Sturmgeschütz III

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Sturmgeschütz III Ausf. G
StuG III Ausf. G au musée Yad la-Shiryon, Israël.
StuG III Ausf. G au musée Yad la-Shiryon, Israël.
Caractéristiques de service
Type Canon d'assaut, chasseur de chars
Caractéristiques générales
Équipage 4
Longueur 6,85 m
Largeur 2,95 m
Hauteur 2,16 m
Masse au combat 23,9 tonnes
Blindage et armement
Blindage 16 - 80 mm
Armement principal 1x 7,5-cm StuK 40 L/48
54 coups
Armement secondaire 1x 7.92 mm MG34
600 coups
Mobilité
Moteur Maybach HL120TRM V-12 moteur à essence
Puissance 300 ch (224 kW)
Suspension barre de torsion
Vitesse sur route 40 km/h
Puissance massique 13 ch/tonne
Autonomie 155 km

Le canon d'assaut Sturmgeschütz III (StuG III) fut le véhicule blindé de combat produit au plus grand nombre d’exemplaires par l’Allemagne au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il était construit sur le châssis du char Panzer III. Conçu au départ comme un canon léger blindé destiné à soutenir l’infanterie, le StuG fut continuellement modifié et fut largement employé comme chasseur de chars. La série des Sturmgeschütz est reconnue pour son excellent rapport qualité/prix. À la fin de la guerre, plus de 10 500 avaient été construits.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Sturmgeschütz trouve son origine dans un projet initialement déposé par le colonel Erich von Manstein au général Beck en 1935, dans lequel il suggérait que la Sturmartillerie (artillerie d’assaut) devrait être utilisée dans un rôle de soutien feu direct pour les divisions d’infanterie. Le 15 juin 1936, Daimler-Benz AG reçut l’ordre de développer un véhicule blindé de soutien d’infanterie capable de supporter le montage d’une pièce d’artillerie de 75 mm. Le canon devait avoir un déplacement latéral de 25 degrés au minimum et être monté dans une superstructure fournissant une protection (y compris sur le dessus) à l’équipage. La hauteur ne devait pas excéder la taille moyenne d’un homme. Daimler-Benz employa le châssis et la boite de vitesse du tank moyen Panzerkampfwagen III qu’il venait de concevoir comme base du nouveau véhicule. La construction du prototype fut déléguée à la société Alkett, qui en 1937 produisit cinq exemplaires de la série expérimentale StuG, basée sur le PsKpfw III ausf. B. Ces prototypes disposaient d’une superstructure en acier doux et du canon Krupp à tube court Sturmkanone 37 L/24 de 75 mm.

Comme le StuG III était destiné à remplir un rôle de soutien rapproché de l’infanterie, les premiers modèles furent pourvus du canon à basse vitesse StuK 37 L/24 de 75 mm qui tirait des obus explosifs. Après que les Allemands eurent été confrontés au char soviétique T-34, les StuG III furent armés du canon à haute vitesse StuK 40 L/43 de 75 mm (printemps 1942) ou anti-char L/48 de 75 mm (automne 1942). Les modèles suivants du StuG III disposèrent d’une mitrailleuse MG34 de 7,92 mm montée sur la coque pour une protection accrue contre l’infanterie.

En 1944, l’armée finlandaise reçut 59 StuG III livrés par l’Allemagne et les utilisa contre l’Union soviétique. Ces derniers détruisirent au moins 87 chars ennemis pour une perte de seulement 8 StuG (certains d’entre eux furent détruits par les équipages lorsqu’ils les abandonnèrent pour en éviter la capture). Après la guerre, ils devinrent le principal véhicule de combat de l’armée finlandaise jusqu’au début des années 1960. Ces StuGs furent surnommés « Sturmi », qui peut être trouvé sur certains modèles réduits en plastique. Les Sturmgeschütz furent également exportés vers d’autres pays comme la Bulgarie, l’Italie, la Roumanie et l’Espagne.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique donna certains des véhicules allemands capturés à la Syrie qui continua à les utiliser au moins jusqu’à la Guerre des Six Jours (1967).

