Nouvelle Objectivité

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La Nouvelle Objectivité (en allemand : Neue Sachlichkeit) est un courant artistique (1918-1930) apparu en Allemagne dans les années 1920 et qui succède à l'expressionnisme, dont il découle par bien des aspects. La Nouvelle Objectivité embrasse toutes les disciplines.

Concernant l'architecture :

Histoire[modifier | modifier le code]

L'objectivité se développe dans plusieurs grandes villes de l'Allemagne et réunit alors beaucoup de grands artistes et intellectuels qui, provenant souvent du mouvement Dadaïste, ont fortement pris conscience de leur responsabilité politique et de leur « devoir contestataire ».

Cette appellation a été inventée en 1925, à la suite d'une exposition très médiatisée et qualifiée de post-expressionniste, qui s'est tenue à la Kunsthalle de Mannheim.

La Nouvelle Objectivité n'a ni programme ni manifeste, contrairement au surréalisme qui se développe à la même époque en France. Elle se divise toutefois en deux branches bien distinctes qui, chacune à sa manière, affichent une même volonté, après certains débordements expressionnistes, de revenir au réel et au quotidien. Le clivage s'inscrit d'abord sur le plan politique : la branche dite « de droite », raccordée à Karlsruhe et Munich, retourne ainsi à un classicisme harmonieux et intemporel alors que, la branche de gauche, centrée sur « Berlin la rouge », s'engage radicalement dans une vision froide et cynique de la société. Vers 1930, le mouvement dépasse les frontières de l'Allemagne.

Cependant, outre ce clivage politique, trois courants formels peuvent également être distingués. Ils peuvent être qualifiés de :

  • vériste : ancré dans le politique et le social, donnant des représentations entre cynisme et cruauté ;
  • "classique" : le peintre Giorgio de Chirico, rattaché au surréalisme, en est quasiment l'archétype quant au style ;
  • magico-réaliste : introduit par Franz Roh, ce troisième courant interne constitue parfois un pont avec le surréalisme (veine fantastique, sciences parallèles, l'irrationnel, etc.).

D'un point de vue global, la Nouvelle Objectivité se caractérise par une volonté de représenter le réel sans fard. « Entre jugement et constat », elle tend à la société malsaine et corrompue de l'après-guerre un miroir froid. L'art lui sert d'arme.

En photographie, ce mouvement s'est caractérisé par sa forte dimension sociale et son refus du pictorialisme.

En peinture, les mêmes préoccupations sociales aboutissent à des œuvres parfois aux limites de la caricature.

D'autres domaines comme le cinéma, la littérature, la musique, le graphisme et l'art décoratif s’entrouvrent à la Nouvelle Objectivité.

Liés à la République de Weimar, les artistes de la Nouvelle Objectivité seront nombreux à être pointés du doigt comme « artistes dégénérés » par le régime nazi. C'est pourquoi d'ailleurs le mouvement s'éteint en 1933, avec l'arrivée d'Hitler au pouvoir. De nombreux artistes choisissent alors l'exil.

Artistes de la Nouvelle Objectivité[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

De nombreux artistes furent influencés par la Nouvelle Objectivité dont Balthus, Salvador Dalí (dès 1924) et Auguste Herbin.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Allemagne année 20 : La Nouvelle Objectivité, Paris, RMN, 2003 (ISBN 978-2711846238)

Liens externes[modifier | modifier le code]