Le Roi Soleil

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Le Roi Soleil
Image décrite ci-après
Lyrics Lionel Florence, Patrice Guirao
Musique François Castello, Dove Attia, Cyril Paulus, ...
Mise en scène Kamel Ouali
Chorégraphie Kamel Ouali
Décors Alain Lagarde
Costumes Dominique Borg
Lumières Xavier Lauwers
Producteur(s) Dove Attia, Albert Cohen
Première 22 septembre 2005
Palais des Sport à Paris
Dernière 8 juillet 2007
Langue d’origine français
Pays d’origine Drapeau de la France France

Le Roi Soleil est une comédie musicale produite par Dove Attia et Albert Cohen, mise en scène et chorégraphiée par Kamel Ouali. Cette comédie musicale raconte la vie et les amours de Louis XIV (« Le roi soleil » est le surnom que s'était attribué Louis XIV). La première du spectacle a eu lieu le 22 septembre 2005 au Palais des sports de Paris. La dernière a eu lieu le 8 juillet 2007 au Palais omnisports de Paris-Bercy après 2 saisons à Paris et 2 tournées en France, Belgique et Suisse. La comédie musicale du Roi Soleil a remporté à deux reprises le NRJ music awards du Groupe/duo francophone de l'année en 2006 et en 2007.

Histoire[modifier | modifier le code]

Acte I[modifier | modifier le code]

L’histoire est introduite par Molière, qui dévoile le contexte du spectacle, et plaint les conditions de vie du peuple de Paris du XVIIe siècle. Soudain, il est interrompu par la Fronde, un soulèvement populaire lancé contre le cardinal de Mazarin, sous les commandes du Duc de Beaufort François de Vendôme (Contre ceux d’en haut). Mais, au son des canons, la révolte est matée par les autorités. Isabelle, la fille du peuple et amoureuse de François, assiste impuissante aux morts tués par les canons (Qu’avons-nous fait de vous ?).

Dans la scène suivante, dans le salon du subversif poète Scarron, on boit, on chante, on rit fort. Scarron, âgé et très malade, demande la main de la belle mais très jeune Françoise d’Aubigné (Je serai lui).

Le jeune Louis XIV est sacré roi de France à Reims (Être à la hauteur). Sauf que le pouvoir lui est confisqué par sa mère Anne d’Autriche et Mazarin, qui mettent en doute la capacité du jeune monarque à régner seul. De toute façon, la Cour rend hommage au nouveau roi, et Monsieur, son frère, chante la comédie humaine (Ça marche).

Louis apprend l’amour auprès de Marie Mancini, une émigrée italienne sans naissance et nièce de Mazarin (Où ça mène quand on s’aime). Au début de son règne, le jeune monarque veut s’affirmer ; il décide alors de partir à la guerre à la tête de son armée, en dépit de Mazarin et de sa mère, mais Marie est prise par une mauvaise intuition (Encore du temps). Hélas, l’intuition dit vrai : en effet, Louis tombe à la guerre. Tout le monde le croit mort (Requiem Aeternam) ; par conséquent, la Cour l’oublie pour se tourner vers Monsieur, qui refuse de porter la couronne (À qui la faute).

Tout à coup, Louis revient miraculeusement à la vie. C’est à ce moment-ci qu’il tombe éperdument amoureux de Marie – qui ne l’a pas oublié – et la demande instantanément en mariage (Je fais de toi mon essentiel). L’Italienne lui rappelle que le mariage d’un roi avec une femme sans naissance est impossible, et qu’Anne d’Autriche, Mazarin et le Pape lui-même s’y opposeront, mais Louis s’obstine, déclarant qu’il est le roi et que c’est lui qui décidera. Pourtant, la raison va finir par l’emporter : Anne d’Autriche et Mazarin mettent fin au lien amoureux en condamnant Marie à l’exil et en forçant le jeune roi à épouser l’infante d’Espagne (S’aimer est interdit).

C’est ainsi que le premier acte finit par la douleur de la séparation. Louis XIV apprend qu’il a sacrifié son destin d’homme à celui de roi.

Acte II[modifier | modifier le code]

1661 : Mazarin est mort (Repartir). Louis XIV, affermi dans toute son autorité, après s’être débarrassé de sa mère, peut enfin régner seul. Sous le nom du Roi-Soleil (Pour arriver à moi), il déclare à ses ministres : «À partir d’aujourd’hui, l’État, c’est moi!».

Dans ce deuxième acte, il va se perdre dans les bras de nombreuses femmes, dont la sulfureuse Madame de Montespan (Un geste de vous), et vivre dans le luxe en oubliant son peuple, qui va payer un lourd tribut à la construction d’un rêve démesuré, le château de Versailles (Entre ciel et terre).

