Méléagant

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Méléagant
Personnage de fiction apparaissant dans
la Légende arthurienne.

Origine Dieu Melwas
Sexe Masculin
Espèce Humain
Activité(s) Roi ou chevalier de la Table Ronde
Famille Roi Baudemagus (ou roi de Gorre), roi Urien
Ennemi(s) Lancelot

Méléagant (parfois Mahoeloas, Maleagant, Meliagrance, Mellyagraunce, etc) est un personnage de la légende arthurienne. Il provient certainement d'une divinité celte du nom de « Melwas », seigneur du Pays de l'Été. Méléagant revêt différentes fonctions selon les auteurs, pouvant être un roi, un chevalier de la table ronde chez Thomas Malory, ou un fils de roi, chevalier félon venu d'un pays étranger d'après le roman de Chrétien de Troyes, Lancelot ou le Chevalier de la charrette. Dans tous les cas, il est l'instigateur de l'enlèvement de la reine Guenièvre, ou l'enlève lui-même, avant d'être vaincu par le chevalier Lancelot.

Le personnage réapparaît dans les adaptations modernes de la légende arthurienne, entre autres dans Kaamelott d'Alexandre Astier, où il joue un rôle important dans la destruction de la Table Ronde.

Étymologie et terminologie[modifier | modifier le code]

Roger Sherman Loomis considère que la forme Maleagant ou Meleagans provient directement du brittonique « Melwas » qui désigne le seigneur du Pays de l'Été, une sorte de dieu de l'Autre Monde dans les contes celtiques. Il énumère un certain nombre de variantes, y compris « Mehaloas », « Méliens » et « Malvasius »[1]. D'autres existent, puisque Philippe Ménard et Danielle Queruel citent la forme « Meliagrain »[2], et Christopher W. Bruce les formes Meleag(r)aunce, Meliakanz, Meljaganz, Miljanz et Milienc[3].

Origine[modifier | modifier le code]

Méléagant est certainement inspiré d'un personnage des légendes galloises nommé Melwas[3]. La première version populaire racontant l'enlèvement de Guenièvre provient d'un manuscrit du début du XIIe siècle concernant la vie de Gildas, rédigé par Caradoc de Llancarfan. Dans ce texte, le roi du pays de l'été Melwas enlève Guenièvre hors de son fief de Glastonbury. Arthur la retrouve après un an de recherches et prépare l'assaut du château, mais Gildas négocie son retour en toute sécurité. Melwas apparaît aussi dans un fragment de dialogue gallois, ce qui atteste que cette histoire était largement connue au Pays de Galles. Une sculpture monumentale de la cathédrale de Modène, en Italie, contient une scène liée. Arthur et ses guerriers y assiègent un château. Un personnage identifié comme « Mardoc » se trouve avec « Winlogee », probablement Guenièvre[4].

Dans la littérature arthurienne[modifier | modifier le code]

Méléagant est avant tout celui qui enlève la reine Guenièvre, chez Chrétien de Troyes comme dans la vulgate du Lancelot[3].

Lancelot ou le Chevalier de la charrette[modifier | modifier le code]

Fils du roi de Gorre et chevalier du Pays sans Retour, il surgit à la cour du roi Arthur un jour de l'Ascension. Il enlève Guenièvre, que Lancelot du Lac viendra délivrer. Dans ce même récit, Lancelot lui tranche la tête. Méléagant y est présenté comme un double « négatif » de Lancelot, c'est un puissant chevalier mais vaniteux, orgueilleux, enlevant Guenièvre au lieu de la séduire, méprisant envers Arthur et rebelle à son père.

Sone de Nansay[modifier | modifier le code]

Lancelot passant le pont de l'Épée, enluminure d'un manuscrit, vers 1475.

