Michel Djotodia

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Michel Djotodia
Fonctions
Chef de l'État de transition
de la République centrafricaine

(7e chef de l'État centrafricain)
24 mars 201310 janvier 2014
(&&&&&&&&&&&&02929 mois et 16 jours)
Élection 13 avril 2013
(par le Conseil national de transition)
Premier ministre Nicolas Tiangaye
Prédécesseur François Bozizé
(président de la République)
Successeur Alexandre-Ferdinand N'Guendet (intérim)
Catherine Samba-Panza
Vice-Premier ministre
de la République centrafricaine
Ministre de la Défense nationale
3 février24 mars 2013
Président François Bozizé
Premier ministre Nicolas Tiangaye
Biographie
Nom de naissance Michel Am-Nondokro Djotodia
Date de naissance 1949
Lieu de naissance Vakaga (Oubangui-Chari, Afrique-Équatoriale française)
Nationalité centrafricaine
Parti politique Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR)
Religion Islam[1]

Michel Djotodia
Chefs d'État centrafricains

Michel Am-Nondokro Djotodia, né en 1949 dans la Vakaga (Oubangui-Chari, AEF[2]), est un homme politique et militaire centrafricain de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) membre de la Seleka qui s'est auto-proclamé président de la République le 24 mars 2013 après le renversement et la fuite du président François Bozizé[3]. Il démissionne de ses fonctions le 10 janvier 2014[4],[5] [6].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Djotodia est né dans une famille musulmane d'ethnie Goula dans la région de la Vakaga[7],[8], où on l'appelait Déya, du nom de son père ancien combattant de l'armée française. Très jeune, il quitte son village de Gordil pour aller vivre à Birao, le chef-lieu de la Vakaga, où son père touchait les indemnités de la France[9].
Il est scolarisé à l'école primaire à Birao, puis au collège à Bambari où un enseignant chrétien lui attribue le prénom « Michel », probablement pour que celui-ci puisse obtenir plus facilement une bourse afin de pouvoir étudier à l'étranger. En effet, après la terminale, il s'envole pour l'Union soviétique, où il va vivre quelque quatorze années [10],[11].

Carrière[modifier | modifier le code]

À son retour, Djotodia partage sa vie entre la Vakaga, où il a fondé une famille et créé un commerce, et Bangui, la capitale du pays, où il occupe divers postes dans l'administration : aux Finances et au Plan.

En 1998, il se lance dans la politique en se présentant à la députation à Birao sous l'étiquette du Mouvement pour la démocratie et le développement (MDD) de l'ancien président David Dacko, mais échoue contre le candidat du président Patassé[9].

Fonctionnaire polyglotte (il parle anglais, arabe, français et russe [12]), il sollicite le poste de représentant consulaire dans la ville soudanaise de Nyala qui lui échappe de peu, mais qu'il finit par obtenir [13] [14] en 2005 à la faveur d'un changement de gouvernement. En effet, après l'arrivée au pouvoir de François Bozizé, en 2003, Djotodia se rapproche du nouveau régime par l'entremise de Lévy Yakité et de Jean-Francis Bozizé, le fils du chef de l'État.

Avant les élections présidentielles de 2005, Michel Djotodia entre dans la Coordination des cadres pour le soutien à Bozizé, puis est nommé à Nyala quelques semaines plus tard[9].

Accusé cependant de conspirer contre le régime, le président Bozizé réclame son retour à Bangui.

Rébellion[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de Khartoum l'expulse vers Cotonou, au Bénin, où il se réfugie et créé l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) qui déclenche la première guerre civile[9].

Le 20 novembre 2006, il est arrêté en compagnie de son porte-parole Abakar Sabon par les forces béninoises à la demande du gouvernement Bozizé[15],[16]. Après dix-huit mois passés à la prison civile de Cotonou, les hommes sont relâchés en juin 2008 après avoir accepté de participer à des accords de paix avec le gouvernement centrafricain[17]. Abakar Sabon ayant rallié le régime en rentrant à Bangui, il reste à Cotonou durant quatre années supplémentaires, période durant laquelle il fonde une nouvelle famille[9].

