Maria Montessori

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Maria Montessori

Description de l'image  Maria Montessori.jpg.
Naissance 31 août 1870
Chiaravalle, Drapeau de l'Italie Italie
Décès 6 mai 1952 (à 81 ans)
Noordwijk aan Zee, Pays-Bas
Nationalité Italienne
Profession Médecin, Pédagogue
Formation
Famille

Compléments

Maria Montessori, née le 31 août 1870 à Chiaravalle près d'Ancône, dans les Marches (Italie), et morte le 6 mai 1952 à Noordwijk aan Zee (Pays-Bas), est une femme médecin et une pédagogue italienne. Elle est mondialement connue pour la méthode pédagogique qui porte son nom, la pédagogie Montessori. Elle était représentée sur le dernier billet de 1 000 lires italiennes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maria Montessori naît en 1870 à Chiaravalle près d'Ancône en Italie[1].

Elle est issue d'une famille bourgeoise. Son père était un militaire. Bien que, élevée avec des règles de discipline très strictes, sa mère, très proche d'elle, respectait sa liberté.

En 1882, ses parents déménagent à Rome pour qu'elle fasse des études. Ils souhaitent pour elle une carrière d'enseignante.

En 1884, Maria éprouve un très grand intérêt pour les mathématiques. Ceci entraîne les premières difficultés avec son père. Elle intègre alors une école technique pour garçons, y découvre la biologie et décide de devenir médecin. Elle réussit à s'inscrire à la faculté de médecine et à décrocher une bourse. La discorde avec son père s'amplifie, et il décide de se désintéresser de ce qu'elle fait. De nombreuses personnes de son entourage, tant familial qu'universitaire, la critiquent et se montrent hostiles envers elle.

En 1896, à 26 ans, Maria Montessori devient une des premières femmes diplômée de médecine en Italie. Elle travaille ensuite deux ans durant à la clinique psychiatrique de l'université de Rome. Elle y étudie le comportement de jeunes « retardés mentaux ». C'est là qu'elle découvre que ces enfants n'ont aucun jeu à leur disposition, alors qu'ils ont besoin d'actions pour progresser et ont besoin de leurs mains pour développer leur intelligence. Parallèlement, elle découvre les recherches de Jean Itard (1774-1838), médecin, inventeur de l'otorhinolaryngologie, qui travaille auprès de sourds-muets et notamment ses écrits sur Victor, l'enfant sauvage de l'Aveyron, ainsi que ceux d'Édouard Séguin (1812-1880), pédagogue français auprès d'enfants « idiots », à Bicêtre, auteur de Hygiène et éducation des idiots publié en 1846, qui quittera la France en 1850 et deviendra médecin aux États-Unis. À partir de 1900, elle décide de se consacrer à la pédagogie. Elle travaille à la Scuola Magistrale Ortofrenica (en)[1].

Maria intervient au congrès de pédagogie de Turin en 1899 : Guido Bacceli, Ministre de l'Éducation, lui demande de faire des conférences à Rome peu après. Elle dit alors, en parlant des enfants débiles (au sens médical) : « J'eus l'intuition que le problème de ces déficients était moins d'ordre médical que pédagogique… Je faisais un rapport d'éducation morale ». Peu de temps après, elle crée une école d'orthophrénie. Elle y forme des enseignants et leur fait prendre conscience de l'importance de l'observation : « observer et non juger ». Elle participe à de nombreux congrès à Rome, puis à Paris, d'où elle ramène les œuvres d'Itard et de Séguin qu'elle traduit et recopie à la main. Elle en fait une étude approfondie la nuit ; le jour, elle travaille avec des enfants déficients auxquels elle apprend à lire, à écrire et à qui elle fait passer des examens (avec succès) en même temps qu'aux enfants « normaux ».

En 1901, elle commence à s'intéresser aux enfants « normaux ». Elle entreprend des études de psychologie et de philosophie. En 1906, tournant dans sa vie, elle s'occupe d'enfants « normaux » d'âge préscolaire, pour lesquels elle va créer sa méthode pédagogique.

Maria Montessori avec le journaliste américain Samuel Sidney McClure, qui fit connaître son œuvre aux États-Unis, en 1914.

La création de la première Maison des enfants (Casa dei bambini) a lieu en 1907 dans le quartier populaire de San Lorenzo à Rome[2],[1]. En vue d'améliorer la vie du quartier, un organisme met en chantier la construction de deux immeubles pour regrouper la population des taudis. Son directeur demande alors à Maria Montessori d'organiser la vie des enfants de ces immeubles. Les objectifs sont :

  • regrouper tous ces enfants et les empêcher d'errer, de semer le désordre,
  • procurer une meilleure hygiène et instaurer une harmonie familiale.

On offre aux enfants une « petite maison » dans une « grande maison » pour y vivre la journée. Les parents ont libre accès à l'école. En contrepartie, ils doivent veiller à la propreté et à la bonne tenue (vestimentaire) des enfants. L'institutrice a l'obligation d'habiter dans l'immeuble pour mieux collaborer avec les parents, dans l'optique commune d'éduquer les enfants. La Casa dei bambini devient une base de recherche, un laboratoire d'expérimentation où Maria Montessori construit et éprouve sa méthode.

