Éthiopiques (Héliodore)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Éthiopiques et Théagène et Chariclée.

Les Éthiopiques (en grec ancien Αἰθιοπικά / Aithiopiká) sont un roman grec d'Héliodore d'Émèse (IIIe ou IVe siècle), divisé en dix livres. L'œuvre est parfois connue sous le titre Théagène et Chariclée.

C'est l'histoire d'une princesse d'Éthiopie (terme désignant alors la Nubie), abandonnée à sa naissance par sa mère la reine Persina et transportée à Delphes où elle est élevée par le Grec Chariclès sous le nom de Chariclée et devient prêtresse d'Artémis. Assistant à des jeux gymniques à Athènes, elle rencontre un jeune Thessalien qui y concourt, nommé Théagène, et ils s'éprennent l'un de l'autre. Pour obéir à un oracle, ils quittent Delphes sous la conduite du sage égyptien Calasiris, et après plusieurs aventures en mer sont jetés par un naufrage en Égypte, sur les bouches du Nil. Ils traversent alors de rudes épreuves, tantôt ensemble, tantôt séparés, notamment du fait de la passion qu'Arsacé, femme du satrape d'Égypte Oroondatès, conçoit pour Théagène. Prisonniers des Perses, ils sont finalement capturés par l'armée du roi Hydaspe et conduits à Méroé, capitale de l'Éthiopie. Inconnus, ils sont sur le point d'être immolés au soleil quand Chariclès arrive de Grèce et la reconnaissance attendue a lieu. L'histoire finit par le mariage des héros, qui se sont gardés fidèles l'un à l'autre.

Le récit se recommande par ses nombreux rebondissements, ses personnages très variés, et le pittoresque de ses descriptions. Il est plein de réminiscences d'Homère et d'Euripide. Les épreuves de ces amants chastes et fidèles ont reçu des interprétations allégoriques, par exemple par l'humaniste byzantin Jean Eugénikos (XVe siècle).

Réception[modifier | modifier le code]

Le roman était bien connu à l'époque byzantine. À la Renaissance, il fut imprimé pour la première fois à Bâle en 1534, et fut traduit en français par Jacques Amyot en 1547, en anglais par Thomas Underdowne en 1569. Son influence fut très grande aux XVIe et XVIIe siècle : il était vu comme une œuvre majeure de l'Antiquité, au même titre que l’Iliade et l’Odyssée ou que l’Énéide de Virgile. Jean Racine disait que c'était son livre préféré. On pourrait retracer l'histoire de son influence sur la culture européenne depuis La Jérusalem délivrée jusqu'à l'Aïda de Giuseppe Verdi.

De nos jours les Éthiopiques demeurent accessibles au public francophone dans une traduction de Pierre Grimal pour le volume de la Bibliothèque de la Pléiade publié en 1958, Romans grecs et latins.

Éditions[modifier | modifier le code]