Des épisodes mouvementés ébranlent la paix instaurée dans le royaume, comme l’affaire du masque de Fer et celle des poisons. Louis tombe raide amoureux de Françoise d’Aubigné, veuve Scarron et gouvernante des enfants illégitimes qu’il a eus avec Madame de Montespan (Alors d’accord). Jalouse de cette attention, Madame de Montespan célèbre alors une messe noire officiée par la sorcière La Voisin (J’en appelle). Malgré cela, le roi réalise ce qu’il n’a pas pu réussir avec Marie Mancini – il aime toujours Françoise d’Aubigné et la demande en mariage envers et contre tous. Aussitôt, il donne l’ordre de mettre fin aux messes noires et signe la disgrâce de Madame de Montespan. Hélas, Françoise, malgré tout l’amour qu’elle porte au roi, refuse d’être sa maîtresse (Personne n’est personne).

Au même instant, le château de Versailles est enfin achevé. On chante alors l’installation de Louis et de sa cour dans ce magnifique palais (Et vice Versailles).

L’infante d’Espagne, épouse du Roi-Soleil, s’éteint. Louis refuse de se remarier avec une princesse de sang royal, et décide alors d’épouser Françoise (La vie passe). Celle-ci accepte – ainsi, le roi Louis XIV, le plus grand monarque français de tous les temps, réussit enfin à accomplir bien plus que son destin de roi, son destin d’homme (Tant qu’on rêve encore).

Artistes[modifier | modifier le code]

Le final. Louis XIV n'est pas joué par Emmanuel Moire mais exceptionnellement, ici, par sa doublure, Emmanuel Dahl

Interprètes principaux[modifier | modifier le code]

Doublures[modifier | modifier le code]

Comédiens[modifier | modifier le code]

  • Danseurs professionnels:

Marjorie Ascione (capitaine des danseurs), Delphine Attal (danseuse et rôle d'une précieuse chez Scarron), Massimiliano Belsito (danseur et doublure de Mazarin), Emilie Capel, Géraldine Couf (danseuse, rôle de mademoiselle de Lisieux chez Scarron, rôle d'une courtisane et doublure de Ninon de Lenclos), Sabrina Fontaine (danseuse et rôle d'une courtisane "Le triomphe de Montespan"), Michaël Foppolo, Sarah Gelle (danseuse, rôle d'une courtisane, doublure de Mlle de Lisieux et de La Voisin),Jessica Di Girolamo, Guillaume Jauffret, Fabien Hannot, Estelle Manas, Tommy Pascal (danseur et rôle de Scarron), Stefano Pistolato, Baptiste Oberson (danseur et doublure de Scarron),Abkari Saitouli, Salem Sobihi, Valentin Vossenat.

  • Danseurs à l’AID:

Caroline Blot, Peter Bordage, Aurore Carbonneau (danseuse et rôle d'une suivante de madame de Montespan), Joseph Di Marco, Alexandra Frouin, Aurélie Lousouarn, Mathilde Raynal, Yanis Marshall, Kalil Alaoua, Sofiane Tiet, et Mehdi Kerkouche (doublure de Monsieur frère du Roi).

Enfants[modifier | modifier le code]

Chansons[modifier | modifier le code]

Acte I[modifier | modifier le code]

  • Prélude versaillais (instrumental).
  • Contre ceux d'en haut (M. Rim avec l'intervention de V. Petrosillo).
  • Qu'avons-nous fait de vous ? (V. Petrosillo avec l'intervention de M. Rim).
  • Je serai à lui (C. Andria).
  • Être à la hauteur (E. Moire).
  • Ça marche (C. Maè).
  • Où ça mène quand on s'aime (A.-L. Girbal, E. Moire).
  • Encore du temps (V. Petrosillo,A.-L. Girbal).
  • Requiem Aeternam (en latin) (V. Petrosillo, M. Rim, A.-L. Girbal).
  • À qui la faute (C. Maé).
  • Je fais de toi mon essentiel (E. Moire avec l'intervention de A.-L. Girbal).
  • S'aimer est interdit (A.-L. Girbal, E. Moire).

Acte II[modifier | modifier le code]

  • Repartir (M. Rim, V. Petrosillo, C. Andria)
  • Le ballet des planètes (instrumental)
  • Pour arriver à moi (E. Moire)
  • Un geste de vous (L. Ansaldi, C. Maé avec l'intervention d'E.Moire)
  • Le bal des monstres (instrumental)
  • Entre ciel et terre (M. Rim, V. Petrosillo)
  • Alors d'accord (C. Andria et un enfant)
  • La danse de l'aigle (instrumental)
  • J'en appelle (L. Ansaldi)
  • L'arrestation (instrumental)
  • Personne n'est personne (V.Pétrosillo, C.Andria)
  • Lyric Box (instrumental)
  • Et vice Versailles (C.Maé)
  • La vie passe (E.Moire;C.Andria)
  • Tant qu'on rêve encore (La Troupe du Roi Soleil)
  • Rappels : Être à la hauteur et Je fais de toi mon essentiel (La Troupe du Roi Soleil)

Scènes de comédie et intermèdes musicaux[modifier | modifier le code]

Acte I[modifier | modifier le code]

La révolte, Canonade, La mazarinade, Présentation de Françoise, Anne et Mazarin, Mazarinade suite, Anne et Mazarin, Hommage au roi, Le roi et Marie, On parle du roi et de Marie, Départ pour la guerre, La bataille, Le roi va mieux, Les amants surpris."

