Marie Mancini

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Marie Mancini

Description de l'image  Marie-mancini.jpg.
Naissance 28 août 1639
Rome
Décès 8 mai 1715 (à 75 ans)
Pise
Nationalité Italienne
Famille

Marie Mancini (Rome, 28 août 1639- Pise, 8 mai 1715), épouse du connétable Lorenzo Colonna, était une nièce du cardinal Mazarin, fille de Geronima Mazzarini et du baron Michele Mancini, et sœur de Laure-Victoire, Paul, Olympe, Philippe, Alphonse, Marie-Anne et Hortense Mancini.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un amour du Roi[modifier | modifier le code]

Nièce de Mazarin qui l'a fait venir de Rome à la cour de France, Marie Mancini est réputée pour avoir été le premier véritable amour du jeune Louis XIV. En juillet 1658, après le siège de Dunkerque, Louis XIV tombe gravement malade et Marie, pensant que la fin est proche, manifeste l'intérêt qu'elle a pour lui en versant des larmes qui ont fait date dans l'Histoire. Ce sont ses pleurs qui attirent sur elle l'attention du jeune roi, attention qu'elle conserve ensuite par son esprit et sa culture, littéraire notamment.

Si certains, au même titre que le roi, voient dans ces larmes la preuve d’un amour désintéressé et sincère, d’autres, moins romanesques, y voient plutôt la déception d’une jeune femme qui, après avoir longtemps été le faire-valoir de sa sœur la comtesse de Soissons, voit sa campagne amoureuse menée à l'intention de Louis s’anéantir. En effet, alors que Marie venait à peine de s’attirer l’attention du roi par son esprit brillant, elle apprend qu’il peut mourir d’une minute à l’autre. Elle qui avait tout misé sur l’amour de Louis, effleurant même le projet de monter un jour sur le trône de France, voit ses aspirations se dissiper. Si elle était devenue reine, quelle revanche aurait-elle prise sur ses sœurs, sur son oncle, le cardinal Mazarin, et sur toute la Cour qui ne la prend pas au sérieux. C’est pourquoi, durant le temps de la maladie du roi, Marie « se tua de pleurer », selon les mots de la Grande Mademoiselle.

Lorsque la Cour regagne Fontainebleau, Marie Mancini en est devenue le point d'attraction, présidant aux fêtes et aux bals, succédant à sa sœur Olympe, qui avait précédemment la faveur du roi. Comme elle, Marie est une précieuse, et entoure sa relation avec le roi d'un luxuriant imaginaire romanesque, inspiré de l'Arioste et du Tasse.

La mère du Roi, la Reine Anne d'Autriche, et le Cardinal Jules Mazarin s'opposèrent à une éventuelle union des deux jeunes gens, qui aurait représenté une mésalliance inacceptable, d'autant plus que le cardinal est en pourparlers afin de négocier un mariage royal avec l'infante Marie-Thérèse d'Autriche et que Marie n'aime pas beaucoup son oncle. Mazarin n'avait donc aucun avantage à faire en sorte que sa nièce devienne reine car à peine intronisée, elle l'aurait certainement congédié[réf. nécessaire].

L'éloignement forcé de Marie pendant quelques mois, d'abord à La Rochelle puis à Brouage, et sa dernière entrevue avec Louis XIV avant son départ de la cour, le 22 juin 1659, ont inspiré un vers célèbre de Racine dans sa tragédie Bérénice :

« Vous êtes empereur, Seigneur, et vous pleurez ! »

— Bérénice, Acte IV, scène 5

Mariage et errance[modifier | modifier le code]

En 1661, Marie accepta d'épouser le prince Lorenzo Colonna, Louis XIV n'ayant rien fait pour la retenir en France. Elle partit vivre à Rome. Mais sa relation conjugale ne tarda pas à se dégrader. Après avoir donné trois fils à son époux (Filippo en 1663, Marcantonio en 1664 et Carlo en 1665), Marie estima pouvoir se soustraire à son devoir conjugal, tout en courant les galants. Les infidélités de son mari étaient par ailleurs connues, mais ce dernier, de caractère ombrageux et violent, n'en refusa pas moins la vie dissolue de sa femme. Craignant pour sa vie (à tort ?), Marie quitta époux et enfants pour parcourir l'Europe avec sa sœur Hortense Mancini, duchesse de Mazarin et Philippe, duc de Nevers, son frère.

Elle mourut en 1715, mais Louis XIV refusa toujours de la revoir. Elle repose à l'entrée de l'église du Saint-Sépulcre de Pise.

Elle sera l'arrière-arrière-grand-mère du prince Camille Borghèse (1775-1832), second époux de Pauline Bonaparte (1780-1825).

Par son arrière-petite fille Felice Colonna (épouse de Giuseppe Alliata, prince de Buccheri) et par la petite-fille de celle-ci Maria Felice Alliata, épouse de Fulco Giordano Ruffo di Calabria, 8e prince de Scilla, Marie Mancini est aussi l'aïeule à la 9e génération de Paola Ruffo di Calabria, reine consort des Belges, de 1993 à 2013 en tant qu'épouse d'Albert II.

Interprétations[modifier | modifier le code]

Éditions des Mémoires[modifier | modifier le code]

  • Marie Mancini, Les Mémoires de M. L. P. M. M. Colonne, G. connétable du royaume de Naples (texte apocryphe), Cologne, P. Marteau, 1676
  • Marie Mancini, La Vérité dans son jour, ou Les véritables mémoires de M. Manchini, connétable Colonne, paru en Espagne, 1677
  • Marie Mancini, Apologie, ou Les véritables mémoires de Mme Marie Mancini, connétable de Colonna, écrits par elle-même (version corrigée et remaniée de La Vérité dans son jour[1]), Leyde, J. Van Gelder, 1678
  • Les Illustres aventurières ou Mémoires d'Hortense et de Marie Mancini, préface et notes de Pierre Camo, Paris, H. Jonquières, 1929
  • Hortense et Marie Mancini, Mémoires d'Hortense et de Marie Mancini, édition présentée et annotée par Gérard Doscot, Paris, Mercure de France, 1965, rééd. collection « Le temps retrouvé », 1987 (ISBN 2-7152-1451-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir l'introduction de Lucien Perey, Le Roman du Grand Roi : Louis XIV et Marie Mancini, d'après des lettres et documents divers, Paris, Calmann-Lévy, 1894, p. II-IV.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]