La première école Montessori aux Pays-Bas à La Haye en 1915.

Elle organise des cours internationaux à partir de 1913. De nombreuses associations et organisations caritatives lui demandent de créer des maisons d'enfants. Elle multiplie les voyages pour effectuer des conférences et organiser des stages de formation pédagogique.

De 1914 à 1918, Maria part aux États-Unis d'Amérique. Elle y crée un collège pour enseignants et dirige une « semaine pédagogique ».

De 1921 à 1931 elle participe aux échanges de la ligue internationale pour l'éducation nouvelle et en particulier à ses congrès où elle présente ses travaux et rencontre les autres grands pédagogues de ce mouvement tels que Adolphe Ferrière, John Dewey et Roger Cousinet.

En 1929 elle fonde l'Association Montessori Internationale dont les objectifs sont de préserver, propager et promouvoir les principes pédagogiques et pratiques qu'elle a formulés pour le plein développement de l'être humain[3].

En 1936, le gouvernement italien fasciste condamne et proscrit les principes montessoriens : il s'ensuit la fermeture de toutes les écoles Montessori. Maria quitte l'Italie et s'installe en Espagne. L'arrivée au pouvoir de Franco lui fait changer ses plans. Elle s'installe alors aux Pays-Bas.

Tombe de Maria Montessori à Noordwijk aan Zee aux Pays-Bas.

De 1939 à 1945, pour fuir la Seconde Guerre mondiale, elle part vivre en Inde, à l'invitation de la Société théosophique. Elle est assignée à résidence en tant que ressortissante italienne jusqu'en 1946. Elle en profite pour créer de nombreuses écoles Montessori.

En 1952, elle retourne en Europe, tout d'abord en Italie qui la réhabilite, mais elle préfère s'installer aux Pays-Bas. Elle décède à Noordwijk aan Zee (Pays-Bas) en 1952 à l'âge de 81 ans[1].

Le fils de Maria Montessori, Mario, continua l'œuvre de celle-ci jusqu'en 1982, année où il décéda à l'âge de 83 ans.

Aujourd'hui il y a plus de 22 000 écoles Montessori sur tous les continents[3]. Plusieurs études ont montré l'intérêt de cette approche pour les enfants victimes des conflits armés (environnement) ou les enfants autistes (combiné avec une approche cognitive comme TEACCH ou ABA).

Concepts-clés[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pédagogie Montessori.

Les deux concepts clés de Maria Montessori sont l'importance de l'éveil sensoriel et du matériel auto-didactique complet.

Sa pédagogie est une méthode d'éducation dite ouverte. Celle-ci repose sur :

  • l'observation de l'enfant,
  • l'enfant comme une personne non seulement digne d'intérêt mais surtout comme l'avenir de la société,
  • l'importance de l'éducation et de l'instruction avant l'âge de 6 ans.

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Psycho-Geometrica, Association Montessori internationale, Amsterdam, sans date
  • (en) Psycho-Grammar, Association Montessori internationale, Amsterdam, sans date
  • (fr) L'Enfant, Desclée de Brouwer, Paris, 1935
  • (fr) De l'enfant à l'adolescent, Desclée de Brouwer, Paris, 1958
  • (fr) Pédagogie scientifique, Desclée de Brouwer, Paris, 1958
  • (it) Psycho-Arithmetica, Garzanti, Milan, 1971
  • (en) Education and Peace, Kalakshetra, Madras, 1972
  • (en) The Secret of Childhood, Orient Longman, Bombay, 1986
  • (en) The Formation of Man, Kalakshetra, Madras, 1991
  • (en) To Educate the Human Potential, Kalakshetra, Madras, 1991
  • (fr) L'Éducation et la paix, Éditions Charles Léopold Mayer, 2002 (ISBN 2-22003-822-X)

Adaptations[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

mille lire italiens avec Maria Montessori
  • Le billet de mille lire italiens avec Maria Montessori en image.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Valeria Paola Babini: Maria Montessori, scientifique et féministe; in Jacqueline Carroy (sous la dir.) "Les femmes dans les sciences de l'homme (XIXe-XXe siècles): Inspiratrices, collaboratrices ou créatrices ?", Editions Seli Arslan, 2005, ISBN 2842761081
  • Clermont Gauthier et Maurice Tardif (coord.), La Pédagogie. Théories et pratiques de l'Antiquité à nos jours, Gaëtan Morin Éditeur, Montréal, 2005.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Hermann Röhrs, « Maria Montessori : 1870-1952 », Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée, Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation, vol. XXIV, no 1-2,‎ 1994, p. 173-188 (lire en ligne)
  2. Le site du Centenaire de la création de la première Maison des enfants (Casa dei bambini)
  3. a et b Association Montessori Internationale

Liens externes[modifier | modifier le code]