Dzoungarie

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45° 00′ N 85° 00′ E / 45, 85 ()

La Dzoungarie et le bassin du Tarim (comprenant le désert du Taklamakan) séparés par la chaîne des Montagnes célestes.

La Dzoungarie ou Djoungarie (du mongol züün gar : main gauche) est la partie nord du Xinjiang, située au nord des Tian Shan (« monts célestes » en mandarin). Plus rarement, le nom était anciennement transcrit Soungarie en français (début XXe siècle).

Géographie[modifier | modifier le code]

La Dzoungarie est un bassin géologique. D'une surface de 380 000 km2, il est situé à une altitude comprise entre 189 et 1 000 mètres. Il est délimité au sud par les monts Tian Shan, au nord par l'Altaï, à l'est par le désert de Gobi et s'ouvre à l'ouest sur le Kazakhstan par les vallées de l'Emin et de l'Irtych[1].

Il s'agit d'une région semi-désertique voire désertique en son centre (désert de Dzoosotoyn Elisen).

Peuplée de tribus mongoles (Oïrats), elle se trouve actuellement en territoire chinois.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Khanat dzoungar.

La Dzoungarie fait partie à partir de la fin du IIIe siècle av. J.-C. de l'empire des Xiongnu. Plus tard, aux Ve et VIe siècle ap. J.-C., elle a probablement été dominée par les Ruanruan. Elle passe ensuite dans l'orbite des Tujue occidentaux. Ceux-ci sont soumis par les Tang au VIIe siècle, mais l'Empire tujue se reconstitue à partir de 680 intègre à nouveau la Dzoungarie. Après 710, ce nouvel empire turc se disloque. Au XIIe siècle, la Dzoungarie fait partie de l'empire des Kara-Khitans, dont les Mongols s'emparent en 1218. À la mort de Gengis Khan, c'est son fils Djaghataï qui hérite de cette partie de l'empire. Le khanat de Djaghataï comprend la Dzoungarie, où nomadisent les Djaghataïdes.

En Mongolie, les Oïrates sont établis, sous le commandement des Tchoros, dans la vallée de l’Ili. Suivant l’ancienne organisation administrative, les Tchoros s’appellent aussi Dzoungars (aile gauche). Vers 1630, quelques féodaux oïrates, mécontents de la domination des Tchoros, émigrent dans la région de la basse Volga avec 50 000 ou 60 000 hommes. Quelques années plus tard, ils sont suivis par les Torgut et les Kochot.

En 1676, Galdan devient le chef des Dzoungars (fin en 1697). Il dominera le bassin du Tarim en y imposant la théocratie musulmane des Khodja en 1679[2].

En 1717, les Dzoungars vainquent et tuent Lhazang Khan, petit-fils de Güshi Khan, et dernier Roi Khoshut-Oïrats influent au Tibet qu’il envahit en 1705. Les Dzoungars de Tsewang Rabdan, neveu de Galdan, s’emparent de Lhassa. Ils sont d’abord vus comme des libérateurs, avant qu’ils ne pillent et détruisent les monastères non gelugpa. Le Septième dalaï-lama est soustrait aux Dzoungars par son père et se réfugie au monastère de Kumbum, en Amdo au nord-est du Tibet où il se retrouve « protégé » par la dynastie des Qing.

En 1757 la Dzoungarie est annexée par la Chine sous le règne de Qianlong. La variole et les campagnes militaires ont causé la mort de la plupart des 600 000 Dzoungars[3]. Le reste s'est dispersé et le pays est repeuplé par des musulmans de Kachgarie (Tarantchis) et du Gansu (Dounganes).

C’est dans cette région que Nikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski découvrit lors de son troisième voyage en Asie centrale (1879-1880) “sur les terrains les plus rudes du désert de Djoungarie”[4], le cheval de Przewalski.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anwar Rahman, Sinicization beyond the Great Wall,‎ 2005 (ISBN 1904744885), p. 16
  2. Gertraude Roth Li, Manchu : A Textbook for Reading Documents (Second Edition), Natl Foreign Lg Resource Ctr,‎ 2010 (ISBN 9780980045956, résumé)
  3. (zh) Yuan Wei, Sheng Wu Ji (聖武記), vol. 4, p. 10-12
  4. Yann Arthus-Bertrand, Jean-Louis Gouraud, Chevaux, Éditions du Chêne,‎ 2004 (ISBN 2-84277-562-7)