Lance-grenades

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Un lance-grenades est une arme conçue pour tirer des grenades. Elle tire des grenades plus loin, plus précisément et plus rapidement qu'un lanceur humain. Les lance-grenades existent sous plusieurs formes : arme individuelle (à un coup ou à répétition), option montée sous le canon d'une arme et arme lourde sur trépied (ou véhicule). Bien que les lance-grenades individuels existent depuis le XIXe siècle, il aura fallu attendre l'Entre-deux-guerres pour que les premiers lance-grenades lourds à répétition fassent leur apparition[1].

Le lance-grenades doit être différencié du système alternatif de grenade à fusil. Dans ce second cas, une arme est modifiée pour pouvoir tirer des grenades insérées sur son canon.

Photographie d'un homme en train de recharger un lance-grenades.
Lance-grenades M79, chargé avec une munition non létale.

Les différentes formes[modifier | modifier le code]

Lance-grenades individuel[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une arme à feu à un coup ou à répétition. Elle est rechargée manuellement, et accepte généralement des grenades de calibre 30 à 40 mm. Des exemples connus sont le M79 et le AG36 pour les armes à un coup tenu à bout de bras, le lance-grenades individuel Mle F1 pour ceux utilisé comme les mortiers légers, et le China Lake NATIC à quatre coups, le Milkor MGL « six-coups » pour les lance-grenades multiples.


Lance-grenades du XVIe et XVIIIe siècles. Lance-grenades du XVIe et XVIIIe siècles.
Lance-grenades du XVIe et XVIIIe siècles.
Lance-grenades moderne (HK 69A1).


Lance-grenades monté[modifier | modifier le code]

Le lance-grenades est monté sur le canon d'une arme automatique. Il dispose de sa propre queue de détente et le chargeur de l'arme fait souvent office de poignée. Pour tirer une grenade, il suffit de retirer la sécurité et de presser sur la détente.

Sur la majorité des systèmes, le canon glisse vers l'avant ou pivote automatiquement après le tir, pour permettre le rechargement. Pour viser, le tireur utilise un viseur long rétractable, encoché sur plusieurs niveaux, ou bien un viseur de type « cadrant », monté sur le côté de l'arme. Le recul généré par ces lance-grenades est important par rapport au recul généré par le tir des balles.

Le M203 et le GP-30 sont des exemples célèbres de lance-grenades montés.


Lance-grenades M203 monté sur un Colt M4. Lance-grenades M203 monté sur un Colt M4.
Lance-grenades M203 monté sur un Colt M4.
Rechargement d'un M203, monté sur un M16A1.


Lance-grenade intégré[modifier | modifier le code]

Le programme américain Objective Individual Combat Weapon, en français polyarme-polyprojectile ou PAPOP, vise à doter le fantassin de base d'une armée intégrée combinant fusil d'assaut et lance-grenade ainsi que divers autres accessoires de désignation de cible. Par exemple le fusil d'assaut sud-coréen XK11 est équipé d'un lance-grenade bullpup intégré à culasse à verrou, il se recharge manuellement à partir d'un chargeur pouvant contenir 5 coups, de même type qu'un chargeur classique à cartouches.

Lance-grenades lourd[modifier | modifier le code]

Vue complète d'un lance-grenades lourd.
Lance-grenades lourd Mk19 de 40 mm, monté sur trépied.

Des modèles plus lourds sont capables de tirer des grenades avec une vélocité en sortie de canon plus élevée. Ils tirent des munitions spécifiques, plus puissantes que celles destinées aux armes légères. Ils se présentent, soit montés sur trépied, soit montés sur véhicules. Ils fonctionnent souvent en mode automatique, avec un magasin sur le côté. L'infanterie a recours à de telles armes pour les tirs de suppression, la défense d'une zone ou la destruction, partielle ou totale, de véhicules légers et de bâtiments.

Prise de vue d'une plate-forme surmontée de cylindres.
Lance-grenades fumigènes sur char.

Montés sur certains véhicules de combat (hélicoptère, véhicule léger, char, etc.), ils font office de système de défense, par l'utilisation de grenades fumigènes pour produire des écrans de fumée et couvrir la fuite. Il est également courant de lancer des grenades de type « paillette » (contre-mesures électronique), des grenades éclairantes ou anti-personnel (pour repousser une attaque de l'infanterie ennemie, par exemple).

Caractéristiques des grenades[modifier | modifier le code]

Les grenades tirées ressemblent plus à des obus qu'à des grenades à main.

Actuellement[Quand ?], la grenade la plus répandue est celle de 40 mm. Il s'agit d'un standard polyvalent : arme anti-personnel, antichar, fumigène, à feux d'illumination (dans le domaine visible et infrarouge), etc. Il existe même des grenades qui embarquent une caméra et transmettent une vidéo du champ de bataille, vu du ciel[réf. nécessaire]. Quant aux grenades programmables "airburst", elles permettent de programmer l'explosion au-dessus de la cible en vue d'en augmenter l'efficacité létale[2]. Il est considéré que le calibre de 30 mm est le seuil minimal pour créer des éclats capables de percer un gilet pare-balles standard et donc de neutraliser un fantassin qui en est équipé[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article sur l'histoire des lance-grenades et grenades à fusil, site informatif Modern Firearms & Ammunition :
    “What is generally not known is the fact that very similar weapons were developed and tested in USSR prior to WW2, in around 1935-38.”
  2. a et b Raids (magazine), N°273, février 2009, Le fusil d'assaut sud-coréen K11, par Antoine Alcaraz, p.63

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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