En décembre 2012, Djotodia rentre en Centrafrique et rejoint le maquis pour fonder la Seleka. Il devient alors un personnage-clé dans la coalition rebelle — opposé au régime de Bozizé pour non-respect des accords — quand il s'est emparé rapidement d'une grande partie du pays. Aux accords de paix de Libreville en janvier 2013, le président François Bozizé a accepté de nommer un premier ministre de l'opposition et d'incorporer les rebelles dans le gouvernement. Les négociations se poursuivant, un gouvernement d'union nationale, dirigé par le Premier ministre Nicolas Tiangaye, a suivi le 3 février 2013, il était composé d'alliés de Bozizé, de l'opposition et de rebelles. Djotodia a reçu le poste-clé de vice-premier ministre et ministre de la Défense nationale le 2 février 2013 dans un gouvernement d'union nationale[18].

Les accords de paix ont échoué en mars 2013 : la Seleka reprend des villes de taille importante et accuse à nouveau Bozizé d'avoir échoué à tenir ses promesses. Les rebelles ont gardé les cinq ministres dont Djotodia qui se rendent à Bangui qu'ils ont envahie. Ils s'emparent du palais présidentiel à Bangui, le président Bozizé n'y est pas, tout comme ses alliés. Bozizé s'enfuit au Cameroun[19],[20],[21] alors que certains de ses alliés ont traversé le fleuve pour se rendre en République démocratique du Congo. Djotodia affirme que les soldats rebelles ont pris la décision de déposer Bozizé et que ce n'était pas sa volonté personnelle. Toutefois, la romancière Calixthe Beyala dénonce un vide sécuritaire qui profite aux rebelles[22].

Présidence[modifier | modifier le code]

Le 25 mars 2013, il se déclare « président de la République »[23] suite à la prise de la capitale Bangui par les rebelles[24] au cours de laquelle a été renversé le général François Bozizé[25]. 500 soldats français sont déployés à Bangui pour soutenir le nouveau régime[26]. À travers un discours à Bangui, il annonce conserver le Premier ministre Nicolas Tiangaye issu des accords de Libreville et organiser des élections d'ici 3 ans maximum[27],[28]. Dès sa prise du pouvoir en mars, il dissout la Seleka. mais les ex-rebelles se livrent par la suite à de nombreuses exactions contre la population, notamment en octobre 2013[29], exactions contre lesquelles il est incapable de réagir[30].

En juillet 2013, il fait appel pour assurer sa protection à des mercenaires français de l'entreprise Roussel G-Sécurité, ce qui déplait au gouvernement français [31],[32].

Le 13 avril 2013, un Conseil national de transition le confirme à son poste[33],[34]. Il est officiellement investi chef de l'État de transition[35] le 18 août 2013 pour une période transitoire de 18 mois[36]. À cette occasion, il affirme qu'il ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle[37]. Il est le premier président musulman dans un pays dont la plus grande partie de la population est chrétienne[38].

Une des premières mesures de son gouvernement est de reconsidérer les contrats pétroliers au profit du Tchad [39].

En décembre 2013, il rencontre François Hollande dans un hangar de l'aéroport de Bangui[40],[41].

Il démissionne de ses fonctions, ainsi que le Premier ministre Nicolas Tiangaye, le 10 janvier 2014, sous la pression des autres chefs d'État de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale réunis à N'Djaména[4],[5],[6] .

Exil[modifier | modifier le code]

