en Pologne[36], une délégation du groupe socialiste et démocrate au Parlement européen, accompagnée par des représentants des syndicats européens, s’est rendue, le 1er juillet 2011, sur le chantier de l’EPR à Flamanville pour évaluer les conditions de travail et de logement des ouvriers. La délégation socialiste est emmenée par la présidente de la commission emploi du Parlement européen, Pervenche Berès (France), l’eurodéputée de la circonscription, Estelle Grelier (France) et la députée membre de la commission Emploi, Jutta Steinruck (Allemagne)[37].

Après la visite du chantier et une table ronde avec des représentants d’EDF, maître d’ouvrage et d’œuvre, et des syndicats sur le site, Pervenche Bérès, tout en dénonçant « un exemple d’esclavage moderne »[38], prévoit d’« exiger, dans le cadre des marchés publics, des mesures pour clarifier les responsabilités sociales dans la chaîne des sous-traitants du maître d’ouvrage »[36].

Après le scandale Atlanco touchant l'emploi d'ouvriers polonais sans couverture sociale, EDF signe en 2012 avec la CGT, la CFDT, la CFE, la CFTC, et FO, un engagement en faveur du dialogue social pour une meilleure information des ouvriers et un renforcement des instances de concertation dont le Comité de suivi créé en 2008[39]. Cet accord est par la suite cité en exemple par les syndicats[40]

Emplois sur le chantier[modifier | modifier le code]

Parmi les 3 200 ouvriers employés sur ce chantier, un millier sont des travailleurs étrangers, provenant essentiellement des pays de l'Est, et 500 ouvriers sont originaires de Basse-Normandie[41].

Flamanville 4[modifier | modifier le code]

Flamanville était un des sites possibles d'implantation d'un second réacteur EPR français. Penly a aussi été retenu puis abandonné.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Incident de niveau 1 à la centrale de Flamanville », Romandie News avec l'AFP du 25 octobre 2012
  2. Incident à la centrale nucléaire de Flamanville, Le Monde du 25 octobre 2012
  3. Incident à la centrale nucléaire de Flamanville dans la Manche - France Bleue, 23 juin 2013
  4. (en) [PDF] Arabelle steam turbine for nuclear power plant - Alstom, 2012 - (page 10)
  5. (en) « Reactors in operations, 31 dec 2009 », sur www-pub.iaea.org/ (consulté le 28 avril 2011)
  6. (en) « Nuclear Power Reactor Details - FLAMANVILLE-1 », sur www.iaea.org (consulté le 28 avril 2011)
  7. http://www.asn.fr/index.php/content/view/full/142883
  8. (en) « Nuclear Power Reactor Details - FLAMANVILLE-2 », sur www.iaea.org (consulté le 28 avril 2011)
  9. http://www.asn.fr/index.php/content/view/full/142881
  10. a et b EPR de Flamanville : EDF confirme l'échéance 2012, Le Figaro du 27 août 2008
  11. a, b et c EDF a annoncé un nouveau retard de deux ans pour l'EPR de Flamanville, Le Monde du 20 juillet 2011
  12. CPDP EPR : débat public centrale électronucléaire Flamanville 3
  13. STOP EPR
  14. http://www.liberation.fr/page.php?Article=375376
  15. EPR : Énergie pas renouvelable
  16. Décret n° 2007-534 du 10 avril 2007 autorisant la création de l’installation nucléaire de base dénommée Flamanville 3, comportant un réacteur nucléaire de type EPR, sur le site de Flamanville (Manche)
  17. Projet Flamanville 3 - Construction d’une centrale électronucléaire « tête de série EPR » sur le site de Flamanville - Dossier du Maître d’ouvrage
  18. Le Canard enchaîné, mercredi 4 juin 2008, page 3
  19. Journal Sud Ouest du 21 juin 2008
  20. Bilan annuel 2012.
  21. [1]
  22. « Flamanville : le dôme de l'EPR posé sur le bâtiment du réacteur », le Nouvelobs.com avec AFP, 16 juillet 2013
  23. L'Energiedavancer.
  24. EDF confirme un retard de deux ans pour son réacteur de Flamanville,Le Monde du 30 juillet 2010
  25. EDF : la facture de l'EPR s'envole de 2 milliards, Le Figaro du 3 décembre 2012
  26. EDF augmente le coût de l'EPR de Flamanville de 2 milliards, à 8,5 mds EUR, Romandie.com du 3 décembre 2012
  27. Enel se retire de l'EPR de Flamanville - Les Echos du 4 décembre 2012
  28. « Enel n’est pas intéressé par des actifs de Suez et va reparler EPR avec EDF », Romandie news (consulté le 7 septembre 2007)
  29. Référendum en Italie - 94 % des votants rejettent la relance du nucléaire - Réseau sortir du nucléaire, 2012
  30. Areva menace d'arrêter le chantier de l'EPR en Finlande - Les Echos du 1er septembre 2009
  31. Le surcoût de l'EPR finlandais est évalué à 3,6 milliards d'euros, Le Monde.fr avec l'AFP du 13 octobre 2011
  32. L'EPR finlandais coûterait au final 6,6 mds d'euros !, enerzine.com, le 14 octobre 2011
  33. Hervé Liffran, « Le chantier de l'EPR victime d'une inspection explosive », Le Canard enchaîné, no 4739,‎ 24 août 2011
  34. AFP, « EPR de Flamanville : "écarts" et "faiblesses" constatés par l'ASN », Le Monde,‎ 24 août 2011 (lire en ligne)
  35. Michel Manfredi, « Chantier de Flamanville - Un travailleur sur trois vient… des pays de l’Est! », France-Soir,‎ 11 janvier 2011
  36. a et b Cécile Rousseau, « L’EPR, ou la loi de l’omerta », L'Humanité,‎ 4 juillet 2011 (lire en ligne)
  37. AFP, « EPR: des eurodéputés à Flamanville », lefigaro.fr, 29 juin 2011
  38. « Un ouvrier polonais licencié de l'EPR à Flamanville saisit les Prud'hommes », L'Express,‎ 7 juillet 2011 (lire en ligne)
  39. « Chantier EPR : les salariés mieux informés », Ouest-France, 2 juillet 2012.
  40. Laurent Gouhier, « EPR : comment le chantier est devenu “socialement responsable” », La Presse de la Manche, 9 octobre 2013.
  41. Question de Guy Delcourt, député français, à Xavier Bertrand, ministre du travail, de l’emploi et de la santé. - 26/01/2011 : Emplois sur le chantier de la centrale EPR de Flamanville