Henry Becque

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Henry Becque photographié par Nadar

Henry-François Becque, dit Henry Becque[1], né à Paris le 28 avril 1837 et mort à Paris le 12 avril 1899, est un dramaturge français, notoire à son époque comme le « créateur du théâtre "cruel" »[2] et resté notable pour une comédie, La Parisienne, et un drame réaliste grinçant, Les Corbeaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Becque occupa de nombreux emplois avant de réussir au théâtre : il fut successivement employé de bureau à la Compagnie des chemins de fer du Nord, à la chancellerie de la Légion d'honneur et chez un agent de change. Sa première œuvre est un livret d'opéra, Sardanapale, en 1867. Cette imitation en trois actes du Sardanapale de Lord Byron, mise en musique par Victorin de Joncières, fut présentée au Théâtre Lyrique avec un certain succès.

Becque se tourna ensuite vers le vaudeville avec L'Enfant prodigue (1868), puis changea complètement de style avec le drame social, Michel Pauper en 1870 (le nom du personnage signifie pauvre en latin). L'Enlèvement, joué l'année suivante, est une comédie située dans le milieu des domestiques de province. Ce furent deux échecs.

Il se consacre alors à la critique dramatique, avant de revenir à la scène en 1878, avec une comédie en un acte, La Navette, puis une seconde, Les Honnêtes Femmes, en 1880. Suivent ses deux meilleures œuvres, Les Corbeaux en 1882 et La Parisienne en 1885.

Il publie ensuite de la poésie (Sonnets mélancoliques, 1887) et ses mémoires en 1895, sous le titre Souvenirs d'un auteur dramatique. Il laisse une pièce inachevée, Les Polichinelles.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Théâtre
Varia
  • Le Frisson, fantaisie rimée (1884)
  • Molière et l'École des femmes, conférence (1886)
  • Sonnets mélancoliques (1887)
  • Querelles littéraires (1890)
  • Souvenirs d'un auteur dramatique (1895) Texte en ligne
Publications posthumes

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Un jour, Becque eut l'étrange idée d'attaquer publiquement les Dumas, père et fils, sous la forme d'une épigramme. Voici ce qu'il écrivit :

« Comme les deux Corneille, ils étaient deux Dumas,
Mais aucun ne fut Pierre, tous deux furent Thomas. »

La réponse ne se fit point attendre. C'est Alexandre Dumas fils qui répliqua en ces termes, lui aussi par une épigramme :

« Si ce coup de bec de Becque t'éveille
Ô Thomas Corneille en l'obscur tombeau,
Pardonne à l'auteur qui baye aux corneilles
Et songe au public qui bâille aux « Corbeaux ». »

— Alexandre Dumas fils[3].

Hommages[modifier | modifier le code]

La rue Henri-Becque dans le 13e arrondissement de Paris est nommée en son hommage en 1899.

Un buste le représentant, sculpté par Auguste Rodin, a été inauguré sur la place Prosper-Goubaux en novembre 1908[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Fritz Du Bois, Henry Becque, l'homme, le critique, l'auteur dramatique, A. Dupret, Paris, 1888
  • Ambroise Got, Henry Becque, sa vie et son œuvre, Crès, Paris, 1920
  • Edmond Sée, Henry Becque, ou Servitude et grandeur dramatiques, V. Rasmussen, Paris, 1926
  • Aleksandar Arnautović, Henry Becque, Presses universitaires de France, Paris, 3 volumes, 1927
  • Maurice Descotes, Henry Becque et son théâtre, Minard, Lettres modernes, Paris, 1962

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'orthographe Henri Becque étant aussi commune
  2. Paris-Parisien, Ollendorff,‎ 1899, p. 42
  3. Anecdote tirée du livre Pour tout l'or des mots, de Claude Gagnière, éditions Robert Laffont, coll. « bouquins ».
  4. Relation sur le site Apohtegme.com (page 9) Il est possible que le buste actuellement visible ne soit pas l'original.