Lucien Guitry

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Lucien Guitry

Lucien Germain Guitry est un comédien français, né le à Paris 2e[1], ville où il est mort le .

Il est considéré comme le plus grand comédien de son époque, égal masculin de Sarah Bernhardt, avec laquelle il a joué régulièrement ; il a créé des rôles marquants qui lui ont valu des triomphes internationaux répétés.

Connu pour ses nombreux succès auprès des femmes, Lucien Guitry est le père du dramaturge et acteur Sacha Guitry.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucien Guitry (Konstantin Makovsky, XIXe siècle)

Dernier enfant d'un riche boutiquier parisien (commerçant de rasoirs et couteaux dans la galerie du Palais-Royal), il reçoit de ses parents leur passion du théâtre.

Il entre au Conservatoire en 1876, débute au Théâtre du Gymnase en 1878[2].

Il épouse Renée Delmas de Pont-Jest (1858-1902) à Londres en juin 1882, avec Sarah Bernhardt pour témoin.

En 1885, il est engagé dans la troupe permanente au théâtre français de Saint-Pétersbourg, le fameux théâtre Michel. Pensionnaire, il signe pour 9 saisons d'hiver de 1882 à 1891.

Son fils, Alexandre (Sacha est le diminutif russe d'Alexandre), nait dans la capitale de l'Empire russe et est baptisé ainsi en l'honneur de son parrain le tsar Alexandre III qui appréciait le talent de Lucien Guitry et son style réaliste. Lucien Guitry est à l'époque en relation avec l'élite intellectuelle de la capitale pétersbourgeoise, dont Tchaïkovsky et son frère Modeste.

De retour à Paris pendant l'été 1885, il se sépare avec sa femme Renée Delmas de Pont-Jest qui refuse ses nombreuses liaisons (il est connu sous le surnom de « Divan le terrible », pratiquant la promotion canapé[3]), notamment avec Sarah Bernhardt. Le divorce est prononcé à ses torts en février 1889 et Sacha est confié à sa mère, si bien qu'un dimanche d'octobre 1889, il enlève Sacha (à moins qu'il s'agisse d'une mise en scène concertée par les deux parents, l'enfant étant rendu après la saison de représentations) et l'emmène en train à Saint-Pétersbourg.

Brouillé pendant treize années avec son fils Sacha (les causes principales étant Charlotte Lysès, actrice qu'épouse Sacha - et fut l'amante de Lucien - et une entrée manquée de Sacha Guitry dans une pièce au théâtre de la Renaissance dont son père était alors directeur), il le retrouve en 1918 et ils entament une série de collaborations à succès[2].

Le , son fils aîné Jean (né Jean-Louis-Edmond Guitry le à Saint-Pétersbourg), comédien et journaliste, meurt à Trouville-sur-Mer des suites d'un accident d'automobile[4].

Après un passage au théâtre de la Porte Saint-Martin, aux Variétés et à la Comédie-Française, Lucien Guitry devient directeur du théâtre de la Renaissance en 1902.

Il était proche de Georges Feydeau, Tristan Bernard, Jules Renard, Georges Courteline, Octave Mirbeau, Alphonse Allais.

Le peintre Oswald Birley a peint son portrait en 1922 (L'Illustration no 4132, 13/05/1922).

Sacha Guitry a raconté la vie de son père dans un livre, Lucien Guitry raconté par son fils, puis dans une pièce Le Comédien, et finalement dans un film encore plus complet également intitulé Le Comédien.

Son buste, inauguré par son fils le , se trouve 18 avenue Élisée-Reclus à Paris, devant l'emplacement de l'hôtel particulier, aujourd'hui disparu, que Lucien Guitry avait fait construire au retour d'une tournée triomphale en Amérique Latine, et qui fut, après sa mort, la demeure de Sacha.

Il est enterré au cimetière de Montmartre, avec ses fils Sacha et Jean. La dernière épouse de Sacha Guitry, née Lana Marconi, y est également inhumée.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Risquetou, roman, Ernest Flammarion éditeur, 1918
  • Molière comédien, La Revue de la semaine, 1922
  • Mademoiselle Carrière de l'Odéon, roman, Arthème Fayard, 1922
  • Souvenirs, pages inédites, Fayard, 1923
  • Mes mémoires, Candide, 1924
  • Souvenirs, notes et réflexions, Comœdia, 1925

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l’état civil de Paris en ligne, acte de naissance n° 2/2060/1860 (acte du 14 décembre, précisant « né hier »). Mention marginale : mariage [deuxième] en 1914 avec Jeanne Portier ou Fortier
  2. a et b Franck Ferrand, « Quoi de neuf Sacha Guitry ? », émission Au cœur de l'histoire, 14 novembre 2011
  3. Jean-Pierre Danel, Le Destin fabuleux de Sacha Guitry, Ipanema,‎ 2007 (lire en ligne), p. 269
  4. André Bernard, Alain Paucard, Sacha Guitry, L'Âge d'Homme, 2002

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sacha Guitry, Lucien Guitry raconté par son fils, Éditions Raoul Solar, 1930 ; réédition Omnibus, 2000
  • Hervé Lauwick, Le Merveilleux Humour de Lucien et Sacha Guitry, Fayard, 1959
  • Henry Gidel, Les Deux Guitry, Flammarion, 1995

Liens externes[modifier | modifier le code]