Dzoungarie

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45° 00′ N 85° 00′ E / 45, 85

La Dzoungarie et le bassin du Tarim (comprenant le désert du Taklamakan) séparés par la chaîne des Montagnes célestes.

La Dzoungarie ou Djoungarie (du mongol züün gar : main gauche) est une partie nord du Xinjiang, située au nord des Tian Shan (« monts célestes » en mandarin) et au Sud ouest de l'Altaï ou s'établirent des mongols des tribus Dzoungars-Oïrats, qui y formèrent le Khanat dzoungar entre le XVIIe siècle et 1756, où elle est intègre depuis l'Empire Chinois puis les républiques chinoises.

Le nom était également anciennement transcrit, plus rarement en Soungarie en français, au début XXe siècle.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Dzoungarie est un bassin géologique. D'une surface de 380 000 km2, il est situé à une altitude comprise entre 189 et 1 000 mètres. Il est délimité au sud par les monts Tian Shan, au nord par l'Altaï, à l'est par le désert de Gobi et s'ouvre à l'ouest sur le Kazakhstan par la vallée de l'Emin (额敏谷地, émǐn gǔdì) et de l'Irtych[1].

Il s'agit d'une région semi-désertique voire désertique en son centre (désert de Dzoosotoyn Elisen).

Peuplée de tribus mongoles Oïrats, elle se trouve actuellement en territoire chinois.

Histoire[modifier | modifier le code]

Khana Dzoungare/Kalmouk en 1720 (avant l'arrivée des Qing à Lhassa)
Article détaillé : Khanat dzoungar.

La Dzoungarie fait partie à partir de la fin du IIIe siècle av. J.-C. de l'empire des Xiongnu qui en chassent les Yuezhi. Plus tard, aux Ve et VIe siècle ap. J.-C., elle a probablement été dominée par les Ruanruan. Elle passe ensuite dans l'orbite des Tujue occidentaux. Ceux-ci sont soumis par les Tang au VIIe siècle, mais l'Empire tujue se reconstitue à partir de 680 intègre à nouveau cette région. Après 710, ce nouvel empire turc se disloque. Au XIIe siècle, la Dzoungarie fait partie de l'empire des Kara-Khitans, dont les Mongols s'emparent en 1218. À la mort de Gengis Khan, c'est son fils Djaghataï qui hérite de cette partie de l'empire. Le khanat de Djaghataï comprend la Dzoungarie, où nomadisent les Djaghataïdes.

En Mongolie, les Oïrates sont établis, sous le commandement des Tchoros, dans la vallée de l’Ili. Suivant l’ancienne organisation administrative, les Tchoros s’appellent aussi Dzoungars (aile gauche). Vers 1630, quelques féodaux oïrates, mécontents de la domination des Tchoros, émigrent dans la région de la basse Volga avec 50 000 ou 60 000 hommes. Quelques années plus tard, ils sont suivis par les Torgut et les Qoshots.

En 1676, Galdan devient le chef des Dzoungars (fin en 1697). Il dominera le bassin du Tarim en y imposant la théocratie musulmane des Khodja en 1679[2].

En 1717, les Dzoungars vainquent et tuent Lkhazang Khan, petit-fils de Güshi Khan, et dernier Roi Khoshut-Oïrats influent au Tibet qu’il envahit en 1705. Les Dzoungars de Tsewang Rabdan, neveu de Galdan, s’emparent de Lhassa. Ils sont d’abord vus comme des libérateurs, avant qu’ils ne pillent et détruisent les monastères non gelugpa. Le Kelzang Gyatso (septième dalaï-lama) est soustrait aux Dzoungars par son père et se réfugie au monastère de Kumbum, dans le Qinghai, au nord-est du plateau du Tibet, protégé par les Qoshots et la dynastie Qing.

En 1720, les troupes mongoles Khalkhas et l'armée de la dynastie Qing, reprennent Lhassa aux Dzoungars et y remettent sur le trône Kelzang Gyatso quelques mois après.

Les Dzoungars remettent leurs armes aux Mandchous de la dynastie Qing

Entre 1755 et 1757 la Dzoungarie est annexée par la dynastie Qing sous le règne de Qianlong. La variole et les campagnes militaires ont causé la mort de la plupart des 600 000 Dzoungars[3]. Le reste s'est dispersé dans l'actuel Kazakhstan, les khans les plus importants sont toutefois accueillis par l'empereur à Pékin. La région est alors repeuplé par des musulmans de Kachgarie (Tarantchis) et du Gansu (Dounganes).

C’est dans cette région que Nikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski découvrit lors de son troisième voyage en Asie centrale (1879 — 1880) « sur les terrains les plus rudes du désert de Djoungarie »[4], le cheval de Przewalski.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anwar Rahman, Sinicization beyond the Great Wall,‎ (ISBN 1904744885), p. 16
  2. Gertraude Roth Li, Manchu : A Textbook for Reading Documents (Second Edition), Natl Foreign Lg Resource Ctr,‎ (ISBN 9780980045956, présentation en ligne)
  3. (zh) Yuan Wei, Sheng Wu Ji (聖武記), vol. 4, p. 10-12
  4. Yann Arthus-Bertrand, Jean-Louis Gouraud, Chevaux, Éditions du Chêne,‎ (ISBN 2-84277-562-7)