Engagements[modifier | modifier le code]

Avertissement préalable : [1].

StuG III lancé à l'assaut de Stalingrad en septembre 1942.

Ce qui reste probablement l’engagement le plus réussi impliquant des Sturmgeschütz Ausf. F eut lieu à Stalingrad début septembre 1942. Le StuG III Ausf. F appartenant à la Stug. Abt. 244 commandé par le Oberwachtmeister Kurt Pfreundtner détruisit 9 chars soviétiques en l’espace de vingt minutes. Le 18 septembre 1942, le Oberwachtmeister Kurt Pfreundtner fut décoré de la Croix de Chevalier pour ce fait d’armes.

Du 1er au 4 janvier 1943, le Unteroffizier Horst Naumann de la StuG Abt. 184 détruisit douze chars soviétiques au cours de violents combats dans la région de Demyansk. Le 4 janvier, Naumann reçu la Croix de Chevalier pour avoir détruit un total de vingt-sept chars ennemis.

Le plus connu des as de la Waffen SS utilisant des StuG fut le Sturmbannführer Walter Kniep qui commandait la 2e Sturmgeschütz Abteilung de la 2e Pz. Division « Das Reich » de la Waffen SS. Du 5 juillet 1943 au 17 janvier 1944, son unité revendiqua la destruction de 129 chars soviétiques en n’enregistrant la perte que de deux StuG. Il fut décoré de la Croix de Chevalier.

En règle générale, les canons d’assaut de la série Sturmgeschütz se montrèrent très efficaces et servirent sur tous les fronts en tant que canons d’assaut et chasseurs de chars. Bien que les chars Panther et Tiger aient acquis une plus grande réputation, les canons d’assaut ont la destruction de nombreux chars ennemis à leur actif. En raison de leur silhouette basse, les Sturmgeschütz III étaient faciles à camoufler et constituaient une cible difficile à atteindre. En 1944, la plupart d’entre eux étaient pourvus de canons de 75 mm à haute vélocité. On considérait que leurs équipages faisaient partie de l’élite des unités d’artillerie. Au printemps 1944, les unités de Sturmgeschütz détenaient un record impressionnant d’environ 20 000 chars adverses détruits. Au 10 avril 1945, il restait 1 053 Stug III et 277 StuH en service. Environ 9 500 Sturmgeschütz de différentes versions furent produits jusqu’en mars 1945 par Alkett et MIAG.

Versions[modifier | modifier le code]

StuG III, Ausf. A
  • StuG III Ausf. A (Sd.Kfz 142; 1940, 30 exemplaires produits).

Il fut utilisé pour la première fois au cours de la Bataille de France. Il était construit sur la base du châssis du Panzer III Ausf. F et pourvu du canon StuK 37 L/24 de 75 mm

  • StuG III Ausf. B (Sd.Kfz 142; 1940-1941, 320 exemplaires produits).

Chenilles plus larges et autres modifications mineures

  • StuG III Ausf. C (Sd.Kfz 142; 1941, 50 exemplaires produits).

Petites améliorations par rapport à la version précédente

  • StuG III Ausf. D (Sd.Kfz 142; 1941, 150 exemplaires produits).

Petites améliorations par rapport à la version précédente

  • StuG III Ausf. E (Sd.Kfz 142; 1941-1942, 272 exemplaires produits).

Une mitrailleuse MG34 est ajoutée pour protéger le véhicule de l’infanterie ennemie. Autres petites améliorations

  • StuG III Ausf. F (Sd.Kfz 142/1; 1942, 359 exemplaires produits) appelés aussi Stug 40.

Première réelle modification de l’armement. Cette version utilise le canon StuK 40 L/43 qui dispose d’un tube plus long. Ce changement fit que le Stug III devint plus un chasseur de chars qu’un véhicule de support d’infanterie. Des jupes latérales furent ajoutées à certains modèles pour les protéger des fusils anti-char soviétiques; ces jupes se rencontreront toutefois beaucoup plus souvent sur la version Ausf. G qui lui est postérieure.