Acte II[modifier | modifier le code]

Confession de Mazarin, L'État c'est moi, Présentation de Montespan, Triomphe de Montespan, Montespan chez la Voisin, Françoise gouvernante, La fête à Versailles, La colère de Montespan, Le roi et l'enfant, Louis et Francoise, Le bannissement de Montespan, La lettre, Conclusion de Molière.

Le traitement de l'histoire dans « Le Roi Soleil »[modifier | modifier le code]

L'interprétation historique[modifier | modifier le code]

La Fronde
  • La Fronde est présentée d'entrée comme un mouvement populaire, une révolution avant l'heure. Or la Fronde est d'abord une guerre de pouvoir au plus haut sommet de l'état (Gaston de France, Condé, contre Mazarin et Anne d'Autriche), relayé par le Parlement de Paris et par les corporations commerçantes de Paris, révoltées contre l'augmentation des impôts. L'interprétation des faits est ici passablement anachronique et rappelle fortement la révolution de 1830 telle qu'elle est traitée dans Les Misérables de Victor Hugo. Le duc de Beaufort y est même dépeint comme un révolutionnaire romantique, associé à une fille du peuple, Isabelle.
  • Le règne de Louis XIV est présenté comme un épisode de l'histoire dénué de relief : les aspects positifs de son bilan (faveur des arts et des sciences, grands chantiers, modernisation du pays) comme ses épisodes négatifs (ruine du pays par les campagnes guerrières du roi, la révocation de l'Édit de Nantes, institutionnalisation de l'esclavagisme) sont complètement laissés de côté au profit d'une vie de cour plutôt tranquille. L'affaiblissement de la noblesse, la centralisation de la France et l'absolutisme de son roi, qui sont les faits majeurs du règne de Louis XIV, sont à peine évoqués. L'importance croissante de la religion, sous l'influence notamment de Mme de Maintenon, n'est pas mentionnée. On ne peut pas qualifier ces omissions d'imprécisions ou d'erreurs historiques, mais elles ne donnent pas une idée bien complète de l'importance du règne de Louis XIV dans l'histoire de France.
  • Monsieur, le frère du roi, est présenté de manière plutôt classique comme le fêtard inconséquent et fantaisiste que sa mère avait fait de lui pour l'écarter du trône. Son pouvoir financier (égal à celui du roi), son talent de militaire ou son influence très particulière sur la cour ne sont pas évoqués.
  • La plupart des personnages féminins sont également édulcorés, notamment celui de Marie Mancini et surtout Madame de Maintenon, qu'on présente comme une candide victime de Madame de Montespan, et dont l'influence sur la vie personnelle de Louis XIV et la fin de son règne n'est pas évoquée.

Les faits[modifier | modifier le code]

  • L'intoxication alimentaire qui faillit couter la vie au roi lors de la prise de Bergues est transformée en blessure de guerre (ce n'est pas dit, mais lourdement sous-entendu).
  • Le Duc de Beaufort, cousin bâtard du roi, devient l'Homme au masque de fer, hypothèse déjà apparue en littérature sous la plume de Lagrande-Chancel mais n'ayant jamais été évoquée par des historiens, ne serait-ce que pour ses anachronismes, la vie du duc de Beaufort pendant la période d'incarcération de l'homme au masque de fer étant parfaitement connue.
  • Le vieillissement du roi (qui est un homme d'âge mûr lorsqu'il épouse Mme de Maintenon) n'est pas montré.
  • Les personnages masculins de la pièce ne portent pas la moustache caractéristique de l'époque.

Autour du spectacle[modifier | modifier le code]

La troupe de la comédie musicale, NRJ Music Awards 2006

Après quelques échecs plus ou moins importants (Les demoiselles de Rochefort, Belles Belles Belles), la comédie musicale en France attendait un succès véritable, et tout a été fait pour que ce soit le Roi Soleil qui l'obtienne. L'équipe est en partie celle des Dix Commandements (un très grand succès, déjà), le spectacle a été préparé pendant deux ans, avec un budget de six millions d'euros et le soutien de nombreux médias, notamment NRJ et TF1. Le spectacle occupe plus de cent cinquante professionnels confirmés (dont cinquante cinq rien que sur scène). Les décors, et surtout les costumes, sont extrêmement soignés, ainsi que les chorégraphies réalisées par Kamel Ouali.
Préparé par une importante présence médiatique de ses chansons, le spectacle est tout de suite un succès et a été représenté 380 fois[1] devant un total d'un million six cent mille spectateurs environ[2]. L'album a lui-même été vendu à près d'un million d'exemplaires et les singles qui en ont été extraits se sont plutôt bien distribués : Être à la hauteur (150 000 ex.), Je Fais de toi mon Essentiel (300 000 ex.), Tant qu’on rêve encore” / Un geste de Vous (150 000 ex.), La vie passe (100 000 ex.).

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Chiffre donné par un interprète du spectacle dans une émission musicale
  2. Estimation relayée par de nombreux médias. Le chiffre donné par le site officiel est de 800 000 spectateurs en France en 2006

Liens externes[modifier | modifier le code]