Nicolas-Toussaint Charlet

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Nicolas-Toussaint Charlet

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Nicolas-Toussaint Charlet,
portrait paru dans la Galerie de la presse, de la littérature et des beaux-arts en 1841.

Naissance 20 décembre 1792
Paris
Décès 30 décembre 1845 (à 53 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Peintre et graveur
Maîtres Antoine-Jean Gros
Élèves Hippolyte Poterlet

Nicolas-Toussaint Charlet, né à Paris le 20 décembre 1792 et mort dans la même ville le 30 décembre 1845, est un peintre et graveur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Grenadier de la Garde (1842), Paris, musée du Louvre.

Fils d’un dragon de l’armée de Sambre-et-Meuse, Charlet perd très tôt son père et, élevé à l’École des enfants de la patrie, reçoit une éducation très négligée. Il débute dans la vie par un médiocre emploi la mairie du 2e arrondissement de Paris, chargé d’enregistrer et de toiser les jeunes recrues. Ses opinions bonapartistes et la part active qu’il prend à la défense de la barrière de Clichy, lui font perdre sa place à la Restauration en 1816.

Charlet entre alors, en 1817, dans l’atelier d'Antoine-Jean Gros où il rencontre Gilles-François Closson et, forcé de produire pour vivre, il se voue dès lors tout entier à l’art, pour lequel il se sent une puissante vocation. Il débute par une lithographie, La Garde meurt et ne se rend pas, qui lui fait aussitôt un nom. Les dessins et les aquarelles de Charlet se succèdent alors rapidement et, inspirés par les mêmes sentiments, obtiennent la même popularité que les odes de Béranger.

Il réussit surtout dans le dessin et la lithographie, et acquiert bientôt une vogue immense en traitant les sujets militaires ou des scènes populaires que tout le monde connaît au XIXe siècle, comme Vous ne savez donc pas mourir ?, L’Aumône du soldat, La Résignation ou Le Grenadier de Waterloo.

Il s’exerça aussi avec succès dans la peinture (Épisode de la campagne de Russie, Passage du Rhin en 1796).

Il ouvre un atelier de lithographie dans les années 1820. Géricault apprécie le talent de Charlet : les deux artistes se lient d’une vive amitié, et font ensemble le voyage d’Angleterre. En 1832, c’est le général de Grigny qu’il accompagne au siège de la citadelle d'Anvers. En 1838, il est nommé professeur de dessin à l’École polytechnique. Le caricaturiste Cham fréquente son atelier en 1840 ainsi que Théodore Valerio qui devient à la fois un élève et un ami. Jules-Antoine Duvaux compte aussi parmi ses élèves.

L’œuvre lithographique de cet artiste infatigable se compose de près de 1 100 feuilles. Il a produit, en outre, près de 2 000 dessins à la sépia, à l’aquarelle, à la plume et des eaux-fortes, et son atelier était rempli d’ébauches à l’huile. Avec Auguste Raffet, Nicolas-Toussaint Charlet est l’un des principaux créateurs de la légende napoléonienne dans le domaine de l’illustration. L’époque romantique et le Second Empire sont des périodes de vulgarisation de l’histoire dans le domaine du livre. Les ouvrages historiques illustrés se multiplient. L’illustration est un art populaire dans lequel l’image est accessible à tous et qui doit être immédiatement compréhensible. Charlet crée une iconographie percutante qui va largement contribuer à ancrer la légende napoléonienne dans l’imaginaire collectif. À sa mort, il travaillait à une publication : L’Empereur et la Garde impériale, dont il n’a pu terminer que quatre dessins.

Il a aussi laissé quelques grands tableaux d’histoire, et sa Retraite de Russie (1836), admirée par Alfred de Musset, fait partie des classiques de la peinture française.

Il fut un bon vivant, aimant boire et chanter, habitué et doyen d’une goguette : les Frileux ou Joyeux[1].

Une rue du 15e arrondissement de Paris a reçu son nom. Un monument lui est dédié (portrait en médaillon en bronze ornant une colonne en pierre, avec une inscription : « À Charlet (1792-1845) »), à Paris dans le square de la place Denfert-Rochereau.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • La Marseillaise, Paris : Laisné, 1840.

Élèves[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle biographie générale, t. 4, Paris, Firmin-Didot, 1854, p. 936-37.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Emile de Labédollière, Le Nouveau Paris, Gustave Barba Libraire-Editeur, Paris, 1860, page 222-223.
  2. Dans un chemin forestier, un soldat est endormi avec son fusil posé près de lui.
  3. Catalogue de la 27e Exposition d'Amiens de 1885, organisée par la Société des Amis des Arts de la Somme, p.12.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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