Mokele-mbembe

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Le Mokélé-mbembé (illustration)

Le Mokélé-mbembé (Celui qui peut arrêter le flot de la rivière) est le nom donné à un animal apparenté aux sauropodes par les habitants des lacs et des marais proche du fleuve Congo. Son existence n'est pas avérée.

Sommaire

Historique [modifier]

Ancien témoignage [modifier]

Des missionnaires français, en mission dans la région du Congo entre 1766 et 1772, relatent avoir observé les traces d'un animal qualifié de monstrueux :

« Les missionnaires ont observé, en passant le long d'une forêt la piste d'un animal qu'ils n'ont pas vu ; mais qui doit être monstrueux : les traces de ses griffes s'apercevaient sur la terre et y formaient une empreinte d'environ trois pieds de circonférence. En observant la disposition de ses pas, on a reconnu qu'il ne courrait pas dans cet endroit de son passage, et qu'il portait ses pattes à la distance de sept à huit pieds les uns des autres. »[1]

Bien que souvent présenté comme le premier témoignage concernant le mokele-mbembe, ce récit ne fait nullement état d'un animal semi-aquatique à long cou habitant le long des fleuves.

Autres témoignages [modifier]

En 1924, le naturaliste anglais John G. Millais recueillit un rapport datant de la fin du IXe siècle, au sud-ouest de la Zambie actuelle : « [...] feu le roi Lewanika, qui s'intéressait vivement à l'étude de la faune de son royaume, le Barotseland, avait souvent entendu ses sujets parler d'un grand reptile aquatique, au corps plus gros que celui d'un éléphant, et qui vivait dans les grands marais à proximité de sa ville [...] L'année suivante, trois hommes se ruèrent, un jour, très excités, dans sa salle d'audience, et ils racontèrent qu'ils venaient de voir le monstre gisant au bord du marais : à leur vue, il avait battu en retraite en se laissant glisser sur le ventre dans l'eau profonde. Ils dirent que la bête était d'une taille colossale, avec des pattes comme celles d'un lézard géant, et un long cou. Elle était, ajoutèrent-ils, plus haute qu'un homme et possédait une tête de serpent. Lewanika se rendit sur-le-champ à l'endroit indiqué et constata que, sur une grande étendue, les roseaux avaient été aplatis, et que, de là, un large sentier avait été frayé jusqu'au bord du marais : de l'eau ruisselait encore dans de la boue remuée peu auparavant. »[réf. nécessaire]

Depuis, de nombreux témoignages ont circulé à propos de la créature, provenant d'habitants de la région mais également d'explorateurs, de pasteurs et de scientifiques comme Marcellin Agnagna qui affirma avoir observé le Mokélé-mbembé dans le lac Télé. En 1981, lors d'une expédition au Congo, Roy P. Mackal, biologiste à l'université de Chicago, a vu une créature plonger bruyamment, produisant un énorme sillage et une grande vague qui frappa sa pirogue. La même année, l'ingénieur Herman Reguster a mené sa propre expédition en compagnie de son épouse pour atteindre le lac Télé. Regusters a photographié une créature émergeant de l'eau à environ 30 pieds de leur radeau pneumatique.

Selon les témoins, le Mokélé-mbembé serait un animal énorme possédant un long cou et une longue queue, propre à la catégorie des sauropodes. Son corps aurait une taille entre celui du rhinocéros et de l'éléphant. Ses pattes seraient courtes, et celles de derrière munies de trois griffes. La couleur de sa peau épaisse et rugueuse serait brun-rougeâtre avec une crête partant du crâne jusqu'au bas du cou. Généralement, les indigènes de la région désignent des images de brontosaure ou de diplodocus dans les livres d'Histoire naturelle comme étant des représentations du Mokélé-mbembé.

Habitat [modifier]

La créature vivrait dans les lacs et les points d'eau profonde de la République du Congo, dans la région des marais de la Likouala. Il aurait été notamment aperçu dans le lac Télé.

Régime alimentaire [modifier]

D'après les Pygmées de la région des marais du Likouala, il se nourrit principalement des fruits d'une plante locale, le Malombo. Il serait donc herbivore, mais certains témoins prétendent qu'il tuerait des hommes et des hippopotames, ce comportement étant certainement plus lié à une défense de territoire qu'à un quelconque régime alimentaire. Il est à remarquer que la population d'hippopotames dans la région des marais du Likouala est très faible par rapport à celle d'autres régions.

Existence du Mokélé-mbembé [modifier]

Jusqu'à ce jour, aucune expédition n'a pu observer le Mokélé-mbembé, ni trouver de preuve infaillible de son existence. Mais certaines traces de pas d'un animal inconnu ont été observées. Il existe aussi quelques photos. En 1988, une expédition japonaise survola le lac Télé par avion et filma une grande forme floue nageant à la surface.

Quelques cryptozoologues pensent que le Mokélé-mbembé pourrait être un petit dinosaure sauropode ayant survécu à l'extinction de ces derniers il y a environ 65 millions d'années. Pour les zoologues et ethnologues, le Mokélé-mbembé est un élément de la mythologie pygmée, dont la légende est transmise oralement depuis des générations. Il pourrait aussi s'agir d'une incompréhension par les zoologues du vocabulaire pygmée, puisque certains d'entre eux auraient désignés un rhinocéros par le nom « Mokélé-mbembé ». Pour d'autres, les apparitions de Mokélé-mbembé seraient tout simplement la vision d'un groupe de crocodiles mâles suivant une femelle dans un lac pendant la saison des amours.

Dans la littérature [modifier]

Documentaire [modifier]

Expéditions récentes [modifier]

Depuis 1902, plusieurs expéditions sont parties à la recherche de la bête. Parmi les plus récentes :

Notes et références [modifier]

  1. Liévin-Bonaventure Proyart,Histoire de Loango, Kakongo, et autres royaumes d'Afrique : rédigée d'après les mémoires des préfets apostoliques de la Mission françoise., éditeurs C. P. Berton et N. Crapart à Paris et Bruyset-Ponthus à Lyon, 1776 pp. 38-39 Lire en ligne

Annexes [modifier]

Article connexe [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • « La chasse au mokélé-mbembé du Congo... », Science et Vie no 768, septembre 1981 p. 74
  • Éric Joly et Pierre Affre, Les monstres sont vivants, Grasset, 1995 (ISBN 2246495911), 277 pages
  • Alfred Jean-Paul Ndanga, « Réflexion sur une légende de Bayanga : le mokèlé-mbèmbé », revue Zo no 3, 2000, pp. 39-45

Liens externes [modifier]