Dans le roman Sone de Nansay, Sone visite une île qui serait celle de Méléagant. Son père était le roi Baudemagus, et son grand-père Tadus. L'île de Méléagant est parfaitement carrée, ses parois sont faites de cristal. Un palais se trouve à chaque coin et au centre, une fontaine jaillit à travers une corne de cuivre doré. Le Pont de l'Epée (Sword Bridge) relie l'île à une chaussée permettant de rejoindre le continent. À l'époque de Méléagant, beaucoup d'hommes ont été décapités[5].

Le Morte d'Arthur[modifier | modifier le code]

Dans Le Morte d'Arthur de Thomas Malory, Méliagrance est le cousin du roi Urien[6]. Cette version diffère des précédentes, puisque la motivation du félon pour enlever la reine est l'amour, non la fierté. Le Méliagrance de Thomas Malory apparaît aussi particulièrement incompétent pour un chevalier, déléguant l'enlèvement de Guenièvre à d'autres en raison de sa peur de Lancelot. Enfin, il est un chevalier de la Table Ronde détenteur d'un château à Lambeth, près de Camelot[3].

Autres[modifier | modifier le code]

Selon Jean Markale, Maheolas, le sire de l'Ile de Verre dans Erec et Enide, n'est autre que Méléagant, bien qu'il soit décrit comme un preux[7].

Adaptations modernes[modifier | modifier le code]

Dans la série télévisée Kaamelott, Méléagant est une sorte d'ange de la mort envoyé par les dieux comme la « réponse » aux agissements d'Arthur qui leur a fait affront. On se rapproche alors plus de la tradition des contes celtiques. Dans cette série, le Méléagant selon Chrétien de Troyes n'est autre que Lancelot lui-même, après sa sédition, dont l'intégrité confinant à l'intégrisme le pousse à exprimer ses mauvais côtés, allant jusqu'à détenir Guenièvre contre sa volonté. Alexandre Astier accorde un grand rôle à Méléagant dans le Livre V. Arthur donne les pleins pouvoirs à Lancelot pour instaurer un nouvel ordre mais, conseillé par Méléagant, il arrête les derniers chevaliers et fait brûler la Table Ronde[8]. Méléagant est présent à Rome et même probable instigateur du suicide de César, ceci traduit une présence antérieure aux dits agissements d'Arthur qui n'est pas encore roi du Royaume de Logres.

L'adaptation jeunesse d'Anne-Marie Cadot-Colin et François Baranger, Lancelot du Lac, reprend la version de Chrétien de Troyes. Méléagant, fils du roi Baudemagu du pays de Lorre, vient défier Lancelot à la cour d'Arthur[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Loomis 1997, p. 359
  2. Philippe Ménard et Danielle Queruel, Le Roman de Tristan en prose, Volume 7, Librairie Droz, 1994, (ISBN 260000050X et 9782600000505), p. 501
  3. a, b, c et d (en) Christopher W. Bruce, The Arthurian Name Dictionary, Routledge, 2013, (ISBN 1136755381 et 9781136755385), p. 352
  4. (en) Marilyn Stokstad, « Modena Archivolt », dans The New Arthurian Encyclopedia, New York, Garland,‎ 1991, p. 324-326
  5. Loomis 1997, p. 211
  6. Sir Thomas Malory, Le Morte D'Arthur, Volume 45 de Everyman's Library, Library of Alexandria, 1947, (ISBN 1465528814 et 9781465528810) [lire en ligne]
  7. Jean Markale, Le roi Arthur et la société celtique
  8. Christian Bosseno, Télévision française La saison 2011: Une analyse des programmes du 1er septembre 2009 au 31 août 2010, éditions L'Harmattan, 2011, (ISBN 2296463959 et 9782296463950), p. 113
  9. Anne-Marie Cadot-Colin et François Baranger, Lancelot du Lac, Livre de Poche Jeunesse, 2008, (ISBN 2013232284 et 9782013232289), chap. I Le défi de Méléagant - livre numérique [lire en ligne]

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Sherman Loomis, Celtic Myth and Arthurian Romance, Academy Chicago Publishers,‎ 1997 (ISBN 0-89733-436-1)