La Voisin

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La Voisin, estampe du XVIIe siècle.

Catherine Deshayes dite la Voisin (Paris, v. 1640 – Paris, 22 février 1680) est une tueuse en série (empoisonneuse) française, prétendue sorcière.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mariée très jeune au sieur Montvoisin qui lui donna une fille, elle devint vite veuve.

Chiromancienne, avorteuse, se livrant à la pratique des messes noires, elle fut mêlée à l'« affaire des Poisons ». Elle aurait agi pour le compte de Mme de Montespan, qui était alors délaissée par Louis XIV pour Mlle de Fontanges et voulait revenir en faveur par ses sortilèges.

Jugée avec 36 complices, elle raconta lors des interrogatoires qu'elle avait « brûlé dans le four, ou enterré dans son jardin[1], les corps de plus de 2500 enfants nés avant terme »[2], fut condamnée à mort et brûlée en place de Grève le 22 février 1680. Quant à Mme de Montespan, elle ne fut pas inquiétée, par protection du roi, et continua à fréquenter la Cour.

Témoignages[modifier | modifier le code]

« Je ne vous parlerai que de Madame Voisin ; ce ne fut point mercredi, comme je vous l'avais dit, qu'elle fut brûlée, ce ne fut qu'hier. Elle savait son arrêt dès lundi, chose fort extraordinaire. Le soir elle dit à ses gardes : « Quoi ? Nous ne faisons pas médianoche ? » Elle mangea avec eux à minuit, par fantaisie, car ce n'était point jour maigre ; elle but beaucoup de vin, elle chanta vingt chansons à boire.
À cinq heures on la lia ; et, avec une torche à la main, elle parut dans le tombereau, habillée de blanc : c'est une sorte d'habit pour être brûlée. Elle était fort rouge, et on voyait qu'elle repoussait le confesseur et le crucifix avec violence.
À Notre-Dame, elle ne voulut jamais prononcer l'amende honorable, et devant l'Hôtel-de-Ville elle se défendit autant qu'elle put pour sortir du tombereau : on l'en tira de force, on la mit sur le bûcher, assise et liée avec du fer. On la couvrit de paille. Elle jura beaucoup. Elle repoussa la paille cinq ou six fois ; mais enfin le feu augmenta, et on l'a perdue de vue, et ses cendres sont en l'air actuellement. Voilà la mort de Madame Voisin, célèbre par ses crimes et son impiété. »

— Madame de Sévigné à sa fille, 23 février 1680

Au cinéma[modifier | modifier le code]

La Voisin a été interprétée à l'écran par :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elle possédait une maisonnette au 23-25 rue Beauregard.
  2. « Un cas particulier : le diable et la marquise »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Christian Petitfils, Crime et sorcellerie au temps du Roi Soleil, Paris, Perrin, 2010