Il a décidé de s'exiler de nouveau à Cotonou au Bénin, où il possède une résidence[42],[43].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Marielle Debos, « Fluid Loyalties in a Regional Crisis: Chadian 'Ex-Liberators' in the Central African Republic », African Affairs, vol. 107, no 427,‎ avril 2008, p. 225–241 (ISSN 0001-9909, lien DOI?, lire en ligne)
  • (en) Andreas Mehler, « V. Central Africa », dans Henning Melber et Klaas Walraven, Africa Yearbook Volume 3: Politics, Economy and Society South of the Sahara In 2006, Brill,‎ 31 octobre 2007 (ISBN 9789004162631)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Religious tensions rise in Central African Republic
  2. Fiche biographique de Michel Djotodia sur Africanaute.com
  3. http://actualites.sympatico.ca/nouvelles/international/le-president-de-la-republique-centrafricaine-francois-bozize-demande-lasile-au-benin
  4. a et b La chute de Djotodia, Courrier international, Abdoulaye Barro, 10 janvier 2014
  5. a et b Centrafrique : démission du président Michel Djotodia, Le Monde et AFP, 10.01.2014
  6. a et b CAR interim President Michel Djotodia resigns, BBC, 10 January 2014
  7. Michel Djotodia, nouvel homme fort de Bangui - Thierry Portes - 26/03/2013 - Le Figaro
  8. Gérard Gerold et Mathieu Merin, L’effondrement de l’État centrafricain au cours de la dernière décennie : origines de la crise et quelques idées pour en sortir; Fondation pour la recherche stratégique, Avril 2014
  9. a, b, c, d et e Centrafrique : Michel Djotodia, du maquis aux lambris - Article de Jeune Afrique du 8 avril 2013.
  10. Centrafrique : Michel Djotodia, du maquis aux lambris - Article de Jeune Afrique du 8 avril 2013.
  11. Michel Djotodia, nouveau boss à Bangui, Maria MALAGARDIS , 25 mars 2013, Libération
  12. Centrafrique : Michel Djotodia suspend la Constitution, RFI, 25-03-2013
  13. Profile: Central African Republic's Michel Djotodia, BBC News, 11 janvier 2014
  14. Qui est le nouveau président de Centrafrique, Michel Djotodia ? Qui sont les rebelles du Séléka ?, France Info, Guillaume Gaven 25-03-2013 15:09
  15. Debos 2008, p. 231.
  16. Mehler 2007, p. 209.
  17. Amnesty International, « République centrafricaine : Rapport 2009 d'Amnesty International », sur Amnesty International,‎ 2009 (consulté le 2 avril 2013)
  18. « Centrafrique : Le gouvernement d'union nationale est formé », sur Xinhua,‎ 4 février 2013.
  19. Centrafrique : Bozizé en fuite au Cameroun, les rebelles contrôlent Bangui, Euronews, 25/03/13
  20. Centrafrique : le président François Bozizé réfugié au Cameroun, Jeune Afrique, 25/03/2013
  21. Bozizé accueilli au Cameroun sur la base des principes des droits de l'Homme, Agence Xinhua, 26.03.2013
  22. Baudouin de Saxel, Au secours ! Les chrétiens de Centrafrique en danger…, Boulevard Voltaire, 14 avril 2013.
  23. Michel Djotodia, nouvel homme fort de Bangui, Le Figaro, 25 mars 2013.
  24. En Centrafrique, les rebelles prennent Bangui, Le Figaro, 24 mars 2013.
  25. Centrafrique : Paris ne veut plus jouer au gendarme, Le Figaro, 26 mars 2013.
  26. Comment la France a soutenu la Seleka et son gouvernement
  27. Centrafrique : revivez la journée du dimanche 24 mars, Radio France internationale, 24 mars 2013.
  28. Centrafrique : les rebelles veulent suspendre la Constitution, Le Monde, 25 mars 2013.
  29. Musulmans et chrétiens en Centrafrique: plongée au cœur du chaos, bfmtv.com, 22 octobre 2013
  30. L’intervention en RCA : la France a trop attendu, Bernard Lugan, 22 novembre 2013
  31. Des mercenaires français pour protéger le président centrafricain, 19/07/2013 Pierre Haski, Rue89
  32. Sécurité : des retraités français très spéciaux débarquent en Centrafrique | Jeune Afrique, 17/07/2013
  33. Rulers, 13-04-2013
  34. Michel Djotodia élu pour la forme président de Centrafrique, Le Monde, 14 avril 2013.
  35. Il ne porte pas le titre de président de la République.
  36. Rulers
  37. Ex-rebel sworn in as Central African Republic president, Reuters.
  38. Musulmans et chrétiens en Centrafrique: plongée au coeur du chaos, bfmtv.com, 22 octobre 2013
  39. Un papillon dans le chaos, Michel Goya, décembre 2013
  40. Centrafrique : escale sous tension pour Hollande à Bangui, Le Parisien, 10.12.2013
  41. François Hollande dans la poudrière de Bangui, Le Figaro, 10/12/2013
  42. L'ex-président centrafricain Michel Djotodia va s'exiler au Bénin - article du Monde du 11 janvier 2014.
  43. Bangui toujours sous haute tension malgré le départ de Djotodia, La Presse et Agence France-Presse, 11 janvier 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]