André Kolingba

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
André Kolingba
Fonctions
4e président de la République centrafricaine
21 novembre 198622 octobre 1993
(12 ans, 1 mois et 21 jours)
Élection 21 novembre 1986
(par référendum)
Premier ministre Jean-Pierre Lebouder
Simon Narcisse Bozanga
Édouard Frank
Timothée Malendoma
Enoch Derant Lakoué
Prédécesseur Lui-même (président du Comité militaire de redressement national)
Successeur Ange-Félix Patassé
Président du Comité militaire de redressement national de la République centrafricaine
1er septembre 198121 novembre 1986
Prédécesseur David Dacko
Successeur Lui-même (président de la République)
Biographie
Nom de naissance André Dieudonné Kolingba
Date de naissance 12 août 1936
Lieu de naissance Bangui (Oubangui-Chari)
Date de décès 7 février 2010 (à 73 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nationalité centrafricaine
Parti politique Rassemblement démocratique centrafricain
Conjoint Mireille Kolingba
Enfant(s) Désiré Kolingba
Profession Militaire
Religion Catholicisme

André Kolingba
Présidents de la République centrafricaine

André Kolingba, né le 12 août 1936 à Bangui et mort le 7 février 2010 à Paris[1], est un général et homme politique centrafricain qui dirigea la République centrafricaine de 1981 à 1993. Il a une sœur vivant en France Yazanga Angeline

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1936 à Bangui, dans l'ancienne colonie française d'Oubangui-Chari, il intègre l'armée française en 1954. Formé à Brazzaville (Congo), puis en France, à l'École des officiers d'active de Fréjus et à l'École des transmissions de Montargis[2] .

Il est nommé ambassadeur au Canada, puis en Allemagne de l'Ouest par Bokassa Ier. À la chute de celui-ci en 1979, le président David Dacko le nomme chef d'état-major des armées[2].

Alors général, Kolingba démet le président Dacko de ses fonctions le 1er septembre 1981 et suspend la Constitution. Ce putsch a parfois été présenté, notamment dans la presse occidentale[3], comme un « pseudo coup d'État ». Dacko, en difficultés et malade, aurait en réalité accepté un « arrangement ». Cette version des faits ne semble pas confirmée aujourd'hui[4]. Kolingba dirige alors le Comité militaire de redressement national qui détient tous les pouvoirs jusqu'à sa dissolution en septembre 1985.

Présenté comme « calme », « secret », « débonnaire » et « bon chrétien »[4], Kolingba cherche à se démarquer de son prédécesseur Bokassa et à redorer le blason de son pays[2], mais instaure de fait une dictature militaire.

Auprès de lui, un Français arrivé à Bangui dans le cadre de la coopération, le colonel Jean-Claude Mantion, joue un rôle croissant. Agent des services secrets français[5], chef de la sécurité présidentielle, il apparaît bientôt comme « l'éminence grise »[5], « le véritable maître du pays »[2]. C'est notamment grâce à lui qu'est déjouée la tentative de putsch menée en 1982 par les partisans de Patassé[2].

Le 21 novembre 1986, un référendum permet tout à la fois l'adoption d'une nouvelle Constitution et la désignation de Kolingba comme président[4].

En 1987, celui-ci fonde le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), parti unique[4].

Le 29 février 1988, Kolingba gracie Bokassa, condamné à mort[4].

En 1991, à la suite d'une série de grèves et de manifestations, il consent au multipartisme qu'il avait interdit[2].

Kolingba gouverne la République centrafricaine jusqu'en 1993, lorsque, arrivé quatrième à l'élection présidentielle, il accepte le verdict des urnes et cède sa place à Ange-Félix Patassé, auquel il tente néanmoins, en vain, de reprendre le pouvoir par la force en mai 2001[5]. Les membres de son ethnie – les Yakomas – subissent une sanglante répression. Alors que sa tête est mise à prix pour 25 millions de francs CFA, Kolingba se réfugie en Ouganda[5]. Il revient dans son pays deux ans plus tard à la faveur d'une amnistie lorsque Patassé est renversé par le général François Bozizé.

En 2005, il est à nouveau candidat à la présidentielle et se classe troisième d'un scrutin remporté par François Bozizé[2].

Alors qu'il était une nouvelle fois pressenti comme candidat à l'élection présidentielle de 2010 par ses partisans du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC)[2], il meurt le dimanche 7 février 2010 à Paris, d'un cancer de la prostate, à l'âge de 73 ans.

Marié avec Mireille Kolingba.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le pari de la réussite : septembre 1981-décembre 1983, 198?, 217 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Philippe Bernard, « André Kolingba », in Le Monde, 14 février 2010 (nécrologie) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Didier Bigo, « Kolingba ou le Centrafrique "normalisé" », in Pouvoir et obéissance en Centrafrique, Karthala, Paris, 1988, p. 259-276 (ISBN 2-86537-213-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Tshitenge Lubabu M. K., « André Kolingba », in Jeune Afrique, no 2562, du 14 au 20 février 2010, p. 89 (nécrologie) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jacques Serre, Biographie de David Dacko : premier président de la République Centrafricaine : 1930-2003, L'Harmattan, Paris, 2007, 384 p. (ISBN 978-2-296-02318-5)

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Décès à Paris de l'ancien président Kolingba », Ouest-France, 7 février 2010
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Jeune Afrique, no 2562, du 14 au 20 février 2010, p. 89
  3. « Un coup d'État par consentement mutuel », Le Monde du 6 septembre 1981
  4. a, b, c, d et e Didier Bigo, « Kolingba ou le Centrafrique "normalisé" », in Pouvoir et obéissance en Centrafrique, Karthala, Paris, 1988, p. 259-276
  5. a, b, c et d Le Monde, 14 février 2010