François Bozizé

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François Bozizé
François Bozizé, le 26 octobre 2007.
François Bozizé, le 26 octobre 2007.
Fonctions
6e président de la République centrafricaine

(&&&&&&&&&&&028747 ans, 10 mois et 13 jours)
Élection
Réélection
Premier ministre Élie Doté
Faustin Touadéra
Nicolas Tiangaye
Prédécesseur Lui-même
(président du Comité militaire de salut national)
Successeur Michel Djotodia
Président du Comité militaire de salut national de la République centrafricaine
Premier ministre Abel Goumba
Célestin Gaombalet
Prédécesseur Ange-Félix Patassé
(président de la République)
Successeur Lui-même
(président de la République)
Biographie
Nom de naissance François Bozizé Yangouvonda
Date de naissance (67 ans)
Lieu de naissance Mouila (Gabon)
Nationalité Centrafricaine
Enfant(s) Jean-Francis Bozizé
Profession Militaire
Religion Christianisme céleste

François Bozizé
Présidents de la République centrafricaine

François Bozizé Yangouvonda, né le à Mouila (Gabon), est un homme politique centrafricain, président de la République depuis le coup d'État du qui l'a porté au pouvoir. Il est renversé le et s'enfuit au Cameroun.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous Bokassa, puis Kolingba[modifier | modifier le code]

La répression de 1979[modifier | modifier le code]

Issu de l'ethnie Gbaya[1] et engagé très tôt dans l’armée, François Bozizé devient général de brigade sous Jean-Bedel Bokassa. Responsable avec le général Mayo Mokola des troupes de Bangui, il est chargé de la répression des manifestations de lycéens, du 15 au 20 janvier 1979, faisant plusieurs dizaines de morts parmi les élèves[2]. Cet évènement est commémoré par la « journée des martyrs », le 18 janvier de chaque année.

Le putsch manqué et l'exil[modifier | modifier le code]

Sous le régime militaire du général André Kolingba, le général Bozizé soutient l'opposition et fomente un coup d'État en 1982. À la suite de l’échec de ce coup d'État, Bozizé et Ange-Félix Patassé, le chef politique du coup d’État partent en exil au Togo.

Le retour en Centrafrique : un pilier du régime de Patassé[modifier | modifier le code]

Dix ans plus tard, le général Kolingba, suivant le mouvement amorcé dans les anciennes colonies francophones, tient une élection présidentielle libre, multi-partite et équitable. Ange-Félix Patassé est élu président de la République.

Au fil des ans, Bozizé devient un des hommes forts du régime Patassé et surtout sa courroie de transmission dans l'armée. Bozizé rétablit, avec l'aide militaire de la France, le calme après les mutineries de 1996 et 1997. Devant la montée des mécontentements dans l'armée, Patassé ressent le besoin de donner plus de pouvoirs à Bozizé en le nommant chef d'état-major des armées centrafricaines. Bozizé sert loyalement Patassé lors des très fréquentes mutineries et autres tentatives de coup d'État.

Un nouvel exil[modifier | modifier le code]

Lors d'un autre coup d'État en mai 2001 contre le plus en plus contesté Patassé, ce sont les troupes libyennes qui assurent la sécurité du président. Le putsch échoue, mais Bozizé est sur la sellette, de plus en plus contesté dans l'entourage du président, on lui reproche une participation à cette tentative de renversement ou tout du moins un certain laisser-faire. Sentant venir sa fin proche, Bozizé fuit la Centrafrique pour le Tchad voisin avec quelques troupes.

Du Tchad, Bozizé mène quelques incursions en Centrafrique, mais rien de bien inquiétant pour le pouvoir toujours vacillant, mais désormais soutenu par la puissante armée libyenne, du président Patassé. La tentative de renversement d'octobre 2002 échoue, Patassé recevant en plus l'appui du Mouvement de libération du Congo MLC, un groupe de miliciens soutenus par l’Ouganda et actifs dans la guerre civile en République démocratique du Congo voisin.

Le soutien ou tout du moins la bienveillance tchadienne à l'égard des activités militaires de Bozizé irrite Patassé au plus haut point, d’autant plus que l’armée centrafricaine est acquise au général en exil. Patassé accuse son homologue tchadien et cherche l’aide de la France pour assurer sa sécurité. À plusieurs reprises l’ancienne puissance coloniale était déjà intervenue pour sauver Patassé, mais devant l’instabilité chronique de la RCA et le manque total de soutien populaire, la France laisse poliment tomber Patassé.

Le coup d'État réussi de 2003 et l'accession à la présidence[modifier | modifier le code]

Article connexe : Guerre civile de Centrafrique.

Le , alors que Patassé est en voyage au Niger, Bozizé rentre au pays et s’empare de Bangui sans coup férir. Patassé doit alors partir en exil au Cameroun puis au Togo. Bozizé devient chef de l’État et promet un sacro-saint processus de normalisation politique pour le retour à la démocratie. Des élections démocratiques et multi-partites sont promises par Bozizé qui les fixe, après plusieurs reports dus à la mise à jour des listes électorales, au .

Après les émeutes des Chimères en mars 2004, le président haïtien Jean-Bertrand Aristide est renversé et part en exil en RCA, accueilli par Bozizé.

F. Bozizé a la Table Ronde des Partenaires au Développement de la République centrafricaine à Bruxelles en 2007.
F. Bozizé à la réunion de la Réforme du Secteur de Sécurité à Bangui en 2008.

Bozizé remporte les élections présidentielles et son parti le Convergence Nationale Kwa Na Kwa remporte 42 sièges sur 105 lors des élections législatives et présidentielle centrafricaines de 2005.

Bozizé est réélu au premier tour de l'élection présidentielle de 2011 avec 64,37 % des voix face à Ange-Félix Patassé (21,41 %) et Martin Ziguélé (6,8 %). Plusieurs candidats déposent des recours devant la cour constitutionnelle, dénonçant des fraudes. La cour rejette les recours mais dans l'annonce des résultats finaux, elle écarte les résultats de certains bureaux de vote jugés « litigieux »[3],[4].

Événements de 2013[modifier | modifier le code]

Le , les rebelles de la Seleka menés par Michel Djotodia, s'emparent du palais présidentiel et Djotodia prend le pouvoir. François Bozizé s'enfuit alors vers le Cameroun où il est hébergé par le président de la République, Paul Biya[5],[6].

Le 29 mai 2013, un mandat d'arrêt international a été émis contre lui par la justice centrafricaine[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’intervention en RCA : la France a trop attendu, Bernard Lugan, 22 novembre 2013
  2. D. Bigo, 1988, Pouvoir et obéissance en Centrafrique, Paris, Karthala, pages 196-197
  3. Bozizé officiellement réélu président, l'opposition critique, AFP, 14 février 2011.
  4. Bozizé réélu président au 1er tour avec 66,08 %, La Voix, 2 février 2011 [lien cassé]
  5. (en) CAR rebels 'seize' presidential palace, Al Jazeera English, 24 mars 2013
  6. Centrafrique : Paris envoie 300 soldats en renfort après la fuite de Bozizé, Le Monde, 24 mars 2013.
  7. « RCA : François Bozizé visé par un mandat d'arrêt international », in rfi.fr, 1er juin 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]