StuG III Ausf. F/8 (Sd.Kfz.142/1) Musée Militaire Belgrade, Serbie
  • StuG III Ausf. F/8 (Sd.Kfz 142/1; 1942, 334 exemplaires produits).

Nouveau canon, le StuK 40 L/48 de 75 mm.

StuG III, Ausf. G
  • StuG III Ausf. G (Sd.Kfz 142/1; 1942-1945, 7 893 exemplaires produits).

La version finale et de loin la plus construite de la série StuG. La version G utilisait la coque du Panzer III Ausf. M et, après 1944, fut pourvue d’une seconde mitrailleuse. Des versions plus tardives furent pourvues du manteau de canon Saukopf (en groin de cochon), qui était plus efficace que le manteau original pour détourner les tirs au but. Des jupes latérales furent ajoutées à la version G pour une plus grande protection de ses flancs. Certains StuG III furent également créés sur la base du châssis de Panzer III tout en étant pourvus du système de suspension du Panzer IV et furent appelés StuG IV. Seuls vingt exemplaires furent produits. L’intention était de simplifier les réparations sur le terrain, mais le système se révélant inopérant et cette version fut abandonnée.

Sturmhaubitze 42, Ausf. G

En 1942, une variante du StuG III fut conçue avec un obusier de 105 mm à la place du StuK 40 L/43. Ces véhicules désignés sous le nom de Sturmhaubitze 42 (ou StuH 42), également recensés sous le terme Sd.Kfz 142/2), étaient destinés à fournir un support d’infanterie en raison du nombre croissant de StuG III F/8 utilisés dans un rôle de chasseurs de chars. Le StuH était pourvu d’une variante de l’obusier léger de campagne modèle 1918, modifié pour bénéficier d’une mise à feu électrique et pourvu d’un frein de bouche. Les modèles tardifs furent construits au départ de châssis de StuG III G ainsi que de châssis StuG III F et F/8. Le frein de bouche fut souvent ignoré en raison de la rareté des ressources.

En 1943, dix StuG III furent convertis en Stug I (Flamm) par un remplacement du canon par un lance-flammes Schwade. Ces châssis furent tous reconvertis au dépôt et étaient une variante de la version pré-Ausf. F. Aucun rapport n’indique qu’ils auraient été utilisés au combat et ils furent tous retransformés en StuG III standard en 1944.

Le canon automoteur soviétique SU-76i était basé sur un StuG III et sur des chars Panzer III allemands capturés. Près de 1 200 de ces véhicules furent convertis pour être utilisés par l’Armée rouge en y ajoutant à une superstructure et le canon ZiS-5 de 76,2 mm.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. NB : Les chiffres qui figurent dans cette section sont à prendre avec précaution. Comme tout belligérant, l'Allemagne a tendance à gonfler les pertes ennemies et à minorer ses propres pertes. Le cas Allemand a de plus sa spécificité de dictature mettant en exergue "l'homme nouveau". Ainsi, plus qu'une autre nation, l'Allemagne a besoin de héros à montrer en exemple, au contraire d'autres pays plus enclins à publier des chiffres globaux, et non tankiste par tankiste. Les performances individuelles sont donc sans aucun doute largement surestimées. Par ailleurs, les chars détruits annoncés comprennent aussi des blindés largement dépassés et donc très faciles à détruire, comme le T-26, voire des automitrailleuses ou des chenillettes comme le Bren carrier ou des semi-chenillés de type halfttrack sur le front ouest. Enfin, les quelques performances individuelles de tankistes d'exception ne sauraient masquer les pertes subies par ailleurs, sur le front de l'est bien sûr, mais aussi en Normandie. En effet, si le Stug était économique à produire du fait de l'absence de tourelle, cette caractéristique le rendait aussi très vulnérable à des attaques par les côtés. Son blindage supérieur très superficiel le rendait aussi sensible aux attaques aériennes. Il faut donc bien se garder d'accorder une foi totale à des statistiques construites à des fins de propagande.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Un Sturmgeschütz III en manœuvre

Références et Bibliographie[modifier | modifier le code]


  • Peter Müller, Wolfgang Zimmermann: Sturmgeschütz III, en Allemand et anglais History Facts